Le dessin d'astronomie.

Le dessin d'astronomie est une discipline relativement peu pratiquée par les amateurs d'astronomie. Sans être marginale, cette pratique fait rarement l'objet de publications dans les magazines. En effet, beaucoup de personnes (y compris des astronomes amateurs) pensent que c'est un exercice trop difficile. Nous verrons plus loin que ce n'est pas bien compliqué de réaliser de tels dessins.

Par ailleurs, même si les dessins ne peuvent rivaliser avec les photos en terme de réalisme, ILS RENDENT BIEN MIEUX L'IMPRESSION D'OBSERVATION. Ceci est particulièrement vrai dans le domaine du dessin d'astres du ciel profond. En effet, pour photographier de tels astres, il faut réaliser des poses de longue durée, ce permet à l'appareil de prises de vues d'accumuler de la lumière, CE QUE L'OEIL NE SAIT PAS FAIRE.

Les avantages de la pratique du dessin astronomique :

Comment faire ?

Je vais décrire ici la technique que j'emploie pour dessiner des objets du ciel profond. Veuillez consulter l'article "Génèse d'un dessin lunaire" pour un exemple de dessin de la Lune.

Je prépare un gabarit que je photocopie (papier ordinaire, donc) (Voir ci-dessous le gabarit et un exemple de dessin). Il contient un cercle pour le dessin proprement dit et une zone pour préciser l'objet dessiné , le lieu la date, l'heure, les conditions, l'instrument. Il y a aussi une zone vide pour prendre des éléments de Croa (Compte-rendu d'observation astro). Le tout dans un format A4. Je dessine bien sûr sous lampe rouge ! J'ai bricolé une tablette éclairée. Il s'agit d'une simple planchette en contreplaqué (verni pour résister à l'humidité) sur laquelle j'ai fixé un bras de lampe de bureau de récupération. Au sommet du bras, une petite platine en bois sur laquelle je fixe ma lampe rouge avec deux élastiques... bref, de la haute technologie ! Ce dispositif est plus efficace que la planchette sans éclairage, que l'on éclaire au moyen d'une lampe frontale. En effet, il faut éteindre la frontale à chaque fois qu'on s'approche de l'oculaire pour observer, sans quoi on s'éblouit par le reflet de la frontale sur le télescope !

Il ne faut pas oublier un petit tabouret, parce que sans cet accessoire indispensable, c'est mission impossible ! J'utilise un critérium tout simple avec mine 0.5 HB (donc plutôt sèche) et une petite gomme au bout. Je commence par observer un peu sans rien dessiner, pour m'habituer à l'objet et puis je me lance. D'abord, je place les éléments principaux, en commençant par les étoiles brillantes du champ. J'essaie de respecter leur position en prenant les bords du champ comme référence et pas seulement les positions relatives, sinon, on peut avoir des surprises . En fait, je les place en allant de la périphérie du champ vers le centre. Si on va d'un bord à l'autre, il peut arriver qu'il reste un vide sur le bord par lequel on finit (on a dessiné les étoiles trop proches) ou encore il peut arriver qu'elles sortent du cercle gabarit. Le plus dur, je trouve, c'est de leur donner une grosseur qui exprime bien les différences de magnitude. Ensuite, je place mes galaxies (ou autres astres) MAIS ATTENTION, seulement le contour ! (c'est là que les notes - et la mémoire ! - sont importants pour reprendre le dessin plus tard. Je termine par les étoiles les moins brillantes. Le lendemain, je reprends tout ça avec une panoplie de crayons plus large : 2B, 3B et même 6B (bien gras, quoi ! ). D'abord, je gomme et redessine mes étoiles en conservant leur position mais en les faisant bien rondes (ce qui n'est pas évident de nuit ) et homogènes, au crayon HB. Puis je gomme le contour des galaxies et je les dessine sans trop appuyer avec un crayon très gras (6B). J'insiste seulement un peu au centre pour rendre la luminosité du noyau. Après cela, je frotte avec le doigt. Pour une galaxie ronde, on frotte en tournant alors que pour une galaxie ou une nébuleuse étirée, on balaye dans le sens de sa longueur. Après quoi, je gomme soigneusement le pourtour afin de bien retrouver la forme du contour. La gomme doit être TRES PROPRE sinon, bonjour les tâches !!! Il faut la frotter ailleurs très souvent pour la nettoyer. Remarque : vous me direz que reprendre le dessin le lendemain, c'est laisser trop de place à l'imprécision, mais bon, à moins de trente ans, la mé moire est encore bonne et surtout, il y a les notes de croa ! ET SURTOUT, le but n'est pas de faire une représentation hyper précise mais plutôt de RENDRE L'IMPRESSION d'observation. C'est pourquoi tout dessin contient une part de la subjectivité de l'observateur.

La suite, c'est l'informatique qui s'en charge :

- scanner

- passer en "négatif" -> inversion des valeurs noir/blanc. A ce stade, c'est déjà sympa

- baisser un peu la luminosité et monter très légèrement le contraste pour atténuer les effets de trame du papier qui donnent un fond non pas noir uniforme mais gris moutonneux.

- Un petit coup de flou gaussien pour rendre les nébuleuses et autres galaxies plus floues, comme à l'oculaire, quoi !

ET VOILAAA...

exemple de dessin remis au propre mais NON RETRAVAILLE à l'ordinateur :

REMARQUES :

 

 

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