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L’astronomie néolithique
L’astronomie mégalithique remonte à plusieurs milliers d’années de notre époque. Elle se déroula durant la période ou l’homme passa d’un mode de vie nomade à un mode de vie sédentaire. Ce changement eut plusieurs répercussions pour l’homme, entre autres, consacrer plus de temps à sa spiritualité et à sa connaissance de l’univers dans lequel il vit. C’est ainsi que sont apparues certaines religions étroitement liées aux phénomènes naturels. L’observation du ciel, éloignée et abstraite, figurera en tête de liste lorsque viendra le temps de symboliser les dieux. C’est ainsi que l’homme comprit très rapidement que le Soleil était la source de la vie sur Terre et qu’une reconnaissance s’imposait. Une nouvelle science verra le jour; l’observation astronomique.
Les premiers vestiges d’observations astronomiques remontent à plus de 30 000 ans, mais les archéoastronomes croient que l’homme aurait tourné son regard vers le ciel bien avant cette époque. Parmi ces reliques, nous avons retrouvé un os d’aile d’aigle sur lequel des phases lunaires ont été gravées. Ce talisman fut récupéré dans une caverne dans la vallée de Dordogne en France.
Il faudra patienter plusieurs millénaires avant de voire apparaître des monuments plus imposants liés à l’observation astronomique. Cinq mille ans avant notre ère, de gigantesques mégalithes s’élèveront en Bretagne et en France. Malheureusement, la civilisation qui les construisit ne possédait pas l’écriture et notre connaissance s’en trouve donc très restreinte.
Parmi ces monuments, nous en retrouvons deux majeurs en Angleterre ; le site de Callanish, situé dans le nord de l’Écosse sur l’île de Lewis et Stonehenge, situé au sud de la Grande-Bretagne dans les plaines de Salisbury.
Stonehenge

Les ruines mégalithiques de Stonehenge figurent parmi les plus impressionnantes reliques astronomiques de notre planète. Ces ruines ne sont pas qu’une simple structure, mais plutôt un ensemble de terre, de bois et de roches, agencé de manière à former un observatoire astronomique. La construction de ce monument s’est échelonnée sur une période s’étalant sur plus de 1400 ans et se scindant en trois grandes phases.
Première phase

La première phase de Stonehenge remonte à environ 2950 à 2900 BC dans le milieu de l’époque néolithique. Le monument était alors constitué de tranchées circulaires ayant un diamètre d’environ 100 mètres. À l’intérieur de ce cercle étaient disposés de façon équidistant, 56 trous Aubrey dans lesquels étaient fixés des poteaux de bois. Ces poteaux étaient probablement utilisés afin de mesurer quelques phénomènes célestes.
Deuxième phase
La seconde phase s’étendra sur les 500 prochaines années et se terminera vers 2400 BC. Des poteaux de bois situés au centre de Stonehenge ainsi qu’à l’entrée nord-est seront érigés et les 56 trous ne contiendront plus de poteaux de bois et seront remplis pour sombrer dans l’oubli.
Troisième phase

La dernière phase connaîtra une métamorphose très compliquée. Elle s’entamera avec la mise en place d’une série de roches appelées Bluestones et disposées en cercle autour du centre. Elles seront par la suite démantelées et nous verrons apparaître le cercle de Sarsens ainsi qu’un arrangement de Trilithons disposé en fer à cheval. Le cercle de Sarsens mesure environ 33 mètres de diamètre et était anciennement composé de 30 blocs rocheux d’une cinquantaine de tonnes chacun et taillés avec une précision remarquable.
Aujourd’hui, 17 seulement se tiennent encore debout.
Ces rochers sont séparés d’une distance variant entre 1,0 et 1,4 mètre et
s’élèvent à une hauteur moyenne de 4 mètres. Ils étaient originellement les
supports des Lintels, rochers couchés formant un cercle continu s’élevant au
sommet des Sarsens. Chacun de ces rochers était taillé de manière à suivre la
courbure du cercle. Ils ont en moyenne 3,2 mètres de longueur et étaient fixés
sur le dessus des Sarsens avec du mortier. Le cercle de Sarsens est
vraisemblablement
la caractéristique la plus remarquable de Stonehenge lorsque nous considérons la
précision et l’ingéniosité de son design. Les blocs de Sarsens ont probablement
été déplacés à partir du site Marlborough Down à environ 30 km au nord de
Stonehenge requérant plus de 600 hommes pour le transport de chacune de ces
roches. Les Trilithons consistent en dix blocs rocheux disposés en cinq paires
de rochers sur lesquels nous retrouvons également un Lintel. Ils ont été érigés
à l’intérieur du cercle de Sarsens en forme de fer à cheval symétrique. La paire
la plus haute indique le centre du monument. Datant également de la troisième
phase, nous retrouvons les quatre Stations Stones disposées à l’intérieur de la
tranchée sur la ligne approximative ou l’on retrouvait les 56 trous Aubrey. Deux
de ces Stations Stones étaient entourées d’une tranchée circulaire
ayant un diamètre de 10 à 12 mètres. Ces roches ont longtemps été considérées
par erreur comme étant des tombeaux de hauts dignitaires. Disposé au centre de
l’Avenue s’érige un bloc rocheux de 4,88 mètres de haut ayant 1,22 mètre sous
terre. On le connaît sous le nom de Heel Stone et était peut-être jumelé à un
autre bloc aujourd’hui perdu. Finalement, nous devons faire la mention du Altar
Stone gisant à moitié enterré devant la paire centrale de Trilithon. Ce bloc de
4,9 mètres de hauteur semble provenir de la région de South Wales et est le seul
exemple de ce type de roche présente sur le site. Le site de Stonehenge sera
complété vers 1500 BC.
Mais qui eut l’idée de construire un si imposant monument ? Nous croyons aujourd’hui que ce sont les druides qui auraient utilisé le monument comme observatoire astronomique. Ce site a été conçu afin de vénérer les dieux de la nature tels que le Soleil et la Lune. Plusieurs observations astronomiques peuvent être réalisées au sein de cet observatoire. Par exemple, lorsque nous apercevions une pleine Lune au-dessus de l’Altar Stone, il était possible de prévoir que la prochaine pleine Lune serait éclipsée. Le site était également un temple solaire, car il était possible pour un observateur se situant au centre d’apercevoir le disque solaire au premier jour de l’été vis-à-vis la Heel Stone.
La Heel Stone
Callanish


Les ruines de Callanish sont situées sur une péninsule à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Stornaway. Les gigantesques pierres s’élevant sur un paysage austère et désolé évoquent les mystères que recèle ce site.
Lorsque nous observons le site vu des airs, nous
pouvons discerner une croix celtique dessinée par les nombreux rochers peuplant
la plaine. Cependant, l’époque à laquelle le site a été construit remonte à plus
de 1500 ans avant l’arrivée des Celtes en Bretagne. Le cercle central est
constitué de 13 blocs rocheux qui entourent un mégalithe central de 5 mètres de
hauteur. Deux rangées de rochers forment une avenue menant vers le Nord et trois
rangées simples mènent
vers l’Est, l’Ouest et le Sud.
Les archéoastronomes croient aujourd’hui que le site contient plusieurs alignements célestes. Callanish était probablement un observatoire dédié à l’observation lunaire. Lorsque la Lune migre vers son point le plus méridional dans son cycle de 19 ans, elle est perceptible juste à l’horizon pour l’observateur qui se situe au centre des ruines.
C’est à travers l’époque néolithique que l’humain ouvre sa conscience et porte son regard vers les cieux pour tenter d’y déceler un sens. Les balbutiements de l’astronomie naîtront par l’observation de phénomènes célestes qui ne cesseront d’émerveiller les hommes. Ils tenteront de discerner un certain ordre à travers ce cosmos dans lequel ils vivent afin de répondre à des questionnements qui les hantent depuis la nuit des temps, à savoir : quelle est la place de l’homme au sein de l’Univers et quel est son rôle ?