

On sait, pour avoir trouvé un calendrier lunaire gravé sur un os de renne voici 10 000 ans, que les hommes ont un long passé d'observation du ciel, des saisons, et du lien entre les deux. Il n'y a pas de religion sans une cosmogonie intégrée.
Dans le monde antique, il ne viendrait à l'idée de personne de distinguer entre "astronomie" et "astrologie", non plus d'ailleurs qu'entre celles-ci et les prévisions météorologiques, vitales pour des populations sédentarisées de fraîche date, et vivant de l'agriculture et de l'élevage.
Les savants mettent au point (notamment en Égypte), des calendriers perfectionnés :
vers -3000,
l'année est divisée en mois de 30 jours eux-mêmes coupés en trois périodes de dix jours, et la journée
divisée en 24 heures inégales, 12 de jour et 12 de nuit.
En Mésopotamie, vers -1000, on connaît déjà toutes les planètes visibles à l'oeil nu, et on a observé
que toutes se lèvent à l'Est et se couchent à l'Ouest, en suivant dans le ciel la même trace que le Soleil :
la bande où se déplacent ces astres est appelée "zodiaque".
Une tablette babylonienne enregistre toutes les éclipses lunaires qui se sont produites
entre le règne de Nabuchodonosor et l'an 317 avant JC (soit pendant 400 ans). [SFB-p.31]
Tous les présages sont étudiés, et pas seulement les signes venus des astres (on a par exemple retrouvé 4000 tablettes de présages dans la collection du roi Assourbanipal, VII° siècle avant Jésus-Christ). Mais cet exposé va se concentrer bien sûr sur les "signes" lus dans le ciel !
Quand une comète apparaît, on la considère en général comme un présage néfaste pour tout le pays. En -2259, le roi d'Akkad Naram-Sîn meurt au moment où se produit une éclipse de Lune (Sîn) [2] : peu à peu, des rois se persuadent que le ciel est là pour leur envoyer des messages. Ils entretiennent qui des savants, qui des prêtres (ce sont souvent les mêmes personnes) chargés d'interpréter les "signes".
Le premier horoscope individuel est probablement un texte babylonien daté de -410 [SFB].
Le siècle de Périclès ne pratique pas l'astrologie, mais on doit à Empédocle d'Agrigente (-490;-420) la conception des 4 éléments fondamentaux du monde, Feu, Terre, Air et Eau, développée par Aristote, et qui perdure de nos jours en astrologie (sic). Un astrologue "chaldéen", Bérose, arrive en Grèce vers -330, et on trouve de nombreux horoscopes grecs, sur Papyrus, vers -10. L'astre qui se lève à l'horizon du lieu de naissance est déjà mis en relief.
Certains symboles associés encore de nos jours aux planètes, ainsi que leur caractère plus ou moins "maléfique",
viennent de leur association antique à des dieux grecs :
| Mercure | Dieu Hermès et le mercure |
| Vénus | Déesse Aphrodite et le phosphore (lettre f d'où le symbole) |
| Mars | Dieu Arès |
| Jupiter | Dieu Zeus (lettre z d'où le symbole) |
| Saturne | Dieu Cronos (c'est-à-dire le temps, la mort etc.) |

Dans sa course, le Soleil trace sur le fond de ciel une ligne apparente (l'écliptique), qui traverse 13
constellations (les classiques plus Ophiucus) [et en longe une 14°, la Baleine].
Pour en savoir plus : carte comparée des Zodiaques astronomique et astrologique.
Selon les pays et les époques, les constellations ont été découpées et nommées très différemment.
L'ancienne Mésopotamie en utilisait 6, la Chine médiévale 28, les Babyloniens 11 (il leur manquait la Balance),
les Toltèques 20, etc... [CNRL]
C'est depuis les Grecs (qui ont notamment ajouté la Balance), que les astrologues utilisent communément 12
signes, qui occupent tous un douzième de 360° soit 30°.
Quant à la divination : il n'était pas question de
mobiliser un prêtre-astronome/logue pour un simple quidam : les horoscopes étaient établis pour un roi, ou pour une
nation entière.
Les premiers horoscopes grecs sur papyrus consacrés à un individu ne datent que de -10.