| L'équipe du laboratoire des miroirs de l'observatoire Steward de l'université d'Arizona, sous la direction du docteur Roger Angel, a développé depuis les années 1980, une technique de fabrication (moulage et polissage) de grands miroirs à très courte focale. | |
Premier miroir de 6,5m du projet Magellan fin du polissage |
Ces miroirs rapides ont une structure
en alvéoles, ce qui diminue considérablement leur poids (d'un facteur 5 environ),
tout en leur conférant rigidité et stabilité. Ces miroirs équipent
déjà de nombreux télescopes en lumière visible et infrarouge
qui tout en ayant un large miroir, sont des télescopes de petite dimension.
Le coût de ces miroirs est réduit car ils demandent moins de verre et moins de travail de taille du verre. Un autre avantage de cette structure est qu'elle permet une mise en température du miroir beaucoup plus rapide ; elle permet aussi d'instaurer une circulation d'air dans les alvéoles. |
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Quelques miroirs fabriqués dans ce laboratoire :
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Lors de la visite d'Adagio, le second miroir de 8,4 mètres à f/1,14 de focale destiné
au grand télescope binoculaire (LBT) du mont Graham était dans le four,
en cours de refroidissement...
... retraçons la fabrication du second miroir de 8,4m pour le LBT
| Le 17 Mai 1999, le personnel du laboratoire commence l'assemblage des éléments du moule sur le foyer du four. Cette phase dure environ 6 mois. Le moule reproduit, en négatif, la forme cible du miroir. La structure en alvéoles des miroirs est obtenue par assemblage de tubes cylindriques formant les futures aléoles, et de boîtes en aluminosilicate formant les espaces entre les alvéoles. | |
La première étape consiste à recouvrir soigneusement le foyer d'un pavage de tuiles en carbonate de silice : c'est ce pavage qui déterminera la géométrie des alvéoles. |
Ensuite, 48 cylindres sont disposés verticalement pour former le rebord de ce moule. |
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Après assemblage, des barres d'acier seront disposées à l'extérieur des tubes pour leur permettre de résister à la pression du verre fondu. L'ensemble est chauffé pour relaxer sa géométrie avant l'étape suivante. |
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| Le pavage est recouvert d'une couche d'aluminosilicate (pour éviter de potentielles réactions chimiques entre le verre fondu et le pavage). Nous sommes en Août 1999 : l'installation de boites hexagonales formant les alvéoles va commencer. | |
Début Novembre : la moitié des boites hexagonales sont en place. |
Pour finir, les couvercles de boites sont cloués et collés |
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Début Avril 2000, un second chauffage de l'ensemble est réalisé.
Le moule est prêt à recevoir le verre. |
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| Le verre (du borosilicate de grade E6 à faible taux de dilatation) est produit par la société japonaise "Ohara", de Kanawaga ; c'est le seul fournisseur au monde qui produise un verre dont la pureté est conforme aux standards de ce laboratoire. Le borosilicate possède de nombreux atouts : relativement bon marché, son coefficient de dilatation thermique est faible, son point de fusion n'est pas trop élevé, il résiste très bien aux produits chimiques : cette qualité est importante car avant les réaluminisations, la surface des miroirs est nettoyée à l'aide d'acides et de bases fortes. Un miroir doit pouvoir supporter ces traitements des dizaines de fois sans avoir besoin d'être repoli. | |
| Le verre est transporté par lots de 1,5 tonnes, constitués de morceaux d'environ 2 kg. A son arrivée aux USA, 10% du verre de chaque lot est examiné et sa qualité est estimée. Quelques jours avant d'être utilisé, le verre est amené au laboratoire par camion, et à nouveau examiné en lumière blanche à entre deux filtres polarisants croisés. Il est trié en deux lots : qualité supérieure (ce lot constituera la partie supérieure du miroir) et qualité acceptable (ce lot constituera le dos du miroir). Les morceaux inacceptables sont éliminés (ils serviront à effectuer divers tests). |
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Début Mai, environ 20,5 tonnes de verre sont chargées dans le moule. |
Le 3 Mai, le chargement du four est terminé, le couvercle est fermé. |
Le four est un four tournant géant en forme de chapeau de champignon. Sa hauteur de plus de 6 mètres occupe deux étages du laboratoire ; sa largeur maximale est de 11,7 mètres.
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Le four est constitué de deux parties :
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| Ce four tournant permet aux forces centrifuges de donner une forme parabolique au verre fondu, proche de la forme définitive souhaitée pour le miroir. Cette technique permet un gain de temps, et une économie de verre qui sont estimés, pour un miroir de 6,5 mètres de diamètre, à 12 tonnes de verre et à une année de travail . La vitesse de rotation du four est déterminée par la focale du futur miroir : elle est de 7,4 tours par minute pour une focale de f/1,25. | |
Lorsque tout le verre a été déposé dans le moule, le four est refermé. L'éclairage et les caméras sont installés pour surveiller le processus de fusion du verre. Les ordinateurs qui contrôlent la température et la vitesse de rotation du four sont mis en marche.
Le chauffage commence le 13 Mai 2000 à 18:30. Environ 18,7 tonnes de verre se trouvent dans le moule. La température grimpe lentement au départ, afin de permettre à l'humidité résiduelle du moule de s'évacuer. A midi le 14 Mai, elle atteint juste les 100°C.
Le 17 Mai à 02:30, la température monte à 500°C. Elle est maintenue à ce niveau toute la journée le temps de vérifier que le système de contrôle du four est en état pour l'étape de recuit du verre qui suivra la fusion. Il est préférable de réaliser les derniers contrôles à ce point, avant que le four ne soit plein de verre fondu : les éventuelles réparations seraient plus faciles à entreprendre.
Le chauffage reprend le 18 Mai au matin. La température monte de 11°C par
heure. La fusion commence. Le vendredi 19 Mai, à 07:10, la température
atteint 750°C : le four commence à tourner.
L'accélération est relativement faible afin de ménager les morceaux de
verre : les 6,80 tours par minute nécessaires à la formation d'une parabole
de 9,6 mètres de focale, sont atteints à 08:00.
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Le verre fondu à l'intérieur du four |