En 1955, les psychologues M. et F. Gauquelin publie "L'influence des astres, étude critique et expérimentale", fruit de 3 années de travaux qui semblent indiquer que Mars se lève (secteur I) ou culmine (secteur IV) plus souvent que ne le voudrait le hasard chez les sportifs de haut niveau ; et de même Jupiter pour les acteurs et politiciens ; Saturne pour les membres de l'Académie des Sciences.
Dans les années qui suivent, d'autres expériences européennes donnent les mêmes résultats, en y ajoutant la Lune pour les peintres et les écrivains, mais la communauté scientifique reste sceptique et dénonce les nombreux biais de ces études.
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Ce passage doit beaucoup au site [GAU]. En 1982, Michel Gauquelin et la revue Science & Vie se mettent d'accord sur un protocole expérimental, en vue de vérifier le seul "effet Mars", et le Comité Français pour l'Étude des Phénomènes Paranormaux prend en charge le coût des travaux. Le point clef est le choix de l'échantillon de 1 066 sportifs tirés de dictionnaires, et nés avant 1950 pour éviter le biais des naissances provoquées. On met plusieurs années à obtenir des mairies de leurs lieux de naissances les date et heure précises. Puis on convertit l'heure de naissance en heure T.U. (temps universel), ce qui est compliqué par les heures dété, d'hiver, régionales... On décide de comparer à un groupe de contrôle de 85 280 personnes (non pas réelles, mais obtenues en permutant aléatoirement les caractéristiques des 1 066 personnes retenues : cette méthode a été validée par les deux parties, et avait déjà été utilisée par M. Gauquelin précédemment). M. Gauquelin s'attendait à ce que les sportifs aient significativement Mars en secteurs I ou IV. |
| Secteurs | Sportifs | Référence |
Le test statistique conforme au protocole était un test du Chi2 à un degré de liberté : il donna
p=0,63, ce qui en clair signifie qu'aucun Effet Mars n'a été décelé.
Il y avait même plus souvent Vénus que Mars en secteurs I ou IV (207 fois), mais cela non plus n'est pas significatif. |
| I ou IV | 200 (18,76%) | 15 521 (18,2%) | |
| Autres | 866 (81,24%) | 69 759 (81,8%) |
Rappelons que cette étude a été cosignée par 2 astrophysiciens de renommée internationale, membres de l'Académie des Sciences : cela n'a pas empêché la théorie de M. Gauquelin de se répandre aux USA ! En effet, lui-même (et ses admirateurs) ont prétendu que l'effet Mars réapparaissait si on ne gardait dans l'échantillon que les sportifs "au moral d'acier", etc.
Les Gauquelin ont publié non seulement les travaux de leur "Laboratoire d'Étude des Relations entre Rythmes Cosmiques et Psychophysiologiques" [1970], mais aussi des livres qui prennent la défense de l'astrologie [1955, 1966]. Quel astronome penserait à "défendre" l'astronomie ? [FBPZ]
Michel Gauquelin s'est suicidé le 20 mai 1991 en demandant à un ami de détruire toutes ses données.
En 1995, Claude Benski et al. ont publié chez Prometheus Book un livre appelé "The Mars effect". Reprenant les statistiques sur plus de 1000 champions français, ils concluent eux aussi que l'effet Mars n'existe pas, et que les listes de Gauquelin étaient biaisées.
Il est vrai que cela n'a pas démonté les astrologues :
[JUP] «Quant à l'"effet Mars" remis en question par Claude Benski, il n'est pas plus crédible que feu M. Gauquelin, car il utilise des statistiques. Et vous [M. Rouzé] savez très bien qu'on peut faire dire ce que l'on veut à des statistiques. Cet "effet Mars", je le constate chaque jour autour de moi et ça me suffit.»
Et toc...!
Il existe pourtant des cas où le commanditaire d'une expérience astrologique, au vu du résultat négatif,
a refusé sa publication [Von Hoerner, 1996] [cf.FBPZ]
On trouvera d'autres exemples dans Pecker [1983], Colinon & D'Izarn [1974], la revue "Skeptical Inquirer", et les cahiers de l'Union Rationaliste.
Voir aussi l'expérience de S. Carlson [1985] publiée dans "Nature". Cliquer ici.
Un statisticien, Pierre PERRADIN, au départ favorable à l'effet Mars, conclut au terme d'une étude très longue -et disponible sur internet- :
«A l'issue de cette longue quête, je suis toujours dans l'expectative.
Si mon étude avait porté uniquement sur des célébrités nées avant 1925 [comme dans l'étude de M.
Gauquelin], j'aurais pu certainement conclure à la confirmation d'un effet Mars. [...] Mais des
doutes sérieux surgissent en constatant [que...]
- la confirmation ne concerne que le Secteur I, celui suivant le lever de Mars, le secteur IV
présentant des résultats insuffisants.
- l'effet Mars diminue progressivement au fil des années de naissance pour disparaître voire
jusqu'à présenter des résultats négatifs.
[... Je n'ai pu constater] ni Effet Jupiter, ni Effet Saturne, ni Effet Lune.
[...] Cela jette un important doute supplémentaire sur l'Effet Mars lui-même.»