LES MÉTÉORITES

MYTHES, SUPERSTITIONS & RÉALITÉS


L'Antiquité.

Des roches venues du ciel. Pas si simple ! Les météorites imprègnent l'imaginaire et pénètrent les croyances religieuses de l'homme dès la plus haute Antiquité.

Au VIIe siècle avant J.-C., au royaume de Phrygie, en Asie Mineure, existait déjà un culte orgiaque mêlant la Grande Mère (Cybèle, déesse de la fécondité), Atis son époux et le dieu de la vigne Sabazios (probablement Dionysos). Au temple de Pessinonte, une pierre noire conique, assimilée à la Grande Mère, était un objet de culte.

La première chute de météorite mentionnée en Occident date de 467 avant notre ère, dans une région de Thrace proche d'Aegos Potamos. Cet événement se produisit en plein jour et avait été prédit par Anaxagore de Clazomènes (–500 à –428). Ce fait nous est rapporté par Aristote (–384 à –322). Un marbre découvert à Paros en Grèce, datant de –263, nous en fait le récit. Les pensées d'Anaxagore n'étaient pas dans les lignes philosophiques et religieuses des Athéniens de l'époque. Il fut donc jugé. Ce n'est que grâce au soutien de Périclès qu'il échappa à la mort.

Depuis –218, Rome est engagée dans une nouvelle guerre d'usure avec Carthage. Après avoir assisté à une impressionante chute de météores, le Sénat consulte les Livres sybillins puis l'Oracle de Delphes qui prophétise une victoire si la Pierre Mère de Pessinonte est amenée à Rome. Cette Pierre Mère est une météorite de forme conique censée représenter la Mère de tous les dieux. Elle est honorée au royaume de Pergame. Les romains engagent des pourparlers auprès du roi Attale, puis exercent un chantage. Finalement, un tremblement de terre apporte la solution. Craignant de froisser les dieux, le souverain accepte de "prêter" cette pierre sacrée et, en –205, la pierre est apportée à Rome. La météorite placée au Mont Palatin deviendra un objet de culte. Scipion, qui sera bientôt surnommé "l'Africain", passe le détroit de Gibraltar avec ses légions et, trois années plus tard, défait les armées de Carthage.

Tite-Live (59 avant J.-C. à 17 après J.-C.) mentionne un grand nombre de chutes, notamment en Italie centrale et celle de Monte Albano au sud de Rome.

Pline nous raconte qu'il assista en personne à la chute d'une météorite en 70, en Gaule Narbonnaise où il était proconsul.

Le temple d'Aphrodite à Byblos,
à l'architecture complexe,
abrite une météorite.

Denier d'Elagabal de fabrication orientale (218-219).
Un char triomphal transporte la pierre sacrée d'Émèse.
Inscription : "Au Dieu Soleil Sacré Élagabal".


Plusieurs pierres comme celle de Cybèle furent adorées au Proche-Orient. L'une d'elles, conservée au sanctuaire d'Aphrodite à Byblos (en Phénicie, au nord de Beyrouth), avait une forme d'obélisque et se trouve représentée sur une monnaie du règne de l'empereur Macrin (217-218)

Au temple d'Émèse (Homs dans l'actuelle Syrie), le dieu solaire Baal était vénéré sous la forme d'une pierre noire conique que l'on disait détachée de lui. Son prêtre, un adolescent de quatorze ans, avait pris le nom de dieu El Gabal. À la mort de l'empereur Macrin, il fut proclamé empereur en 218 par la IIIe Légion sous le nom d'Héliogabal. Il mit une année et trois mois pour rejoindre Rome avec sa pierre sacrée. Il substitua son culte à celui d'Apollon au Mont Palatin, pour l'imposer comme culte universel. Les Romains durent subir tous les jours les pantomimes de ce pantin fardé sanguinaire lors de cérémonies qui se terminaient en fureurs génésiques. Le 13 mars 222, une émeute éclata lors d'une visite de l'empereur dans une caserne de prétoriens. Il fut trouvé dans les cabinets où il s'était caché. Torturé, décapité, son corps mutilé fut jeté dans les égouts de la ville impériale. La pierre fut renvoyée à Émèse. Caligula et Néron avaient été surclassés.

Le Moyen Âge.

Au Japon, la météorite Nogata-Shi, dont la chute fut observée le 19 mai 861, est conservée dans un temple shintoïste au nord de l'ile de Kyushu. Sa masse est de 472 grammes.

Dans leurs chroniques, les Chinois nous rapportent de très nombreuses chutes qu'ils considèrent comme un signe divin du ciel, comme celle de 1064 sous le règne de l'empereur Qia Ping. Les détails de la chute nous sont racontés par Shen Gua, astronome de la période Song. Pour les Chinois de l'époque, un tel évènement ne pouvait signifier qu'une chose : l'empereur avait perdu le soutien et le mandat du Ciel.

En Arizona (USA), une météorite fut trouvée en 1928 dans une urne funéraire, lors de fouilles sur le site amérindien d'Elden Pueblo, près de Winona. Elle serait tombée vers 1100.

En Europe, après le règne de l'empereur romain Constantin, il n'y a plus de rites sacrés autour des météorites. Les pierres furent jetées et détruites. Le nouveau culte, organisé autour de l'Église chrétienne romaine, n'admettait aucune forme de paganisme. C'est ainsi que les idées d'Aristote trouvèrent une nouvelle jeunesse pendant une quinzaine de siècles. On ne vit dans ces pierres tombées du ciel que des fragments de montagnes arrachés et transportés par le vent, que des laves éjectées par les volcans, ou que des "pierres de foudre" dues aux effets du tonnerre et de la foudre.

 

 
 
Fulgurite - Désert libyque, Égypte

Ceci n'est pas une météorite, mais une véritable «Pierre de Foudre». C'est une fulgurite.
L'impact de la foudre sur un sol sableux ou une roche riche en silice (grès, granite, gneiss) provoque un échauffement intense (+ de 3 000 °C) et très localisé.
La fusion de la roche est instantanée et son refroidissement brutal.
La silice fondue se fige pour former un tube de verre creux.
Bien qu'il en existe de plus de dix mètres, les échantillons récoltés sont en général des fragments de 10 à 20 cm.

 

Vers 1300, l'ouvrage du philosophe persan Avicenne (980-1037) est traduit en latin. Il traite d'alchimie et des minéraux. L'auteur affirme que deux types de pierre tombent, des fers et des pierres. Il écrit «... De mon temps, il tomba de l'atmosphère dans la province de Djordjan, une masse qui pesait environ 50 mann... Sa chute fut accompagnée d'un bruit épouvantable; plusieurs personnes étant accourues pour en savoir la cause, trouvèrent cette masse qu'elles portèrent au gouverneur de Djordjan.»

La Renaissance.

Mercredi 7 novembre 1492, une pierre de 127 kg tomba à Ensisheim, au nord de Mulhouse (Alsace-France).

Le jeune peintre graveur Albrecht Dürer (1471-1528) – il a alors vingt et un ans, – a quitté Bâle pour Colmar. A-t-il assisté à la chute du météoride ? À Nuremberg, en 1494, pour honorer une commande, il peint saint Jérôme pénitent sur un panneau de bois au dos duquel figure l'explosion d'un bolide. Il reprendra ce thème vingt années plus tard sur la gravure « Melencolia I ».

Gravure d'Albrecht Dürer, Melencolia I, 1514
Peinture par Albrecht Dürer
de l'explosion d'un bolide,
au dos de Saint Jérôme pénitent.
Fitzwilliam Museum, Université de Cambridge


Un manuscrit non daté du XVe siècle conservé à la bibliothèque nationale universitaire de Strasbourg nous raconte l'événement : « En l'An de Grâce 1492, le mercredi d'avant la Saint-Martin, le 7e jour de novembre, se produisit un étrange miracle. Ce jour-là donc, entre la 11e et 12e heure de midi, survint un grand coup de tonnerre et un long vacarme qu'on entendit loin à la ronde, puis une pierre de 260 livres tomba des airs sur le ban d'Ensisheim. Et le bruit fut beaucoup plus fort ailleurs qu'ici. Un jeune garçon la vit s'abattre dans un champ de blé vers le bois situé vers le Rhin et l'Ill près du Gissgang et ceci sans faire de mal à l'enfant. Quand le Conseil l'apprit, il se rendit sur place et beaucoup de morceaux en furent détachés, ce que le bailli interdisit ensuite. Il fit amener la pierre dans l'église où l'on devait la regarder comme une chose merveilleuse... Les savants eux-mêmes disaient qu'ils ne savaient pas ce dont il s'agissait et qu'une telle pierre tombant du ciel serait quelque chose de surnaturel. Il s'agirait plus sûrement d'un signe divin dont on a jamais auparavant vu, lu ou décrit quelque chose de ressemblant... »

Ce manuscrit n'est pas le seul document consacré à cet événement. Toutes les chroniques d'Alsace, d'Allemagne et de Suisse y font mention. La Chronique de nuremberg parut l'année suivanten en 1493. Le plus beau de ces documents est la Chronique de Lucerne de Diebold Schilling qui fut éditée vingt et une années plus tard : c'est un splendide manuscrit enluminé qui consacre une miniature à la pierre d'Ensisheim qu'on voit tomber dans un champ que les paysans ensemencent. Mais les plus extraordinaires sont les imprimés, qui furent publiés deux semaines après la chute, écrits par Sébastien Brandt (1458-1521) alors doyen et professeur de littérature latine et de droit à l'Université de Bâle. C'est en cette qualité qu'il rédige sa «lettre volante» en utilisant l'événement d'Ensisheim à des fins autres que d'informations scientifiques. Bien qu'il nous décrit la forme de la météorite et la trajectoire du météore, ces textes écrits en latin et allemand sont plutôt destinés à orenter l'opinion et surtout l'action du Roi Maximilien d'Autriche (1459-1519). Cette lettre fut copiée, recopiée, et diffusée dans toute l'Allemagne.

Gravure ornant la lettre de Sébastien Brandt.

Le lundi 26 novembre 1492 Maximilien arriva à Ensisheim, prit deux morceaux de la pierre et ordonna qu'on la suspendît au chœur de l'église.
Mais le roi devait régler le camouflet qu'il venait de subir par le roi de France. C'est ainsi qu'involontairement, une météorite entra dans l'histoire d'un imbroglio politico-matrimonial, avec comme participants : Maximilien, futur empereur, sa fille Marguerite, ex-fiancée de Charles VIII roi de France, et la jeune duchesse Anne de Bretagne, épouse obligée de Charles et ex-épouse par procuration de Maximilien. Ouf ! L'affaire se régla par une guerre que la France perdit à la bataille de Dournon, près de Salins le 9 janvier 1493. Le dénouement intervint avec le traité de Senlis le 23 mai 1493 où Maximilien récupérait sa fille et les régions Artois, Franche-Comté, et Charolais.

En 1771, Gœthe (1749-1834) rendit visite à la météorite et railla la crédulité des gens. Les pierres ne manquaient poutant pas dans les champs ; pourquoi vouloir imaginer qu'elles tombassent du ciel ?

La Révolution française passe en Alsace et, en 1794, la pierre, comme les autres biens d'Église, fut mise sous séquestre et transportée à Colmar. On en détacha plusieurs morceaux et dix ans plus tard, en 1804, la ville d'Ensisheim retrouva sa pierre céleste qui ne pesait plus alors que 55 kg et la replaça dans l'église. Le clocher s'effondra le 6 novembre 1854. On récupéra la météorite que l'on mit d'abord à l'école puis à la mairie, ancien Palais de la Régence, aujourd'hui musée. Le bloc restant, présenté au public, pèse 53,831 kg.

Le XVIIIe siècle

FRANCE :

La chute de pierres du 16 septembre 1753 à Luponnas, dans la Bresse (France), fut décrite par l'astronome Jérôme de Lalande, mais son exposé clair et précis ne perça pas le scepticisme du monde scientifique et encyclopédique.

Le 13 septembre 1768 à 16 h 30, dans un village près de Lucé dans le Maine (France), des ouvriers agricoles observèrent la chute d'une météorite près de la route menant au Mans. L'abbé Bachelay transmit le récit de la chute avec un échantillon à l'Académie des Sciences en 1769. Une commission d'études présidée par Antoine Laurent de Lavoisier fut constituée. Trois chimistes, Fougeroux, Cadet et Lavoisier analysèrent la pierre. Leur rapport parut en juillet 1772, rejetant l'origine extraterrestre de la pierre et concluant que ce n'était qu'un grès pyriteux. Ce fut la toute première analyse chimique d'une météorite.

RUSSIE :


Pallasite de Krasnojarsk, une météorite trouvée en 1749 en Sibérie.
Collection Alain Carion.

En 1749, en Sibérie, un forgeron cosaque découvrit une masse de fer d'environ 687 kg entre Ababansk et Krasnojarsk. Celle-ci était connue depuis longtemps des tribus tatares de la région. Il transporta sa découverte jusqu'à son atelier, à 30 vestres de là.
Plus tard, en 1772, le naturaliste allemand Peter Simon Pallas (1741-1811), au service de l'impératrice Catherine II de Russie, se trouvait en mission d'exploration en Sibérie. Il découvrit et examina cette masse métallique chez le forgeron. Elle était attaquée par la rouille à l'extérieur, mais révéla à l'intérieur des cristaux d'olivine. Jamais il n'avait vu une roche terrestre semblable. En 1773, Pallas transporta cette étrange masse de fer à Saint-Pétersbourg, où elle fut déposée au cabinet de curiosités créé par l'Empereur Pierre le Grand. Ce fer très spécial reçut le nom de Pallasite. Il revint à Berlin en 1775, en apportant avec lui un morceau de sa curieuse pierre de métal

ALLEMAGNE :

Ernst Chladni était un juriste allemand qui, fasciné par l'acoustique, s'était reconverti à la physique. En 1792, pour montrer et parler de son travail, il se rendit à l'université de Göttingen voir son ami physicien Georg Lichtenberg. Dans leur entretien, ce dernier lui fit part des conférences qu'il donnait au sujet des météores, des bolides et boules de feu en soutenant l'idée que ceux-ci devaient être d'origine cosmique et non un phénomène atmosphérique. L'idée était lancée.
Chladni s'enthousiasma à cette hypothèse. Il se mit à consulter tous les livres et documents relatant ces chutes de pierres, compilant les rapports, récits et témoignages, comparant les assertions des uns et des autres sur les dix-neuf météorites historiquement répertoriées et notamment sur les huit tombées depuis 1700.


Ernst Florens Chladni, physicien allemand.
Il admit le premier l'origine céleste des météorites en 1794.

Enfermé dans son laboratoire, il examina les divers fragments à sa disposition, qu'ils soient pierreux ou constitués de fer ou d'un mélange des deux, comme la pierre qu'avait trouvée Pallas en Sibérie. Il publia ses résultats et ses conclusions en avril 1794. Procédant par élimination, il rejeta successivement toutes les explications proposées : que la foudre ne peut pas transmuter la pierre en fer ; que le vent et la tempête ne peuvent pas soulever dans les airs de telles masses ; que les habitants (de Sibérie) et les anciennes peuplades n'auraient jamais pu réaliser un mélange aussi homogène de cristaux et de fer comme celui de la météorite de Krasnojarsk.
Il proposa que ces masses de pierre ou de fer tombaient bien du ciel et qu'elles provenaient de l'espace. Qu'elles engendraient les météores et les bolides observés en raison de la chaleur dégagée par la friction de ces corps avec l'atmosphère.
Il suggéra :

qu'il s'agissait de petites masses de matière se déplaçant dans l'espace interplanétaire avant d'être capturées par l'attraction terrestre ;
– que pénétrant dans l'atmosphère elles s'enflammaient, provoquant météores et boules de feu ; et pour couronner le tout :
– qu'elles étaient soit des résidus ayant échappé au processus de formation d'autres corps célestes plus gros soit, au contraire, les débris de l'explosion de ces corps.

Pour Chladni, les météorites devenaient des éléments fondamentaux du grand chantier de la formation du système solaire. Bien entendu ses idées sont rejetées, mais il trouva malgré tout quelques partisans, notamment en la personne de Sir Joseph Banks, président de la Royal Society de Londres.

ITALIE :

Sienne, le 16 juin 1794 vers 19 heures, venant du nord, un nuage sombre s'approche de la ville. Des éclairs rougeâtres le percèrent. Après une explosion, une averse de pierres, plus de deux cents, dont certaines de 1500 grammes, tombèrent aux pieds des témoins en limite de Sienne. Il n'était plus possible de contester les faits. De nombreux touristes anglais, présents, collectèrent ces cailloux célestes. En Angleterre, l'événement fut mentionné par un ambassadeur, préparant ainsi la diffusion des idées de Chladni. Des savants italiens publièrent leurs traités avant la fin de l'année, constituant une approche scientifique.

ANGLETERRE :

Le 13 décembre 1795, dans le Yorkshire, à Wold Cottage, un ouvrier agricole assista à l'impact d'une météorite. La pierre pesant 25 kg fut exposée dans un café à Gloucester, puis arriva sur le bureau de Sir Joseph Banks (1743-1820).

Les chutes continuèrent. Portugal 1796, Bénarès, Inde, 1798. Une même croûte noire recouvrait les météorites de Sienne et de Wold Cottage. Sir Joseph Banks demanda au jeune chimiste Edwards Charles Howard (1774-1816) d'en faire l'analyse. Il se procura deux autres pierres et quatre fers : Campo del Cielo (découvert en Argentine en 1576), Agram, Croatie (chute de 1751), le fer de Pallas et Bénarès. Howard choisit le minéralogiste français émigré, le Comte Jacques Louis de Bournon (1751-1825), pour le seconder. Celui-ci eut l'idée de séparer, d'isoler les divers constituants de chacune des pierres : des grains de métal magnétiques, des sulfures de fer, des « sphérules » minérales et une matrice terreuse à grain très fin qui liait le tout. Ces constituants seront analysés séparément. Howard découvrit une grande similitude entre les quatre météorites pierreuses, dans leur minéralogie, leur composition chimique, et leur texture, ainsi qu'une grande différence avec les roches communes terrestres. Le plus important fut la découverte d'une quantité très significative de nickel associé au fer, tant dans les grains de métal des pierres que dans les fragments de fers. Il existait donc un lien qui unissait ces roches et qui les différenciait des roches de la croûte terrestre.

En 1802, Howard et de Bournon présentèrent leur rapport à la Société Royale, puis en 1803 à l'Institut de France, en même temps que celui du chimiste français Nicolas Louis Vauquelin. Ils n'emportèrent pas l'adhésion générale, mais l'édifice du scepticisme se fissura.

Le XIXe siecle

Le voyage de Biot.

Le 26 avril 1803 (6 floréal an XI), 13 heures, beau temps, le ciel serein était dégagé de tout nuage. Soudain une explosion comme un coup de canon aussitôt suivie d'un coup double plus fort, un roulement qui dura plusieurs minutes accompagné d'un sifflement. Plus de trois mille pierres s'abattirent au nord du bourg de l'Aigle (Orne) en Normandie. Les paysans prirent peur mais, revenus de leur surprise, le collectage des météorites se fit bien vite. On papota, on bavarda. Le citoyen Marais, résident à l'Aigle, écrivit le 3 mai à un ami parisien, M. Château. Celui-ci transmit la lettre à un voisin, un étudiant en minéralogie qui faisait commerce d'objets d'histoire naturelle, M. Charles Lambotin, afin d'avertir l'Institut des Sciences. Ce qu'il fit.

Carte tracée par le citoyen Marais,
en vue de sa publication
dans le rapport du citoyen Lambotin.
Elle est datée de messidor an XI
(soit entre le 20 juin et le 18 juillet 1803).
C'est la première carte
sur la chute de l'Aigle.

 


La lettre fut publiée dans le numéro de mai-juin du « Journal de sciences mathématiques et physiques de l'Institut National » le lundi 9 mai 1803 (19 prairial). Marais dessina une carte de la zone de chute, mais ce fut trop tard pour la publier, le rapport de l'Institut ayant paru un mois plus tôt.
Lambotin se rendit à l'Aigle pour effectuer des recherches, puis vendit de nombreuses météorites dans son magasin à des collectionneurs.

Dès le début de sa lettre, Marais parle de miracle : « Il vient de se passer dans notre pays, un miracle assez surprenant...» Bonaparte, premier consul à vie, ne peut admettre ni miracle, ni autre signe divin. Il en fera part à son ministre de l'Intérieur, Jean-Antoine Chaptal (1756-1862). Dans un contexte de vive concurrence avec les savants anglais, l'Institut doit agir. Chaptal désigna Jean-Baptiste Biot (1774-1862) pour enquêter à l'Aigle et dans la région, pour établir « les preuves morales et physiques de la chute de pierres du 6 floréal ».

Le 26 juin (7 messidor), Biot quitta Paris pour l'Aigle. D'abord Alençon, la préfecture du département de l'Orne, où il consulta les dépôts et cabinets des mines et carrières pour examiner et comparer les roches de la région. Il s'entretint avec le Préfet, les personnalités administratives, les ingénieurs des Ponts et Chaussées, les professeurs de l'École Centrale, les cochers et les voyageurs du 26 avril. Puis, de village en village, il interrogea des personnes de toutes conditions, de tous âges, de professions, de mœurs et d'opinions différentes, n'ayant peu ou pas de relations entre elles. Toutes furent d'accord pour attester un même fait. Toutes les pierres ramassées étaient semblables et différentes des roches de la région.
Il rédigea son rapport et le présenta le lundi 18 juillet 1803 (29 messidor) devant les membres de l'Institut de France. Mention excellence. La forteresse des sceptiques s'effondra. Les météorites ne furent plus des « pierres de foudre », ni des pierres curieuses, mais devinrent désormais objets de science.
 
Jean-Baptiste Biot confirma que les météorites étaient des objets extraterrestres.

1804, de curieux dessins dans les météorites de fer.

C'est en 1804 à Naples que William Thomson publia un article sur cette structure apparue après avoir traité une section polie d'un fragment de la météorite de Krasnojarsk. Dans sa conclusion, il ne voulait pas croire à l'origine extraterrestre de ce fer et privilégiait une origine volcanique.
En 1808, un porcelainier et métallurgiste autrichien, Alois von Widmanstätten (1754-1849), décrivit cette structure après avoir attaqué à l'acide une surface de la météorite de Hrashina (anciennement Agram), Croatie. Il s'agissait de dessins géométriques, structure qui résulte d'une disposition régulière des cristaux de fer lors d'un très lent refroidissement. C'est Karl von Schreibers, directeur au Cabinet de minéralogie de Vienne, Autriche, qui donna le nom de « figures de Widmanstätten ».

 

Structures de Widmanstätten de la météorite Glorietta Mountain (Nouveau Mexique - USA) trouvée en 1884

 

Études systématiques et premiers classements :

Désormais, chimistes, minéralogistes et cristallographes se penchent sur plus de 550 météorites, chutes et trouvailles, afin d'établir des critères de reconnaissance. Les chutes d'Alais (France, 1806), Stannern (Moravie, 1808) et Chassigny (France, 1815) viennent semer le trouble. Elles ne contiennent pas de nickel ; l'une contient des produits carbonés, les autres sont différenciées et leur texture ressemble aux roches terrestres. La croûte de fusion devient un critère de reconnaissance des météorites.
Les études chimiques et minéralogiques permettent une classification devenue indispensable. Une première est proposée en 1840 par Paul Partch (1791-1856), conservateur au Museum d'histoire naturelle de Vienne. En 1863, Gustave Rose (1798-1873), du Musée de minéralogie de l'Université de Berlin, propose une classification plus élaborée. Il introduit sept sous-groupes pour les pierres et trois sous-groupes pour les fers. Il donne le nom de chondre (granule) aux petites sphères de silicates découvertes par de Bournon et introduit ainsi le groupe des chondrites (météorites riches en chondres). Henry Clifton Sorby (1826-1908) identifie les chondres comme un composant spécifique des météorites qui ne se trouve pas dans les roches terrestres.
La chute d'Orgueil (France) le 14 mai 1864, une chondrite carbonée, relancera les idées de panspermie.

Peary et Cape York :

Au nord-ouest du Groenland, les Inuits disposaient de métal pour fabriquer leurs lames de couteau et leurs pointes de harpon, alors qu'il n'existait aucun gisement de fer. En 1894, lors de ses recherches pour atteindre le Grand Nord, un guide Inuit conduisit l'explorateur polaire Robert Edwin Peary (1856-1920) sur le site de chute d'une météorite au Cap York. La pierre était fragmentée en trois morceaux, un de 34 tonnes, les autres de 3 tonnes et 500 kg. Peary fit construire une ligne de chemin de fer et, en 1898, les embarqua sur des navires. Ils furent vendus au Museum d'histoire naturelle de New-York. Bien entendu, les Inuits n'eurent aucun droit sur la recette. La météorite reçut le nom de Cape York.


Le XXe siecle

Mauritanie, Adrar, Chinguetti, 1916.

Un officier français, le capitaine Gaston Ripert, découvrit dans le désert un bloc de fer de 4,5 kg, qu'il affirmait détaché d'une grande masse métallique ayant quarante mètres de hauteur pour cent mètres de longueur. Le professeur Alfred Lacroix, au Muséum de Paris, décrivit en 1924 ce fragment comme étant une mésosidérite. On entreprit des recherches. Dès 1934, le professeur Théodore Monod (1902-2000) y consacra beaucoup de son temps. Voyageur infatigable, il se rendit sur le terrain au sud de Chinguetti, interrogeant les habitants et les forgerons locaux. Il retourna plusieurs fois à la recherche de cette colline de fer. En Vain !

 

 

Les deux dernières expéditions eurent lieu en 1987 et 1988. Il existe bien une butte d'une quarantaine de mètres de hauteur, celle d'Aouinet N'Cher, mais elle est constituée d'un grès surmonté de quartzite, des roches sédimentaires polies par l'érosion, que le capitaine avait sans doute confondues avec du métal. Le professeur Monod mit un point final à cette énigme en publiant une note à l'Académie des Sciences en juin 1989, en concluant à une erreur d'interprétation du capitaine Ripert.

Certificat d'origine d'un échantillon de la météorite de Chinguetti.

Août 1933.

Le Congrès constitutif de la Society for Research on Meteorites rassembla une quinzaine de scientifiques intéressés par l'étude de météorites au Field Museum de Chicago. En 1946, elle devient la Meteoritical Society. Aujourd'hui, elle est devenue une autorité mondialement reconnue et son Comité de Nomenclature des Météorites enregistre toutes les nouvelles chutes et trouvailles avérées après le dépôt d'un échantillon auprès d'une institution qui en effectue l'analyse et publie une communication. Les nouvelles météorites reçoivent alors une dénomination officielle et sont inscrites dans le Meteoritical Bulletin.

Sibérie orientale, 12 février 1947.

 

À 10 h 38, dans la région de Sibérie orientale des Territoires maritimes, des milliers de personnes furent les témoins d'une pluie de fer. Un météore apparut dans le ciel, la traînée lumineuse parfois plus brillante que le Soleil fut suivie de plusieurs explosions entendues à plus de 200 km. Le météoride venait d'exploser à une altitude estimée à 10 km. Quelques secondes plus tard, des milliers de fragments s'écrasèrent dans la région boisée des monts Sikhote-Alynia, à 335 km au nord de Vladivostok, sur une aire de 50 km2. Une traînée brune resta visible plusieurs heures dans le ciel après la chute.
Dès le lendemain, la région fut survolée par l'aviation et, le 24 février, une équipe de géologues parvint sur les lieux. Une seconde expédition eut lieu fin avril. On récupéra immédiatement près de 20 tonnes de fragments. L'un d'eux avait creusé un cratère de 26 mètres de diamètre et pesait 1700 kg. Il est conservé au musée Fersman de Moscou.
Les postes d'URSS émirent un timbre en 1957 pour commémorer le dixième anniversaire de la chute de Sikhote-Alin

 

États-Unis d'Amérique de 1950 à 1955.

L'âge de la Terre est un débat depuis plus de trois siècles, où Églises, universitaires, géologues et physiciens participent à la querelle. La révolution en géologie viendra de la mise au point des méthodes de datation absolue fondées sur la radioactivité. On peut désormais attribuer un âge à une roche, donc calculer aussi la durée d'un phénomène géologique. Le principe avait été proposé par Ernest Rutherford en 1912. Viendra le temps de la découverte des divers isotopes des éléments radioactifs, de la construction et de la mise au point du spectromètre de masse pour peser et séparer les atomes parents d'un élément, de ses atomes fils.

À l'Université de Chicago, vers 1950, Clair Patterson met au point une technique qui permet l'analyse isotopique des plombs sur des microquantités. Il mesure l'âge de différentes roches. Harold Clayton Urey (celui qui, avec un de ses élèves, Stanley Miller, créa des acides aminés en laboratoire) lui suggère d'analyser des météorites. Ces pierres de l'espace sont à cette époque très populaires à Chicago ; ailleurs elles sont ignorées, personne n'y prête attention.

Il y a une quantité de météorites dans les tiroirs. Patterson analyse les sulfures de Canyon Diablo, ceux des diverses chondrites, et la météorite de Nuevo Laredo, une achondrite trouvée au Mexique en 1950. La composition isotopique du plomb est identique et il obtient un âge de 4,55 milliards d'années. Il analyse ensuite des basaltes hawaïens qui représentent une partie du manteau de la Terre, puis des nodules de manganèse dragués au fond de l'océan, censés représenter l'eau de mer, enfin des sédiments marins récents qu'il considère comme une moyenne de la croûte terrestre. Tous ces résultats sont identiques et se placent sur la droite ligne météoritique de 4,55 Ga. Patterson en conclut que les divers réservoirs terrestres se sont formés en même temps que les météorites.

Le système solaire et le calendrier géologique de la Terre ont trouvé leur « Jour de l'An ». Depuis, les âges se sont précisés. À 4,569 Ga, des corpuscules réfractaires, puis des chondres se forment. Les premiers objets rocheux se constituent vers 4,567 Ga, puis les plus gros se différencient vers 4,566 Ga et les planétisimaux continuent leur accrétion pendant 150 millions d'années pour former les planètes telluriques.

 

Tchécoslovaquie, 1959.

Depuis Spoutnik 1, lancé le 4 octobre 1957, les Soviétiques ont coup sur coup placé sur orbite plusieurs satellites artificiels. Les Tchécoslovaques ont disposé une série de caméras en batterie circulaire pour suivre leurs traces afin de calculer leurs trajectoires.

Le 7 avril 1959 à 19 h 30, une météorite tombe à Pribam. La traînée lumineuse du météore est filmée par plusieurs caméras. Après calcul, l'orbite de l'objet céleste est elliptique et trouve son origine dans la ceinture d'astéroïdes. Il faut attendre le 3 janvier 1970 pour que les Américains puissent étudier un même événement avec une chute à Lost City, puis les Canadiens le 5 février 1977 à Innisfree. Tous ces résultats, et bien d'autres par la suite, confirmèrent cette zone d'origine des météorites.

Reconstitution des orbites de trois météorites, d'après les trajectoires filmées grâce à un réseau de caméras.

Niger, 3 octobre 1962.

Alors qu'il travaille dans son champ, un paysan nigérien entend une violente explosion et, après une onde de choc, un bolide s'écrase à une dizaine de mètres de lui. Une pierre noire gît dans un petit cratère de soixante centimètres de profondeur. La météorite s'appellera Zagami et pèse 18 kg. C'est une achondrite anormale, en réalité la quatrième chute de pierre présumée martienne, mais on ne le sait pas encore. Elle s'est formée il y a 180 millions d'années et a voyagé 2,5 millions d'années dans l'espace avant de terminer sa croisière sur la Terre.

Amérique du Nord, 1972.

Vers 14 h 30, le 10 août 1972, des millers d'habitants de l'Ouest des États-Unis et du Canada virent passer un superbe globe de feu qui se dirigea du sud vers le nord. Il survola l'Utha, le Wyoming, le Montana, pour disparaître au-dessus de l'Alberta. Un détecteur de rayonnement infrarouge d'un satellite militaire américain repéra le météoride à une altitude de 76 km et perdit sa trace 1 mn 40s plus tard, à 1500 km plus au nord, à une altitude de 102 km. Le bolide s'était approché jusqu'à 58 km du sol avant de continuer sa course dans l'espace. Il devait mesurer 5 mètres de diamètre pour une masse de 100 tonnes. Le météore fut photographié par un amateur au-dessus du lac Jackson dans le Wyoming, alors que le bolide devait se trouver à une altitude de 60 km. Un très beau spectacle !

 

Vingt ans plus tard, 1992.

Le 9 octobre 1992, un bolide traversa le ciel de la Virginie occidentale et la Pensylvannie. Il se scinda en plus de 70 fragments. En près de 40 secondes, la boule de feu parcourut 700 km. Des spectateurs d'un match de base-ball filmèrent l'apparition du météore pendant quelques dizaines de secondes. Le spectacle n'était plus dans le stade mais au ciel.

À 19 h 50, dans la petite ville de Peekskill à 50 km de New-York, un bruit violent fit vibrer les vitres des maisons. Michelle Knapp se précipita à la fenètre et vit le coffre de la voiture de son ami défoncé. Elle appela la police qui constata le délit. Le coffre avait été transpercé par une pierre qui fut retrouvé au sol. C'était une météorite de plus de 12 kg. L'automobile fut vendue et devint une grande voyageuse. Elle fut exposée lors de l'exposition « Météorites » au Muséum de Paris en 1997.

 

La Chevrolet Malibu traversée par une météorite le 9 octobre 1992 à Peekskill
(État de New-York, USA)
Photo Alain Carion.

XXIe siècle.

Arizona (U.S.A), Soudan, 2008.

Le 6 octobre 2008 à 6 h 39 UTC, le télescope automatique du mont Lemmon près de Tucson (Arizona), identifie un object céleste qui reçoit le nom de 2008TC3. Sa taille est d'environ 4 mètres pour 800 tonnes. Il doit entrer en collision avec la Terre. D'après les calculs, il devrait se désintégrer dans l'atmosphère au-dessus du désert de Nubie au Nord Soudan, moins de 19 heures après sa détection.

Les astéroïdes sont classés selon leur spectre optique, censé correspondre à la composition minéralogique de leur surface. Les observations permettent d'apparenter 2008TC3 au type F, une subdvision du groupe C (pour carboné). Si l'on retrouve des météorites après la chute, on pourra pour la première fois vérifier les correspondances entre un groupe astéroïdal et un groupe de météorites.

Le 7 octobre 2008 à 1 h 49 UTC, le mini astéorïde passe dans l'ombre de la Terre et devient invisible. Des satellites militaires américains détectent le bolide à 65 km d'altitude à 2 h 45 mn 40 s UTC. Le météore et la chute sont observés par le chef de gare de la station n° 6 entre Wadi Halfa et Al Khurtum, dans le désert de Nubie. La boule de feu est confirmée par un pilote d'avion de ligne au-dessus du Tchad. Son explosion est détectée à 37 km d'altitude par plusieurs satellites météorologiques. La météorite est nommée Almahata Sitta. Les recherches permettent de ramasser près de 280 fragments représentant une masse de presque 5 kg. Analysée, la météorite est une achondrite du groupe ureilite.

France, chutes et trouvailles.

2002. ALBY-SUR-CHÉRAN, Haute-Savoie. Le lundi 18 mars 2002, vers 8 h 30, par temps de pluie, une fuite d'eau est détectée dans un magasin de stockage. Un employé découvre un trou dans le bitume de la toiture. Avant les travaux de réfection, un examen lui permet de trouver une pierre noire brillante de 252 grammes, cassée à une extrémité. Le morceau manquant de 13 grammes est récupéré et envoyé au Muséum de Paris pour analyse.C'est une achondrite HED eucrite. La chute a dû se produire vers le 15 février 2002. La météorite fut acquise par la suite par le Muséum.

2003. PLANCY-L'ABBAYE, Aube, Champagne. Une pierre de 180 grammes est trouvée par un chercheur de météorites lors d'une prospection avec un détecteur de métaux, aux environs du village de Plancy-l'Abbaye, le 1er septembre 2003. Elle est analysée et classée. C'est une chondrite ordinaire H4.

2006. SAINT-OUEN-EN-CHAMPAGNE, Sarthe. En octobre 2006, Alain Carion acquiert une collection de minéraux et fossiles dans laquelle se trouve une petite boite en carton avec une étiquette indiquant : « Fragment de la météorite de Saint-Ouen-en-Champagne, Sarthe (1799) ». Il s'agit probablement d'une ancienne chute française méconnue. Une recherche sur Internet lui apprend qu'un échantillon de cette météorite est conservé au Musée Vert du Mans. Rendez-vous pris, le conservateur du musée présente la documentation concernant cette pierre. Le premier texte date de 1841. La météorite est tombée le 29 septembre 1799 à 15 heures à la métairie du Pin, commune de Saint-Ouen-en-Champagne, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est du Mans. « Un ouvrier qui battait le grain la vit tomber à ses pieds », précise un article publié en 1881 dans le « Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe ». Elle « pesait 9 livres 7 onces, fut divisée et les morceaux distribués » (soit une masse totale de 4,6 kg). Deux échantillons furent envoyés en 1799 au musée du Mans ; il n'en existe plus qu'un seul aujourd'hui, de 39 grammes. Le musée de Nantes et celui de la Monnaie, à Paris, qui en avaient reçu des morceaux, ne les retrouvent plus dans leurs inventaires. Ainsi , il manque plus de 4,5 kg de cette pierre. Un spécimen type d'un gramme fut envoyé au Muséum de Paris, ce qui permit de la classer chondrite H5.

2010. PARIS. Une collection d'objets exotiques, ayant appartenu à un ingénieur des Mines en Afrique et en Asie entre 1940 et 1955, est acquise en 2001 par un amateur brocanteur lors d'une mise aux enchères à l'Hôtel des ventes Drouot à Paris. Parmi diverses statuettes africaines se trouve une pierre enveloppée dans une serviette. Six années plus tard, son propriétaire la fait expertiser à Nantes. Il s'agit d'une météorite de 1,3 kg. Il la vend en février 2010 au Muséum national d'histoire naturelle de Paris. La pierre sera nommée « Paris » en hommage à son lieu de trouvaille. Elle contient des acides aminés. Les analyses en cours sont effectués par plusieurs laboratoires.

2011. DRAVEIL, Essone. Le 13 juillet 2011, vers 12 heures, une pluie de météorites s'abat en Ile-de France sur le département de l'Essone. Ce jour-là, seul un facteur, faisant sa tournée à Savigny-sur-Orge, pourra témoigner a posteriori de l'événement ; il assiste à la chute d'une pierre de 5 200  grammes dans le jardin d'un particulier, où l'objet brise une marche en béton. À Draveil, à son retour de vacances, un propriétaire aperçoit un trou dans son toit. Une pierre de 206 grammes est récupérée. Un appel est lancé début septembre par le Muséum de Paris ; la chasse commence. Plusieurs morceaux de la météorite seront retrouvés, dont deux à Grigny.

 

Draveil
u
ne pierre de 5,2 kilos, tombée au mois de juillet 2011 dans le jardin d'un particulier, sera acquise par le Muséum de Paris.

Plusieurs météorites seront récupérées,
dont celle qui pénétra par le toit dans la maison de Mme Comette.

Et les chutes continueront... comme l'Histoire, elles sont sans fin.

page suivante

page d'accueil du Club Janus        plan du site        vers le haut de la page