CONSTRUCTION DU TÉLESCOPE D'AMATEUR

REGLAGE D’UN TELESCOPE NEWTON

 REGLAGES

 Centrage des télescopes de Newton. -Le centrage des miroirs d'un téles­cope est une opération aisée qui doit être familière à l'usager. Le possesseur d'un instrument avec tube en bois exposé à de notables variations de degré hygrométrique, ne doit pas hésiter à, revoir son réglage périodiquement.

L'opération se conduit ordinairement en deux temps :

Un réglage préparatoire pouvant se faire en plein jour et en quelques minutes, simple centrage géométrique ;

                Un réglage précis qui consiste à rechercher empiriquement la meilleure image possible en observant une étoile avec un oculaire très fort.

 Le réglage préparatoire est extrêmement facile; on dirige le télescope avec ses deux miroirs métallisés et découverts sur un fond lumineux étendu et uniforme. On regarde dans l'axe du tube porte-oculaire, après avoir enlevé l'oculaire; on voit (fig. 1) directement le contour extérieur du miroir secon­daire diagonal qui se projette sous l'aspect d'un cercle d'un octogone ou d'un carré, peu importe;

 Fig. 1. -Réglage préparatoire en plein jour.

le contour du grand miroir grâce à la réflexion sur le secon­daire et qui, vu du plan focal, apparaît un peu plus petit que le miroir diagonal si ce dernier est bien dimensionné; enfin, grâce aux deux réflexions, on voit un troisième contour beaucoup plus petit qui est l'image du miroir plan contenant elle-même celle du porte-oculaire et de notre oeil. Généralement, au début, les deux miroirs sont fortement dérég1és. On observe un aspect dans le genre de la figure 144 A où les trois contours sont nettement excen­triques. On commence par régler le miroir secondaire diagonal en agissant sur ses vis de centrage de manière à rendre concentriques l'image du grand miroir et le contour du diagonal. Ce résultat est obtenu sur la figure 1 B ; pour être sûr de viser dans l'axe du porte-oculaire on peut monter provisoirement un oeilleton emprunté à un oculaire fort dont on aura enlevé les lentilles. Les deux contours observés étant de diamètres peu différents, on aura une précision très suffisante sans accessoire d'autant plus que, à ce stade, un petit défaut de réglage du secondaire serait sans gravité (le champ de pleine lumière ne serait pas tout à fait également réparti dans le champ de l'oculaire). Notons aussi que si l'axe du porte-oculaire (perpendiculaire au tube par construction) ne vise pas exactement le centre du diagonal par suite d'une faute de mise en place, on pourra centrer le télescope, mais les oculaires feront un petit angle avec l'axe du faisceau. Quelquefois" les porte-oculaires sont munis de vis pous­sant-tirant pour retoucher cette inclinaison, nous avons décrit cette disposition à propos des lentilles de Barlow. 

 

   Pour le réglage préparatoire du grand miroir, on considère maintenant la petite image de l'ombre du secondaire qu'il faut centrer dans le contour de l'image du grand miroir en agissant sur les vis calantes (Repère 15, fig. 62) du grand miroir. Bien que les diamètres de ces deux contours soient très différents, nous avons l'habitude de nous passer complètement de tout l'arse­nal d'écrans, diaphragmes et petits trous recommandés sous des formes diverses par bien des auteurs auxquels nous renvoyons le lecteur amateur de réglages géométriques. Pour nous, ces procédés sont de peu d'intérêt, parce qu'ils postulent implicitement que le grand miroir est exactement de révolution. Il est préférable de ne faire aucune supposition et de se fier uniquement au réglage sur une étoile qui pourra conduire éventuellement à adopter exprès une position extra-axiale si le grand miroir est légèrement astigmate par exemple. 

   

  Le réglage précis, avec une étoile, demande plus d'attention; mais il ne faut pas en exagérer les difficultés. Pour fixer les idées, notons que le défaut de centrage qui montre une coma bien perceptible avec un miroir à f ID = 6 correspond à un écart de 2mm,3 dans le plan focal, ce qui fait, avec nos vis calantes au pas de 100, environ un tiers de tour à tourner; dans les meilleures conditions une rotation d'un dixième de tour produit un résultat percep­tible. On choisit une étoile de 3" ou 4" magnitude (pour un 200 millimètres) très haute dans le ciel, afin d'augménter les chances d'avoir de bonnes images et éviter de perdre le contact du dos du miroir contre une vis calante que l'on serait obligé de dévisser {on a intérêt à faire les dernières retouches toujours en vissant). L'inclinaison du grand miroir n'étant pas encore définitive, le chercheur ne peut être réglé et utilisé, il faut employer d'abord l'oculaire le plus faible pour trouver l'étoile et la placer au milieu du champ. La figure 2 A donne à titre d'indication un exemple de figure complexe (combinaison coma ­astigmatisme-diffraction) qui s'observe loin de l'axe d'un miroir à f ID = 6. Il n'est pas vraisemblable que le réglage préparatoire le plus maladroit laisse un décentrage aussi considérable, mais de toutes façons la coma domine et indique clairement la direction de l'axe marquée sur la figure. La partie supérieure de la figure 2 concerne des plages extrafocales observées quelques millimètres en arrière du meilleur foyer avec un oculaire moyen qui suffit pour noter l'excentricité des anneaux et commencer la correction. L!orientation de l'ai­grette indique s'il faut agir avec la vis calante supérieure ou l'une des vis latérales. Si l'on opère seul, plutôt que de faire un raisonnement où l'on a toutes chances de se tromper, il est plus rapide de faire une tentative quelconque (visser ou dévisser) -en notant bien ce que l'on fait -et d'observer si la coma a diminué ou augmenté. Quand on peut se faire aider par une per­sonne manoeuvrant la broche des vis de centrage, l'opération est immédiate : on dirige la manoeuvre de manière à voir l'image se déplacer dans le champ dans la direction de l'aigrette de coma (fig. 2 en bas) et l'on peut même s'ar­ranger

 Fig. 2. -Centrage dn grand miroir sur une étoile.

 du moins avec un oculaire pas trop fort -pour ne pas perdre l'étoile du champ. En se rapprochant de l'axe (fig. 2 B) l'utilisation de plages extra­focales avec un oculaire moyen devient un procédé trop peu sensible, il faut prendre l'oculaire le plus fort dont on dispose (3 millimètres) et viser l'image focale bien mise au point à chaque fois. La figure 2 B en bas montre la distribution inégale de la lumière dans les anneaux de diffraction en présence d'une faible coma (retoucher d'environ un derni-tour de vis) et en présence de coma .

combinée avec une flexion à symétrie ternaire du miroir sur ses trois vis calantes. Les dernières retouches se feront par un quart et un huitième de tour. Si l'on a la chance d'avoir des images assez calmes pour voir l'image de diffraction et les anneaux en permanence, l'opération est très vite menée a bien, autrement le petit défaut qui pourra subsister ne sera guère gênant par images médiocres.

La figure 2 C indique un centrage parfait, la figure du bas qui s'observe en présence de flexion sur les trois vis calantes, montre les anneaux avec des nodosités que l'on égalisera le mieux possible en intensité en se méfiant de la turbulence qui produit des aspects analogues, mais mobiles.

Nous ne croyons pas utile d'insister, au fond l'opération quasi instinctive comme la mise au point, est plus facile à. faire qu'à. lire et à. comprendre sur la meilleure description.