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Des instruments pour mieux voir

Avec une pupille dont le diamètre dans l'obscurité ne dépasse pas 7 à 8mm chez l'enfant et 5 à 7mm chez l'adulte, l'oeil humain ne peut capter qu'une quantité de lumière assez limitée. Les instruments d'optique utilisés en astronomie fonctionnent comme des yeux géants :-) ! Ils comportent essentiellement un dispositif qui collecte les rayons lumineux et les concentre en un point (le foyer) en donnant une image que l'on peut observer avec des loupes spéciales plus ou moins puissantes (les oculaires).

On distingue deux principaux instruments, la lunette et le télescope, qui se différencient par la nature du dispositif collectant et focalisant la lumière : sur la lunette, c'est une lentille (ou un ensemble) qu'on appelle l'objectif ; sur le télescope, c'est un miroir concave appelé miroir primaire (ou principal, c'est du pareil au même).

Alors que les rayons lumineux sont déviés en traversant l'objectif d'une lunette, ils ne font que se réfléchir à la surface du miroir primaire d'un télescope : c'est pourquoi on utilise parfois le terme de réfracteur pour une lunette et de réflecteur pour un télescope.

Les clés de la performance

De même que la puissance d'une auto ou d'une moto dépend de son moteur, les performances d'un instrument d'observations du ciel sont tributaires de son système d'optique.

  • Le diamètre et la longueur focale

L'objectif d'une lunette, le miroir principal d'un télescope constituent véritablement la pièce maîtresse de l'instrument, qui détermine ses performances. De leur diamètre D dépend la quantité de lumière collectée, donc l'éclat des astres les plus faibles observables et la dimension des plus fins détails perceptibles. De leur longueur focale F dépendent la grandeur et la luminosité des images : à diamètre égal, une courte focale permet d'obtenir une image plus petite mais plus lumineuse qu'une longue focale. Il existe donc un compromis entre diamètre et longueur focale : le rapport d'ouverture F/D. Plus ce rapport est petit, plus l'instrument est "ouvert" et plus les images sont lumineuses.

  • La clarté

L'un des paramètres caractérisant les performances d'un objectif de lunette ou d'un miroir de télescope est sa clarté. Celle-ci est égale au rapport entre la quantité de lumière collectée par cet objectif ou ce miroir et celle captée par l'oeil nu, ou, ce qui revient au même, au rapport de la surface de l'objectif (ou du miroir bien sûr) à celui de la pupille de l'oeil. Comme la pupille a, dans l'obscurité, un diamètre voisin de 6mm, la clarté C s'exprime par la formule :

C = (D/6)² = D²/36, avec D en millimètre

Ainsi, par exemple, la clarté d'un objectif de 60mm est : C = 60²/36 = 3600/36 = 100. Cela signifie donc qu'une lunette munie d'un objectif de 60mm collecte 100 fois plus de lumière qie l'oeil nu.

  • Le pouvoir séparateur

Un autre paramètre essentiel est le pouvoir séparateur. Il caractérise l'aptitude de l'instrument à discerner de fins détails ou deux points angulairement rapprochés.

Sa valeur est liée au diamètre D de l'objectif (ou du miroir). Si D est exprimé en centimètres, la valeur, en sconde d'angle ("), du pouvoir séparateur théorique est PS = 12/D. Par exemple, un objectif de 60mm de diamètre a un pouvoir séparateur théorique de 2". En fait, il est exeptionnel qu'un instrument permette d'atteindre cette valeur théorique (à cause de la turbulence de l'air) et il faut la multiplier par 2 pour obtenir le pouvoir séparateur réel.

  • Le grossissement

Contrairement à une idée répandue, le grossissement n'est pas un paramètre fondamental ! A la différence de ceux dont je viens de vous citer ci-haut, le grossissement G ne dépend pas que de l'objectif, mais bien de la focale F de ce dernier et de la focale f de l'oculaire :

G = F/f

Par exemple, un télescope d'une focale F de 900mm adapté avec un oculaire 6mm donne un grossissement de 150 fois ! Plus le grossissement est élevé, moins l'image est lumineuse. Mieux vaut avoir une petite image nette et lumineuse qu'une grosse image sombre et floue. Une image trop grossie ne montre aucun détail supplémentaire.

En règle générale, le grossissement optimal, qui permet d'utiliser au mieux les possibilités de l'instrument, a une valeur comprise entre 1 et 1,2 fois le diamètre de l'objectif (ou du miroir) exprimé en millimètres : il sera compris, par exemple, entre 60 et 72 fois pour une lunette dont l'objectif a 60mm de diamètre, ou entre 115 et 138 fois pour un télescope dont le miroir a 115mm de diamètre.

Le grossissement maximal à ne pas dépasser sous peine d'obtenir une image de mauvaise qualité vaut 2,4 fois le diamètre de l'objectif (ou miroir toujours) exprimé en millimètres (soit 144 fois pour une lunette de 60mm et 276 fois pour un 115mm).

il existe aussi un grossissement minimal au-dessous duquel il ne faut pas descendre si l'on ne veut pas sous-employer son instrument : ce grossissement est de l'ordre de 0,15 fois le diamètre de l'objectif (ou miroir) exprimé en millimètres.

  • Le champ

Un quatrième paramètre est l'étendue du ciel que l'instrument astronomique permet de voir : c'est le champ. Il diminue lorsque le grossissement augmente.

 

© Simon V.