LA FABRICATION DES CLOUS ET LES ATELIERS DERVAUX.

Le travail du fer qui allait constituer, après la Révolution, l’une des activités les plus importantes de notre région, n’était que fort peu développé au XVIIIème siècle. Si l’on excepte les ferronniers, chaudronniers et maréchaux-ferrants que l’on rencontre dans chaque centre urbain, on ne peut citer que deux ou trois artisans qui forgent des clous destinés aux chantiers de construction de bateaux. L’implantation de cette industrie était rendue difficile, malgré l’existence de débouchés et la proximité des sources d’énergie, par la concurrence de la clouterie royale de Marly et surtout par la politique du conseil du Roi qui, pour lutter contre l’introduction frauduleuse des clous en provenance du pays de Liège, interdit l’installation de clouteries dans une zone de deux lieues en bordure des frontières. En 1745, le droit d’entrée sur les clous est multiplié par trois. La fraude s’accroît alors et les clous étrangers sont amenés jusqu’à des forges fictives installées à proximité de la frontière, puis revendus ensuite comme ayant été façonnés dans le pays.

Vers 1810, un maître « bacqueteux » Ferdinand DERVAUX contrôle quelques artisans. En fait, à cette époque, il ne s’agit pas encore d’une usine mais d’un coron de maisons. A l’intérieur de celles-ci est installée, au rez-de-chaussée, une forge individuelle avec son foyer, son soufflet et son enclume.

C’est en 1828 que ces artisans sont regroupés dans un atelier collectif et poursuivent les mêmes travaux. Toutefois, l’énergie nécessaire pour actionner les premières machines est fournie par un manège de ... boeufs. Ceux-ci laissent vite la place à une locomotive, puis à une installation électrique. Celle-ci transmet le mouvement à l’aide d’une forêt de courroie et de poulies.