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L’astronomie égyptienne

 

            L’Égypte ancienne possédait un savoir limité en astronomie. Leur connaissance étroite de la géométrie en fut la principale cause et les empêcha de réaliser des calculs mathématiques complexes. Cependant, le climat de la région fut grandement bénéfique aux observations célestes, puisque les nuits sans nuages ainsi que l’atmosphère sec de la vallée du Nil étaient très courantes. Comme dans la majorité des autres civilisations, les orientations et mouvements célestes furent la source de la création de bons nombres de divinités et de mythes chez les Égyptiens.

 

 

 

            L’interprétation du ciel devint une activité vitale à la communauté égyptienne et les premiers à communiquer avec les dieux du ciel furent les prêtres. Ces prêtres étaient en fait des astronomes qui se consacraient entièrement dans la prédiction de phénomènes astronomiques auxquels nous pouvons rattacher des phénomènes terrestres. Par exemple, les prêtres étaient en mesure de prédire l’inondation du Nil chaque année lorsque l’étoile Sirius se levait avant le Soleil. Les prêtres ayant le pouvoir de décrypter la voûte céleste seront parmi les premiers dirigeants de cette civilisation. Ces interprètes du cosmos étaient chargés de prédire des éventuelles éclipses de Lune souvent associées à de mauvais présages. Leurs prédictions ne se restreindront pas qu’aux mauvaises conjectures, mais s’étendront sur des événements météorologiques ainsi que l’élaboration d’un calendrier précis permettant d’identifier certaines périodes de semences ou de récoltes. Ce calendrier sera fondé sur les cycles lunaires, solaires et ceux des planétaires et des étoiles. Les développements ultérieurs de ce calendrier contribueront à l’élaboration de l’astrologie égyptienne.

 

L’observation astronomique permit également de positionner les divers monuments tels que les temples et les pyramides de manière très précise. Nous croyons aujourd’hui que les pyramides ont été alignées par rapport aux points cardinaux. Le Nord, le Sud, l’Est et l’ouest furent établis en observant les étoiles se lever et se coucher. Mais puisque aucune étoile ne se tenait exactement au Nord, les Égyptiens utilisèrent fort probablement une étoile se levant à l’Est et se couchant à l’Ouest. La précession de l’axe de rotation terrestre était inconnue des astronomes égyptiens et explique la raison pour laquelle aujourd’hui les pyramides ne semblent plus orientées de façon précise avec les étoiles. Grâce aux puissants modèles astronomiques modernes, il est maintenant possible d’établir l’orientation originelle des pyramides avec l’étoile bêta du scorpion. Plusieurs autres bâtiments seront alignés selon une étoile se levant ou se couchant durant la période des semences ou des récoltes. Les solstices et les équinoxes étaient également la cible d’orientation de certains bâtiments. Déjà 4000 ans avant notre ère, des temples étaient construits de manière à laisser passer la lumière  a un moment précis de l’année.

 

            Les divinités égyptiennes étaient nombreuses et plusieurs pouvaient être aperçues dans les constellations ainsi que dans certains corps célestes. La constellation d’Orion était par exemple représentée par Osiris, le dieu de la mort, de la résurrection et de la vie après la mort. La Voie Lactée représentait la déesse Nut qui donna naissance à Ra, dieu du Soleil. L’horizon occupait une place importante pour les anciens Égyptiens, car il était l’endroit ou le Soleil apparaissait et disparaissait jour après jour. Le Soleil à lui seul pouvait être attribué à plusieurs divinités dépendamment de sa position. Par exemple, un Soleil levant était associé à Horus, enfant d’Osiris et d’Isis, un Soleil à midi était associé à Ra lui-même par sa luminosité incroyable et un Soleil couchant était associé à Atum, le dieu créateur qui éleva les pharaons de leurs tombes vers les étoiles. La couleur rougeâtre du Soleil couchant évoquait le sang du Soleil mourant. Après le coucher du Soleil, il devenait dieu de la mort et de la résurrection. De cette manière, la nuit était associée à la mort et le jour à la vie et à la résurrection, confirmant les croyances en l’immortalité des Égyptiens.

 

            L’un des plus grands astronomes égyptiens fut Amenhope qui vécut vers 1100 BC. Il créa un catalogue contenant cinq constellations ainsi que 36 groupes d’étoiles qu’il nomma décans. Ces décans permirent aux astronomes égyptiens de connaître l’heure durant la nuit, car chacun se lève respectivement 40 minutes après l’autre. Plusieurs tables répertoriant ces décans dans leurs ordres respectifs d’apparitions ont été retrouvées à l’intérieur du « coffin lids » Chacune des colonnes de ces tables couvre une année entière à intervalle régulier de dix jours. Ces calendriers étaient divisés en 36 colonnes qui contenaient chacune les 36 décans avec leurs périodes de lever. Mais ce calendrier prenait plus de six heures de retard par année et accumulait une dizaine de jours de décalage au bout de 40 ans. Ce calendrier était connu sous le nom de Sothic, faisant référence au levé heliacal de Sothis (Sirius), marquant le premier jour de l’année. Le levé heliacal est la période de dix jours pendant laquelle Sirius ou l’étoile chien se lève juste au-dessus de l’horizon au lever du jour.