[3] Même l'eau n'aime pas
Je vais dire quelques mots d'une astrologie qui a eu une longue heure de gloire, mais qui est maintenant abandonnée par les astrologues eux-mêmes : l'Astronomie triomphante n'a eu en effet aucun mal à démolir ce qu'on appelle l'Astrologie Sidérale [A.S.] - autrement dit : qui tient compte des étoiles et des constellations qu'elles (semblent) former dans le ciel.
A cette époque encore, l'homme était la mesure de toutes choses, et la religion enseignait que le monde avait été créé POUR l'homme : il était naturel de chercher dans le ciel (et sur Terre d'ailleurs) des "signes" à l'homme adressé.
Pour l'A.S., il était clair que tous les astres de la bande zodiacale étaient importants : on n'avait à cette époque aucun moyen de mesurer l'énorme écart de distance entre notre Terre et les étoiles. Aussi bien imaginait-on les constellations comme de véritables schémas symboliques, et même si certains noms variaient (la Vierge = l'Epi ou la Grande Ourse = le Chariot), dans tous les cas, on voyait ces dessins "à plat".
Exemple ci-dessous : la constellation de Cassiopée nous apparaît de nos jours comme un "W", mais il s'agit
en fait d'une illusion d'optique. Même ce "W" change de forme au cours des millénaires !

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L'A.S. associait à une constellation un nom plus ou moins lié à sa forme
(par exemple : Lion, une des images les plus parlantes) puis glissait insensiblement
du nom arbitraire au sens symbolique, et attribuait à cette constellation les qualités et
défauts du symbole (pour le Lion : orgueil mais classe, jalousie mais loyauté, tyrannie mais individualisme,
etc...) Cliquer ici pour voir toutes les constellations du Zodiaque. |
D'Aristote à Saint Thomas d'Aquin (XIII° siècle) s'était maintenue une physique-chimie débutante qui pensait que le monde n'était formé que de 4 éléments : Terre, Eau, Feu et Air.
L'homme était vu comme lié de tout son corps au "macrocosme", et chaque signe était relié à une partie de son corps (typiquement, du haut en bas au fur et à mesure qu'on va du Bélier aux Poissons ; pour le rappel des symboles, voir image [1] en colonne de gauche).
Est-ce être un scientiste étriqué que de rappeler que la médecine du Moyen-Âge ne soignait pas grand'chose ?

Sous l'influence de Pythagore (mort vers -475 : «Tout est nombre») la science ancienne cherchait des mathématiques (simples) derrière chaque phénomène céleste, et Copernic lui-même avait conçu son système héliocentriste pour obtenir des trajectoires encore plus simples que les épicycles du système de Ptolémée : des cercles.
Diverses écoles numérologiques se créèrent au Moyen-Âge (comme la Kabbale qui étudie les nombres cachés dans la Bible hébraïque).
Dans ces conditions, ne nous étonnons pas de retrouver des nombres en astrologie : les signes zodiacaux sont 12 PARCE QUE ce nombre est divisible par 2, 3, et 4 :
Ce qui a réellement sonné le glas de l'Astrologie Sidérale est le problème de la précession des équinoxes (dont les grandes lignes avaient déjà été trouvées par l'astronome grec Hipparque de Nicée (-165, -127)!).
De quoi s'agit-il ? Voir précession des équinoxes.
Il existe quand même des astrologues qui continuent à tenir compte des constellations, mais ils sont très minoritaires en Europe, où la plupart des astrologues se sont convertis à l'Astrologie Tropique (A.T.), voir fiche suivante.