L'OBSERVATOIRE du MONT PALOMAR



Le miroir du Télescope de Hale
Photo Caltech Archives


L'histoire de l'observatoire du mont Palomar est liée à celle de l'observatoire du mont Wilson, et en particulier aux travaux effectués au mont Wilson sur le télescope de 2,5 mètres par Edwin Hubble, à savoir la détermination des vitesses des galaxies, et des distances entre galaxies voisines ; ces travaux l'ont amené à poser l'hypothèse de l'expansion de l'univers. Mis en service en 1917 au mont Wilson, cet instrument de 2,5 mètres s'est vite révélé insuffisant pour poursuivre une recherche de qualité sur ces thématiques. L'histoire du mont Palomar commence donc en 1928, lorsqu'une des fondations Rockefeller accorde une subvention de 6 millions de dollars à l'institut de technologie californien (Caltech, California Institute of Technology) et à George Ellery Hale, pour la construction d'un nouvel observatoire et d'un instrument de 5 mètres. Le mont Wilson fut alors l'une des premières victimes de la pollution lumineuse, engendrée par Los Angeles : c'est le mont Palomar qui a été retenu en 1934 pour la qualité de son ciel. Aujourd'hui, l'observatoire du mont Palomar appartient toujours à Caltech qui le gère. Cette institution privée se consacre à l'éducation et à la recherche. Elle est située à Pasadena, au sud sud-est de Los Angelès. Les moyens de l'observatoire sont principalement utilisés pour les programmes de recherche des enseignants et des étudiants de la faculté.

Palomar est une légende en astronomie : ici ont pris place les premiers travaux sur les populations d'étoiles et l'évolution stellaire, les premières identifications de sources radio-émettrices, la découverte des quasars, les premières études sur la forêt alpha de Lyman. Depuis 1948, les instruments de l'observatoire ont sans cesse été améliorés, au fur et à mesure des progrès techniques. Tous les télescopes utilisent les caméras CCD ou les détecteurs les plus modernes, dans le visible et l'infrarouge. Palomar entend bien rester un observatoire à la pointe de la recherche en astronomie, mais pour cela, les responsables scientifiques doivent réfléchir aux nouvelles stratégies qui permettront à un observatoire équipé de "petits" instruments de rester dans la compétition ; les premiers axes de développement retenus exploitent les atouts (grande flexibilité et coûts relativement faibles) d'un tel observatoire à l'ère des télescopes géants de plus de 8 mètres. Ces axes sont de :

Néanmoins, la pollution lumineuse liée à l'urbanisation galopante du sud de la Californie est un gros soucis pour Palomar qui craint de voir son efficacité fortement réduite de ce fait.


LES INSTRUMENTS DE PALOMAR

Les principaux instruments de l'observatoire sont le télescope de Hale (5 mètres), le télescope Oschin (un Schmidt de 1,2 mètre), un télescope Schmidt de 46 centimètres, et une lunette de 1,5 mètre. Les visiteurs peuvent voir le télescope de Hale : une galerie est aménagée dans la coupole, tout autour du télescope. Les autres instruments ne sont pas visibles.

Le télescope de Hale

Après plusieurs tentatives pour fabriquer un miroir de 5 mètres en quartz, et un million de dollars dépensés en vain, Hale demanda à la société "Corning Glass Work" de tenter de construire ce miroir en Pyrex. Ce qui fut réalisé le 2 Décembre 1934, dès le second essai. Ce miroir de 20 tonnes a été coulé dans l'état de New York. Après une période de refroidissement de 8 mois, il a rejoint Pasadena en train. Ce trajet, effectué à la vitesse maximum de 25 miles à l'heure a requis 14 jours. C'est à Pasadena que le miroir a été taillé et poli : un travail très laborieux qui a duré 13 années et qui a d'ailleurs été interrompu 3 ans à cause de la guerre, les personnels ayant été affectés à d'autres projets. Environ 4,5 tonnes de verre auront finalement été retirées du miroir brut par fraisage et polissage ! Pendant ce temps, le mont Palomar était aménagé, la coupole bâtie, et les éléments du télescope, fabriqués aux quatre coins des Etats-Unis, acheminés jusqu'à Pasadena par bateau, train, et route. Enfin, le 12 Novembre 1947, le miroir lui-même fut monté sur le mont Palomar, et installé dans le télescope : il faudra encore 2 années de travail sur place pour terminer son polissage et parfaire son alignement. George Ellery Hale, mort en 1938 n'aura pas vu la fin des travaux.


Construction de la coupole
Photo Caltech Archives

Acheminement du miroir
par le train
Photo Caltech Archives

George Ellery Hale
Photo Caltech Archives

Cérémonie d'inauguration
Photo Caltech Archives

Le télescope a été officiellement inauguré le 3 Juin 1948. Edwin Hubble a pris sa première photographie avec cet instrument en Janvier 1949. A partir d'Octobre 1949, le télescope fut mis à la disposition des astronomes de Caltech et de l'institution Carnegie.

Ce télescope peut-être équipé de divers instruments pour la recherche, par exemple de caméras en lumière visible, en infrarouge et en proche infrarouge. De nombreux spectrographes sont également disponibles, dont le Norris capable de réaliser simultanément le spectre de 100 sources lumineuses. Une système d'optique adaptative est en cours d'installation pour parfaire les images en infrarouge.

Ce télescope de 5 mètres de diamètre est partagé avec les astronomes de l'université de Cornell et du laboratoire "Jet propulsion", ces deux institutions occupant chacune 25% du temps, 50% restant à Caltech.
Les découvertes effectuées avec cet instrument depuis 1948 ont été très nombreuses : de l'étude des comètes et des astéroïdes du système solaire, aux galaxies éloignées et aux quasars, en passant par les étoiles de notre galaxie.
Télescope de Hale, la coupole
La coupole du télescope de Hale
Photo Bradford Behr
Télescope de Hale
Le télescope de Hale
Photo A. Maury

Le télescope Schmidt de Oschin

En 1929, Bernard Schmidt, un opticien Estonien, présente le prototype du télescope qu'il vient d'inventer à Walter Baade, un collègue de G.E. Hale, c'est cette conception de télescope qui est retenue pour le 1,2 mètre du Mont Palomar. Les travaux ont commencé en 1938 : Corning a coulé le miroir primaire, et les opticiens de Pasadena ont réalisé la lame correctrice. Le champ de ce télescope sera de 36 degrés carrés. Ce Schmidt a vu sa première lumière en 1948.

Bernard Schmidt
Bernard Schmidt
Photo Caltech Archives
Hubble au 1,2 mètres
Edwin Hubble observe dans
le chercheur du Schmidt
de 1,2 mètre
Photo Caltech Archives

C'est sur ce télescope de 1,2 mètre qu'à été réalisé le premier atlas du ciel de Palomar (POSS I, hémisphère nord), de 1950 à 1957. Les données collectées lors de cet inventaire sont encore très utilisées : elles sont disponibles sous forme de copies des plaques photographiques (sur papier, sur verre, et maintenant électroniques).

Au cours des années 1970, le grain des plaques photographiques produites par Kodak s'est beaucoup affiné. Ces nouvelles plaques ont été utilisées pour la réalisation d'un catalogue du ciel de l'hémisphère sud avec un télescope de Schmidt appartenant au Royaume Uni (ce Schmidt était une copie du Schmidt de Oschin, avec un correcteur achromatique).

Au début des années 1980, le Schmidt de Oschin a été modernisé : il a été équipé d'un correcteur achromatique, ainsi que d'un système de guidage automatique. Contrairement au télescope de Hale, cet instrument n'est pas équipé d'une caméra électronique : les photographies sont prises sur des plaques carrées de 14 pouces. Cet équipement a permis d'effectuer un second inventaire du ciel de l'hémisphère nord (POSS II), complémentaire de celui de l'hémisphère sud, et du premier atlas de l'hémisphère nord POSS I. La nouvelle qualité de plaques (offertes par la société Eastman Kodak) a été employée, et 897 plaques ont été utilisées dans les trois longueurs d'onde IIIaJ (bleu), IIIaF (rouge) et IVN (proche infrarouge). Ce projet a duré 10 ans : le 1er Juin 1999, les 897 plaques correspondant aux longueurs d'onde IIIaJ et IIIaF étaient terminées ; il ne restait plus que 100 plaques en IVN à faire pour terminer le travail. Un français, A. Maury, a participé pendant 5 ans à l'élaboration des procédures photographiques du projet. Les photographies sont numérisées et les données obtenues (estimées à 3 teraOctets) sont ensuite traitées au moyen de logiciels sophistiqués, tirant partie des technologies les plus récentes en informatique et en intelligence artificielle.

J. Mueller a déjà trouvé une centaine de supernovae en comparant les plaques POSS I et POSS II, ainsi que quelques comètes. C. Wilson a ainsi découvert la comète Wilson en 1986. D. Monet de l'observatoire naval américain (à Flagstaff, Arizona) prépare un catalogue décrivant le mouvement propre de 100 étoiles, toujours sur la base de la comparaison des deux inventaires.
L'atlas qui sera réalisé suite au second inventaire devrait contenir plus de 50 millions de galaxies, plus de 2 milliards d'étoiles dont 100 000 quasars, jusqu'à la magnitude 21 ou 22. Une telle base de données devrait servir à de très nombreux travaux, tels que l'étude des galaxies faibles et des grandes structures, l'identification de sources émettant dans des ondes radio, des rayons X, ou dans le proche infrarouge, d'objets variables, de quasars à fort décalage dans le rouge, etc. Ces données seront mises à la disposition des chercheurs du monde entier.
Télescope de 1,2 mètres
La coupole du télescope de 1,2 mètre
Photo R. Danner et D. Hogg
Télescope de 1,2 mètres, la coupole
Le télescope de 1,2 mètre
Photo R. Danner et D. Hogg

Le télescope de 1,5 mètre

Le 1,5 mètre, conçu pour compléter le télescope de Hale, possède un équipement d'une grande variété : caméras CCD, caméras infrarouge, spectrographes à haute résolution, etc.

Cet instrument est essentiellement utilisé par les projets des étudiants de Caltech, ainsi que ceux de l'institut Carnegie de Washington. De nombreuses procédures et de nombreux tests de calibration utiles aux projets réalisés sur le 1,2 mètre (inventaire du ciel : POSS II) y sont effectués.
Les étudiants sont fortement encouragés à s'impliquer dans les projets de recherche menés à Palomar.
Télescope de 1,5 mètre, la coupole
Le télescope de 1,5 mètre
Photo R. Danner et D. Hogg
Télescope de 1,5 mètre
La coupole du télescope de 1,5 mètre
Photo R. Danner et D. Hogg

Le télescope de Schmidt de 46 centimètres
Télescope de 46 centimètres, la coupole
Le télescope de 46 centimètres
Photo R. Danner et D. Hogg
Télescope de 46 centimètres
La coupole du télescope de 46centimètres
Photo R. Danner et D. Hogg



Site Web de l'observatoire du mont Palomar :

http://astro.caltech.edu/observatories/palomar/

Remerciements :

Nous remercions Caltech Archives, Caltech Photo Desk, Rudolf Danner, David Hogg et Bradford Behr, d'autoriser Adagio à publier leurs photos sur ce site. Photos Caltech Archives : Courtesy of The Archives, California Institute of Technology.

Nous remercions A. Maury d'autoriser Adagio à publier la photo du télescope de Hale.



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