L’astrolabe de CHAMPLAIN
.En ce début du XVII em
siècle, la France est une nation puissante, et nos vaisseaux
de bois parcourent les mers et les océans à la
conquête de nouvelles îles aux richesses
insoupçonnées. Dans cette course à la
colonisation du monde, des hommes accompagnent les soldats et les
mercenaires. Ils sont hommes de sciences, astronomes, cartographes,
botanistes..
La province de QUEBEC est le lieu de
toutes les convoitises et la littérature de notre jeunesse, en
témoigne dans le livre magnifique ; " le dernier des
mohicans".
En 1603, un artisan du beau pays de France
fabrique, avec le plus grand soin un astrolabe de laiton. C’est un
astrolabe dit nautique de petite taille. Il est calculé pour
donner, le plus précisément possible, les angles en
degrés , qui permettrons plus tard, de mesurer la hauteur du
soleil, pour le point en mer, ou même, les distances à
terre . Un grand explorateur l’a commandé, il doit partir,
selon les dires, aux nouveau monde…..
A cette époque le territoire
situé entre le saint-laurent et les grands lacs est
réparti entre plusieurs nations amérindiennes, HURONS,
IROQUOIS ou encore le groupe des ALGONQUIN-MONTAGNAIS .La
région qui nous intéresse, le bassin de l’Outaouais
regroupe, au nord, les KOTAKOUTCUEMI, a l’est, les WESKARIN, au sud ,
les KINOUCHEPIRINI et les MATOUWESKARINI.
Au centre, les algonquins de l’île
aux allumettes ou la nation KICHESIPIRINI tiennent en permanence un
poste d’ou ils prennent une taxe de passage aux voyageurs. Les
algonquins occupent l’île aux allumettes et l’île
Morrison, aussi appelée l’île du borgne ou l’île
de Tessouat, du nom du chef des Kichesipirinis. Ces îles
étant reconnues pour leur position stratégique sur la
route du commerce.
Le 13 juin 1611
Etienne Brûlé est de retour
à QUEBEC en compagnie d’un groupe de Hurons. IL a passé
un an avec cette tribu afin d’apprendre leur langue. Il sera
interprête ou truchement, tel qu’on les
appelaient alors. Il est reçu par Samuel de Champlain, ainci
que Nicolas Vigneau qui, a la demande de ce dernier, voyage par la
rivière des Algonquins, passe l’été, l’automne
1611, l’hiver et le printemps 1612 aux îles allumettes, chez
les Kichesipirinis pour y apprendre leur langue.
Et l’astrolabe me direz-vous ? J’y
viens, maintenant que le décore est planté, suivons
celui-ci dans son aventure à travers les
siècles.
Mai 1613
Samuel de Champlain, remonte la
rivière des Outaouais . Pour éviter les rapides,
il traverse une succession de petits lacs près de Cobden en
Ontarioet doit, avec les hommes de son expédition, passer dans
des forêts denses de troncs enchevêtrés
près du lac Green, aussi connu sous le nom de : Astrolabe
lake. On pensent que le fameux astrolabe fut perdu ici.
Si cela est exacte, il restera là
deux cent cinquante quatre ans.
1867
La région a bien changée et
c’est un jeune paysan, âgé de 14 ans, Edward Lee, qui le
découvre enfin. Il ne connaît rien de cet objet, si ce
n’est qu’il est ancien et peux , peut-être, lui rapporter un
petit quelque chose . IL fait part de ça découverte au
capitaine Cowley commandant du vapeur du lac Muskrat.
_ " Je pense pouvoir d’en offrir,
voyons… dix dollars si tu me le laisses. "
Il fut fait ainsi.
Malheureusement pour lui, le jeune Edward
ne verra ni les dollars ni la restitution de l’objet.
Notre astrolabe arrive à Toronto,
ou Cowley le vent à R . W . Cassels, président de
l’Ottawa Forwarding Compagny pour lequel il travaille.
Mais son chemin ne s ‘achève
pas là, car il passe des mains de Cassels à celle d’un
collectionneur de New York, Samuel Hoffman.
1942
L’Astrolabe est légué
à la New York Historical Society dont il demeure la
propriété jusqu’à juin 1989, date à
laquelle le ministère des Communications en fait l’acquisition
pour le Musée Canadien des Civilisations.
Pour le musée, c’est une
pièce rare, car il s’agit du plus petit des 35 astrolabes
nautiques de cette période et de plus le seul de facture
française arrivé jusqu'à nos jours. Il est en
très bonne état si ce n’est, peut être, un petit
anneau, disparu, qui devait être vissé au bas de
l’instrument pour y suspendre un poids stabilisateur. Cet anneau
apparaît, d’ailleurs, sur une photographie de 1879, ce qui
indique qu’il a probablement été brisé vers la
fin du dix-neuvième siècle.
Même si notre histoire, peut sembler
loin des préoccupations astronomique, il a le mérite de
montrer le parcourt atypique d’un objet qui est pour nous le symbole
de notre journal. Et, qui sait, si un jour au détour une
visite dans un grenier, une ruine, ou une brocante, un objet
oublié ne va t’il pas revivre dans une de nos vitrines,
étagères ou même bureau. Si à l’instant de
votre découverte, ou même plus tard, vous pensez
à mon histoire, elle n’aura pas été
écrite pour rien.