Les Astéroïdes

 

Historiques :

C'est le 1 er janvier 1801 que le premier astéroïde fût découvert par Giuseppe Piazzi, ce qu'il croyait au départ une comète. Mais suite à ses calculs sur l'orbite, il était de toute évidence que l'objet n'était pas une comète, mais plutôt une petite planète. Piazzi nomma l'objet Cérès «  d'après la déesse sicilienne du grain ». Puis dans les années qui suivirent, 3 autres objets furent découvert (Pallas, Vesta et Juno).

Giuseppe Piazzi :

 

 

7 juillet 1746 à Ponte in Valtellina - 22 juillet 1826 Naples. C'était un astronome et ecclésiastique italien.

Il créa l'observatoire de Palerme, découvrit l'astéroïde Cérès et démontra le mouvement relatif des étoiles par rapport au Soleil.

L'astéroïde (1000) Piazzia a été nommé en son honneur, de même qu'un présumé cratère sur Cérès.

Piazzi reçoit le prix Lalande en 1803, de l'Académie des sciences.

Introduction :

La découverte d'un nouvel astre fut donc annoncé par Piazzi après le 4 janvier 1801. Nous ne savons pas avec qui Piazzi parla de sa découverte, ni si c'est lui-même qui en fit l'annonce aux journaux. Ce qui est certain, c'est que la nouvelle fut publiée par les gazettes locales et rapidement reprise par les journaux étrangers où elle attira l'attention de Lalande, vieil ami de Piazzi qui l'avait accueilli à Paris en 1787.

Quelques mois après la retrouvaille de Cérès, le 28 mars 1802, Olbers découvrit à Brême la deuxième petite planète, Pallas. Elle avait des caractéristiques similaires à celles de Cérès, mais son orbite avait une excentricité bien plus marquée. William Herschel, dans une géniale prémonition, reconnut tout de suite qu'on avait découvert une nouvelle classe de corps célestes.

Olbers découvrit Vesta le 29 mars 1807. Astrée fut découvert le 8 décembre 1845 par Hencke, qui deux ans plus tard découvrit Hébé. Cette année 1847 allait aussi permettre à l'astronome anglais Hind de trouver à Londres deux autres objets : Iris et Flora. Hind récidivait les années suivantes, tant et si bien qu'il eut 10 découvertes à son palmarès entre 1847 et 1854. D'autres astronomes, professionnels et amateurs, l'imitaient bientôt, d'abord en Europe, puis aux Etats-Unis. Dans la décennie 1861-1870, de nouveaux astronomes prenaient la relève, parmi lesquels Peters (48 découvertes de 1861 à 1889), Watson (22 découvertes de 1863 à 1877), Borelly (18 découvertes de 1868 à 1894). Dans la décennie 1871-1880 le rythme ne faiblissait pas puisque fin 1880 on connaissait 219 astéroïdes. Dans la décennie 1881-1890 on notait un essoufflement mais malgré tout, 302 astéroïdes étaient recensés fin 1880. La décennie 1891-1900 vit une augmentation substantielle du nombre de découvertes. De 302 on passa à 409 fin 1895 et à 463 fin 1900, soit 161 astéroïdes nouveaux numérotés en 10 ans. Les années 1901-1910 allaient permettre une recrudescence très importante du nombre d'astéroïdes découverts et dans une moindre mesure de ceux qui furent numérotés. Durant cette période, 244 objets furent numérotés. Un observatoire surtout, faisait merveille, celui de Heidelberg en Allemagne (67 découvertes de 1904 à 1909). De 1911 à 1920 on passa de 707 à 939 astéroïdes numérotés. Entre 1921 et 1930, on passa de 939 à 1158 astéroïdes numérotés. La période 1931-1940 allait être remarquablement féconde en observations et en découvertes de nouveaux objets et on passa à 1539 définitivement numérotés, certains étant très faibles (jusqu'à magnitude photographique 19). La guerre 1939-1945 marqua un arrêt presque total de l'activité astronomique en Europe. En 1950, 1568 astéroïdes étaient numérotés soit 19 nouveaux seulement. La décennie 1951-1960 fut décevante avec 81 astéroïdes numérotés. Mais il faut admettre que la décennie 1961- 1970 a été la plus décevante de l'histoire des astéroïdes. Seulement 130 objets ont été numérotés en dix ans, malgré de gros moyens. Les années 70 sont celles du renouveau. Les premières estimations sur le nombre total d'astéroïdes, montrèrent qu'ils existaient par millions. Les années 80 virent l'apparition de nouvelles équipes ou chercheurs indépendants. L'introduction des caméras CCD pour la recherche des astéroïdes est une révolution. C'est la caméra Space-watch, située à Kitt Peak, qui, à partir de 1989, a dégrossi le travail avec plus de 150 découvertes s'objets, certains étant très faibles et ne dépassant pas quelques mètres de diamètre (magnitude absolue 27 ou 28). A partir de 1996, plusieurs autres équipes vinrent la concurrencer. Les astronomes et les militaires américains instituèrent alors le concept de PHA (Potentially Hazardous Asteroids), les astéroïdes dangereux pour la Terre.

Plus de 500 découvreurs se partagent les 17 349 astéroïdes numérotés fin septembre 2000. Seize pays seulement ont atteint les 100 numérotations. Les Etats-Unis sont en tête avec 31,3% du total, devant le Japon avec 17,7%. Le Chili vient ensuite (10,7%) suivi de l'Ukraine (8,8%) et de l'Allemagne (8,2%). Seuls ces cinq pays dépassent les 1 000 numérotations. La France figure au 8 e rang avec 435 découvertes. Pour ce qui est du palmarès des observatoires, Palomar est loin devant les autres avec 2274 et des découvertes qui s'échelonnent sur 45 ans (de 1949 à 1994).

Les astronomes amateurs français ont été très tôt des découvreurs d'astéroïdes. Les premiers qui se sont distingués en France furent H. Goldschmidt à Paris en 1852 et A. Laurent à Nîmes en 1858. Le premier découvrit ainsi 14 astéroïdes sur les 70 premiers numérotés de 1852 à 1861. Il effectua plusieurs de ses découvertes depuis la fenêtre de son appartement situé au-dessus du café Procope à Paris. Avec 21 Lutetia il fut même le 1 er amateur à découvrir un astéroïde. Un long moment de plus d'un siècle suivit, avant qu'un amateur ne découvre un autre astéroïde en France. Au début des années 1980, les amateurs japonais commencèrent à s'activer dans les recherches photographiques. Leurs efforts sont récompensés d'année en année actuellement avec la numérotation définitive de bon nombre d'objets qu'ils ont détectés il y a plus de 10 ans. Les amateurs italiens furent les premiers européens à suivre l'exemple des japonais. Le renouveau de l'implication des astronomes amateurs français dans la recherche des astéroïdes est un phénomène assez récent. Ce n'est qu'à partir de 1997 que les détections sont devenues régulières. Une forte impulsion est venue de l'association des utilisateurs de détecteurs électroniques (AUDE) avec l'assistance éclairée de Christian Buil, Alain Maury et Alain Klotz. En 3 ans, les membres de l'association AUDE ont découvert 10 fois plus d'astéroïdes qu'il n'avait été découvert en France jusque là par leur prédécesseurs du 19 e siècle.

On pense aujourd'hui que tous les corps du système solaire se sont formés de la même manière, à partir d'un nuage interstellaire composé de grains et de gaz, surtout de l'hydrogène et de l'hélium. Ce nuage s'est effondré sur lui-même et a donné naissance à une nébuleuse présolaire, un nuage dense de gaz et de grains, de quelques centaines d'UA de diamètre. Vers la fin de son évolution, le Soleil et de nombreuses « planétésimales », des objets formés par agglomération des grains interstellaires, se sont formés. Les planétésimales sont des corps composés de matériaux réfractaires s'ils se forment près du Soleil ; ils incluent des matériaux plus volatils que l'eau quand la distance au Soleil est voisine ou plus grande que 4 UA environ. Rapidement, la plupart d'entre eux est avalée par l'attraction des plus massifs ou éjectés du système solaire par des perturbations gravitationnelles. La densité des astéroïdes dans la ceinture principale est telle que seuls ceux les plus gros que 150 km environ ont pu survivre intacts aux nombreuses collisions qui y sont survenues. Les autres astéroïdes ne sont que des fragments d'objets originellement plus volumineux.

Comme chacun d'entre nous le sait, les astéroïdes sont des objets métalliques et rocailleux qui sont en orbite autour du soleil, mais sont beaucoup trop petits et trop difformes pour être considérés comme des planètes, cela se confirme depuis la nouvelle définition du mot planète établit en août 2006. Mais parfois ils peuvent être appelés « petites planètes ». A ce jour plus de 7000 astéroïdes ont été découvert, et quelques centaines de nouveaux objets viennent s'ajouter à la liste chaque année. Nous pouvons facilement deviner qu'il y en a encore plusieurs milliers qui ne sont pas découvert du fait de leur petite taille, ce qui les rend beaucoup trop difficile pour être observés depuis la terre.

Les astéroïdes ont des dimensions qui peuvent varier énormément, prenons pour exemple l'astéroïde Cérès qui est le plus connu et le plus gros aussi, avec un diamètre de 933 Km et à lui tout seul il contient près de 25 % de la masse total de tous les astéroïdes. Un astéroïde peut avoir la taille d'un vulgaire caillou. A l'heure actuelle nous connaissons 26 astéroïdes de plus de 200 Km de diamètre et d'après les chercheurs, il est fortement probable que 99 % des astéroïdes de grande taille soit répertoriés (supérieur à 100 Km ). Pour ceux qui font entre 10 et 100 Km , il est estimé que la moitié sont connus. Mais il est tout de même important de noter que pour les plus petits, beaucoup ne sont pas connus, il en existerait probablement environ 1 million d'un diamètre approchant 1 Km .

Il est aussi important de savoir que la masse totale de tous les astéroïdes est inférieure à celle de la lune.

A noter que 16 d'entre eux qui sont supérieures à 240 Km ont été observé à l'intérieure de l'orbite de la terre jusqu'à celle de saturne. La plupart sont bien évidemment dans la fameuse ceinture d'astéroïdes qui se situe entre l'orbite de Mars et Jupiter comme nous le montre l'image ci-contre.

Comme nous le savons il existe 2 hypothèses sur cette fameuse ceinture d'astéroïde. La majorité des astronomes pensent qu'ils s'agit des restes de la formation du système solaire et que c'est une planète qui n'a pas réussi à se former. D'autres pensent qu'au contraire cette planète fut détruite il y a très longtemps lors d'une collision massive. Mais il est plus probable que ce sont des objets qui ne se sont pas agglomérés pour former une planète. (Avec pour estimation, si tous les objets étaient agglomérés, une planète de 1500 Km de diamètre).

La connaissance que nous avons de ces astéroïdes est bien évidemment due aux débris que l'on a pu examiner à la surface de la terre suite à des collisions (anciennes).

Pour information, les astéroïdes qui sont sur une trajectoire de collision avec la terre sont appelés météoroïdes et lorsque celui-ci entre dans notre atmosphère à haute vélocité, la friction provoque l'incinération de la météoroïde et laisse apparaître une trace de lumière dans le ciel appelé plus couramment météore ou étoile filante. Mais dans le cas ou celui-ci ne s'est pas complètement désagrégé, il vient percuter la surface de la terre et dans ce cas il est appelé météorite.

Parmi tous les météorites examinés, 93 % d'entre eux sont composés de silicates (roche), 6% sont composés de fer et de nickel et pour le reste ils sont composés de ces trois ingrédients.

Il est important de noter que les astéroïdes sont des objets du système solaire primitif et c'est pourquoi les scientifiques s'y intéressent de très prêt. Avant 1991, ces objets n'étaient étudiés que depuis la terre, c'est seulement à partir de cette année là qu'un premier astéroïde a été approché par une sonde, la sonde Galileo pour l'astéroïde 951 Gaspra, puis plusieurs ont suivis, Galileo approcha 243 Ida, puis ce fut le tour de la sonde Near qui avait été conçu pour l'astéroïde Eros prévu pour janvier 1999, mais fit une rencontre à haute vitesse en juin 1997 avec l'astéroïde 253 Mathilde.

Avec les années et l'expérience, et après l'étude de ces objets, ceux-ci ont été répertoriés et classés selon leurs différents critères.

 

Mais comme souvent, la classification des astéroïdes, comètes et lunes est matière à débat. Il y a plusieurs satellites planétaires qui seraient probablement mieux classés en tant qu'astéroïdes capturés par la planète. C'est le cas de Deimos et Phobos, satellites de Mars, les huit plus distantes lunes de Jupiter, Phoebé la lune de Saturne et probablement certaines des lunes qui ont été récemment découvertes autour d'Uranus et de Neptune qui sont toutes plus similaires à des astéroïdes qu'aux grosses lunes. (Comme nous pouvons le voir sur l'image ci-contre avec une échelle approximative de Ida, Gaspra, Deimos et Phobos)

Les astéroïdes ont été classés en un grand nombre de types, d'après leur spectre (leur composition chimique) et leur albédo :

Il existe aussi une douzaine d'autres types mais ceux-ci sont rares.

Par le biais des observations (les sombres objets de type C sont plus difficiles à observer), les pourcentages ci-dessus ne sont peut être pas la véritable proportion entre les différentes classes, car il existe aujourd'hui plusieurs schémas de classification en usage, ce qui rend bien sûr plus difficile les choses pour s'y retrouver.

Aujourd'hui, il y a peu de sujets sur la densité des astéroïdes, mais on a pu enregistrer l'effet Doppler sur les ondes radios envoyées sur terre par la sonde NEAR. Cet effet est causé par la très faible attraction entre l'astéroïde et le vaisseau et cela a permis d'estimer la masse de Mathilde. Suite à cela, on s'est aperçu que la densité d'un astéroïde n'était pas beaucoup plus grande que celle de l'eau, ce qui suggère que ce n'est pas un objet solide mais plutôt une pile de débris compacte.

Lors d'une conférence aux rencontres du ciel et de l'espace réalisée par Patrick Michel, il a été précisé que les astéroïdes étaient bel et bien poreux telle « une éponge », ce qui les rend très fortement résistant aux impacts qu'ils peuvent subir. Il a dit aussi qu'il était très difficile de voir tous les impacts micrométriques voire même pas du tout, car les astéroïdes seraient recouvert d'une couche de sable d'environ 1 mètre de profondeur, qui lévite et qui tremble, et efface toutes les traces d'impact micrométrique avec le temps. Cela a été observé suite à une sonde qui a provoqué un impact volontaire sur un astéroïde, et les scientifiques on pu voir que l'impact n'avait pas causé un cratère, contrairement à leur attente, du fait qu'on a pensé qu'un astéroïde était plutôt « dur ».

Les astéroïdes sont aussi classés en fonction de leur position dans le système solaire :

•  Ceinture principale : Située entre Mars et Jupiter de 2 à 4 UA du soleil, cette ceinture est subdivisée en plusieurs sous groupes (Hungaria, Flora, Phocaea, Koronis, Eos, Thémis, Cybeles et Hildas). Ces groupes portent le nom du principal astéroïde du groupe.

•  Near Earth Asteroids (NEA) : Ce sont les astéroïdes qui frôlent de très près la terre, expression non traduite en français, mais cela donnerait « Astéroïdes proche de la terre ».

•  Les Troyens : Ce sont les astéroïdes qui se situent près des points de Lagrange de Jupiter (c'est-à-dire sur la même orbite mais 60 degrés en avant et en arrière de Jupiter). Beaucoup d'entre eux sont connus, on estime qu'il s'en trouverait plus d'un millier. Mais curieusement il y en aurait plus vers le point de Lagrange avant L4 qu'au point arrière L5. D'autres petits astéroïdes se situeraient près des points de Lagrange de Vénus et de la Terre , qu'on appelle parfois des troyens ou des lagrangiens.

Point de Lagrange :

 

Lagrange démontra que trois corps peuvent être en orbite aux sommets d'un triangle équilatéral en rotation sur ce plan. Si un des corps est suffisamment massif en comparaison des deux autres la formation triangulaire est stable. De tels corps sont parfois appelés des Troyens ou satellites lagrangiens . Le point sur le sommet avant est connu sous le nom de point de Lagrange avant ou L4 et le point sur le sommet arrière est le point de Lagrange arrière ou L5.

Joseph Louis Lagrange :

 

1736-1813 Français d'origine Italienne, Giuseppe Luigi Lagrangia né à Turin, déménagea à Paris et devint un citoyen français, mathématicien et astronome, à fait plusieurs contributions à la mécanique céleste.

On trouve des régions relativement vides, appelées lacunes de Kirkwood , entre les principales concentrations d'astéroïdes de la ceinture principale. Ce sont des régions où la période orbitale de l'objet devrait être une simple fraction de la période orbitale de Jupiter. Un objet sur une telle orbite serait fort probablement accéléré par Jupiter vers une autre orbite et pourrait dans certains cas avoir une grave incidence.

Le système solaire externe possède aussi quelques « astéroïdes » appelés les «  Centaurs » . 2060 Chiron (alias 95 P/Chiron) orbite entre Saturne et Uranus. L'orbite de 5335 Damoclès varie entre la proximité de Mars et plus loin qu'Uranus, celle de 5145 Pholus va de Saturne jusqu'à Neptune. Il y en a probablement beaucoup d'autres mais de telles orbites croisant des planètes sont instables et il est fort probable que dans l'avenir elles seront perturbées. La composition de ces objets est probablement plus proche de celle des comètes ou des objets de la ceinture de Kuiper que de celles des astéroïdes ordinaires. En particulier Chiron qui est maintenant classé comme étant une comète.

En 1992 David Jewitt et Jane Luu ont découvert le premier objet d'une nouvelle famille de corps qui circulent autour du Soleil sur des orbites qui les maintiennent à des distances de l'ordre de, ou, supérieures à 30 UA, la valeur du demi grand axe de Neptune. On les appelle de plus en plus souvent les « transneptuniens » (TNOs). On en connaît aujourd'hui environ 400, et cette population croît à un rythme rapide. Ils ont une taille moyenne de l'ordre de 200 km (de 40 km pour les plus petits à 1000 km pour les plus gros). Très éloignés de nous, ils sont difficiles à étudier. Certains des TNOs pénètrent dans la zone des planètes géantes et forment la famille des centaures. Chiron fut le 1 er centaure qu'on ait trouvé.

Les objets de Kuiper sont des petits corps en orbite autour du Soleil situés au-delà de Neptune et découverts seulement depuis 1992. Aujourd'hui, de nombreuses équipes dans le monde, utilisant des télescopes de plus de 2 mètres de diamètre, sondent le ciel à la recherche des objets de Kuiper. Le rythme des découvertes ne cesse de s'acélérer. On connaît actuellement près de 400 objets, dont plus d'une centaine ont été découverts pendant la seule année 2000. Le nombre d'objets présents dans cette partie du système solaire est sans doute de plusieurs centaines de millions. La lumière que nous captons des objets de Kuiper est la lumière du Soleil réfléchie par leur surface. Comme ils sont petits et très éloignés, ils sont très peu lumineux. Pour les détecter on a tout intérêt à observer des champs aussi grands que possible pour augmenter les chances de découverte. Les objets de Kuiper ont un mouvement apparent très faible. Ils se déplacent si lentement sur leur orbite (leur période de révolution est au minimum de 250 ans) que c'est le mouvement de la Terre pendant l'observation qui domine. Leur déplacement par rapport aux étoiles n'est que de quelques secondes d'arc par heure. Pour les détecter sur les images, on utilise souvent des techniques automatiques permettant de mettre en évidence tous les objets qui se sont déplacés entre deux images.

Les objets de Kuiper découverts présentent une grande variété de caractéristiques dynamiques. On les classe en 3 grandes catégories :

 

 

La découverte des objets de Kuiper représente une révolution dans notre connaissance du système solaire qui a de multiples conséquences. Les objets de Kuiper sont des reliquats de la formation du système solaire. Ils sont situés dans des zones très froides et ont dû être peu modifiés depuis leur formation. En les étudiant, on peut accéder aux conditions qui régnaient dans la nébuleuse primitive aux débuts de l'histoire du système solaire. Avec eux, on dispose également d'échantillons de planétésimaux semblables à ceux qui ont formé le cour des planètes géantes et dont on sait mal comment ils se sont constitués. De plus, en les étudiant, on a des indications sur les transferts de matière dans la partie externe du système solaire.

Dans les années 70, l'US Air Force avait mis au point un réseau de satellites dont la fonction première était la vérification du respect de l'interdiction des explosions atomiques dans l'atmosphère. Plus tard ce réseau s'est densifié et a évolué vers un système permettant la détection de tout objet « chaud » volant dans l'atmosphère. Très peu de temps après sa mise en service ce système détecte des explosions très fortes liées à l'arrivée brutale d'objets de taille intermédiaire entre les étoiles filantes et les petits astéroïdes. Ces explosions arrivent assez fréquemment, et passent souvent inaperçues depuis le sol. Dans les années 80, les militaires américains contactent discrètement Eugène Shoemaker pour lui demander s'il serait possible que les explosions en question soient liées à l'arrivée d'objets d'origine météoritique. Il faut faire l'inventaire des objets qui passent près de chez nous, tout en sachant qu'il est plus que probable que nous pouvons regarder le futur, du coté du ciel, de façon sereine. Tant qu'aucun objet dangereux n'est détecté, et ce plusieurs dizaines d'années à l'avance, il est prématuré de placer en orbite des systèmes d'armes. Une explosion au sol, pourvu qu'elle soit assez importante, génère un « champignon atomique ». Un astéroïde heurtant la Terre peut générer le même type de nuage, mais non radioactif.

L'armée américaine a contribué positivement en plaçant la sonde clémentine autour de la Lune pour détecter les astéroïdes potentiellement dangereux. Des télescopes gérés par le Lincoln Laboratory, munis de caméras très efficaces constituent le programme LINEAR. Actuellement, LINEAR découvre plus de 70% des astéroïdes géocroiseurs jusqu'à la magnitude 19. Il a déjà découvert plus de 400 géocroiseurs sur les 1200 et quelques connus. Un nouvel aspect de cette problématique « néo catastrophiste » s'est développé lors de l'impact de la comète Shoemaker Lévy 9 sur Jupiter en 1994. Il a fallu développer les programmes permettant de calculer un impact, les circonstances précises du lieu de chute et l'instant des chutes. Aujourd'hui, 4 groupes au niveau mondial réalisent ces calculs de façon routinière. Brian Madsen, en calculant les éphémérides de 1997 XF11, s'est rendu compte qu'il passait très près de la Terre en 2028. Pour la 1ere fois, les astronomes étaient capables de faire un début de prédiction d'une approche serrée. Par la suite, plusieurs cas similaires ont été détectés, notamment par l'équipe de Pise en Italie, avec des probabilités d'impact très faibles. Il existe actuellement une échelle allant de 1 à 10, dite de Torino, qui a pour but de placer un objet en perspective en fonction de sa taille et de sa probabilité d'impact. Les astéroïdes géocroiseurs nous donnent l'occasion de mesurer des objets de petite taille, qu'il n'est guère possible d'observer autrement.

Il est possible de séparer les objets susceptibles de tomber sur Terre en 3 catégories :

Voici pour exemple 2 photos d'astéroïdes très connu

 

A droite : l'astéroïde Gaspra

 

A gauche : l'astéroïde Ida

 

Ici comme exemples des cratères d'impact d'astéroïdes ayant percutés la terre :

Barringer Meteor Crater, Arizona


35°02'N, 111°01'W; Diamètre : 1.186 kilometers ( .737 miles ); Age : 49,000 years

 

Wolfe Creek , Australia


19°18'S, 127°46'E; Diamètre : 0.875 kilometers ( .544 miles ); Age : 300,000 years

 

Quelques missions concernant les astéroïdes :

Mission Hayabusa : Mission Japonaise ayant pour but de récolter de la poussière d'astéroïde, résultat attendu en 2010 avec le retour du satellite prévu cet année là.

Mission Don Quichotte : Mission européenne (ESA), pour tester notre aptitude à dévier un astéroïde.

Et encore plus récemment nous avons pu entendre durant le mois de Février 2007, aux informations, qu'un astéroïde géocroiseur pourrait percuter où frôler la terre en 2036 ( 99942 Apophis).

Même si le risque de collision avec la Terre a fortement diminué selon les nouvelles précisions concernant la trajectoire de 99942 Apophis, les scientifiques ont insisté pour que des discussions soient engagées sur les moyens d'éviter une catastrophe régionale voire planétaire.

Un groupe de travail réunissant des experts de plusieurs pays prépare un projet de traité international qui sera soumis à l'ONU en 2009. En effet, étudier les moyens de dévier la trajectoire de ce géocroiseur n'et pas vain puisqu'il y a fort à parier que d'autres astéroïdes menaçants seront découverts.

Position possible le 13 avril 2036 de l'astéroïde dans le cas ou il percuterait la terre.

Source NASA

 

Conséquences d'une collision encore improbable :

Les scientifiques indiquent néanmoins que "dans l'hypothèse improbable où il entrerait bien en collision", les conséquences seraient dramatiques : du tsunami (raz-de-marée) s'il touche l'océan (qui couvre 77% de la surface de la Terre ), ou des dégâts massifs sur les continents. En effet, un impact contre la Terre dégagerait une énergie équivalente à 400 mégatonnes. A titre de comparaison, la bombe larguée sur Hiroshima le 6 août 1945 avait une puissance d'environ 15 kilotonnes.

Apophis :


Apophis est un astéroïde NEA et classé 1 sur l'Echelle de Turin. Un impact est potentiellement possible en avril 2036, avec une chance sur 45 000. Cet astéroïde est plus petit que 2004 VD17. Son diamètre est estimé à 250 m et sa masse à quelque 21 millions de Tonnes.

Quelques définitions pour mieux comprendre :

Aphélie :

Le point de l'orbite d'une planète qui est le plus loin du Soleil. Lorsque l'on fait référence à des objets en orbite autour de la Terre le terme apogée est utilisé; le terme apoastre est utilisé pour les orbites autour d'autres corps.

Périhélie :

Point de l'orbite d'une planète où elle est le plus proche du Soleil. Pour les objets en orbite autour de la Terre l'on utilise le terme périgée ; le terme périastre est utilisé pour les objets en orbite autour des autres corps.

Troyen :

Un objet en orbite aux points de Lagrange d'un autre (plus gros) objet. Ce nom dérive de la généralisation du nom des plus gros astéroïdes aux points de Lagrange de Jupiter: 588 Achilles, 624 Hektor et 911 Agamemnon. Ce type de satellites est aussi appelé satellites lagrangiens. Les satellites Hélène, Calypso et Télesto sont parfois appelés troyens.

Albédo :

Le rapport entre la lumière réfléchie par un objet et la lumière incidente; une mesure de réflectivité ou de la brillance intrinsèque d'un objet (une surface blanche, parfaitement réfléchissante aurait un albédo de 1.0; une surface noire parfaitement absorbante aurait un albédo de 0.0).

Echelle de Turin :

L'échelle de Turin est graduée de 0 à 10. Une valeur de 0 indique qu'un objet n'a qu'une chance négligeable d'impacter la Terre par rapport au « bruit de fond » des événements de collision, ou qu'il est trop petit pour traverser l'atmosphère intact. Une valeur de 10 indique que le risque de collision est certain et que l'objet est suffisamment grand pour provoquer un désastre à l'échelle planétaire. Seules des valeurs entières sont utilisées.

Un objet se voit attribuer une valeur de 0 à 10 sur la base des calculs de sa probabilité de collision et de son énergie cinétique (exprimée en mégatonnes de TNT. Cette valeur n'est pas définitive car elle dépend des connaissances et des observations en cours.

Plusieurs organismes peuvent attribuer une valeur de risque sur l'échelle de Turin à des objets célestes, notamment les systèmes automatisés Sentry et NEODyS.

•  Blanc, aucun risque (niveau 0)

•  Vert, risque normal (niveau 1)

•  Jaune, objet à suivre (niveaux 2 à 4)

•  Orange, objet dangereux (niveaux 5 à 7)

•  Rouge, collision certaine (niveaux 8 à 10)

 

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