Un peu d'histoire : les météorites de notre région...

Les anciennes provinces d'Aunis et de Saintonge (correspondant à peu de choses près à l'actuel département de la Charente-Maritime) ont connu au siècle dernier deux chutes de météorites spectaculaires. Ainsi en août 1837 une chondrite de 1,5kg tomba à Esnandes, un petit village au nord de La Rochelle. Elle se trouve actuellement au Muséum National d'Histoire naturelle de Paris.

La chute de Jonzac (13 juin 1819) fut autrement impressionnante. Ce jour-là, vers 5h45 du matin, il tomba dans l'arrondissement de Jonzac une grêle de pierres accompagnée de plusieurs détonations. Plusieurs fragements de tailles diverses furent récupérés sur une aire de forme à peu près triangulaire de 12km environ de longueur dans le sens NE-SW et de 8km de large dans le sens Nord-Sud. Un des plus gros fragments pesait environ 5kg. Il se trouve actuellement au Muséum national. Les autres fragments connurent diverses fortunes. L'un d'eux, pesant environ 2kg, fut donné par le préfet du département, le baron de Lachalprenède, au Muséum d'Histoire naturelle de La Rochelle où on peut le voir actuellement.

La météorite de Jonzac est une eucrite, spécimen relativement rare très proche des basaltes lunaires et probablement constituée des mêmes matériaux que certains des astéroïdes qui circulent maintenant entre Mars et Jupiter.

Mais, sur les sept fragments conservés à La Rochelle, un autre est particulièrement précieux. Il s'agit d'un minuscule fragment de la météorite de Krasnoïarsk. Découverte en Sibérie en 1749, ses morceaux furent rapportés à Saint Pétersbourg où ils furent étudiés en 1775 par le célèbre géologue germano-russe Pallas. Le matériau dont est constitué cette météorite, inconnu à cette époque, fut plus tard baptisé pallasite. Quelques fragments de la météorite se retrouvèrent ensuite à Berlin dans le cabinet du physicien Ernst Chladni, l'un des premiers à avoir émis l'hypothèse que les aérolithes et autres météorolithes étaient en fait des cailloux venus des espaces interplanétaires. Puis un de ces fragments aboutit dans le cabinet du savant rochelais Fleuriau de Bellevue, probablement donné par Chladni. Finalement, Fleuriau en fit don au Muséum de la Rochelle. Voilà donc une pierre qui a eu quelque importance dans l'histoire de la minéralogie et qui en outre est passée entre de bien célèbres mains. Elle jouit donc maintenant d'une retraite bien méritée dans un carton bien douillet du Muséum de La Rochelle...

Pour visiter:

Muséum d'Histoire naturelle, 05 46 41 18 25, 28 rue Albert Ier, 17000 La Rochelle

 

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