PETITE HISTOIRE PERSONNELLE DE LA SPECTROGRAPHIE

 
Ma première expérimentation sérieuse en astronomie concerne la spectrographie. Nous somme en 1973, et alors que je n'ai pratiquement jamais observé Jupiter dans un télescope, je réalise ce spectre du soleil avec un gros spectrographe comportant un train de 3 prismes (prismes empruntés pour longtemps et pour les besoins de la cause dans le laboratoire de physique de mon lycée, à Carcassonne !). La lumière était envoyé dans le spectrographe avec l'aide d'un ceolastat fabriqué à partir de miroirs de salle de bain. On voit ici les raies H et K du Calcium photographiées sur du bon vieux film Tri-X. Cette expérience m'a fortement marqué à l'époque et a décidé de ma carrière dans l'optique instrumentale.
Vers 1977, je fabrique un spectrographe plus maniable, qui peut être installé à l'arrière de la lunette de 60 mm de mon enfance. Les objectifs on été récupéré sur une paire de jumelle de marine, mon premier instrument d'astronomie. Les prismes ont été remplacé par un réseau sous cache diapositive. Le montage mécanique est assez ignoble, à base de d'élastiques et de pièces de Mécano. Le problème, c'est que je ne fais toujours pas mieux aujourd'hui !
En 1979, un spectrographe en tout point semblable au précédent me permet d'observer des protubérances solaires. Le principe est simple : il suffit de faire tangenter la fente du spectrographe avec le limbe du Soleil, pour voir la raie Ha de l'hydrogène, normalement noire sur le disque solaire, s'inverser du fait de la présence de la chromosphère. Il suffit alors d'élargir la fente pour apercevoir les protubérances dans toute leur splendeur. Sur ces images, le disque solaire se situe en bas (on aperçoit le bord net de la fente). J'ai passé des moments extraordinaires avec ce dispositif rudimentaire mais efficace. Je l'ai baptisé spectrocoronographe.
 Toujours en 1979, je me suis attaqué aux spectres stellaires en exploitant le montage du prisme objectif. Le prisme est ici placé à l'avant d'un téléobjectif. L'étoile en haut, qui sature le film photographique, est Véga. En bas, on distingue le spectre des composantes de l'étoile double Epsilon Lyre. Au début des années 1980, je découvre le CCD. Quelques années plus tard encore, je redécouvre les charmes de la spectrographie grâce aux possibilité de ce fabuleux détecteur...
Lors de l'été 1984, pour l'occasion d'un camp d'astronomie de l'ANSTJ, Olivier Saint Pé et Laurent Colot construisent un extraordinaire spectrographe de très bonne superficie (!) qui occupe une partie de la terrasse d'un des toits de l'école Supérieure d'Aéronautique (Sup'Aréo) de Toulouse. On profite de l'occasion pour placer une barrette CCD Thomson TH7801A au foyer de ce spectrographe prévu pour l'observation du Soleil. On remarque le coelostat permettant d'envoyer le lumière du soleil dans le spectrographe et l'Apple IIe pour l'acquisition des données. Photographie Olivier Saint Pé.
On voit ici une très petite partie du spectre solaire centrée sur le triplet du magnésium (à 5167.3, 5172.7 et 5183.6 A) réalisé avec le spectrographe de 1984 à Sup'Aeéro. La résolution atteinte est excellente : 0.4 A. C'est l'un des tout premier spectre réalisé par des amateurs avec un détecteur CCD.
Le spectre précédent est ici déconvolué (algorithme de Van-Cittert). Après ce traitement la résolution spectrale est de 0.2A (pas trop mal pour un début !).
 

Retour