ASTROLOGIE / ASTRONOMIE




[2] Eclipse partielle de soleil
En -2259, une éclipse de lune
coïncide avec la mort du roi
d'Akkad, Naram-Sîn


[3] Deux constellations
du Zodiaque
Cliquer ici pour les voir toutes

BREF HISTORIQUE : AVANT PTOLÉMÉE

La nuit des temps ?

On sait, pour avoir trouvé un calendrier lunaire gravé sur un os de renne voici 10 000 ans, que les hommes ont un long passé d'observation du ciel, des saisons, et du lien entre les deux. Il n'y a pas de religion sans une cosmogonie intégrée.

Dans le monde antique, il ne viendrait à l'idée de personne de distinguer entre "astronomie" et "astrologie", non plus d'ailleurs qu'entre celles-ci et les prévisions météorologiques, vitales pour des populations sédentarisées de fraîche date, et vivant de l'agriculture et de l'élevage.


Par exemple Jean Bottero cite une "prévision" faite en Mésopotamie au 1er millénaire avant JC : «Si, le 15 du mois de Shabat [janvier-février], la planète Ishtar [Vénus], après avoir disparu à l'est et être demeurée trois jours invisible, reparaît le 18 à l'ouest, il y aura un fort débit des sources, des pluies abondantes, et beaucoup d'eau dans les rivières».

Les savants mettent au point (notamment en Égypte), des calendriers perfectionnés :
vers -3000, l'année est divisée en mois de 30 jours eux-mêmes coupés en trois périodes de dix jours, et la journée divisée en 24 heures inégales, 12 de jour et 12 de nuit.


Je parle de cela parce que ces divisions ont laissé des traces jusque de nos jours en astrologie : "décans" de 10 jours et "maisons" inégales de jour et de nuit.

En Mésopotamie, vers -1000, on connaît déjà toutes les planètes visibles à l'oeil nu, et on a observé que toutes se lèvent à l'Est et se couchent à l'Ouest, en suivant dans le ciel la même trace que le Soleil : la bande où se déplacent ces astres est appelée "zodiaque". Une tablette babylonienne enregistre toutes les éclipses lunaires qui se sont produites entre le règne de Nabuchodonosor et l'an 317 avant JC (soit pendant 400 ans). [SFB-p.31]

Tous les présages sont étudiés, et pas seulement les signes venus des astres (on a par exemple retrouvé 4000 tablettes de présages dans la collection du roi Assourbanipal, VII° siècle avant Jésus-Christ). Mais cet exposé va se concentrer bien sûr sur les "signes" lus dans le ciel !

Quand une comète apparaît, on la considère en général comme un présage néfaste pour tout le pays. En -2259, le roi d'Akkad Naram-Sîn meurt au moment où se produit une éclipse de Lune (Sîn) [2] : peu à peu, des rois se persuadent que le ciel est là pour leur envoyer des messages. Ils entretiennent qui des savants, qui des prêtres (ce sont souvent les mêmes personnes) chargés d'interpréter les "signes".

Le premier horoscope individuel est probablement un texte babylonien daté de -410 [SFB].

Le siècle de Périclès ne pratique pas l'astrologie, mais on doit à Empédocle d'Agrigente (-490;-420) la conception des 4 éléments fondamentaux du monde, Feu, Terre, Air et Eau, développée par Aristote, et qui perdure de nos jours en astrologie (sic). Un astrologue "chaldéen", Bérose, arrive en Grèce vers -330, et on trouve de nombreux horoscopes grecs, sur Papyrus, vers -10. L'astre qui se lève à l'horizon du lieu de naissance est déjà mis en relief.

Certains symboles associés encore de nos jours aux planètes, ainsi que leur caractère plus ou moins "maléfique", viennent de leur association antique à des dieux grecs :

Mercure Dieu Hermès et le mercure
Vénus Déesse Aphrodite et le phosphore (lettre f d'où le symbole)
Mars Dieu Arès
Jupiter Dieu Zeus (lettre z d'où le symbole)
Saturne Dieu Cronos (c'est-à-dire le temps, la mort etc.)
[SFB-p.34 et sqq.]

Symboles associés :

Origine des noms que nous utilisons

Dans sa course, le Soleil trace sur le fond de ciel une ligne apparente (l'écliptique), qui traverse 13 constellations (les classiques plus Ophiucus) [et en longe une 14°, la Baleine].
Pour en savoir plus : carte comparée des Zodiaques astronomique et astrologique.

Selon les pays et les époques, les constellations ont été découpées et nommées très différemment.
L'ancienne Mésopotamie en utilisait 6, la Chine médiévale 28, les Babyloniens 11 (il leur manquait la Balance), les Toltèques 20, etc... [CNRL]
C'est depuis les Grecs (qui ont notamment ajouté la Balance), que les astrologues utilisent communément 12 signes, qui occupent tous un douzième de 360° soit 30°.


Voir image [3] : la constellation des Gémeaux doit certainement son nom aux deux étoiles brillantes et jumelles, appelées Castor et Pollux. Mais il est moins évident de comprendre d'où vient le nom d'une constellation comme la Balance, où aucune étoile ne brille de façon remarquable... Elle tirerait son nom, selon Virgile, de l'égalité jour/nuit lorsque le Soleil y entre, à l'équinoxe d'automne [FBPZ].

Quant à la divination : il n'était pas question de mobiliser un prêtre-astronome/logue pour un simple quidam : les horoscopes étaient établis pour un roi, ou pour une nation entière.
Les premiers horoscopes grecs sur papyrus consacrés à un individu ne datent que de -10.



Suite : De Ptolémée à la Renaissance
Retourner au début de la page.
© Sophie MUGNIER