Dossier
: Matériel

La Caméra numérique SCR 200

Richard Chatel - Juin 1998

 

Cet article est tiré du numéro 11 de la revue Ccd & Telescope éditée par l'Association des Utilisateurs de Détecteurs Electroniques.

 

 

 

Caractéristiques principales


Liaison avec l'ordinateur et le logiciel

Le coin des spécialistes

Le capteur utilisé est un Texas Instrument TC-255 de 336 x 244 pixels à transfert de trame, possedant donc une zone image et une zone mémoire permettant de s'affranchir de tout obturateur mécanique et d'éviter ainsi toute vibration.

Quelques chiffres sur le capteur:

Description générale

 

A l'origine, cette caméra devait être distribuée sous deux modèles :

Il semble que seule la SCR 200 ait été commercialisée depuis maintenant un an.

C'est une caméra de bonne facture, se présentant sous la forme d'un boîtier cylindrique en aluminium anodisé noir de 120 mm de diamètre et de 46 mm d'épaisseur. Ses cotes sont crénelés pour assurer une meilleure ventilation de l'ensemble.

La face avant est équipée en standard d'une interface 42 à vis au pas de 0.75 mm correspondant aux bagues et accessoires T2 américains.

La fenêtre du capteur est fermée par un hublot et l'intérieur est rempli d'un gaz neutre sec (azote). Je n'ai observé aucun givrage ni condensation jusqu'à présent.

La face arrière comprend deux connecteurs :

Entre ces deux connecteurs, un radiateur a été ajouté pour faciliter l'évacuation des calories (ce dernier n'est pas livré avec le matériel d'origine).

En option, un ensemble de refroidissement à air forcé vient se clipser autour de la caméra. Il n'est pas trop bruyant (pas plus que le ventilateur d'un PC) et ne semble pas provoquer de vibration. Je n'ai pas vérifié qu'il était débrayable comme le mentionne la publicité. En fait, une fois connecté à l'alimentation, le ventilateur fonctionne sans interruption. Il refroidit efficacement le corps de la caméra à l'exception de la face arrière, hors de portée du système de refroidissement, qui accuse un échauffement sensible non négligeable.

En option également, le bloc alimentation 220 V/12 volts régulé assurant l'énergie nécessaire à la caméra et au ventilateur.

Logiciel d'acquisiton

Le logiciel fourni avec la caméra Editim Plus Lite fonctionne sous Windows 3.x et 95.

Il permet des acquisitions:

 

Donc au total six possibilités différentes. A gauche, le binning 1x1, à droite, le binning 2x2 et au centre , le fenêtrage..... Le tout, en 8 bits ou en 12 bits.
L'interface, très simplifiée aurait mérité d'être un peu plus "professionnelle". j'ai apprécié de pouvoir intervenir directement sur le temps de pose, par contre, les valeurs prédéfinies sont inexistantes pour tout ce qui est inférieur à une seconde, alors que les poses de 30 secondes et plus, nous le verrons plus loin, ne sont d'aucune utilité.

 

Pour le refroidissement, le dispositif de commande de l'intensité du courant à partir du logiciel n'est accessible qu'à partir du menu de configuration.
Ce dispositif ne permet que deux possibilités:

Aucun contrôle de la température n'est apparent.
Aucune possibilité enfin de contrôler le ventilateur depuis le logiciel.

 

A titre indicatif, voici des tableaux donnant le courant d'obscurité dans différents cas de figure:

Caméra avec refroidissement standard non ventilée

Caméra avec refroidissement standard ventilée

Caméra avec refroidissement maximum ventilée

Ces tableaux montrent très nettement qu'en une seconde, le courant d'obscurité occupe déjà la moitié de la dynamique. En 5 secondes la caméra est saturée dans les deux premiers cas de figure.
Avec le refroidissement maximum , les résultats ne sont guère plus encourageants, voir même inférieurs pour les poses les plus faibles.
En résumé, la caméra n'est exploitable que pour des acquisitions effectuées en des temps de pose inférieurs ou égaux à une seconde, au delà, le courant d'obscurité devient trop important. Seuls les objets suffisamment brillants seront accessibles (Lune, planètes, etc...).
Les images prises en 12 bits sont transformées, de manière autoritaire, en 16 bits. Mais lors de l'affichage, celui-ci se fera sur une plage comprise entre 0 (Zéro) et +1 ( ou 0 et 32767 pour le PAP 97 et Qmips32). Cela implique d'ajuster l'image de manière à ce qu'elle puisse retrouver l'intégralité de la dynamique (entre -1 et +1 ou, -32768 et 32767).
Sous QMIPS 32 ou le PAP 97, la plage de lecture se fera entre 0 (Zéro) et 32767 ( soit une image sur 15 bits).
Bref, une transformation difficile à gérer où le néophyte se perd dans les dédales techniques de l'imagerie électronique..
Quid des interpolations pour passer de 12 à 16 bits ?

 

Le logiciel, dans sa version "Lite" dispose de quelques fonctions telles que :

Mode VUE

Mode TRAITER

Mais pas de prétraitement automatique, pas de masque flou, pas d'addition automatique d'une pile d'images.... Toutes ces opérations ne sont possibles que par un enchaînement manuel des commandes.

L'acquisition des images 12 bits ou 8 bits se fait dans un format propriétaire (EIP) obligatoire pour utiliser les fonctions de traitement précitées. Cependant l'enregistrement dans un autre format (FITS en particulier) est possible…

La visualisation des seuils sous forme de graphique est tout simplement géniale.

 

Quelques regrets cependant :

Résultats :

Conclusions :

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