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Vers la période Morte du moyen âge
Durant une longue période, les hommes se contentèrent d’invoquer des forces et des êtres surnaturels afin d’élucider les mystères de l’existence des êtres vivants ainsi que de son environnement. Accessible à tous, cette façon de pensée fut bien accueillie et s’est établi solidement dans les mœurs. Puis vint un jour, où un homme se questionna sur le fondement de cette approche de la question. C’est en observant la nature qu’une nouvelle façon d’expliquer l’existence et le fonctionnement de toutes choses, vit le jour. L’explication par le raisonnement de la pensée humaine fit son apparition quelques siècles avant la naissance du Christ dans Milet, une grande cité grecque. Son instigateur était nul autre que Thalès. On nommera cette nouvelle interprétation du monde, la philosophie.
La mythologie et la religion laisseront tranquillement la place à la philosophie, qui se rapproche davantage des hommes. Elle fait dorénavant intervenir des forces et de la matière présente partout dans notre environnement. Certains phénomènes expliqués par des interventions magiques ou divines deviennent explicables par des concepts nouveaux et logiques. La raison et le pourquoi des choses deviennent le fruit de la réflexion humaine. L’homme gagne en pouvoir sur son environnement, puisqu’il commence à le comprendre et à le maîtriser.
Thalès de Milet (624-574 av J.C.)
Alors qu’aucun roi ne règne à Milet, elle est l’une des premières cités-états. C’est là que naquit Thalès, fils d’Examynes, un riche marchand. Tout le monde considère Thalès comme le premier vrai Philosophe. Mathématicien et scientifique, il a d’abord été commerçant. Il ne s’intéressa vraiment à la science qu’après avoir connu une carrière économique et politique. Sa mère le trouvant trop rêveur, souhaitait le marier, mais il profita du passage d’un marchant perse qui se rendait en Égypte, pour s’embarquer avec lui à destination de Maucratis qui deviendra éventuellement Alexandrie. Il y étudia les mathématiques et plus particulièrement la géométrie.
C’est la prédiction de l’éclipse de Soleil de 585 qui le rendit vraiment célèbre. Si à son époque, le cycle répétitif des éclipses de Lune, soit environ 19 ans, était parfaitement connu, puisque facilement contenu dans une vie humaine, il n’en était pas de même du cycle des éclipses de Soleil. Plusieurs sont convaincus qu’il utilisa les données astronomiques rassemblées par les Babyloniens.Texte écrit par Eric Suchet Demers 2002
On attribue de formidables moissons de connaissances à Thalès. Il détermina que le Soleil occupait dans le ciel 1 / 720e de son orbite, soit un demi degré. Si l’on croit les dires d’Eudème de Rhodes, il aurait été le premier à noter le va- et- vient du Soleil d’un tropique à l’autre. Il établit que quelques étoiles n’étaient pas fixes par rapport à toutes les autres. Il leur donna le nom de planètes, c’est-à-dire : corps errants. Elles ne faisaient donc pas partie de la voûte céleste, mais évoluaient en dessous. Il en répertoria les éphémérides. Il fut aussi le premier grec à noter que l’année ne comptait pas 365 jours, mais 365 jours et un quart. Il est en cela le père de l’année bissextile.
Thalès a toujours eu la certitude que « l’eau » était la base de toute chose, puisque capable de se transformer en « air » par évaporation ou en « terre » lorsque le Nil dépose son limon au cours de ses inondations annuelles. Il énonça que la Terre était un disque plat qui flottait sur un Océan unique d’où provenaient toutes choses. Cette floraison instable lui permettait d’expliquer les tremblements de terre. Sur ce simple exemple, on remarque que le parcours intellectuel de Thalès s’attache davantage à expliquer les phénomènes par des causes naturelles simples et raisonnables plutôt que par des interventions divines.
Le pouvoir de Thalès fut de rassembler des observations et d’en ressortir une explication logique. De plus il réussit à prévoir des observations ultérieures qui se sont bel et bien déroulées. Ainsi, cela prouve, qu’il a bien su cerner le mystère se cachant derrière les observations observées, car il a su démontrer la mécanique de ces phénomènes en prétendant connaître ce qui allait se dérouler dans un avenir plus ou moins rapproché.
Anaximandre de Milet (610-547 av J.C.)
Ami et disciple de Thalès, on sait peu de chose d’Anaximandre. Né à Milet vers 610 av J.C., il est devenu philosophe, mathématicien et astronome. Peu de documents ont été retrouvés, seuls ceux reproduits par Aristote subsistent. À la mort de Thalès, Anaximandre lui succéda à la tête de l’école ionienne. Tous deux faisaient partie des Milésiens, pour qui la réalité était belle et arrangée et non issue du chaos. Texte écrit par Eric Suchet Demers 2002
On attribue plusieurs avancées dans différents domaines. Il aurait, entre autre, découvert l’obliquité de l’écliptique, réussissant à mesurer l’angle formé par l’écliptique et l’équateur céleste. Il aurait apporté aux Grecs le gnomon (cadran solaire) utilisé pour la mesure du temps par les Babyloniens.
On le considère aussi comme étant le père de la cosmologie. Il aurait en effet composé le plus ancien ouvrage en prose sur l’Univers et les origines de la vie. Malheureusement, son ouvrage sur ce sujet a complètement disparu, mais on connaît son contenu grâce aux commentaires qu’en firent ceux qui ont eu la chance de le lire.
Selon Anaximandre, le principe de toute chose aurait résidé dans une substance mystérieuse qu’il baptisa l’Apeiron. Selon Plutarque, qui nous rapporte l’essentiel des conceptions d’Anaximandre, depuis l’éternité le Chaud et le Froid se séparèrent et une sphère de Feu s’étendit autour de l’Air qui enveloppait la Terre. Puis cette sphère se fractionna en plusieurs « cercles » qui formèrent le Soleil, la Lune et tous les Astres du ciel. Le Chaud engendra le Sec et le Froid l’humide. Deux entités qui continuèrent à combattre sous l’apparence des saisons. Selon lui, l’Univers tirait donc son origine de la séparation des contraires de la matière primordiale.
Anaximandre fut le premier grec à avoir conçu un modèle mécanique du monde. La Terre n’était plus qu’un disque plat flottant sur les eaux, elle se trouvait au centre de l’Univers, en équilibre, sans support. Selon lui, la Terre avait curieusement la forme d’un cylindre dont la hauteur était le tiers du diamètre, et la partie habitée était la région plane supérieure. Cette partie comprenait trois continents : Europe, Asie et Afrique, car l’Amérique était à cette époque toujours inconnue, et le tout entouré d’un océan circulaire. La Terre ne reposant sur rien dans l’espace, les astres pouvaient donc passer en dessous.
Afin d’expliquer la mécanique de ses observations, Anaximandre imagina un système complexe de gigantesques roues dont la Terre était le centre. Ces roues étaient creuses comme des chambres à air, elles étaient remplies de feu et elles tournaient autour de la Terre. Leurs parois étaient percées et c’est ainsi que le Soleil était le feu de la « roue Soleil » que l’on pouvait voir à travers le trou. La Lune était aussi un trou dans la paroi de la « roue Lune » qui était plus petite que celle du Soleil et d’un feu moins intense. Cependant, ce trou avait la particularité de pouvoir s’élargir ou de rétrécir régulièrement, ce qui expliquait les phases de la Lune. Ce système avait aussi la particularité de rendre compte des éclipses lunaires et solaires, par la fermeture du trou correspondant. Les étoiles et les planètes étaient aussi des trous multiples dans les parois de roues correspondantes tournant, elles aussi autour de la Terre. Dans un tel système, le mouvement des astres se poursuivait régulièrement de l’autre côté de la Terre, alors qu’avant, les astres étaient sensés s’arrêter juste sous l’horizon et revenir à leur point de départ en suivant le fleuve Océan. Texte écrit par Eric Suchet Demers 2002
Le système d’Anaximandre est particulièrement révolutionnaire car pour la première fois au monde, on imaginait les Astres comme des corps évoluant à des distances variables de la Terre et non plus comme des objets collés à la voûte céleste. L’Univers est dorénavant une machine dont nous pouvons tenter de comprendre le fonctionnement.
Bien que la vision d’Anaximandre se rapproche beaucoup de la mythologie par sa façon d’expliquer les choses, sa différence majeure, est qu’elle ne fait pas intervenir de substances et d’être supra-naturels. Ainsi, le chaud et l’humide sont des concepts facilement perceptibles par tous les humains. Et la mécanique de son modèle d’Univers est lui aussi dépourvu d’intervenant mythique. Il n’est qu’un grand mécanisme facilement représenté par des formes et des mouvements bien connus.
Anaximène de Milet (vers le VI ième siècle av J.C.)
Philosophe grec, on sait très peu de chose d’Anaximène. Probablement qu’il fut un élève d’Anaximandre et eut pour disciple Anaxagore et Diogène. Toutes ses œuvres ont été perdues. Il semble qu’il n’ait pas voulu se brouiller avec Thalès, ni Anaximandre, son maître, et inventa ainsi, une théorie conforme aux conceptions de ces illustres prédécesseurs.
Pour lui, la Terre était comme une assiette, un simple disque plat soutenu par l’Air et couvert par une coupole : la voûte céleste. Le Soleil était lui aussi un disque plat qui flamboyait dans le ciel à cause de son mouvement extrêmement rapide. Ce qui le rendait incandescent. Il tournait autour de la Terre, mais ne passait jamais en dessous. Lors de son parcours nocturne, il était masqué par d’immenses montagnes de glace loin à l’horizon. Selon lui, il ne pouvait en aucun cas passer sous la Terre, car la Lune, qui lui emprunte sa lumière afin de la réfléchir, aurait dû disparaître advenant que le Soleil se cache derrière la Terre.
Malgré qu’Anaximène avança des concepts parfois absurdes, il situa certains éléments au bon endroit. Par exemple, il fixa les étoiles comme étant les objets les plus distants de la Terre, les planètes se situant en dessous, puis par ordre de hauteur, il plaçait le Soleil, la Lune et enfin la Terre. Il tenta d’expliquer les éclipses par des astres obscurs traversant à l’occasion la Lune et le Soleil.Texte écrit par Eric Suchet Demers 2002
Même si ces concepts reprirent pour la plupart les idées de son maître Anaxagore, Anaximène amena ces notions à un niveau plus près de la réalité. Ses explications s’accordent davantage avec les phénomènes que nous contemplons chaque jour, comme la révolution des étoiles, de la Lune et du Soleil.
Xénophane d’Élée (vers la fin du VIe siècle av J.C.)
Philosophe et poète grec, fils de Dixios ou d’Orthmène, il naquit à Colophon sur la côte ionienne. Dès son plus jeune âge, il se livra à la contestation. Il tenta de soulever ses concitoyens contre les troupes lydiennes, mais le roi Crésus le rappela à l’ordre et l’expatria. Il fut ensuite capturé par des pirates et vendu comme esclave avant d’être racheté et libéré par deux pythagoriciens : Parménisque et Orestade. Il atteignit finalement Élée où il décida d’y rester et d’y fonder une école.
Pour lui, la Terre était plate et infinie. Elle ne flottait ni sur l’eau comme le prétendait Thalès, ni dans le vide comme le voulait Anaximandre. Elle n’avait pas de limites, ni sur les côtés, ni en dessous et s’étendait dans toutes les directions. Les astres : Soleil, comètes, planètes étaient des nuées incandescentes. Le mouvement des astres était rectiligne, donc les astres que l’on voyait n’étaient jamais les mêmes. Chaque soir, ils s’éteignaient dans la mer ou le désert et il y avait, par le fait même, une infinité de Soleils différents. Selon lui, le monde était issu de la Terre et y retournait inévitablement un jour ou l’autre. Pour appuyer cette théorie, il utilisa des fossiles de plantes, de coquillages et de poissons trouvés près de Syracuse.
Xénophane introduisit le concept d’infini dans sa description de notre Cosmos. Bien que très poétique, son image du monde est dépourvue d’observations approfondies, car il aurait vite conclu que les mêmes étoiles reviennent chaque jour. Il est plus simple d’imaginer une révolution de celles-ci comme le prétendaient ces prédécesseurs que d’impliquer une création d’une infinité de nouvelles étoiles, de Soleils et de Lunes. Mais pour Xénophane, l’infini faisait partie intégrante de sa représentation de l’Univers. Nous pouvons considérer, son apport comme un recul, mais au contraire, c’est en amenant de nouvelles idées que nous pouvons avancer dans la merveilleuse quête de la vérité. Sa façon d’y parvenir fut de contester. Ce n’est pas en ingérant, sans se questionner et en prenant tout pour acquis que nous pouvons progresser, et Xénophane l’a bien compris.
Héraclite d’Éphèse (540-470 av J.C.)
Héraclite est né à Éphèse, et son père Byson était un descendant direct d’Androclès, fondateur de la colonie et lui-même fils de Codros le tyran d’Athènes. Héraclite, étant l’aîné de la famille était destiné à devenir le magistrat suprême de la cité, mais il renonça à ce privilège, le léguant à son frère. Plusieurs croient qu’il n’aurait eu aucun maître et qu’il aurait lui-même acquis ses connaissances tout au long de sa vie. Cependant, il paraît presque certainement qu’il profita de l’enseignement d’Hyppase de Métaponte et de Xénophane d’Élée.
Héraclite était un matérialiste et il n’admettait que l’existence de corps. « Rien ne se produit à partir de rien. » « Rien n’existe réellement que ce qui tombe sous le sens. » « C’est du choc des contraires que toutes les choses prennent naissance. » Pour lui, dans la nature, tout était changement. L’Univers était à l’image d’un torrent dans lequel les gouttes d’eau coulent, se pressent, se confondent avec les autres et passant sans que le torrent lui-même paraisse changer. Pourtant, nous savons très bien qu’il n’est jamais exactement le même, car jamais constitué des même gouttes.
Mieux connu pour sa prose de la rivière éternellement changeante, Héraclite amène le concept de changement. Les infimes parties de toutes choses s’entremêlent pour ainsi former de nouvelles substances différentes. Rien ne peut se créer à partir du néant.
Anaxagore de Clazomènes (500-428 av J.C.)
Anaxagore de Clazomènes est né dans les environs de 500 av J.C.. Fils d’Hégésibule et bien qu’issu d’une famille riche, il parvint à bâtir sa richesse par ses propres moyens. Il passa la première partie de sa vie en Ionie, où il étudia la philosophie et les sciences. Certains affirment qu’Anaxagore aurait été le premier à introduire la Philosophie à Athènes, lorsqu’il se rendit dans cette ville en 480 av J.C. Il eut comme élève Périclès, Euripide, Métrodore, Archélaos et sans doute Socrate… qui malheureusement, fût déçu de l’enseignement de son maître.Texte écrit par Eric Suchet Demers 2002
En 450 av J.C., Anaxagore fût emprisonné parce qu’il avait osé clamer que le Soleil n’était pas un Dieu. Ses idées étaient un curieux mélange de conceptions révolutionnaires et de notions dépassées. Par exemple, Anaxagore considérait la Terre comme un disque plat. Par contre, il réussit à comprendre le mécanisme des éclipses solaires. Il affirmait que la Lune n’était qu’une vulgaire grosse pierre lancée dans le ciel, que le Soleil et les étoiles n’étaient que roches ardentes et que si nous ne ressentions pas la chaleur de ces étoiles était expliqué par le fait qu’elles se situaient à des distances trop éloignées.
Il fut traîné devant le tribunal pour impiété, et fut condamné à mort malgré le soutien de son ami Périclès. Anaxagore avait beau se référer à la météorite tombée du Ciel à Aégos Potamos pour accréditer ses affirmations, mais comme il était coutume à cette époque, tous optèrent en un présage divin. Finalement, on le laissa s’évader et il dut fuir Athènes.
Pour Anaxagore, la création était le passage d’un état ou les choses étaient un mélange indiscernable à un état où elles se distinguaient sous l’action d’une « intelligence. » C’est ainsi qu’il apportait une solution au conflit entre Parménide, promoteur de l’immobilité absolue de l’être et Héraclite, promoteur de la mobilité de l’être, devenir absolu. Anaxagore proposa un principe selon lequel il n’y avait ni création ni destruction : « Rien ne naît ou n’est détruit, mais il y a mélange et séparation des choses qui sont. » Pour lui, chaque objet était un élément par lui-même, donc impossible à décomposer en d’autres éléments plus simples. De plus, il s’opposait aux atomistes, qui pensaient que la matière était divisible en un nombre fini de minuscules éléments insécables : les atomes. Pour Anaxagore, le plus petit possible n’existait pas et la « matière » était divisible à l’infini.
C’est ainsi qu’il avança sa théorie de la création. Le tourbillon commença au centre puis s’élargit progressivement de plus en plus large. Le premier effet de cette action fut de séparer la masse primordiale en deux grandes entités : la première comportant les éléments rares, chauds et secs et donnant ainsi naissance au Feu et la seconde, constituée des éléments caractéristiques opposés : commun, froid et humide, engendrant l’Air. Le Feu se plaça à l’extérieur du tourbillon et l’Air à l’intérieur. Puis l’Air se scinda pour engendrer les nuages, l’Eau, la Terre et les pierres. Le dense, l’humide, le sombre et le froid, ainsi que tous les éléments lourds se rassemblèrent au centre sous l’action du mouvement tourbillonnaire et c’est à partir de leur compactage que naquit la Terre (Monde). Mais par la suite, et en raison de la violence du tourbillon, le Feu extérieur arracha des pierres à la Terre, les projeta dans l’espace et les embrasa pour former le Soleil et les étoiles.Texte écrit par Eric Suchet Demers 2002
Le système d’Anaxagore, bien que faux, s’avéra tout de même très près de la réalité astronomique et tourbillonnaire de la formation de tous les corps célestes. Le tourbillon pourrait être substitué au disque d’accrétion observé lors de la formation de galaxie, de systèmes planétaires, des étoiles et des planètes.
Par son esprit d’observation, Anaxagore affirma que si la Lune brillait, c’était uniquement parce qu’elle réfléchissait la lumière émise par le Soleil. Il fut le premier dans l’histoire de l’astronomie à avancer une telle explication. Par la suite, il n’eut aucune difficulté à fournir la première explication valable pour élucider le mystère des éclipses lunaires et solaires. C’est ainsi qu’il devint le premier à appliquer les lois de la géométrie à l’étude des phénomènes astronomiques.
Le ciel, domaine des Dieux, tombait sous la coupe du Savoir des Hommes et cela ne plut guère a plusieurs de ces concitoyens. D’Anaxagore, nous pouvons aujourd’hui toujours affirmer que « Rien ne se détruit, rien ne se crée… il n’y a que des transformations. » Et cette formule est valable depuis plus de deux milles ans. Il est décevant de voir que de nouvelles idées peuvent parfois coûter cher à celui qui les suscite. Anaxagore l’apprit à ses dépends et cela n’a probablement que freiné sa merveilleuse poursuite de l’explication par l’observation et le raisonnement logique de la pensée. Il apporta des éclaircissements simples sur plusieurs phénomènes encore sous l’influence des Dieux. Son apport est considérable, par sa simplicité et son accord avec la nature.
Empédocle d’Agrigente (492-430 av J.C.)
Empédocle fut à la fois philosophe, médecin, poète, physicien et démocrate. Il naquit à Agrigente en 492 avant J.C. dans une famille noble et aisée. À seize ans, il se rendit sous les colonnades du temple d’Héraclès pour assister au cours de Xénophane. Les deux sujets favoris d’Empédocle seront la magie et la métempsycose. Ainsi, convaincu de la réalité de la métempsycose, Empédocle prétendait lui-même avoir été, dans des vies antérieures, garçon, fille, arbuste, oiseau et poisson volant. Il écrivit beaucoup d’œuvres et des fragments qui subsistent de ses poèmes philosophiques « Purification » et « De la nature », nous pouvons reconstituer sa philosophie. Texte écrit par Eric Suchet Demers 2002
Il affirmait que toute chose se composait des quatre principaux éléments : Terre, Eau, Air et Feu. Deux forces actives et opposées, l’Amour et la Haine étaient à l’œuvre dans ces éléments, les combinant et les séparant en une pluralité infinie de formes. Ainsi, au début du cycle, les éléments étaient liés entre eux par le principe Amour et lorsque la Haine fit son apparition, les éléments commencèrent à se séparer. Sous l’action de l’amour ils se combinaient de nouveau et ainsi de suite. Le monde tel qu’il nous apparaissait était à mi-chemin entre la sphère pure et parfaite et le stade de la complète séparation des éléments.
On reconnaît aussi à Empédocle le mérite d’avoir prouvé l’existence de l’Air en tant que « quelque chose » de matériel n’ayant rien à voir avec le vide, car il niait catégoriquement le vide.
Probablement considéré comme farfelu par plusieurs, son raisonnement fait preuve de foi et de contact avec lui-même, c’est-à-dire, avec son moi intérieur. Ainsi, c’est en affirmant que Amour et Haine, sentiment prépondérant chez l’être humain, font partie intégrante de l’agencement de toute chose, qu’Empédocle se démarque de ces prédécesseurs. Quoi de plus ingénieux que de défendre ce que l’on ressent comme vérité absolue au lieu de faire intervenir des forces ou particules extérieures de l’être humain! Loin d’être étrange, sa conceptualisation implique des éléments nouveaux qui seront malheureusement vite abandonnés pour des idées plus physiques que sentimentales. On remarque que l’Être humain a tendance à se fier davantage aux apparences extérieures qu’à son intuition ou se qu’il ressent, et cela encore aujourd’hui dans la vie de tous les jours.
Démocrite d’Abdère (vers 460-370 av J.C.)
Surtout réputé pour sa théorie « atomique », Démocrite fut un excellent géomètre. Nous ne savons pas avec certitude de qui il fut fils, et nous estimons sa naissance entre 472 et 457 av J.C. Sa famille était aisée et il profita des richesses durant la première partie de sa vie. À la mort de son père, il renonça à l’héritage légué par son père et se contenta d’une somme de cent talents. Cette somme est équivalente à environ un million d’Euros dans notre époque actuelle. Cette modique fortune lui permit de parcourir le monde et de rencontrer un maximum de « Maîtres. » Il se rendit à Athènes dans le but essentiel de rencontrer Anaxagore. Il ne se limita cependant pas seulement à Athènes, il voyagea loin dans les contrées du sud et de l’est, à la recherche d’un maximum de connaissances. On croit qu’il passa beaucoup de temps en Égypte et il visita certainement la Perse et Babylone. On croit même qu’il aurait pu atteindre l’Inde et l’Éthiopie. C’est ainsi qu’il étudia l’astronomie avec les Chaldéens, la théologie avec les mages et la géométrie avec les Égyptiens.Texte écrit par Eric Suchet Demers 2002
La théorie avancée par Démocrite peu être résumée comme suit. Il affirmait que le « Vacuum » avait autant de légitimité d’existence que ce que nous appelons la réalité. Il considérait ce vacuum comme quelque chose de vide, un espace infini dans lequel se mouvait un nombre infini d’atomes constituant l’essence de toutes choses. Ces atomes étaient éternels et invisibles, d’une petitesse absolue, à tel point qu’il était impossible de les partager en deux autres constituants. Ils étaient eux-mêmes pleins et incompressibles. Ils remplissent tout l’espace qui leur sont attribués, et sont parfaitement homogènes. Ils se différencient seulement les uns des autres de par leur forme, leur arrangement, leur position et leur taille.
Il s’appuyait de l’exemple suivant pour expliquer la présence de vide au sein de la matière. « Ainsi, si nous parvenons à couper une pomme, c’est parce que la lame d’un couteau parvient à se glisser dans les vides existant entre les atomes de la matière pomme. » Cette approche est intéressante par sa simplicité et sa capacité d’expliquer la totalité des phénomènes par un nombre réduit de concepts. De plus, elle introduit les mathématiques dans la physique dans la mesure où les structures sont soumises aux lois mathématiques et que ses atomes avaient des formes géométriques. La théorie de Démocrite rendait la nature comme étant une simple « machine », rien de plus qu’un mécanisme très complexe.
Nous pouvons aussi attribuer à Démocrite le fait que sa théorie soit l’embryon de la loi de la conservation de l’énergie. Selon lui, les atomes sont éternels. Il explique l’origine de l’Univers par des atomes se mouvant au hasard, entrant en collision, et s’assemblant pour former les choses et les mondes. Il ne tient nullement compte d’une intervention créatrice divine. Il postulait un Univers ayant toujours existé et qui existerait toujours, éternellement rempli d’atomes se mouvant au hasard.
Son intuition lui vaudra le mérite d’être un des premiers à faire intervenir des particules infiniment petites et indivisibles, qu’il nommera atomes. Il disait vrai et cela sans aucun moyen expérimental sur les particules élémentaires. Seul son raisonnement l’amena à poser un concept aussi simple pour expliquer une infinité de problèmes. La simplicité l’emporte encore une fois et le vide est élucidé de façon intelligible et logique.Texte écrit par Eric Suchet Demers 2002
Platon d’Athènes (428-348 av J.C.)
Philosophe, ami et disciple de Socrate, Aristoclès, dit Platon fut d’abord poète, dramaturge et politicien. Théodore de Cyrène lui enseigna les mathématiques. Il fonda également une école de la philosophie et des sciences.
Platon explique l’harmonie du monde par l’existence de cinq polyèdres réguliers inscriptibles dans une sphère : le tétraèdre (4 faces), le cube (6 faces), l’octaèdre (8 faces), le dodécaèdre (12 faces) et l’icosaèdre (20 faces) découvert par Théétète d’Athènes. Plusieurs lui posèrent la question : Pourquoi seulement cinq polyèdres? Platon répondait : Parce qu’il n’y a que cinq éléments dans le Cosmos! Chaque polyèdre étant là pour, dans sa perfection, symboliser chacun d’eux… Et dans toute l’antiquité, on les appela les « solides de Platon ».
On remarque dans la théorie de Platon, un sens plutôt partial afin d’élucider les mystères de l’existence. Par son enseignement majoritairement axé sur la géométrie et les mathématiques, il conçut un Cosmos constitué d’éléments de formes géométriques. Le mérite de Platon fut de croire en ce qu’il a imaginé et d’essayer de combiner des formes facilement représentables comme éléments de la matière et de notre monde.
Aristote d’Athènes (vers 384-322 av J.C.)
Disciple de Platon, Aristote est un philosophe grec, qui fut médecin de Macédoine, ami et précepteur d’Alexandre le Grand. Aristote joua un rôle important dans les débuts de la science et de la philosophie. Il conçut vers 350 av J.C. une théorie sur l’Univers satisfaisant le bon sens.
Pour tout observateur en général, c’était le ciel évidemment qui semblait en mouvement. Aristote avait construit un système de huit sphères regroupant le Soleil, la Lune, les planètes et les étoiles. Ces sphères tournaient autour de la Terre immobile et étaient composées d’Éther, substance que rien ne pouvait se détruire ni se modifier et communément appelée le cinquième élément. De plus, le ciel était parfait et immuable ce qui n’était pas le cas de la Terre. Dans le ciel, tout bougeait selon une trajectoire circulaire idéale, tandis que sur Terre, les mouvements les plus naturels étaient linéaires. L’air (2e élément) et le Feu (4e élément) avaient tendance à s’élever tandis que l’eau (1er élément) et la Terre (3e élément) avaient tendance à descendre. Il reprenait la théorie d’Empédocle selon laquelle les quatre éléments étaient à la base de tout.Texte écrit par Eric Suchet Demers 2002
Dans son système, les étoiles tournaient à l’unisson autour de l’étoile polaire qui indiquait le nord. Par contre, cinq astres parfaitement identifiés se déplaçaient différemment, les Grecs les nommèrent Planètes, ce qui voulait dire : corps errants. Beaucoup plus intéressant, il affirma que la Terre était sphérique et il en donna deux preuves : l’ombre portée de la Terre sur la Lune lors d’une éclipse est toujours arrondie et on voit toujours apparaître en premier le mât d’un navire quand celui-ci arrive de la haute mer.
Son monde parfait, immuable et régis par les lois de mouvements circulaire était composé de l’éther, et il le désigna sous le nom de monde supra lunaire. Pour sa part, le monde sublunaire, qui était constitué des quatre autres éléments était soumis au changement et à la physique.
Contrairement à Platon qui interprète l’Univers à l’aide de figures géométriques, Aristote le considère seulement de façon qualitative. Il s’intéressera peut au mathématiques et abandonne l’idée de solides réguliers et suggère l’idée que les choses sont le résultat de l’agencement deux à deux des quatre qualités sensibles fondamentales que sont le chaud, le froid, l’humide et le sec. Chaque objet est une combinaison de deux des quatre qualités sensibles.
La physique d’Aristote est grandement caractérisée par la légèreté et la lourdeur de chacun des éléments. Ainsi, la terre et l’eau sont tous deux lourd et le feu et l’air sont léger. Chacun des éléments a un mouvement dit naturel, c’est à dire qu’ils tendent à revenir à leur lieu naturel. Donc la terre et l’eau ont tendance à revenir vers le bas, tandis que l’air et le feu vers le haut. Un mouvement violent est lorsqu’il est autre que naturel et est causé par une force externe qui entre en contact avec l’objet.
La conception du Cosmos d’Aristote consiste en un Univers sphérique. La Terre immobile, est son centre lorsque les éléments occupent leur lieu naturel. Les éléments forment des sphères concentriques partant de la terre, puis l’eau, l’air et le feu. Texte écrit par Eric Suchet Demers 2002
Son système amène pour la première fois une différenciation entre les étoiles fixes et celles mouvantes. C’est en observant le ciel et en posant des réflexions logiques qu’il parvint à amener le concept de planète. De plus, en observant des phénomènes se répétant à l’occasion, il déduisit la forme de notre monde dans son Univers. Sa conceptualisation des éléments était tout à fait logique et ses explications facilement vérifiables. Cependant, pour Aristote, le vide n’existe pas et les actions à distances sont impossibles.
Héraclide de Pont (vers 388-312 av J.C.)
Héraclide est né à Héraclea Pontica. Son père, Euthyphoron était un notable de la ville et un descendant direct des fondateurs grecs de cette cité. Il fut élève d’Aristote et de Speusippe.
Dans ces écrits sur l’astronomie, il aurait affirmé que Mercure et Vénus tournaient autour du Soleil et qu’il en était certainement de même pour les autres planètes. Cependant, cela n’empêcha pas Héraclide de croire que le Soleil tournait autour de la Terre. Il aurait aussi été le premier à affirmer que la Terre tourne sur son axe en un jour, afin de pouvoir rendre compte de la rotation quotidienne des étoiles fixes.
Ici encore, on remarque une volonté de ramener les phénomènes à une explication de plus en plus simple. Au lieu de faire tourner toute la voûte céleste, nous n’avons qu’à faire pivoter notre monde dans son Univers. La tendance de cette époque ramène les mouvements naturels à des cercles et des rotations ou révolutions et non des déplacements rectilignes uniformes. Heureusement pour eux, leur croyance les amenèrent dans la bonne direction.
Aristarque de Samos (vers 310-230 av J.C.)
Beaucoup mieux connu comme astronome que mathématicien, Aristarque fut un élève de Strato de Lampsaque, qui était alors à la tête du lycée d’Athènes créé par Aristote. Né dans les environs de 310 av J.C., il eut l’occasion de se rendre en 287 av J.C. à Alexandrie pour prendre la direction du Musée/Bibliothèque.
Aristarque s’est démarqué par son savoir à appliquer ses connaissances. Sa plus remarquable invention fut un gnomon de forme hémisphérique dont la précision de lecture était supérieure à celle de tous les cadrans solaires existants. Il apparaît qu’il aurait été le premier (ou l’un des premiers) à proposer un Univers héliocentrique, cependant, une telle conception n’avait aucune chance de rencontrer l’acceptation de ses contemporains. De plus, il concevait un Univers infiniment grand, ainsi que le rapporte Archimède. Il plaçait la sphère céleste fixe et infiniment plus loin que l’orbite Terrestre. Cependant, il ne put apporter aucune preuve. De plus, et ce en suivant les pensées d’Héraclide de Pont, il était persuadé que la rotation journalière des étoiles était due en fait à la rotation de la Terre en un jour sur son axe.Texte écrit par Eric Suchet Demers 2002
Dommage que l’homme soit souvent aveuglé par son désir d’être la réalisation ultime de l’Univers. Et cela, il le démontre en se bornant à se placer au centre de l’Univers. Sa prétention le freinera dans la recherche de la vérité de son Cosmos. Aristarque n’eut pas peur de déplacer le centre de l’Univers vers le Soleil, cependant son idée ne fut guère retenue, car l’esprit des hommes est souvent bien fermé face à des conceptions trop révolutionnaires.
Hipparque de Nicée (vers 190-120 av J.C.)
On ne connaît rien de la vie d’Hipparque, sinon le fait qu’il soit né à Nicée. Il existe par contre des pièces de monnaie qui le représentent assis et contemplant un globe. C’est la preuve qu’il fut un personnage très important. Il fut avant tout un astronome.
Hipparque aurait relevé avec exactitude les déclinaisons des étoiles. La majeure partie des informations sur Hipparque provient de l’almageste de Ptolémée. Hipparque se consacra à la détermination précise de la durée de l’année. Il y parvint avec une erreur de 6 minutes et demi seulement. Ce fut probablement à cette occasion qu’il découvrit le phénomène de précession des équinoxes et qu’il en fixa la valeur annuelle à 46’’ dont la valeur exacte est de 50.26’’. Ce résultat était nettement meilleur que celui de Ptolémée, qui 300 ans plus tard le fixa à environ 36’’.
Il identifia également les différentes années possibles en fonction des critères choisis. À savoir l’année sidérale, qui correspond au temps mis par le Soleil pour retrouver exactement la même position parmi les étoiles fixes, et l’année tropicale déterminée par les équinoxes. On soupçonne qu’il ait utilisé les connaissances des Babyloniens pour arriver à trouver que l’année tropicale faisait 1/300 de jour de moins que la valeur de 365 jours et ¼ communément admise. En utilisant toujours les travaux des Babyloniens et ceux d’Aristarque et de Méton, il fixa la durée de l’année sidérale à 1/144 de ce jour de plus que les 365 jours et ¼. C’est l’écart entre ces deux durées qui permit de calculer la valeur de la précession, soit 1’ par siècle.
On lui doit aussi les premières tables des mouvements exacts du Soleil et de la Lune. Ces tables ne seront corrigées ou améliorées que mille ans plus tard par les Arabes. Mettant à profit toutes ses observations, dont celles du phénomène de parallaxe, il réussit à calculer la distance Terre-Lune. Il s’intéressa aussi aux mouvements des planètes dont il dressa des tables précises qui serviront, elles aussi, plus tard, à Ptolémée.
Il ne se contenta pas de fournir différentes mesures concernant les mouvements de la Lune et du Soleil, il tenta d’en construire un modèle théorique basé sur les épicycles. Il précisa néanmoins que son modèle ne correspondait pas exactement aux données observées et il ne se risqua pas de l’appliquer aux planètes.Texte écrit par Eric Suchet Demers 2002
Hipparque fut amené à concevoir et à construire un nouvel appareil d’observation dont on ne trouve aucune mention qui lui soit antérieure et qui allait servir encore pendant des siècles : l’astrolabe. On lui doit aussi la décision, qui deviendra définitive, de partager le cercle en 360 degrés et le degré en 60 minutes.
La contribution essentielle d’Hipparque au progrès des sciences fut l’introduction de la trigonométrie dans les mathématiques et l’astronomie. Donc non seulement Hipparque est celui qui a créé une nouvelle branche du savoir, mais est celui qui a aussi fait passer l’astronomie du stade purement théorique à celui de la science prédictive. Son acharnement aux observations assidues lui permit d’établir des données très précieuses à l’élaboration des concepts à venir. Son travail est immense et d’une précision remarquable. De plus, rares sont ceux qui développent un modèle et affirment ces faiblesses, comme l’a fait Hipparque. De cette manière, il laisse le plaisir à ces descendants, soit de perfectionner son modèle afin qu’il s’accorde mieux à la réalité, ou soit de le réfuter. Ses prédécesseurs eux se contentèrent d’imposer leur modèle comme étant la vérité absolue.
Ptolémée (vécut vers 130)
On connaît peu de chose sur la vie de Ptolémée, excepté le fait qu’il fût astronome, mathématicien et physicien grec. Il vécut vers 130 et on sait qu’il mourut à une date postérieure au 22 mars 141 de notre ère. Pendant une longue suite de siècle, il a été considéré comme étant le plus grand astronome de l’antiquité. On dit qu’il vécut uniquement occupé de la contemplation du ciel dans les ailes d’un temple égyptien à Canope.
Il rédigea son œuvre principale qu’il intitula « Composition ou syntaxe mathématique ». Entre les mains des traducteurs arabes, cet ouvrage est devenu le très grand (Almagesti), et le d’Almageste lui est resté. On donnera une juste idée de l’admiration des savants de l’Orient pour l’Almageste, en rapportant qu’une des conditions du traité de paix conclu par les califes vainqueurs avec les empereurs de Constantinople, fût le don d’une édition manuscrite de l’ouvrage de Ptolémée.Texte écrit par Eric Suchet Demers 2002
L’Almageste est une théorie du mouvement des corps célestes. Elle propose un système pour calculer le mouvement des planètes, de la Lune et du Soleil, basé sur une combinaison de mouvements circulaires. Les systèmes s’appuient sur les grands principes de la vision aristotélicienne : la Terre est au centre de l’Univers, et les différents astres (Lune, Soleil, Planètes, Étoiles), sont sur des sphères concentriques tournantes, centrées sur la Terre.
Les trajectoires des astres dans le ciel apparaissent comme des cercles. D’où les sphères d’Aristote. Cependant, comme on le savait déjà à l’époque de Ptolémée, les planètes dans le ciel, rebroussent parfois chemin : elles semblent revenir en arrière pendant quelques jours, puis ensuite reprendre leur course en suivant leur trajectoire en cercle. On le comprend facilement aujourd’hui : c’est un effet dû au mouvement relatif de la planète par rapport à la Terre, en fait, un simple effet géométrique.
Ptolémée a élucidé ce mystère en introduisant le concept suivant. Un astre, au lieu d’être fixé à un grand cercle tournant centré sur la Terre, est en fait fixé sur un petit cercle qui tourne sur lui-même, le centre de ce petit cercle se déplaçant sur le grand cercle centré sur la Terre. On appelle ce petit cercle, un épicycle. Ainsi le mouvement d’un astre dans le ciel est la combinaison de deux effets qui s’ajoutent : une longue révolution le long du grand cercle et une petite révolution plus rapide le long du petit cercle.
Donc, globalement, l’astre décrit un grand cercle, auquel s’ajoutent des petites modulations, qui sont les mouvements rapides le long du petit cercle. Ces modulations se manifestent dans le ciel par une accélération dans le sens du mouvement, suivi d’un ralentissement et d’un retour en arrière, chaque fois que le petit cercle fait un tour sur lui-même.
Ainsi, Ptolémée, en utilisant des combinaisons de cercles arrive à reproduire avec une assez bonne précision pour l’époque, les mouvements des planètes dans le ciel. Ce système permettait même de prévoir les éclipses de Lune et de Soleil, les conjonctions etc. Texte écrit par Eric Suchet Demers 2002
Le succès prédictif de l’Almageste a contribué fortement à imposer le système Aristotélicien à l’occident médiéval, ce système s’accordant de plus assez bien avec une vision chrétienne du monde, qui place la Terre et l’homme au centre de l’Univers. Le cercle et le mouvement de rotation font toujours partie prépondérante des concepts fondamentaux et sont considérés comme naturels. Il faudra attendre encore pour que des formes différentes s’accordent davantage à la réalité et aux observations.
La période grecque fut parsemée par une multitudes de nouveaux concepts s’accordant relativement bien aux phénomènes observés et aux raisonnements logiques de l’esprit humain. Ainsi, l’Univers prit des dimensions plus importantes. Initialement restreint aux alentours de la Méditerranée, Alexandre le Grand repoussa ses limites jusqu’aux Indes, et les grands philosophes l’étendirent jusqu’à la voûte céleste.
Vers la période Morte du moyen âge