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Eh oui ! on l'a franchi ce chiffre rond, rond comme notre planète, dont on espère que le passage symbolique d'un calendrier va faire qu'elle tourne mieux... Si les voitures volantes, les bases interplanétaires et les pillules repas sont encore à l'état de songes, il ne faut pas pour autant minimiser les percées scientifiques du XXe siècle.
Mais revenons à nos moutons. Qui aurait pu prétendre il y a quinze ans que les astronomes amateurs obtiendraient aujourd'hui des images numériques rivalisant en de nombreux points avec les meilleures photographies professionnelles de l'époque ? Bientôt sans doute, des «optiques» intelligentes s'installeront dans votre jardin, vous autorisant à faire de l'astronomie de salon.
Il faut bien vivre avec son temps, mais sans oublier de rester critique face à certaines dérives possibles. Par exemple, quels mérite et plaisir a-t-on à acquérir des images de type «web» à l'aide d'un matériel entièrement automatisé et qui ne nécessite même plus de savoir localiser l'étoile polaire. Le seul prérequis intellectuel est de pouvoir lire les grands nombres astronomiques qui libellent la facture...
Ce paradigme est semblable à celui de l'enseignement du calcul mental et à l'emploi de la calculette. Pour apprécier les choses, ne faut-il pas en connaître un minimum ?
Notre association doit être vigilante et veiller surtout à ce que l'emploi abusif d'une technologie ne renforce l'idée que l'astronomie ne s'adresse qu'à une élite intellectuelle et/ou socio-économique.
Néanmoins et sachant cela, bon travail à tous et longue vie aux deux nouveaux projets qui voit voir le jour, la surveillance d'astéroïdes et l'étude des étoiles variables.
Comme l'argent, la technologie doit rester un moyen et non une fin.
Giles ROBERT
Président d'Astronomie Centre Ardenne
Belgique