Observations d'éclipses de Soleil
- Eclipse de Soleil totale du 11 août 1999
- Eclipse de Soleil partielle du 3 octobre 2005
- Eclipse de Soleil totale du 29 mars 2006
- Les photos des éclipses
Mardi 10 août 1999. Les membres du Club se sont fixé rendez-vous à 16 heures devant le local à Longlier. Une dizaine de voitures prennent le départ, sous la conduite du Guide Suprême, Giles ROBERT, notre président. Direction : la Champagne-Ardenne. A Bouillon, la colonne déjà se disloque, et la pluie fait son apparition. Chacun finit par arriver tant bien que mal à destination : Grandpré, à quelques kilomètres au Sud-Est de Vouziers, juste sur la ligne de totalité.
Une vaste pâture nous accueille, bien située, dégagée, et non loin de la route. Les participants s'exercent à l'art difficile de monter leur tente, sous un ciel menaçant. Puis nous gagnons le village, à 300 mètres du lieu, où le propriétaire nous reçoit dans sa ferme, pour un repas succulent. En fin de soirée, quelques brèves éclaircies permettent néanmoins la mise en station des télescopes de l'expédition. Le retour des nuages compromet toute observation nocturne. Giles nous quitte avec sa petite famille pour rejoindre Torgny, village le plus méridional de Belgique, où il doit participer le lendemain à l'émission émise en direct par la RTBF-télé.
Au petit matin, le ciel est désespérément gris; un petit crachin tombe, par intermittence. Déjà, des cars arrivent: de Marche, de l'Europe Space Center de Redu, de Neufchâteau. On leur annonce le changement de programme : l'observation commentée par Claudio GODANI, un membre du club, se déroulera, non pas sur le terrain initialement prévu, mais à l'arrière de la ferme. Là, la sono amenée par les responsables de l'expédition marchoise pourra être alimentée par le secteur.
Nous restons sur le terrain de camping improvisé à quelques dizaines, la plupart astronomes amateurs. Le premier contact est prévu à 11h07 (heure légale). La couverture nuageuse nous empêche de l'apercevoir. Le Soleil joue à cache-cache avec les nuages; il se montre de temps à autre, juste le temps de pointer et focaliser les instruments. La tension commence à monter, quand on prend conscience que la lente progression de la Lune devant le Soleil a bel et bien commencé. Les chasseurs d'images jouent avec les filtres, les enlèvent, les replacent, en fonction des caprices du ciel. De temps à autre, des nuages jouent le rôle de filtres naturels : le Soleil est de plus en plus grignoté par notre satellite. La tension s'accroît encore davantage à l'approche du moment fatidique. Le suspens reste entier. Plus que quelques minutes avant le deuxième contact; le paysage s'assombrit. C'est le décompte! A 12h 25min 46sec, heure du début de la totalité, c'est le miracle: une trouée dans les nuages. Nous pouvons voir le diamant, les grains de Baily. La lumière chute brutalement et nous plonge dans une pénombre indescriptible, métallique. Le froid tombe sur nos épaules. Puis la couronne se dessine, belle, argentée, un peu voilée;la chromosphère, des protubérances rougeâtres... Des cris fusent. L'immense émotion collective est palpable, intense. C'est une atmosphère de fin du monde, presqu'oppressante. Quel spectacle! Puis le flash, le brutal retour de la lumière. Chacun éprouve le besoin d'aller à la rencontre des autres, d'échanger ses impressions. Quelques-uns ouvrent des bouteilles de champagne, les partagent. C'est la joie, l'émotion, le sentiment d'avoir vécu ensemble quelque chose d'exceptionnel. Déjà, les nuages ont repris le dessus. La suite de l'éclipse laisse indifférent. Et puis on apprend la nouvelle : derrière la ferme, à 300 mètres, aucune des centaines de personnes rassemblées là n'a pu voir le moment de la totalité. Nous mesurons encore davantage notre chance.
Le repas-buffet partagé dans la ferme est l'occasion de tirer les premiers bilans. Désormais, au sein du club, il y aura "ceux qui l'ont vue", et les autres. Chacun regagne la Belgique, des souvenirs et des images plein la tête, avec la certitude que vraiment, aucun spectacle naturel n'est plus beau, plus intense qu'une éclipse totale de Soleil.
Fernand VAN DEN ABBEEL
12 août 1999
Conditions de prises de vue des photos de l'éclipse réalisées par Fernand VAN DEN ABBEEL :
- au foyer d'un télescope Celestron 8 (G8), avec reducteur de focale 6.3
- film dias Kodak Elitechrome 100 ISO.
- utilisation pour les phases partielles d'un filtre en verre Thousand Oaks Optical densité 5 1/100.000).
- certaines vues ont été réalisées sans filtre (passages nuageux).
- les tirages photos ont été numérisés par scanner.
Beau succès ce matin du 3 octobre à Neufchâteau pour l'observation de l'éclipse partielle de Soleil. Le ciel s'est largement dégagé, plusieurs classes étaient au rendez-vous, ainsi que des passants, des curieux du ciel, une journaliste radio de «Vivacité» (à écouter demain matin dans les journaux régionaux de Vivacité).
Bref, une manifestation assez sympathique.
Aucun membre du club n'a pu voir quelque chose en Belgique. Par contre, deux vaillants aventuriers ( Francis VENTER et Philippe VANGROOTLOON) sont partis en Turquie dans la zone de centralité, là où la vision de l'éclipse est totale.
Francis VENTER nous donne ses commentaires :
« Me voici en Turquie à Side (prononcez Sidé). Il est 3h15 du matin (heure locale), nous sommes le 29 mars, jour de l'éclipse. Je suis arrivé presqu'à la dernière minute. Mais peu importe, j'y suis.Side est une station balnéaire sur la riviera turque, à l'est d'Antalya, près de Manavgat. Je suis près de la ligne de centralité. Cette éclipse est la quatrième éclipse totale du XXIème siècle. Elle est visible sous forme partielle sur pratiquement quatre continents, l'est de l'Amérique du Sud, l'Afrique , l'Europe et l'ouest de l'Asie. La bande de totalité débute au nord-est du Brésil, puis elle traverse l'océan Atlantique Sud. Elle traverse ensuite le nord de l'Afrique (Ghana, Togo, Bénin, Nigéria, Ni-ger, Tchad, Libye, pointe nord-ouest de l'Égypte). Après avoir traversé la Méditerranée, elle traverse la Turquie, la Géorgie, la Russie (sud-ouest), la nord de la mer Caspienne, puis le Kazakhstan et de nouveau la Russie et elle prend fin à la frontière nord-est de la Mongolie.
Voici l'horaire de l'éclipse (pour la ville de Manavgat) :
1er contact : 09:38:26,2 TU 12:38:26,2 heure locale 2ème contact : 10:55:01,1 TU 13:55:01,1 heure locale Maximum : 10:56:55,6 TU 13:56:55,6 heure locale 3ème contact : 10:58:49,8 TU 13:58:49,8 heure locale 4ème contact : 12:13:37,4 TU 15:56:55,6 heure locale Durée de la phase centrale : 3 m 48,8 s A propos, savez-vous que "STOP", en Turc, se dit "DUR"... comme l'oeuf ! Tout est fait ici pour me rappeler l'éclipse !
9 h TU (midi heure locale) : le ciel est bleu, il n'y a pas un nuage. Les conditions sont idéales. Je ne suis pas le seul à être venu ici pour cet événement astronomique : des anglais, des allemands, des norvégiens occupent déjà les lieux depuis le matin avec leurs instruments (télescopes, lunettes, téléobjectifs, caméras...).
Comme matériel, je suis plutôt léger : des "Viséclipses" (verres de soudeur grade 14) et une paire de jumelles dont les lentilles ont été couvertes avec des feuilles "AstroSolar". "Précaution" : tel est le maîtremot de l'astronome averti.
10 h 36 TU : la température a baissé. C'est très sensible.
10 h 50 TU : il fait de plus en plus sombre. Plus besoin de lunettes de Soleil. Sur le sol, en-dessous des arbres, je remarque des dizaines de croissants.
10 h 55 TU : çà y est, l'obscurité tombe. Des flaschs crépitent autour de moi. Il fait frais. Magnifique. Que d'émotion. J'essaie de prendre quelques photos mais ce n'est pas évident de garder son calme dans un moment pareil.
10 h 59 TU : c'est fini. Déjà ? Nooonnn ! C'est où la prochaine ? En Chine, le 1er août 2008... Il n'y a rien de plus près ?!?
Personne ici n'a tenté l'expérience de "l'Oeuf Debout". La science n'est plus ce qu'elle était ! »
Francis a même réussi à rencontrer tout à fait par hasard, quelques jours plus tard, Philippe VANGROOTLOON à Aspendos lors d'une visite du Théatre antique.
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