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L’astronomie maya (300 à 900 A.D.)

 

            L’époque glorieuse de la civilisation maya s’étendit de 300 à 900 A.D dans les vallées de Mexico et d’Oaxaca. La pratique de l’astronomie faisait partie intégrale de la culture maya. L’ordre qui était perçu à travers la voûte céleste et l’univers reflétait l’harmonie divine des Mayas et leurs croyances théologiques du Cosmos. Dans la cosmologie maya, le temps et l’espace étaient entremêlés. Leur calendrier complexe témoigne de cet enchevêtrement en combinant des attributs spatiaux tels que des animaux, des plantes avec des événements temporels liés à des objets astronomiques. Néanmoins, les Mayas n’inventèrent jamais d’horloges mécaniques afin d’établir une échelle de temps et se fièrent uniquement aux mesures astronomiques.

 

            Les Mayas croyaient que la pratique de l’astronomie sous la forme d’astrologie avait une influence sur chacun, quoique, cette discipline fut probablement plus bénéfique en agriculture que dans les autres domaines. La pratique de l’astronomie était régulée par une élite maya appelée les ilhuica tlamatilizmatini qui étaient des prêtres astronomes. On accordait un grand pouvoir politique à ces prêtres-astronomes puisqu’ils étaient en mesure de prédire le futur.

 

            Les prêtres-astronomes enregistraient leurs observations astronomiques dans des Codex qui ont malheureusement été détruits par les Espagnols lors des conquêtes. Cependant, quelques documents ont été retrouvés et nous révèlent comment les Mayas voyaient leur univers. La cosmologie maya peut être représentée par un univers à multiples étages. Le ciel est composé de treize niveaux successifs et le monde souterrain de neuf niveaux. La Terre se trouve coincée entre ces deux mondes et appartient en même temps à ces deux environnements.

 

Cosmologie maya

 

 

            La Terre dans la cosmologie maya est le centre de l’univers et représente le premier niveau. Elle se situe entre le monde souterrain et le monde de l’au-delà. Elle est plate avec quatre coins pointant vers les quatre points cardinaux. Cette vision peut être conceptualisée comme une grande roue entourée par le teoatl ou l’eau divine qui est un océan qui s’étend vers les horizons. Le second niveau est appelé Ilhuicatl metzli et est le lieu ou l’on retrouve la Lune et les nuages. Les étoiles de la voûte céleste occupent le troisième niveau appelé Citlalco et sont la résidence de la déesse Citlallicue. Le Soleil ou Ilhuicatl Tonatiuh occupe le quatrième niveau alors que Vénus réside dans le cinquième. Le sixième niveau est appelé Ilhuicatl Mamalhuazocan ou ciel des feux percés faisant référence à une constellation non identifiée. Ce niveau est également l’hôte des comètes ou étoiles qui fument. Le serpent de feu qui a pour mission d’avaler le Soleil à son coucher, de le digérer et de le refaire surgir au lever du jour siège également à ce niveau. Le septième niveau est occupé par les cieux noirs et vert où l’on perçoit des vents et des orages d’une puissance extraordinaire. Le huitième niveau est le ciel bleu ou l’on retrouve une grande quantité de poussières. Le neuvième niveau et l’endroit ou le tonnerre sévit et est appelé Itztapal Nanatzcayan ou le lieu ou les rochers se cognent ensemble. Les dixième, onzième et douzième niveaux représentent respectivement les couleurs blanc, jaune et rouge. Finalement, le dernier niveau est appelé Omeyocan et est la région ou habite la divinité créatrice du temps et de l’espace. Les neuf niveaux souterrains occupent également une place importante dans la cosmologie maya. Spirituellement, la Voie Lactée est perçue comme étant la route mythique qu’emprunte les âmes lorsqu’elles voyagent des profondeurs souterraines vers les cieux de l’au-delà.

 

 

 

L’astronomie d’observation

 

            L'exaltation des Mayas face aux cieux les poussèrent à s’intéresser à certains objets en particulier. Ils vouèrent un intérêt distinctif pour le Soleil, la Lune, Vénus et quelques amas d’étoiles et constellations. Ces objets furent grandement étudiés par les prêtres-astronomes afin d’établir leur périple à travers la voûte céleste. L’objet le plus important du ciel pour les Mayas est le Soleil, universellement reconnu comme source de vie sur Terre. Un aigle géant rouge doté d’une vision entière sur le monde était associé au Soleil. Les prêtres-astronomes réussirent à établir la durée d’une année solaire à 365 jours comparativement à 365,2422 jours pour les mesures modernes. Ce retard accumula un décalage d’un mois au bout de cent ans et près de six mois au bout de six cents ans. Il y a néanmoins des évidences que des ajustements étaient constamment apportés au calendrier afin de le réajuster aux observations astronomiques.

 

            La Lune fut également d’un grand intérêt pour les Mayas. Une déesse ayant une puissante influence sur les événements terrestres était associée à cet astre. Ce n’est qu’à partir de l’an 300 que les astronomes commencèrent à enregistrer le cycle synodique lunaire ou la période entre deux pleines lunes successives. Les prêtres-astronomes calculèrent qu’il y avait exactement 149 Lunes sur une période de 4400 jours, ce qui équivaut à un cycle synodique de 29,53 jours. Sur les murs d’un observatoire à Palenque, nous avons retrouvé qu’il y avait eu 405 Lunes sur une période de 11960 jours, ce qui équivaut à 29,53086 jours, une valeur très près de notre estimation moderne qui est de 29,53059 jours.

 

            La planète Vénus occupe une importance primordiale pour les Mayas. Elle est considérée comme étant connectée avec une divinité importante, soit Quetzalcoatl. Elle était nommée Xux Ek ou la grande étoile. Les Mayas savaient que c’était le même objet qui apparaissait tôt le matin ou au coucher du Soleil dans la soirée. Les prêtres-astronomes parvinrent également à calculer la période synodique de Vénus et arrivèrent à 584 jours, ce qui est très près de la valeur moderne qui est de 583,92 jours. Lorsque Vénus se levait le matin, ce moment était attribué à de la malchance et tous les habitants demeuraient à l’intérieur de leur habitation, placardant toutes leurs fenêtres pour ne pas que la lumière maléfique entre à l’intérieur. Les prêtres-astronomes calculèrent également la période synodique de Mars et de Vénus. Leurs résultats aboutirent respectivement à 780 jours et 117 jours, en comparaison avec 779,936 jours et 116 jours pour les valeurs modernes. Cependant, l’intérêt des Mayas ne s’attarda pas aux planètes Saturne et Jupiter pour une raison qui nous échappe encore.

 

            Quelques amas et constellations d’étoiles furent également attribués à certaines interprétations. Par exemple, les Pléiades apparaissaient dans le ciel matinal d’avril, concordant avec le temps des semences. Puisque les Mayas pouvaient prédire le moment où les Pléiades allaient se lever avec l’observation d’autres constellations antérieures, ils étaient en mesure de se préparer pour cet événement longtemps à l’avance. Il y a des évidences que les Mayas croyaient que les Pléiades figuraient au centre des différentes couches ou niveaux des étoiles fixes. Les constructeurs de la citée Teotihuacan alignèrent la rue principale vers les Pléiades. Des festivals étaient organisés lorsque la ceinture d’Orion ou les Pléiades se levaient ou se couchaient à l’horizon. L’étoile polaire, n’étant pas au centre de la sphère céleste pour les Mayas, était utilisée par les voyageurs afin de s’orienter sur Terre. Mais les comètes incarnaient les objets les plus captivants des Mayas. Ils croyaient que les comètes avaient un lien direct avec le monde des humains sur Terre et annonçaient la mort d’une personne noble.

 

            La prédiction d’éclipse solaire était une tâche importante chez les Mayas. Plus difficiles à calculer que les périodes synodiques, les éclipses impliquaient la connaissance corrélée des périodes synodiques du Soleil et de la Lune. En d’autres termes, la connaissance du mouvement terrestre, solaire et lunaire devait être corrélée afin d’être en mesure de prédire ce type d’événement. De plus, l’inclinaison de l’orbite lunaire à 5 degrés par rapport à l’axe de rotation terrestre, alourdit énormément les difficultés à prédire ce type d’événement. Les prêtres-astronomes réussirent à déterminer l’occurrence du croisement entre l’orbite solaire et lunaire tous les 173,31 jours. Nous pouvons aujourd’hui retrouver des tables de relevés écliptiques dans le Dresden Codex qui fut comptabilisé au onzième siècle dans le nord du Yucatan.

 

 

Système mathématique

 

 

            L’un des avantages majeurs de la science maya réside dans leur système mathématique. À l’époque, les Mayas possédaient le plus puissant système mathématique du monde si nous le comparons au système présent au Moyen Âge de l’Europe. Leur système était à base 20, ce qui peut nous paraître étranger, mais était néanmoins très facile à utiliser. La numérologie maya était constituée d’une série de points et de barres, où les points ont une valeur d’un et les barres de cinq. Le système à base 20 fut probablement adopté en étroite relation aux parties du corps humain. En effet, nous possédons 20 orteils et doigts, et les premiers calculs s’effectuèrent fort probablement à partir de ces instruments de mesure. Ainsi, chaque doigt représente un point et une barre représente une main ou un pied. Les Mayas avaient également inventé le nombre zéro, augmentant conséquemment la puissance de leur système.

 

L’alignement astronomique des bâtiments

 

            Les cités mayas sont caractérisées par des orientations astronomiques lorsque nous observons la disposition de leurs bâtiments. La plupart de ces constructions étaient d’ailleurs des observatoires à travers lesquels des fenêtres pointaient vers un événement particulier, par exemple le lever de Sirius ou le coucher des Pléiades. Un excellent exemple d’orientation astronomique est présent dans le bâtiment J de Monte Alban, originairement construit en 275. La construction sous forme de flèche pointe approximativement vers le coucher de cinq des plus brillantes étoiles du ciel. De plus, si nous traçons une ligne perpendiculaire aux marches dévalant en face de la ruine, nous pouvons apercevoir le lever de Capella. Il semble également que lorsque nous observons Capella se lever dans cette direction, cet événement coïncide avec le passage du Soleil au zénith. Des évidences ont été retrouvées témoignant de cette hypothèse, par exemple un tube zénith situé sur le même site. La pyramide d’El Tajin à Mexico est également l’hôte de nombreux alignements astronomiques. Elle est constituée de 365 niches, une pour chaque jour de l’année. Parmi les plus anciennes reliques astronomiques que nous avons retrouvées en Amérique sont des monticules de terre datant d’un siècle avant notre ère. Chacun des sites est constitué d’une douzaine de collines artificielles et probablement l’hôte d’anciens temples, habitations ou greniers aujourd’hui disparus. Au centre de ces sites, nous retrouvons quatre collines plus élevées disposées à la manière d’un trèfle à quatre feuilles. Pour un observateur se tenant sur l’une de ces collines durant la plus courte journée de l’année, il pourra observer vers la colline opposée l’endroit où le Soleil se lèvera et marque de ce fait, le début de l’année maya.

 

Le fait que nous retrouvons une dépendance entre l’alignement des ruines mayas et l’emplacement des divers objets célestes nous prouve l’intense relation que les Mayas vouaient au ciel. Ainsi, l’astronomie pour les Mayas était non seulement étroitement liée à plusieurs événements terrestres, mais également associée avec leurs croyances religieuses. La nature première de la pratique de l’astronomie chez les Mayas était corollairement l’astrologie ou la dynamique céleste était vue comme la résidence des dieux.