Conseils pour les débutants souhaitant faire des photos d'astronomie




Cette page a pour but de donner quelques conseils aux débutants qui souhaitent faire des photos d'astronomie.
J'espère qu'elle vous sera utile, et si vous avez une question n'hésitez pas à m'envoyer un message en cliquant ici :
  • Avant de se lancer, un avertissement

    Il faut être conscient que faire des photos d'astronomie n'est pas un loisir facile, même si les matériels et les logiciels ont évolué.
    Faire une séance d'astronomie est éprouvant physiquement, car cela se passe la nuit, souvent il fait froid et humide, on n'y voit rien, et on a envie de dormir. Par exemple lorsque les conditions sont bonnes, je me couche vers 5h du matin. En effet les nuits sont courtes en été, donc on commence tard vers 22h30, et si on veut bien profiter on fini vers 4h30. Les bonnes conditions sont rares dans l'année.
    Et puis il arrive qu'il y ait du vent, que les nuages arrivent, que la buée se forme sur tous les instruments. Si la lune est là, cela n'arrange rien, et s'il y a des lampadaires, ça n'est pas mieux. En plus il faut tout ranger avant d'aller se coucher, sans réveiller tout le monde.
    Le lendemain on est KO, et comme on est en vacances en général, l'entourage veut faire des activités dès le matin alors qu'on ne veut qu'une chose c'est dormir jusqu'à midi.
    Ensuite il y a l'apprentissage de toutes les détails des étapes à suivre pour faire des photos. Vous pouvez consulter mes pages "Comment faire la mise en station" et "Comment faire les prises de vue" pour en avoir un aperçu.
    Puis vient le traitement des images, qui n'est pas une mince affaire. Vous pouvez consulter ma page "Comment traiter les images" pour en avoir aussi un aperçu.
    L'utilisation d'un logiciel d'astronomie comme IRIS est très peu intuitive. Pour y comprendre quelque chose, il faut s'accrocher.
    Aussi le nombre de nuits où vous aurez de bonnes conditions est à évaluer. Cela dépend de la situation géographique principalement.

    Pour finir, je pense qu'il faut être sûr de sa motivation, et disposer d'un lieu d'observation correct. Il faut aussi comprendre que l'investissement financier initial n'est pas négligeable, plusieurs milliers d'euros.
    Je pense que le maître mot pour y arriver est la "percévérance".

  • Le choix du matériel

    Les conseils que je donne ci-après sont orientés pour faire des photos du ciel profond: galaxies, nébuleuses, amas globulaires, comètes.
    Si vous ne souhaitez photographier que des planètes ou la lune, les contraintes sont moindres. En effet les planètes sont très lumineuses et ne requièrent pas de temps pose long. Vous pouvez donc utiliser une monture de faible qualité, et il n'y a pas besoin d'autoguidage. Ce qu'il faudra en revanche c'est le maximum de grossissement (longue focale), donc plutôt un télescope qu'une lunette.

    • La monture
    • Selon moi l'essentiel du choix doit s'orienter sur la monture. On a tendance à se précipiter sur l'optique, alors que tout se joue sur la monture. Une bonne monture permet de faire des photos satisfaisantes avec n'importe quel instrument. Le contraire ne fonctionne pas.
      J'ai pris conscience de cela après mon acquisition de la monture EQ6, qui a été une révélation. Je passais mon temps à galérer avec la CG5 auparavant, puis se fut terminé, enfin mes suivis étaient corrects, et la mise en station facilitée. Donc si vous êtes vraiment motivé(e) pour vous lancer, je conseille d'acquérir tout de suite une monture EQ6 ou équivalente (équatoriale de toute façon, pas azimutale), car lorsque vous voudrez faire de l'autoguidage il faudra qu'elle tienne la charge de tous les instruments. C'est une valeur sûre sur le long terme, et elle vous fera gagner du temps. En tout cas prenez une monture Goto. Attention cependant à son poids, elle est lourde et encombrante. Donc si vous êtes itinérant(e), ça peu compliquer les choses.

    • Le tube optique
    • Ensuite je conseille de disposer au moins d'une lunette apochromatique, d'au moins 60 voire 80mm de diamètre, qui vous permettra d'imager ou de guider. Moi j'avais commencé par acheter le télescope, mais finalement je crois que j'aurais dû commencer par une lunette, plus facile et efficace au départ. En plus elle sera toujours utile en toute circonstance. Vous pourrez même faire des photos de paysages ou d'animaux en plein jour avec un appareil photo.
      La lunette permet de faire des photos grand champ, des galaxies, les pléiades, des nébuleuses ou autres, avec un bon "piqué", c'est à dire que les étoiles sont bien ponctuelles.
      La lunette est aussi moins encombrante et plus légère.
      L'achat du télescope peu venir plus tard, une fois que vous serez un peu rodé(e), pour faire des objets avec plus de grossissement, ou moins lumineux, ou des planètes.

    • L'appareil photo
    • Je conseille de disposer d'un appareil photo réflex, qui vous sera utile pour l'astronomie et pour vos photos de vacances. La marque Canon est souvent privilégiée par les astronomes.

    • La caméra astronomique
    • Si vous débutez, commencez d'abord avec l'appareil photo qui vous donnera satisfaction rapidement. Pour la camera c'est plus difficile, car elle est en noir et blanc. Il vous faudra donc une roue à filtres. Le montage est plus compliqué, vous aurez des fils partout, et il faut alimenter tout ça. Les prises de vue sont plus difficiles, et les traitements n'en parlons pas.
      Donc attendez avant d'acheter une camera, faites-vous un peu la main avec ce que vous avez déjà acheté. En ce qui me concerne, j'ai finalement acheté une Atik 314L+ qui me donne pleine satisfaction.

    • Le matériel de guidage
    • Assez vite vous voudrez faire de l'autoguidage, c'est-à-dire que vous aurez un instrument pour la prise de vue, et un autre fixé en parallèle, qui vise une étoile avec une caméra de guidage. Le logiciel connecté à la caméra envoie des signaux à la monture pour corriger la dérive si l'étoile bouge. Ainsi la monture va suivre parfaitement l'objet que vous visez. Vous pourrez donc allonger les temps de pose, et la qualité des photos sera meilleure.
      Vous pouvez vous munir d'une petite lunette moins chère que la lunette principale, pas nécessairement apochromatique, et d'une caméra de guidage faite pour ça. En ce qui me concerne j'utilise une caméra Starlight Xpress, qui a la taille d'un oculaire et qui fonctionne très bien.


    Pour le reste du matériel nécessaire, il vous faudra au moins une lampe frontale, un oculaire réticulé pour la mise en station, un écran à flat field, et une chaufferette pour la lunette, pour éviter la buée, un petit niveau à bulle.
    Vous pouvez consulter ma page "Matériel" qui recense tous les éléments que j'utilise.

  • Le site d'observation

    Posez-vous la question du ou des lieux où vous allez observer. Combien de nuits dans l'année pourrez-vous observer?
    Vous pouvez choisir vos vacances en fonction des phases lunaires. Choisissez une période sans lune, en été. L'hiver il fait froid, et souvent moins beau.
    Pour mon cas, la Charente Maritime est idéale car chaque été je bénéficie de ciels très clairs sans nuage, et je suis dans un coin un peu reculé où il n'y a aucune lumière artificielle à proximité. La première grande ville à proximité est à 15km (Saintes). Je pense que ce département bénéficie d'un micro climat très ensoleillé. Finallement je ne cherche plus d'autres lieux où tenter de faire de l'astronomie, car après en avoir essayé plusieurs, j'ai constaté la différence.
    Le plus pratique est d'être à proximité de votre maison, car vous pouvez tirer une rallonge électrique jusqu'au lieu d'observation, pour ne pas avoir de problème d'alimentation de la monture, des chaufferettes, des caméras, de la roue à filtre, de l'écran à flat et de l'ordinateur.