Mascotte, mon ami le renard de la Montagne de Lure, le 30 septembre 2005 

Jour de non-chasse

Vendredi 30 septembre 2005 après-midi, j'ai profité d'une demi-journée de congé pour partir à la recherche de mon ami Mascotte. Le vendredi étant "jour de non-chasse", je me suis dit que mon renard ne resterait sans doute pas barricadé au fond de son terrier et que, au contraire du samedi soir précédent, j'avais toutes mes chances de le voir ce soir-là et même de le trouver avant la tombée de la nuit.

Je suis arrivé vers 18 heures à Lure et je me suis aussitôt mis en marche dans la forêt. Juste après avoir coupé la route qui monte au sommet et pénétré à l'intérieur du territoire de Mascotte, j'ai commencé à siffler comme à l'accoutumée. À force d'appeler Mascotte assez régulièrement, chaque fin de semaine, je parviens maintenant à siffler assez fort et de façon stridente. Il n'aura fallu que deux ou trois minutes pour que Mascotte surgisse devant moi. Je ne l'ai pas vu ni entendu venir, comme d'habitude, mais cette fois il est arrivé par devant moi. Il m'a tout de suite eu l'air à la fois en bonne forme et très serein.

Nous nous sommes promenés ensemble pendant quelques minutes et nous avons rejoint ma clairière préférée. Mascotte était assez virevoltant, s'éloignant de moi d'une dizaine de mètres en courant puis revenant, avant de repartir à nouveau. Il a eu l'air intrigué par la présence de mon nouveau camescope, qu'il est venu renifler à deux ou trois reprises alors que je le filmais. Les photos de cette rencontre sont directement issues de la séquence vidéo, d'une durée d'environ vingt minutes, que j'ai réalisée ce soir-là.

Arrivés dans la clairière, nous nous sommes arrêtés et j'ai perché mon sac à dos dans un arbre. Comme toujours, nous avons "bavardé" en nous regardant droit dans les yeux, lui avec ses attitudes et moi avec mes paroles. Ensuite, tout en filmant Mascotte avec le camescope dans la main droite, j'ai utilisé la main gauche pour donner à Mascotte de petits bouts de poulet cuits comme il les aime. Il les a mangés dans ma main avec appétit. J'ai posé les plus petits bouts de poulet restants sur le sol et Mascotte a tranquillement terminé ce repas sans laisser le moindre petit morceau, faisant au passage étalage de la bonne santé de ses belles et impressionnantes canines.

Visiblement satisfait, repu et calme, Mascotte est ensuite venu s'asseoir près de moi, comme le plus souvent en pareil cas. Puis il s'est allongé face à moi, à quelques mètres, dans une attitude presque nonchalante témoignant de son état de profond relâchement et de grande confiance. À ce moment, j'ai ressenti à quel point Mascotte était tranquille en ce jour sans chasseurs.

À plusieurs reprises Mascotte a levé la tête en direction de mon sac à dos, pendu dans un arbre à une hauteur respectable. Je pense qu'il avait senti, malgré l'emballage à peu près hermétique, la présence d'un coquelet au fond du sac. Mascotte attendait son heure.

Hormis quelques vagues alertes sans conséquences, Mascotte est resté longtemps allongé là, près de moi, semblant très satisfait et détendu. À plusieurs reprises, en me fixant droit dans les yeux de son regard perçant, Mascotte a lentement cligné des deux yeux. Je lui ai répondu de la même manière, tout en lui parlant à voix basse et avec la plus grande douceur possible.

Alors que je restais assis et presque immobile, il s'est un peu dégourdi les pattes puis est revenu s'asseoir presque au même endroit, cette fois en enroulant sa magnifique queue devant lui.

Ensuite, pour la première fois devant moi, Mascotte a fait un brin de toilette. Il s'est allongé sur le côté, presque sur le dos, et a longuement léché ses pattes et son ventre en mordillant ses poils et même sa peau, probablement à la recherche de quelques puces. La séance de toilettage fut brusquement interrompue par de brefs cris d'animaux dans le lointain. Mascotte se dressa immédiatement sur son derrière et resta figé, à l'écoute d'éventuels nouveaux cris. Mais l'alerte fut de courte durée et il put rapidement s'allonger à nouveau en toute tranquillité. Un bref bâillement précéda un long échange du regard avec moi. Quelques minutes plus tard, Mascotte prit une autre position mais il continua à me regarder droit dans les yeux de temps en temps, avec une grand intensité comme toujours. La séance de toilettage se termina par un peu de grattage derrière les oreilles, avec les pattes arrière, puis un bref étirement.

Samedi et dimanche sont jours de chasse et de battue. Mascotte allait certainement connaître deux journées difficiles durant lesquelles il devrait être très prudent et rester caché, probablement sans grand espoir de pouvoir rechercher de la nourriture avant la tombée de la nuit. Alors, avant de prendre congé de mon ami Mascotte, j'ai récupéré mon sac à dos et j'en ai sorti le petit coq "prêt à cuire" qui finalement n'aura pas connu la cuisson. De son regard perçant, Mascotte m'a observé calmement déballer le coquelet. J'ai tendu la volaille à Mascotte de la main gauche, en tenant toujours le camescope dans la main droite et en tentant de maintenir un cadrage à peu près correct. Sans hâte mais sans perdre un instant, Mascotte est venu planter ses crocs dans le coquelet et a emmené son trophée en trottinant. Ne voulant pas l'inciter à l'enterrer, je me suis éclipsé en m'éloignant rapidement, de sorte à laisser Mascotte seul pour qu'il puisse en toute tranquillité rapporter sa réserve de nourriture au terrier.

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