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Astronomie mésopotamienne

La Mésopotamie fait référence à la région entre le Tigris et la rivière Euphrates qui est désormais occupée par l’Irak. Le berceau de la civilisation sumérienne prit naissance il y a plus de 10 000 ans et c’est dans cette société que nous retrouvons les plus anciens relevés astronomiques. Plus tard, les Babyloniens et les Assyriens évolueront dans cette même région géographique et seront héritiers de la science sumérienne.

L’astronomie babylonienne fut initialement développée et pratiquée sous forme d’astrologie. Les événements astronomiques, qui se produisent chaque jour ou lors de rares incidents étaient profondément imprégnés de croyances religieuses. Mais la science babylonienne demeura longtemps dans un cadre théorique mathématique qui sera plus tard enrichie d’observations. Quelques écrits astronomiques ont été retrouvés, dont la tablette de Vénus par Ammizaduga (1500 BC), un relevé d’éclipse et un relevé des nouvelles Lunes. Leurs observations ont été comptabilisées dans des almanachs, des catalogues d’étoiles et des journaux de bord.
L’Astronomie babylonienne peut être divisée en deux grandes périodes. L’ancienne période s’étend de l’antiquité à la destruction de Nineveh en l’an 607 BC et la seconde période s’entame à partir de la fin de Nineveh jusqu’à 1 BC. Cette science était réservée aux prêtres. Ceux-ci s’éloigneront peu à peu de la science astronomique pure et orienteront leurs efforts vers une astrologie de moins en moins claire dans l’espoir d’y acquérir plus de pouvoir face aux citoyens.
Établir un calendrier Lunaire précis était essentiel aux Babyloniens, mais pour y arriver, une compréhension des mouvements célestes s’imposait. Les babyloniens n’ont néanmoins jamais développé une science physique comme nous l’entendons aujourd’hui. L’astronomie babylonienne se tournera donc vers les mathématiques qui s’orienteront vers des prédictions de phénomènes célestes. Il n’y a aucune évidence que les babyloniens aient développé un modèle géométrique du cosmos et nous croyons aujourd’hui que leur astronomie n’ait jamais dépassé les modèles mathématiques. Leur astronomie s’est donc réduite à un modèle arithmétique.
Parmi les prouesses astronomiques développées par les Babyloniens, nous pouvons compter la mesure du mois synodique. C'est-à-dire la période entre deux pleines lunes. L’astronome Nabu rimannu (490 BC) évalua cette période à 29,530641 jours, alors que Kidinnu l’évalua à 29,530594 jours, ce qui est seulement 0,432 seconde de plus que la mesure moderne de 29,530589 jours. Kidinnu évalua également la longueur d’une année et se trompa de seulement 4 minutes 30 secondes.

En utilisant ces données, les babyloniens étaient en mesure de prédire des éclipses lunaires et solaires. Leur principal outil était le cycle de Saros. Ce cycle est une période de 223 mois synodiques ou 18 ans et 11,3 jours et correspond au moment où une même éclipse lunaire ou solaire se répétera. Par exemple, si nous connaissons qu’une éclipse solaire a eu lieu le 18 mai 603 BC aux premières lueurs du jour, nous pouvons nous attendre à en observer une similaire, un cycle de Saros plus tard, soit le 28 mai 585 au lever de Soleil. La première éclipse solaire à être prédite sera celle du 15 juin 763 BC.
L’importance de prédire les éclipses s’appuyait fortement sur les croyances religieuses des Assyriens et des Babyloniens. Ils les considéraient comme étant un mauvais présage dirigé contre leur roi. En ayant la possibilité de prédire ces prophéties, ils étaient donc en mesure de substituer le roi durant cette journée et éviter tout malheur.
Kidinnu remarqua également que la vitesse à laquelle la Lune se déplace dans le ciel n’est pas constante. Aujourd’hui, nous pouvons expliquer ce phénomène avec la distance variable (365 000 à 407 000 km) Terre-Lune. Kidinnu réussit également à discerner la variation du diamètre apparent de la Lune qui est inférieur à 10 %. Ainsi, la vitesse de la Lune augmente lorsqu’elle se rapproche de la Terre et ralentit lorsqu’elle s’en éloigne. Le système de Kidinnu était très précis et un système similaire fut appliqué aux mouvements du Soleil et des différentes planètes que les Babyloniens nommèrent : Nabu, Istar, Nergal, Marduk et Ninurta.
Certaines théories avancent également que Kidinnu
aurait découvert la précession de l’axe de rotation terrestre. À l’époque de
Kidinnu, l’axe de rotation terrestre n’était pas orienté vis-à-vis l’étoile
polaire, mais était plutôt orienté vers une région entre la pe
tite
ourse et le dragon. Kidinnu avait accès à l’époque à des rapports d’observations
datant du règne légendaire du Roi Hammurabi (1792-1750 BC) rapportant l’axe de
rotation terrestre à un point à l’intérieur du dragon. Il n’y a aucune preuve
écrite que Kidinnu réalisa cette découverte, mais chose certaine, il avait les
outils pour le découvrir. La croyance moderne veut que ce soit Hipparchus de
Nicaca (deuxième siècle BC) qui ait été le premier à découvrir le mouvement de
précession avec les observations réalisées par les Babyloniens.
Une immense redevance mythologique nous provient des Sumériens. Les constellations que nous connaissons encore aujourd’hui par exemple : le Lion, le Taureau, le Scorpion, Auriga, les Gémeaux, le Capricorne et le Sagittaire nous proviennent de la Mésopotamie ancienne. L’orientation des constellations était utilisée afin de marquer les saisons, dictant aux agriculteurs les périodes de semences et de récoltes.
