
Observations de Jour
On s'imagine souvent que les étoiles ne sont
visibles que la nuit.
En réalité, chacun sait que les étoiles sont bien là, mais que la forte luminosité du
soleil nous empêche de les voir.
On raconte que si on est au fond d'un puits il est possible de voir des étoiles à l'oeil
nu.
Etant spéléologue, j'ai plusieurs fois tenté l'expérience au fond de puits de l'ordre
de 100m de profondeur. Capella étant dans le champ de la petite ouverture du puits, je
n'ai jamais réussi à la voir.
Il en est tout autrement si on utilise un instrument
Bien qu'étant au niveau de la mer, mais avec un bon ciel, j'ai pu observer des objets
jusqu'à la magnitude 2 avec un télescope de 200mm
Règle du jeu
Il est beaucoup plus difficile d'observer un objet quand le soleil est
haut dans le ciel que lorsqu'il est proche de l'horizon, même s'il est encore
éblouissant.
On estime qu'il fait Nuit lorsque le soleil est à plus de 18° sous l'horizon
Par analogie, on parlera de Jour quand le soleil sera à plus de 18° au dessus de
l'horizon.
En France, ça correspond à 1h55 avant son coucher au moment des solstices et 1h45
au moment des équinoxes.
En résumé, le "Jour Astronomique" commence 2
heures après le lever du soleil et se termine 2h avant son coucher.
(Je n'ai jamais entendu parler de cette notion, mais c'est la règle que je me suis fixée
pour mes observations)
Mise en oeuvre
! ! ! ! ! DANGER ! ! ! ! !
Le jour, le soleil est là. Il faut impérativement
éviter de l'observer accidentellement avec un instrument.
L'idéal est d'observer à l'Est du soleil, celui-ci étant à l'ombre d'une maison.
Ne pas oublier que le soleil change de place au cours des heures
Il faut prévoir un pare-soleil pour l'instrument. Il doit mesurer au minimum 3 fois le
diamètre de l'objectif (lunettes et Schmidt-Cassegrain), sans oublier le chercheur.
Lors de l'observation, il est utile de se protéger de la luminosité du ciel avec un
tissus noir, comme le faisaient les anciens photographes.
Deux impératifs
* Un ciel très pur
* Une bonne mise en station
Se persuader que c'est possible
Le matin, quand il fait encore sombre, pointer un objet brillant, Vénus ou Sirius par
exemple, en fonction des éphémérides.
Suivre cet objet pendant que le jour se lève, jusqu'à l'apparition du soleil. On
constate sans peine que l'objet reste visible. Dans le cas de Vénus, on peut même la
voir dans un chercheur 6X30.
Recherche à Midi
Maintenant, à l'exception de Vénus, plus rien n'est visible au chercheur. La
recherche doit être faite en aveugle.
L'oculaire doit avoir le plus grand champ possible, par exemple de type erfle
Avec un instrument piloté par ordinateur, c'est très facile. Pour ce genre d'activité,
la monture azimutale d'Alphonse Pouplier fait merveille. Un simple niveau pour avoir
l'horizontalité de la monture, une initialisation de l'ordinateur en pointant le soleil
avec un bon filtre, et on pianote le nom de l'astre. En principe l'objet est dans le
champ. C'est très intéressant quand on veut chercher plusieurs objets, mais ça supprime
le plaisir d'une recherche manuelle.
Avec un instrument moins sophistiqué, la recherche est plus problématique, car le
pointage est souvent moins précis.
Un micro-Ordinateur donnant en permanence les éphémérides est bien utile, mais on peut
s'en passer.
Bien entendu, il convient d'avoir l'heure précise. Pour un prix dérisoire, on trouve
dans le commerce des horloges radio-pilotées (DCF 77) très précises.
Il faut impérativement que la mise en station de l'instrument soit bonne.
L'idéal est de posséder un pied fixe bien orienté, mais on peut se contenter de
repères sur le sol.
La méthode décrite s'applique à un Célestron 8 avec monture à fourche, mais peut
être adaptée à d'autres instruments
Dans un premier temps, il faut pointer le soleil par projection avec le chercheur, sans
oublier de LAISSER le cache sur la lame de fermeture.
Il faut alors afficher l'ascension droite du soleil au moyen du cercle mobile.
On peut également afficher directement le Temps Sidéral Local, si on le connaît.
Premiers pas :Venus
Si Vénus n'est pas trop proche du soleil, c'est l'objet idéal pour un premier essai. Il
suffit d'afficher ses coordonnées sur les cercles du télescope. Si elle n'est pas
dans le champ, on peut la voir dans le chercheur et ainsi fignoler l'affichage des
coordonnées.
Plus difficile : Le reste !
La méthode est toujours la même, sauf que rien n'est visible au chercheur.
Si on n'a pas l'objet convoité dans le champ de l'oculaire, il faut progressivement
chercher tout autour, sans aller trop vite car il arrive souvent qu'on passe dessus sans
s'en rendre compte.
Les étoiles brillantes sont plus faciles à trouver que les planètes car elles sont plus
contrastées. En particulier les étoiles rouges, comme Bételgeuse ou Aldébaran, qui se
détachent bien sur le fond du ciel bleu.
Objets Observables
A Saint-Martin de Crau, j'ai déjà observé toutes
les planètes galiléennes et la plupart des étoiles jusqu'à la magnitude 1,5.
En altitude, il doit être possible de faire bien mieux.
Du concret, des images, et des commentaires, suivez le guide
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Auteur : Etienne
Simian
Dernière mise à jour : 09-oct.-2000