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L’astronomie islamique (700 à 1200 AD)
L’héritage légué par la communauté islamique est vaste. Plusieurs constellations et noms d’étoiles sont encore aujourd’hui reconnus et nous proviennent du monde arabe. La science moderne doit aux Arabes l’algèbre et l’astrolabe. Cependant, la science islamique s’est construite durant le moyen âge de la civilisation occidentale qui s’étend de 700 à 1200 AD à partir des cultures indiennes et grecques.
La principale raison pour laquelle les musulmans ont consacré autant d’efforts à scruter le firmament repose sur leurs croyances religieuses qui nécessitent une connaissance exacte du temps. La religion islamique requiert cinq prières par jour, réalisées à une position spécifique du Soleil. Ainsi, l’acquisition du temps à partir de phénomènes astronomiques s’est révélée être à l’époque, le moyen le plus précis d’établir l’heure avec exactitude.
Le calendrier musulman est profondément régulé par la Lune. Tout comme le calendrier issu du christianisme, le calendrier islamique contient 12 mois. Cependant, contrairement aux Grecs, les mois n’étaient pas comptabilisés et comptés sur des calendriers officiels. Le début et la fin de chaque mois nécessitaient une observation directe du premier et du dernier quartier. Cette pratique eut pour répercussion d’avoir certaines communautés débutant le mois à différents jours. Une mesure du temps qui vaut la peine d’être mentionnée, mais qui n’a pas survécu dans le calendrier moderne sont les maisons lunaires. Ces maisons consistaient en un ensemble de 28 groupes stellaires qui s’étendaient sur toute l’orbite lunaire, comparable à nos 12 constellations du Zodiac traversées par les planètes.

Parmi les instruments que les Arabes développèrent, mentionnons l’astrolabe qui leur fut légué par les Grecs, mais qui connut un perfectionnement remarquable durant l’époque musulmane. De cet instrument surgit le sextant qui est une version beaucoup plus élaborée de l’astrolabe. Cet instrument deviendra ensuite l’instrument par excellence utilisé en navigation durant l’exploration européenne. Cependant, les Arabes ne se concentrèrent pas uniquement sur de petits instruments, ils construisirent un observatoire gigantesque près de la ville de Tehran en Iran. C’est l’astronome Al-Khujandi qui comptabilisa l’emplacement d’un bon nombre d’étoiles à l’aide d’un sextant géant lui garantissant une précision d’un arc seconde. Cette précision ne fut jamais atteinte par aucun autre astronome des époques antérieures.
Tout comme les Égyptiens qui alignèrent leurs pyramides avec certains phénomènes célestes, les musulmans développèrent le Q’ibla, une méthode astronomique précise leur permettant d’orienter leurs sanctuaires sacrés vers la Mecque. Le modèle cosmologique de la tradition musulmane ancienne croyait que le centre du monde était la Mecque.
Durant la période où les astronomes arabes compilèrent leurs catalogues célestes, ils accumulèrent plus d’observations que toutes les civilisations qui les précédèrent additionnées ensemble. Ils réussirent à établir de nouvelles méthodes mathématiques afin de calculer et prévoir les mouvements célestes. Néanmoins, contrairement aux Grecs qui croyaient que les occurrences astronomiques étaient des événements théoriques abstraits, les musulmans croyaient que ces phénomènes étaient physiquement réels et se déroulaient dans un environnement spatio-temporel.