L'après-Kyoto

Changeons nos mentalités (II)

Nous savons depuis plusieurs décennies que l'effet de serre est principalement entretenu par le gaz carbonique d'origine anthropique. Nous savons également que nos réserves d'énergies fossiles sont limitées. Nous sommes donc contraints de modifier notre façon d'exploiter nos ressources naturelles au risque de mourir asphyxiés par nos propres rejets polluants ou de ne plus pouvoir payer nos factures de carburant ou de chauffage tellement leur prix sera élevé.

Nous sommes également pour la plupart des gaspilleurs invétérés au point que nos décharges débordent de produits que nous pourrions recycler et certaines régions accusent une pénurie d'eau potable suite à un usage intensif.

Un leithmotiv : recyclez pour éviter de polluer !

Devant ces problèmes qui s'accentuent au fil du temps, les scientifiques nous ont prévenu que l'état de notre planète devenait préoccupant. Malheureusement la plupart de nos politiciens ne jugent pas la situation alarmante car ils savent d'expérience que des mesures contraignantes déplaisent aux citoyens car elles coûtent cher. Or ce public représente également leur électorat... Comment concilier ces intérêts divergents ?

Dans le cadre du développement durable, le policitien comme le citoyen doit prendre ses responsabilités et ne peut pas se désintéresser des problèmes de société qui touchent à l'avenir même de l'humanité. Cette attitude est irresponsable, c'est une vue mescine, égoïste et à court terme qui n'est plus du tout appréciée de la population. En effet, si nous sommes tous mécontents de payer de nouvelles éco-taxes ou d'être obligés de trier nos déchets au risque de payer des amendes, nous souhaitons également tous que nos forêts, nos prairies et nos pelouses ne soient pas attaquées par les pluies acides ou envahies par les déchets et que nos rivières, nos lacs et nos plages ne soient pas polluées par nos activités.

Par dessus tout nous aimons la nature, nous souhaitons la préserver et verrions d'un très mauvais oeil le fait que notre pollution détruise nos lieux de villégiature et les habitats des animaux sauvages. De plus nous avons besoin de cette biodiversité pour assurer la survie des biotopes naturels. Chacun doit donc faire preuve de bonne volonté et y "mettre du sien" comme l'on dit pour préserver l'environnement et notamment pour les générations futures.

Les contre-mesures européennes

A tout problème il y a une solution comme à toute action il y a une réaction. Notre planète est polluée, nous devons donc y remédier. Encore faut-il que tous les acteurs de la société participent à cette action et que les "pollueurs-payeurs" soient condamnés, paient leurs amendes ou soient surtaxés. Or dans un Etat de Droit on n'exécute pas une action, et d'autant moins si elle vise à pénaliser un pollueur, taxer un chef d'entreprise ou un citoyen, sans avoir le support de la classe politique au risque de déclencher des conflits sociaux majeurs.

Si l'écologie est une matière touchant autant l'économie que l'environnement, c'est également une matière politique. Au sommet de la pyramide décisionnelle, l'écologie est entre les mains du pouvoir politique qui seul dispose de tous les outils législatifs et exécutifs pour imposer des arrêtés municipaux ou les lois et les faire respecter. Mais dans ce contexte on ne peut pas dire que les gouvernements nationaux soient pressés d'inventer des lois ou des éco-taxes en cette matière d'autant qu'elles sont contraignantes tant pour les industries que pour les citoyens.

Mais plus le temps passe plus les mouvements écologiques s'inquiètent de l'état de la planète. Heureusement, les mentalités changent.

Pour atteindre les objectifs du Protocole de Kyoto et se rendant compte qu'il n'y avait toujours pas de décision ferme au niveau national, la Commission Européenne a donc imposé à chaque état-membre des normes et des "contre-mesures" pour protéger l'environnement. En d'autres mots, chaque gouvernement est dorénavant contraint de trouver les moyens pour lutter contre la pollution. S'il n'y parvient pas, il sera taxé à la hauteur de la pollution.

Le message de l'Europe est donc clair : nos gouvernements comme nos communautés locales et chacun d'entre nous sommes responsables et redevables à notre hiérarchie politique, qu'il s'agisse respectivement de l'Europe, du ministre ou du représentant communal en charge des questions d'environnement : tout pollueur se verra taxer proportionnellement à son taux de pollution. Si chacun y contribue à sa mesure, ensemble nous pouvons aisément respecter le Protocole de Kyoto.

Comment le principe "pollueur-payeur" s'applique-t-il concrètement au citoyen ? Prenons trois exemples familiers de mesures préventives visant à protéger l'environnement : le tri des déchets, l'éco-sac et la surtaxe sur les voitures polluantes.

1. Le tri des déchets

Le tri des déchets ménagers permet de réduire de 50% les déchets non recyclables. Dans certaines communes le citoyen doit séparer les papiers et cartons des autres déchets recyclables. Document Commune de Freyming-Merlebach.

Chaque année un citoyen européen jette des centaines de kilos de déchets divers à la poubelle avec un record de 434 kg/habitant/an en France en 2005 ! Ces déchets comprennent environ 15% de matières organiques, 30% de bouteilles en plastique, 20% de papiers et cartons, 8% de bouteilles en verre, 5% de cannettes en métal et 22% de produits divers comprenant des textiles et des produits toxiques (huiles, piles usagées, médicaments, etc). On s'est alors rendu compte que plus de 50% de ces déchets étaient recyclables et donc valorisables. Et quand les ministres de l'environnement ont comparé leurs chiffres, ils ont constaté que certains de leurs collègues parvenaient à réduire leurs déchets en-dessous de 100 kg/habitant/an. Les mauvais élèves ont vite été montrés du doigt et l'Europe leur a demandé des comptes.

Avec le temps et une meilleure sensibilisation du public aux problèmes d'environnement, la poubelle de notre citoyen s'est progressivement vidée pour représenter dans les meilleurs cas moins de 80 kg de déchets par an. En fait il n'est pas seul responsable de cette réduction de ses déchets ménagers car les supermarchés l'aident quelque peu en lui proposant notamment des conditionnements plus écologiques et moins volumineux. Ce citoyen-type est en fait économe car nous avons vu que la quantité de déchets jetés sans tri peut être quintuplée si son pouvoir d'achat est élevé et s'il n'était pas sensibilisé à l'écologie (sans parler des familles nombreuses avec bébés où les langes et les petits pots sont légions et rarement recyclés).

Pour mettre fin à ce gaspillage inconsidéré, les autorités ont imposé à tous les citoyens de trier leurs déchets en isolant dans des sacs différents les déchets organiques, les bouteilles en plastique, le verre, le papier, le métal, etc. Dans certaines communes le citoyen qui ne trie pas ses déchets est pénalisé d'une amende. Chaque type de déchet est ensuite collecté séparément et recyclé dans une usine spécialisée. C'est ainsi qu'un ingénieur astucieux inventa le moyen de fabriquer des textiles isolants à partir de bouteilles en plastique; cela donna naissance aux vêtements en Polar. Le produit connut un succès immédiat. Aujourd'hui le plus grand producteur de Polar est Malden Mills dépositaire de la griffe Polartec parmi d'autres textiles modernes.

Ce qui reste de déchets non recyclables (ou que la commune n"est pas en mesure de trier) est soit mis en décharge (enterrée ou à ciel ouvert) soit incinéré. Du fait du tri sélectif, les incinérateurs voient leur volume de déchets diminuer d'au moins 50%, ce qui fait grand plaisir aux écologistes car cette méthode permet de rejetter 50% de gaz carbonique en moins dans l'atmosphère (tout en sachant que le recyclage rejette du gaz carbonique, mais le bilan reste positif).

Trieuse à papier au centre de recyclage et de décharge de San Francisco. La ville recycle les deux-tiers de ses déchets solides. Document AP/WWP Douglas Engle.

Certaines communes vont plus loin en incitant leurs citoyens à mieux trier leurs déchets. Dans la commune belge de Floreffe par exemple située près de Namur, depuis 2006 la taxe communale est calculée non plus forfaitairement (ou suivant un pourcentage du salaire) mais en fonction du volume annuel de déchets non recyclables. Pour estimer cette valeur une puce électronique est fixée dans la poubelle des habitants et est relevée par la commune. La méthode est très efficace car elle touche directement au portefeuille des citoyens. Ainsi en un an, Floreffe a vu le poids de ses déchets non recyclables diminuer de 50% ! Du même coup les citoyens ont également apprécié la réduction de 30% du montant de leur facture sur les ordures ménagères ! La taxe communale couvre à présent plus de 100% des dépenses en cette matière et l'incinérateur communal n'est plus envahi de déchets, bref tout le monde y a gagné y compris dame Nature.

Rappelons qu'en Belgique le gouvernement fédéral wallon a décrété qu'à partir de 2011 les citoyens jettant plus de 200 kg/an de déchets ménagers seront surtaxés. Mais pas de panique car chacun peut facilement réduire ses déchets. Si je prends mon exemple personnel, cela représente en moyenne 80 kg de déchets par an pour un couple auxquels il faut ajouter quelques kilos de bouteilles en plastique et d'emballages métallisés, quelques kilos de papier par an et éventuellement des encombrants et des vêtements. Malheureusement, en 2007 la moyenne belge était encore de 240 kg/an par habitant. Elle est bien sûr nettement inférieure à celle de la France mais toujours trop élevée. Si cette taxe sur les ordures vous déplaît (et c'est le but), pensez à trier vos déchets !

2. L'éco-sac

Le sac en plastique est apparu dans les années 1970 et remplaça rapidement les emballages en papier-journal, les sacs en papier fort et les boîtes en carton. 

En 2005, en Europe nous utilisions entre 280 et 300 sacs en plastique jettables par habitant et par an (17 milliards de sacs en plastique en France et 3 milliards en Belgique). Pour une ville d'un million d'habitants cela représente 300 millions de sacs utilisés en moyenne 30 minutes par jour et qui sont ensuite jettés ! Le record est une nouvelle fois détenu par les Etats-Unis qui utilisaient environ 1260 sacs en plastique par habitant/an pour toutes sortes d'usages !

Eco-sac proposé par les supermarchés français Leclerc. Une économie de 1.56 kg de plastique nous permet d'économiser 1 litre de pétrole.

Ce sac en plastique qu'on vous offrait au supermarché ou celui qui vous permet de transporter vos achats effectués dans les boutiques n'est pas recyclable ni biodégradable. Cela signifie que si vous jettez ce sac dans la nature - comme tous ceux qu'on retrouve encore dans les décharges publiques - , il faudra plus de 800 ans pour qu'il se dégrade au fil du temps et disparaisse sous forme de fibres plastiques microscopiques; bref la pollution va s'installer pour longtemps aux portes de nos villes. Sans compter le risque de pollution incontrôlable comme celle que nous avons connu à Marseille en Crau en 2005, cette situation ne pouvait plus durer.

Comme l'Europe, Taiwan consommait 16 millions de sacs en plastique par jour (254 sacs/habitant/an) avant que le gouvernement n’interdise son utilisation en 2001. Cette solution s'est peu à peu généralisée dans tous les pays riches.

Dans le Benelux comme en France par exemple, l'éco-sac a été introduit en 2004 tandis que le sac en plastique jettable a été interdit entre 2006 et 2007 selon les pays.

Cette mesure a été appliquée par les grandes surfaces, principales vecteurs des sacs en plastique qui ont progressivement remplacé ces derniers par des éco-sacs recyclables. Quand ce sac est abîmé, le client peut l'échanger gratuitement contre un nouvel éco-sac, l'ancien étant introduit dans la chaîne du recyclage. Aujourd'hui les autorités demandent à tous les commerçants de respecter ce principe, y compris aux boutiques de luxe qui peuvent aisément trouver une solution alternative.

Rappelons qu'un sac en plastique ordinaire est fabriqué avec du pétrole. 200 tonnes de plastique correspondent à ... 128000 litres de pétrole ! Quand un pays comme le Luxembourg (env. 400000 habitants) décide de supprimer les sacs en plastique des supermarchés, l'économie annuelle (2007) s'élève à 600 tonnes de plastique.

Si cela semble insignifiant ou peu concret, cette mesure toute simple à de multiples effets : elle évite de polluer l'environnement, elle permet à l'Etat de mieux gérer l'environnement et de faire des économies sur les incinérateurs et permet d'économiser indirectement du pétrole. Concrètement, cette économie de pétrole (384000 litres) correspond à la consommation annuelle de plus de 450 citoyens roulant 1000 km par mois (consommation de 7 litres de carburant aux 100 km soit 70 litres/mois). Ici également la contrainte de l'éco-sac pour le citoyen est négligeable, elle n'est taxée que de quelques eurocents au premier achat, et est tout bénéfice pour la société comme pour l'environnement.

3. La surtaxe sur les voitures polluantes

A. Ristourne sur les "voitures vertes"

Depuis 2004 le gouvernement belge accorde des déductions fiscales aux citoyens achetant des véhicules peu polluants et depuis 2006 le Conseil des ministres encourage les cabinets à montrer l'exemple en privilégiant les véhicules moins polluants. Mais en pratique, force est de constater que la majorité des ministres appliquent avec zèle l'adage "Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais" !

La Toyota Prius hybride (essence et électrique) fut élue voiture européenne de l'année 2005.

Ainsi en 2007, la ministre belge de l'Energie et de l'Environnement à la région de Bruxelles-Capitale, Evelyne Huytebroek (Ecolo) montrait l'exemple. Elle roulait en Toyota Prius, une voiture hybride de 1497cc qui rejette seulement 104 g de CO2/km. Elle avoue que cela ne l'intéresse pas d'acheter une voiture polluante ou d'en faire un signe extérieur de richesse à l'image de ceux qui roulent en grosses berlines ou en 4x4.

 Mais ses collègues se sont moqués d'elle, lui disant que sa Toyota Prius "n'était pas une voiture de ministre..." ! Pour preuve, son collègue flamand ministre de l'Energie, Marc Verwilghen (VLD) arrive en tête des ministres polluants en roulant avec un S.U.V. (Sport Utility Vehicule) 4x4 Audi Q7 rejettant... 282 g de CO2/km ! La plupart des ministres roulent avec des berlines Mercedes S320 et autre Audi A8 rejettant respectivement 220 et 224 g de CO2/km. Ils sont loin de montrer l'exemple !

Pourtant, les scientifiques nous rappellent que nous devons aller dans le sens de l'écologie et du développement durable. Et le plus tôt sera le mieux au risque de devoir affronter dans quelques décennies des problèmes écologiques majeurs dont les conséquences seront encore plus lourdes pour les futures générations.

Début 2007 le ministre de l'Environnement wallon, Benoit Lutgen (cdH) représentait la Belgique au cours de la réunion des ministres européens de l'Environnement. Comme ses collègues, il s'est engagé à ce que l'Union Européenne réduise ses émissions de gaz carbonique d'au moins 20% d'ici 2020. Lutgen proposa une réduction de -30% mais le Premier ministre belge Guy Verhofstadt s'y opposa. Comme quoi l'exemple ne vient pas d'en haut... Le 15 mars 2007 Benoit Lutgen s'est toutefois engagé à proposer de nouvelles règles pour l'achat des véhicules des cabinets. Et cela dit-il, "doit évidemment concerner la voiture du ministre !". Allons-nous enfin respecter les décisions du Kyoto-Plus ?

Les entreprises sont plus responsables et scrupuleuses que nos ministres et ont déjà anticipé l'après-Kyoto. Pour réduire le taux d'émission de gaz carbonique des véhicules par exemple, la plupart des constructeurs proposent déjà de petites voitures rejetant au maximum 115 g de CO2 comme l'indique le tableau suivant :

Faites le calcul : Emission de CO2 de votre véhicule

Véhicules peu polluants (rejettant moins de 115 g de CO2/km)

Modèle

Carburant

Cylindrée

(cc)

Puissance

(kW)

Rejet de CO2

(g/km)

SMART CDI Forfour

Diesel

799

41

90

VW Polo 1.4 TDI

Diesel

1422

59

102

TOYOTA Prius 1.5 VVT

Essence

1497

57

104

CITROEN C1 1.4 HDI

Diesel

1398

40

109

HONDA Civic 1.3 Hybrid

Essence

1339

70

109

PEUGEOT 107 1.4 HDI

Diesel

1398

40

109

TOYOTA Aygo 1400D4D

Diesel

1398

40

109

DAIHATSU Cuore 1000

Essence

989

43

114

FIAT Panda 1.3 MJTD

Diesel

1248

51

114

RENAULT Clio 1.5 CD70

Diesel

1461

50

115

Notons qu'il existe une SMART 1.5 CDI hybride conçue par Zytek qui rejète 85 g de CO2 par km.  En Belgique, depuis 2004 le gouvernement accorde aux citoyens une réduction de 15% pour l'achat d'un véhicule rejettant moins de 105 g de CO2/km et de 3% jusque 115 g de CO2/km. Malheureusement l'offre est encore loin de satisfaire la demande. Depuis 2006, le Conseil des ministres demande également aux cabinets de montrer l'exemple en privilégiant les véhicules moins polluants. Les bons élèves se font attendre.

Pour inciter les conducteurs à utiliser ces "véhicules verts", la plupart des pays accordent des crédits d'impôts jusque 2000 € ou des réductions sur le prix d'achat de ces véhicules qui varient entre 3 et 15% selon le taux d'émission de gaz carbonique et leur puissance.

Actuellement il existe encore peu de voitures pouvant satisfaire tous les clients car il s'agit encore de petites voitures de 800 à 1500 cc. Difficile dans ces conditions de satisfaire un politicien qui considère sa grosse berline polluante comme un second bureau, le chef de chantier qui transporte tout son matériel dans son break ou le chef de famille qui doit transporter 5 ou 6 personnes. Néanmoins l'Union Européenne relayée par les différents gouvernements veut que nous changions de mentalité, de l'industriel au retraité en passant par le fonctionnaire et l'employé privé.

B. Surtaxer les pollueurs

A défaut d'une prise de conscience individuelle ou même nationale, l'Europe a donc incité le secteur automobile à fabriquer des véhicules moins polluants et les conducteurs à les acheter moyennant différents avantages financiers. Mais que faire lorsqu'on possède déjà un véhicule plus polluant que la norme européenne (115 g de CO2/km) et qu'on ne souhaite pas s'en défaire tout de suite ? L'Europe n'a qu'une réponse : le principe "pollueur-payeur" qu'elle applique tant aux entreprises qu'à Mr. Tout-Le-Monde.

Afin de respecter le Protocole de Kyoto, l'une des mesures consiste à surtaxer les véhicules polluants. Document T.Lombry

Le Luxembourg par exemple a pris des mesures législatives anti-pollution concernant le parc automobile. Réputé pour son faible taux d'imposition fiscale, notamment sur les revenus du travail et les voitures, afin de s'approcher de la moyenne européenne, le 1er janvier 2007 le gouvernement Grand-Ducal augmenta la taxe de circulation (vignette) des véhicules proportionnellement à leur émission de CO2, de la puissance fiscale du véhicule, du type de carburant (plus élevé pour le diesel) et un coefficient supplémentaire qui augmente la facture pour les modèles les plus polluants. En pratique la plupart des conducteurs ont vu leur taxe automobile doubler et même quintupler pour les propriétaires de S.U.V.

Ainsi la taxe de circulation du VW Touareg 3.61 V6 est passée de 151 à 656 €, elle n'est devancée que par la taxe sur les voitures de sport de prestige (Ferrari 575 M Maranello dont la taxe est passée de 244 à... 1589 €).

Plus abordable, la taxe de circulation d'une VW Golf 1.9 TDI TipTronic (167 g de CO2/km) est passée de 77 à 159 €, celle d'une Mercedes CLK 280 (240 g de CO2/km) est passée de 126 à 322 €. En revanche pour la Toyota Prius Hybrid (104 g de CO2/km), la taxe est passée de 58 à 65 € seulement. Pour les employés disposant d'un véhicule de société, le montant du leasing augmenta dans les mêmes proportions.

En Belgique également où les taxes automobiles sont déjà très élevées (la taxe de circulation s'élève par exemple à 429 € pour une VW Golf 1.9 TDI de 11 CV contre 159 € au Luxembourg), la taxe de circulation a été adaptée. Tous les véhicules mis en circulation après le 1er juillet 2006 rejetant plus de 200 g de CO2/km se voient surtaxer de 2 € par gramme de CO2/km supplémentaire. Au-delà de 250 g de CO2/km, la surtaxe est de 4 € par gramme supplémentaire. Cette surtaxe reste dérisoire car pour une Mercedes CLK 280 (240 g de CO2/km), la taxe additionnelle s’élève à 40x2 €, soit 80 € ! Pour une Porsche 911 Turbo Cabriolet (339 g de CO2/km) coûtant plus de 143500 €, la surtaxe est de 50*2 € + 89*4 € soit 456 € seulement... En-dessous de 200 g de CO2/km aucune surtaxe n'a été imposée.

Une réforme équivalente devrait être appliquée dans tous les autres pays de l'Union Européenne. Cela va-t-il changer nos habitudes ? Ceux qui jugent cette taxe abordable mais un peu chère la pairont en plusieurs fois et ne changeront donc pas leurs habitudes. Mais globalement on peut espérer que les effets négatifs de ces mesures seront non seulement bénéfiques à l'environnement mais également à terme au portefeuille des conducteurs qui choisiront leur véhicule parmi des modèles plus écologiques.

C. Les voitures hybrides

Pour alléger notre facture et réduire nos rejets de gaz carbonique, nous devons donc idéalement nous tourner vers les voitures hybrides.

Le prototype hybride VOLVO 3CC. Un concept car qui sera décliné dans une voiture de série d'ici 2015. Doc Volvo.

C'est VOLVO qui inaugura ce marché prometteur en 2004 en sortant le premier prototype de voiture écologique hybride, la VOLVO 3CC présentée à gauche et dont voici d'autres images. Ce véhicule s'adapte à tous les types de carburant : essence, diesel, bio-fuel, hybride et électrique (pile au lithium).

Concept fusiforme au caractère sportif (bien qu'aux performances encore timides, 105 ch sous le capot, autonomie de 300 km à 135 km/h), ailes papillon, carrosserie en fibre de carbone et matériaux composites, selon le constructeur nous pourrions voir ce genre de voiture sur nos routes d'ici 2015. Espérons que d'ici là leur autonomie sera améliorée.

Rappelons également que Lexus construit des voitures hybrides haut de gamme. Chevrolet, Ford, Honda, Smart (Zytek) et Toyota suivent le mouvement. S'ils ne veulent pas perdre des marchés très prometteurs, il est grand temps que nos constructeurs allemands, anglais, italiens et autre français rattrapent le train en marche et nous proposent plus qu'un petit modèle poussif d'entrée de gamme.

Dernière partie

L'écologie : un défi industriel

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