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Nicolas Copernic

Mini biographie

Ce chanoine, né en Pologne en 1473 reçoit une solide formation mathématique et astronomique en Pologne et en Italie. Il fait lui-même remonter le début de ses conceptions héliocentriques à 1506. Il commence à divulguer une présentation très simple de ses théories en 1512 dans un ouvrage, le "Commentariolus", à diffusion très confidentielle. Il prépare lentement un ouvrage très complet et approfondi qu'il termine vers 1539 en refusant de le publier : il craint que sa doctrine soit jugée ridicule et redoute les réactions de l'Église. Son disciple Rheticus publie en 1540 à Dantzig, avec son accord, un compte rendu de cet ouvrage, "Narratio Prima", qui obtient un succès considérable et est réédité l'année suivante à Bâle. Ce succès ainsi que les encouragements de certains hommes d'Église, poussent Copernic à accepter la publication de son oeuvre maîtresse : "De Revolutionibus Orbium Coelestium". Elle est publiée en 1543, l'année de sa mort, précédée d'une lettre élogieuse du cardinal Schönberg.

Une théorie révolutionnaire

Selon Copernic, la Terre est animée de 2 mouvements :

·         Un mouvement journalier sur elle-même qui rend compte du mouvement quotidien du ciel.

·         Un mouvement annuel autour du Soleil qui rend compte des observations du  Soleil.

Les autres planètes tournent aussi autour de cet astre, en des durées plus ou moins longues. La simplicité de ce système n'est qu'apparente ; en effet, pour être le plus fidèle aux observations astronomiques il recourt à presque tous les procédés utilisés par Hipparque et Ptolémée :

·         Les mouvements des planètes sont épicycliques autour de déférents.

·         Le centre de l'orbite terrestre, qui est aussi le centre commun de tous les déférents, n'est pas exactement le Soleil.

Au total, il y aurait 34 cercles !

Arguments de Copernic

Copernic n'a jamais expliqué comment ces idées lui sont venues ; en tout cas, elles ne sont basées sur aucune observation astronomique nouvelle. Il présente cependant des motivations, des arguments en faveur de son système.

·         Il cite des "appuis" chez les Anciens, mais sans citer Aristarque que pourtant il connaît !

·         Il subit une forte influence métaphysique. Par respect du principe antique de l'uniformité des mouvements de rotation, il refuse de l'invention de l'équant proposé par Ptolémée. L’influence pythagoricienne l'incite à donner au Soleil une place primordiale. La beauté de l'astre et son importance comme source de lumière et de vie méritent en effet la place centrale. En ce qui concerne le mouvement ou le repos de la Terre, il lui semble irrationnel de faire mouvoir un corps énormément grand (la sphère des étoiles) au lieu d'un corps relativement petit (la Terre), de faire tourner "ce qui contient et situe, et non ce qui est contenu et situé".

·         Il argument à partir des difficultés non résolues par le système de Ptolémée. Le faible écart de Mercure et Vénus par rapport au Soleil s'explique si Mercure et Vénus tournent autour du Soleil avec un rayon orbital inférieur à celui de la Terre. Les variations d'éclat de Mars, Jupiter et Saturne sont mal expliquées par le système de Ptolémée.

·         Il y a une simplification du monde. Accepter les mouvements de la Terre rend le monde plus simple que dans le système de Ptolémée ; le cosmos est débarrassé de l'invraisemblable enchevêtrement de sphères imaginé par Ptolémée dans ses Hypothèses Planétaires. Dans le système de Copernic, les planètes sont classées en fonction de leur période sidérale, en sorte que la période de révolution des planètes varie de façon uniforme avec le rayon de l'orbite : si R augmente, alors T augmente. L'organisation du monde est plus logique : plus l'astre est loin, plus son mouvement apparent est lent ; et les étoiles, qui sont fixes, sont au-delà des planètes. Les irrégularités (rétrogradations ...) des trajectoires des planètes s'expliquent facilement comme des effets de perspective dus au mouvement de l'observateur terrestre.

·         Il répond à des objections (parfois déjà présentes chez Aristote et Ptolémée) :

Concernant la rotation de la Terre :

Objection : les effets centrifuges feraient éclater la Terre.

Réponse : cet effet désastreux se produirait plutôt dans les cieux car leur mouvement serait plus rapide que celui de la Terre.

Objection : si la Terre tournait, une flèche ou une pierre lancée en l'air verticalement ne retomberait pas à son point de départ, il devrait y avoir constamment un vent d'est ...

Réponse : l'air participe au mouvement de la Terre, les objets lancés sont entraînés avec la Terre et participent à se rotation.

Concernant la rotation de la Terre autour du Soleil

Selon Aristote, la chute des corps est la tendance naturelle des corps pesants à rejoindre le centre de l'Univers qui est ici le centre de la Terre.

Réponse : la Terre est une planète comme les autres et la pesanteur est un phénomène local : sur la Lune et les autres planètes, les corps ont la même tendance à rejoindre le centre.

Objection : il devrait y avoir une parallaxe stellaire annuelle, or on ne l'observe pas !

Réponse : comme Aristarque face à la même objection, Copernic invoque l'énorme distance entre l'orbite terrestre et la sphère des étoiles qu'il agrandit d'un facteur 65 par rapport aux estimations de l'époque.

Performances du nouveau modèle

Si on compare l'efficacité des systèmes de Ptolémée et Copernic dans la prévision des mouvements des planètes, les progrès sont loin d'être spectaculaires : le résultat est plus satisfaisant pour Jupiter et Saturne. Moins de 10 ans après la publication de l'oeuvre de Copernic, de nouvelles tables astronomiques sont publiées, basées sur son système ; elles eurent bien du succès, tout en n'étant pas tellement meilleures que celles basées sur le système de Ptolémée.

Dans le système de Copernic, le centre des orbites n'est pas exactement le Soleil, celui-ci n'appartient donc pas au plan des orbites ce qui explique les difficultés de Copernic à rendre compte des mouvements des planètes de part et d'autre de l'écliptique.

Acceuil des idées ...

Dès le début, les idées de Copernic sont combattues farouchement par les protestants, partisans d'une lecture littérale de la Bible. Il est inacceptable que la Terre ne soit plus le centre de l'Univers et devienne une planète comme les autres.

Quant à l'Église romaine, si elle ne réagit pas immédiatement, l'ouvrage est cependant mis à l'Index en 1616 jusqu'en 1846 !

D’après Y. Verbist, A. Bribosia, P. Materne, L. Nachtergaele, M. Vanderperren, Physique 5e – Option de base, De Boeck, 1998, pp. 95-99.

 

© Simon V.