logo_2ads.gif (15467 octets)

Observations de Jour

 

On s'imagine souvent que les étoiles ne sont visibles que la nuit.
En réalité, chacun sait que les étoiles sont bien là, mais que la forte luminosité du soleil nous empêche de les voir.
On raconte que si on est au fond d'un puits il est possible de voir des étoiles à l'oeil nu.
Etant spéléologue, j'ai plusieurs fois tenté l'expérience au fond de puits de l'ordre de 100m de profondeur. Capella étant dans le champ de la petite ouverture du puits, je n'ai jamais réussi à la voir.
Il en est tout autrement si on utilise un instrument
Bien qu'étant au niveau de la mer, mais avec un bon ciel, j'ai pu observer des objets jusqu'à la magnitude 2 avec un télescope de 200mm

Règle du jeu

Il est beaucoup plus difficile d'observer un objet quand le soleil est haut dans le ciel que lorsqu'il est proche de l'horizon, même s'il est encore éblouissant.
On estime qu'il fait Nuit lorsque le soleil est à plus de 18° sous l'horizon
Par analogie, on parlera de Jour quand le soleil sera à plus de 18° au dessus de l'horizon.
En France, ça correspond à 1h55  avant son coucher au moment des solstices et 1h45 au moment des équinoxes.
En résumé, le "Jour Astronomique" commence 2 heures après le lever du soleil et se termine 2h avant son coucher.
(Je n'ai jamais entendu parler de cette notion, mais c'est la règle que je me suis fixée pour mes observations)

Mise en oeuvre

 

! ! ! ! ! DANGER ! ! ! ! !

Le jour, le soleil est là. Il faut impérativement éviter de l'observer accidentellement avec un instrument.
L'idéal est d'observer à l'Est du soleil, celui-ci étant à l'ombre d'une maison.
Ne pas oublier que le soleil change de place au cours des heures
Il faut prévoir un pare-soleil pour l'instrument. Il doit mesurer au minimum 3 fois le diamètre de l'objectif (lunettes et Schmidt-Cassegrain), sans oublier le chercheur.
Lors de l'observation, il est utile de se protéger de la luminosité du ciel avec un tissus noir, comme le faisaient les anciens photographes.

Deux impératifs
* Un ciel très pur
* Une bonne mise en station

Se persuader que c'est possible
Le matin, quand il fait encore sombre, pointer un objet brillant, Vénus ou Sirius par exemple, en fonction des éphémérides.
Suivre cet objet pendant que le jour se lève, jusqu'à l'apparition du soleil. On constate sans peine que l'objet reste visible. Dans le cas de Vénus, on peut même la voir dans un chercheur 6X30.

Recherche à Midi
Maintenant, à l'exception de Vénus, plus rien n'est visible au chercheur. La recherche doit être faite en aveugle.
L'oculaire doit avoir le plus grand champ possible, par exemple de type erfle
Avec un instrument piloté par ordinateur, c'est très facile. Pour ce genre d'activité, la monture azimutale d'Alphonse Pouplier fait merveille. Un simple niveau pour avoir l'horizontalité de la monture, une initialisation de l'ordinateur en pointant le soleil avec un bon filtre, et on pianote le nom de l'astre. En principe l'objet est dans le champ. C'est très intéressant quand on veut chercher plusieurs objets, mais ça supprime le plaisir d'une recherche manuelle.
Avec un instrument moins sophistiqué, la recherche est plus problématique, car le pointage est souvent moins précis.
Un micro-Ordinateur donnant en permanence les éphémérides est bien utile, mais on peut s'en passer.
Bien entendu, il convient d'avoir l'heure précise. Pour un prix dérisoire, on trouve dans le commerce des horloges radio-pilotées (DCF 77) très précises.
Il faut impérativement que la mise en station de l'instrument soit bonne.
L'idéal est de posséder un pied fixe bien orienté, mais on peut se contenter de repères sur le sol.
La méthode décrite s'applique à un Célestron 8 avec monture à fourche, mais peut être adaptée à d'autres instruments
Dans un premier temps, il faut pointer le soleil par projection avec le chercheur, sans oublier de LAISSER le cache sur la lame de fermeture.
Il faut alors afficher l'ascension droite du soleil au moyen du cercle mobile.
On peut également afficher directement le Temps Sidéral Local, si on le connaît.

Premiers pas :Venus
Si Vénus n'est pas trop proche du soleil, c'est l'objet idéal pour un premier essai. Il suffit d'afficher ses coordonnées sur les cercles  du télescope. Si elle n'est pas dans le champ, on peut la voir dans le chercheur et ainsi fignoler l'affichage des coordonnées.

Plus difficile : Le reste !
La méthode est toujours la même, sauf que rien n'est visible au chercheur.
Si on n'a pas l'objet convoité dans le champ de l'oculaire, il faut progressivement chercher tout autour, sans aller trop vite car il arrive souvent qu'on passe dessus sans s'en rendre compte.
Les étoiles brillantes sont plus faciles à trouver que les planètes car elles sont plus contrastées. En particulier les étoiles rouges, comme Bételgeuse ou Aldébaran, qui se détachent bien sur le fond du ciel bleu.

Objets Observables

A Saint-Martin de Crau, j'ai déjà observé toutes les planètes galiléennes et la plupart des étoiles jusqu'à la magnitude 1,5.
En altitude, il doit être possible de faire bien mieux.

Du concret, des images, et des commentaires, suivez le guide

 

09.gif (2294 octets)

Auteur : Etienne Simian
Dernière mise à jour : 09-oct.-2000


2ad@astrosurf.com