Spectrographie &
Canon
EOS 10D
Spectrography
& Canon EOS 10D
Cette page présente une évaluation succincte de l'appareil
photographique reflex Canon EOS 10D utilisé comme caméra dans le spectrographe MERIS
(un instrument très proche du concept Barèges - cliquer ici pour des détails).
Normalement MERIS est exploitée avec une caméra Audine équipée d'un objectif à
focale fixe de 50 mm de focale (Nikkor 50 mm f/1.4). Pour les présents tests, le Canon
est équipée d'un zoom de la même marque de focale 24-85 mm, exploité à la focale la plus longue.
L'échantillonnage du spectre de 1.446 A/pixel. L'ouverture de
ce zoom est malheureusement très modeste, f/4,5 à la focale de 85 mm, ce
qui est notablement insuffisant. La conséquence est un très sévère vignettage
du spectre, le champ de pleine lumière n'étant que de quelques dizaines de pixels
localisées au centre du capteur CMOS. L'observation a été réalisée dans le nuit du 4 au 5 janvier
2004.

Le spectrographe MERIS au foyer d'une lunette Takahashi
FS-128 (D=128 mm - F=1040 mm). La caméra CCD Audine habituelle est remplacée par un appareil
Reflex Canon 10D (le 300D est un modèle tout à fait équivalent).
The
MERIS Spectrograph at the focus of a Takahashi FS-128 refractor (D=128
mm (5-inch) - F=1040 mm). The usual Audine CCD camera is replaced by a Canon 10D (the 300D is a completely equivalent model).

Vue
intérieure du spectrographe. Le collimateur est un téléobjectif de 135 mm de
focale. Le réseau à diffraction fait 30 mm de coté et il est gravé de
600 traits au millimètre.
Le boîtier photographique est équipée d'un zoom Canon 24 - 85 mm.
Details
of MERIS interior. The collimator is a 135 mm photographic lens. The grating size
is 30 mm and the groove density is of 600 lines per millimeter.

La
fente d'entrée du spectrographe largement ouverte, photographiée par réflexion
sur le réseau (ordre zéro).
The entrance
slit of the spectrograph largely opened (zero order images).

Cette
photographie montre l'image de la fente d'entrée à l'ordre zéro, bien ouverte,
alors que la lunette est pointée sur la Lune. Ce type d'observation permet de
régler avec précision le spectrographe (ici le but est de confondre les plans de mise au
point de la fente et de l'image de la lune, et rendre le tout net sur la capteur
CMOS du Canon 10D).
This photography shows the slit
image at zero order, whereas the refractor is pointed on the Moon. This type of observation
is useful for precise focus of the spectrograph.

Le
fente est ensuite fermée progressivement pour ne devenir qu'un très mince filé de
lumière. Les différences d'intensités le long de la fente correspondent aux
variations de l'albédo de la Lune et aux irrégularités des bords mécaniques
de la fente.
The slit is then closed gradually to become very thin. The
differences in intensities along the slit correspond to the variations of the
albedo of the Moon and the irregularities of the slit mechanical edges.
Le
réseau est ensuite pivoté à l'ordre un, ce qui permet d'observer le spectre
d'une tranche de la Lune. On ne montre ici qu'une partir du cliché, mais l'échelle est celle d'origine. Le
temps de pose est de 0,7 secondes. Dans le bleu-vert
on voit très bien le triplet du magnésium et dans le jaune, le doublet du sodium
(la distance des deux raies de 6 angstroms). Les lignes horizontales
sont dues aux défauts de régularité de bord de fente. Ce spectre est en fait
celui du Soleil, dont la lumière est diffusé par la surface lunaire.
The
first order spectrum is now oriented toward de camera objective and the result
is the spectrum of a section of the Moon. One shows only a part of the spectrum,
but the scale is that of origin. The exposure time is of 0.7 seconds. In
the blue-green we can see very well the magnesium triplet, and in the yellow,
the sodium doublet (distance of this two spectral lines: 6
angströms). The horizontal lines are due to the regularity defects of the slit
edges. This spectrum is in fact that of the Sun light, diffused by lunar
surface.
Le
spectre précédent converti en niveaux de gris, puis rectifié géométriquement
avec les commandes TILT et SLANT du logiciel Iris.
Moon
processed
spectrum converted into gray levels and geometrically rectified
with commands TILT and
SLANT of the Iris
software.

Le
profil d'une partie du spectre en 2-D de la Lune.
The
spectral profile of the 2-D Moon spectrum images.

Image
brute du spectre de Betelgeuse (Alpha Ori) à l'échelle originelle. Temps d'exposition
de 1,5 secondes.
Raw 2-D spectrum
of Betelgeuse (Alpha Ori). Original scale. Exposure time: 1.5 seconds.

Comparaison
des profils spectraux d'une étoile dense, avec un fort élargissement des raies
de l'hydrogène, Alpha Gémeaux (Castor) et d'une étoile de type Be faible, HD41511.
Le continuum a été retiré, d'où l'aspect "plat" de la ligne de base.
Comparison of the spectrum
of a dense star, with a strong widened lines of hydrogen, Alpha Gemini, and of a relatively
faint Be star, HD41511. The
continuum was normalized to one (so the baseline is flatness).

Une
vue plus globale du
spectre de HD41511 (remarquer la raie H alpha en émission tout à
droite). Addition de 6 poses de 3 minutes.
Another
view of the HD41511 spectrum (notice the line H alpha in emission at the
right). Stack of 6 x 3 minutes exposures.

Détail de la raie H alpha dans le spectre
de l'étoile
HD41511 (cliquer ici pour voir des spectres haute-résolutions de cette étoile,
réalisées dans le cadre du programme de surveillance Be - et
ici pour un exemple d'évolution dynamique). Un profil P-Cygni est clairement associé
à la raie H alpha.
Detail of the H alpha line
for
the star HD41511
(click here to see a high-resolutions spectra of this star
and here
for a time evolution animation example). The spectrum show the
H alpha hydrogen Balmer lines with P-Cygni profiles.

Le
spectre de l'étoile rouge Bételgeuse (Alpha Ori). Compositage de 5 poses de
1,5 secondes chacune.
The spectrum of the red star Betelgeuse (Alpha
Ori). Stack of 5 x 1,5
seconds exposures.

La
partie bleu profond du spectre de l'étoile Capella.
Deep
bleue part of the Capella star spectrum.

Pose brève au travers de la fente largement
sur la nébuleuse M42 à l'ordre zéro. Ce type de prise de vue permet d'identifier
et de centrer les objets.
Short
exposure of the M42 nebula at the zero order through a the slit largely open. This type of image is helpful for centrer an object.
Image
brute (telle quelle apparaît à l'écran) du spectre en 2D de M42 avec une fente
large. Pose de 2 minutes avec la lunette de 128 mm. En bleu, surexposé dans
cette visualisation, l'image de M42 dans la couleur de l'oxygène ionisé (raies
[OIII]). Plus en gauche encore, vers le bleu, l'image faiblement visible de
M42 dans la raie H beta de l'hydrogène. Tout à droite, la raie H alpha (cliquer
ici pour voir un autre spectre de cette nébuleuse). L'intensité respective
des raies n'est pas respectée, car aussi bien dans le rouge que dans le bleu,
le zoom Canon utilisé vignette considérablement (forte atténuation du flux aux
extrémités du spectre). La réponse spectrale du capteur du ESO 10D intervient
aussi bien sur. Les traits horizontaux sont les spectres des étoiles
du Trapèze. Les larges bandes colorés verticales sont les raies d'émission de l'éclairage
artificiel car l'observation a été réalisée en ville. On peut noter le très
petit nombre de points chaud dans cette image, mais il est vrai que la température
ambiante était de 4°C.
Raw spectrum
2-D image of M42, just as it is appears on the screen after acquisition (large
slit). Two minutes exposure with the 5-inch refractor. At left we can see the
ionized oxygen lines [
OIII ]. More in left, towards blue, the slightly visible image of M42 is
the H beta line . At left, the H alpha line (click here
to see another
spectrum of this nebula). The relative intensity of the lines is not
respected, because the severe zoom vignetting. (strong attenuation of the signal
at the ends of the spectrum) and spectral responsivity of the ESO 10D sensor. The
horizontal features are the spectra of Trapezoid star. Broad vertical colored vertical band
are emission lines, consequences of the parasitic urban artificial light. One can note the very small
number of hot
points in this
image, but it is true that the ambient temperature was 4°C.
Conclusions
Le problème du Canon EOS 10D (ou de son équivalent
plus économique le 300D) est l'organisation des pixels en matrice de Bayer,
avec une succession en damier de pixels rouge, vert et bleu. Les artefacts d'échantillonnage en
résultant conduisent à un bruit dans le spectre
sensiblement supérieur à celui rencontré avec une caméra CCD. Ce bruit est réduit
si on composite de nombreux spectres, ce qui est de toute manière la règle.
La faiblesse de la réponse dans le rouge est aussi un
handicap, même si en insistant un peu, il est possible d'accéder à la raie Ha,
comme le montre le spectre de HD41511. La sensibilité dans le bleu est en revanche
très correcte malgré que seulement un pixel sur quatre est utilisé dans ce domaine.
Un dernier soucis vient de la taille des images, qui est
vraiment grande, alors qu'en spectrographie on n'utilise qu'une toute petite
fraction de cette surface.
Du coté coté positif, la facilité d'utilisation d'un boîtier
numérique reflex est confirmé dans un spectrographe. L'usage est
agréable et les résultats souvent frappant (spectres en vrais couleurs,
mais qu'il faut tout de même rapidement convertir en noir et blanc pour le traitement
!) . Indiscutablement, ces premiers essais montrent que l'emploie d'une tel
boîtier est tout à fait crédible en spectrographie, d'autant plus que les conditions
expérimentales n'étaient pas idéales, et de loin (ouverture de l'objectif de
caméra insuffisante, ce qui a fait perdre beaucoup de flux). Au minimum,
l'association reflex numérique + spectrographe est un superbe ensemble d'initiation
à l'astrophysique, mais permet aussi de réaliser un travail scientifique en
y mettant du soin. Compte
tenu de la très large diffusion potentielle des appareils photographiques
numériques auprès des astronomes amateurs il y a là l'opportunité de faciliter
le travail visant à populariser et démystifier la
spectrographie astronomique.
The problem of Canon EOS 10D (or its more economic equivalent, the 300D) is the Bayer organization of the pixels, a succession of separate red, green and blue pixels . The result is sampling artifacts, which produce a noise in the spectrum appreciably higher than with a B&W CCD camera. This noise is reduced if many spectra are stacked, which is the rule in any case. The low response in the red is also a handicap, even if while insisting a little, it is possible to observe Ha line, as the spectrum of HD41511 shows it. The sensitivity in bleue is on the other hand very correct. Last problem concern the size of the images, which is really large, whereas in spectrography one uses only a very small fraction of this surface.
The positive side now. The facility of use of a digital SLR camera is also confirmed in the spectrograph field. The use is pleasant and the results often striking (spectra in true colors). Clearly,, these first tests show that this camera is a credible choice for spectrography, especially as the experimental conditions were not ideal, and by far (insufficient aperture number of the camera lens used).. At least, SLR camera + spectrograph is a superb tools for initiation to astrophysics, but also makes it possible to complete a scientific work. Taking into account the very large diffusion of digital camera, this statuts is significant to popularize and demystify astronomical spectroscopy.
Un objectif idéal pour le EOS
10D and le spectrographe MERIS/Barèges...
An
ideal lens for the EOS 10D and the MERIS/Barèges spectrograph...
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Le boîtier EOS 10D équipé de l'objectif
Canon 100 mm f/2.8 Macro USM. C'est objectif, de bonne qualité intrinséque, est
idéal car il a le même diamètre de pupille qu'un objectif de 50
mm ouvert à f/1.4, qui est l'optimum pour MERIS. Cette ouverture
permet d'obtenir un spectre quasi non vignetté de 4000 à 6500
angströms. Evaluation à venir... |
Optical combination
of the Canon 100 mm f/2.8 Macro USM