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Du néant naîtra le bien et le mal

Fut un temps où deux grandes forces gouvernaient équitablement dans le Cosmos; le bien et le mal. De cette nature bivalente naîtra un interminable affrontement qui persistera éternellement. La destruction totale de l’une d’entre elles est utopique, puisque le bien n’est justifié que par la présence du mal, et le mal n’est justifié que par l’existence du bien.

 

Au cours de son évolution, l’Univers est appelé à gravir les échelons de la conscience. Ainsi, le temps oriente la voie que le cosmos emprunte vers son destin, et ce sont ses constituants qui déterminent sa nature. Un avènement majeur inclinera le mal avec l’apparition de la vie. Loin d’être un événement banal, l’arrivée de la vie infligera une défaite majeure du mal face au bien. L’évolution du cosmos ainsi que de sa nature vivante l’amènera à une seconde renaissance lorsque la vie atteindra la raison. La conscience de l’Univers en son tout sera alors métamorphosée à jamais. Dorénavant, l’Univers s’est doté d’êtres ayant la capacité de prendre conscience de leur présence, et de construire l’édifice du bien à l’aide de son esprit.

 

Défait à multiple reprise, le mal usera de ses capacités vicieuses afin de reprendre le flambeau de la victoire. Depuis fort longtemps, il attendait ce moment ou l’homme atteindra la raison afin d’y répandre son attaque. Loin d’être une surprise, l’apparition de la conscience humaine était prévue et nécessaire chez le mal. Ayant pourvu l’Univers d’une nature matérielle, le mal avait longtemps d’avance échafaudé l’édifice de son retour en force.

 

Loin d’être conscient de son importance, l’homme évoluera au sein d’une guerre qui lui est totalement inconnue. L’essence de l’être se situe dans l’âme de chacun de nous, mais n’est révélée que par sa présence en un corps vivant. C’est ce corps qui sera détenteur du pouvoir de changer les choses par lui-même, mais c’est aussi ce corps qui le berne de sa vraie nature. L’esprit humain est enfermé et isolé à l’intérieur d’une enveloppe pourvue de sens. Que ce soit par sa vision, son toucher, son goûter, son ouïe, l’homme sera peu à peu aveuglé par ces perceptions et délaissera tranquillement sa vocation à l’édifice du bien.

 

En effet, l’esprit rationnel de l’homme a tendance à croire davantage à ce que ses sens lui dévoilent que ce que son âme lui révèle. Ainsi, ce que ses sens lui divulguent est perçu comme étant la vérité, et ces préjugés rendent de plus en plus difficile de faire abstraction de cette fausse réalité face à la véracité de l’âme. Le mal jouit de cette victoire qui ne fait que s’accroître depuis fort longtemps. Sa capacité de tromperie et d’illusion garantira un règne important au mal, puisque le bien est totalement dépourvu de cette aptitude. Ne pouvant que créer le bien et le bonheur, les moyens de rétorquer face au mal se font de plus en plus rares et reposent dorénavant sur la croyance.

 

Bien que la science ait rendu compte de la majorité des phénomènes observés dans notre univers, elle demeure muette face à la distinction entre le bien et le mal, pourtant présente aujourd’hui, comme hier. L’esprit scientifique a aujourd’hui accompli de grandes prouesses face à la compréhension de l’Univers. Il permet de démystifier la matière dans ces plus fins détails tels que les atomes et de rendre compte des observations des structures à grande échelle que forment les amas de galaxies. Mais vient un temps où nous devons nous interroger sur le sens de toutes ces nouvelles découvertes. Est-il concevable qu’un Cosmos repose sur un ensemble plus ou moins grand de concepts et de lois fondamentales qui rendraient compréhensible tout phénomène s’y produisant ? Ou bien, existe-t-il un sens plus profond orienté vers un avenir plus beau ?

 

L’Univers est passé d’un état de néant à un état d’étant. Il s’est ensuite édifié dans les rangs de la complexité et de la beauté par l’apparition de la vie et plus tard de l’intelligence rationnelle. Pourquoi se contraindre à ce rang en renonçant à la possibilité d’un monde supérieur ? Il est bien évident que de croire en nos sens est tâche plus aisée que de faire abstraction à nos idées préconçues, mais de consacrer un questionnement face à notre âme demeure primordial. C’est à chacun de nous que relève le choix de ses croyances, alors pourquoi ne pas croire en un monde meilleur ? Le cosmos est orienté dans une direction, et c’est à nous de déterminer son destin.

 

 

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