L'après-Kyoto

L'écologie : un défi industriel (III)

Tableau de bord de la Honda Civic Hybrid (diesel et électrique). Ce véhicule consomme 7 fois moins de carburant qu'un véhicule traditionnel ! Concrètement votre économie de carburant peut atteindre plusieurs milliers d'euros chaque année !

Malgré les incitants économiques (détaxes et exonérations fiscales) et autres formes d'aides publiques, apparemment l'écologie n'intéresse pas encore nos politiciens plus intéressés par leur image ou leur portefeuille que celui de leur électorat, à peine les industriels (faute d'avantages fiscaux) ni même grand monde quand on voit le peu de succès des partis écologiques aux élections, l'état de certaines décharges industrielles ou le faible nombre de personnes tirant profit des incitants fiscaux en matière d'écologie.

La raison est simple : l'écologie coûte cher car elle peut supportée par les instances politiques ! Deux exemples : malgré une ristourne (15%) ou un crédit d'impôt (2000 €) pour l'achat d'une "voiture propre", la Toyota Prius hybride électrique-essence (1500 cc) coûte tout de même entre 25 et 29000 €. La Honda Civic Hybrid (1400 cc) coûte entre 24 et 26000 €. De tels prix pour des voitures de catégorie moyenne peuvent décourager les clients potentiels même ceux sensibilisés par l'écologie.

Si ces véhicules sont théoriquement rentables du fait de l'économie de carburant, ils ne le seront jamais à usage privé et sinon pas avant plusieurs années d'utilisation. Et ne parlons pas des Lexus dont le prix les réserve aux privilégiés (30 à 80000 €)... Mais la faute à qui ? Certainement pas à la population qui ne fait que subir les décisions politiques !

A l'image des grosses berlines polluantes de nos ministres, structurellement notre société n'est pas encore préparée pour répondre aux exigences de l'écologie car les solutions alternatives sont peu supportées par l'Europe et les gouvernements; elles sont donc peu développées, de ce fait les investissements coûtent très chers aux entreprises de même que les innovations ou les rénovations à titre privé.

Tant que la société ne se décide pas à respecter le Protocole de Kyoto à la lettre et tant que la pression ne vient pas d'en haut à travers des lois, des taxes et des amendes visant à pénaliser les pollueurs, le secteur automobile par exemple continuera à fabriquer des berlines et des 4x4 polluants comme le secteur de l'électroménager continuera à fabriquer des frigidaires voraces en énergie de classe E, F ou G que l'on retrouvera dans nos supermarchés.

A télécharger : Palmarès 2008 des voitures les moins polluantes (PDF de l'Ademe)

A gauche, l'étiquette "Energie/CO2" proposée par l'Europe en 2005 vise à responsibiliser la population ainsi que les industriels sur l'impact des émissions de gaz carbonique. Son usage touche aujourd'hui tous les produits de consommation, y compris la nourriture (le coût du transport, de l'emballage, etc). A droite, contrairement à ce que pensent certains de nos politiciens, l'état de notre planète est alarmant; nous avons hérité d'une planète malade de l'inconscience des hommes. Selon la revue médicale britannique "Journal of Epidemiology and Community Health" (JECH Vol.59, Février et Août 2005), les cancers chez l'enfant seraient étroitement liés au degré de pollution atmosphérique environnante induite notamment par les véhicules. Alors, agisssez et faites chaque jour un geste en faveur de l'environnement. Documents Ademe et PNUE.

Que faudrait-il faire ? Tout simplement interdire ces produits à la vente ou les surtaxer au point que le marché s'en désintéresse. En effet, si un industriel voit ses produits polluants refusés aux frontières de l'Europe ou s'il est contraint de payer disons 30% de surtaxe à l'importation, il devra répercuter cette hausse sur le prix de vente et du coup les clients choisiront un modèle plus économique et moins polluant. De cause à effet, l'industriel s'engagera naturellement dans une voie plus écologique sous peine de voir une chute drastique de son chiffre d'affaire au profit de ses concurrents ayant accepté le défi industriel de l'écologie.

En attendant si l'Europe ne montre pas l'exemple, il est normal que l'écologie ne décolle pas sur les plans industriel et privé car ses principes sont contrecarrés par des préjugés, des actions locales irresponsables (refus catégorique des élus locaux, véto des riverains, etc), le laxisme des autorités ou l'action des lobbies au niveau européen. Car dans la plupart des cas, les arguments anti-écologiques sont non fondés, les habitants comme les industriels cherchant avant tout à préserver leur activité ou leur bien-être égoïste, préférant payer des amendes ou que les autres se chargent de leur problème...

Reste qu'une voiture hybride alimentée par une batterie consomme de l'électricité. Si elle symbolise la voiture "verte" du fait qu'elle rejette moins de 115 g de CO2/km, en Europe son électricité est produite par... les centrales nucléaires ! Et du coup notre bonne action prend un tout autre sens.

N'oublions pas que mis à part les règles nationales, fédérales ou communales imposées en matière d'écologie, au niveau européen le nucléaire accapare encore l'essentiel des budgets de recherche (respectivement 80 et 90% en Belgique et en France) au détriment des énergies renouvelables. Depuis l'accident de Tchernobyl nous savons pourtant qu'en temps de paix nous ne sommes pas à l'abri de retombées radioactives. Cet accident dramatique ainsi que les désavantages des énergies fossiles devraient nous inciter à nous tourner de plus en plus vers des énergies plus sûres, plus économiques et renouvelables.

Pour développer ces carburants alternatifs il faut une décision politique comme on le fit pour l'essence dont le prix a longtemps été très bon marché, en instaurant notamment une règlementation paneuropéenne. Sinon, elles ne seront utilisées qu'à petite échelle, par quelques minorités ou des idéalistes.

A consulter : Les véhicule hybrides - Moteur Nature

A gauche, aujourd'hui il n'existe pratiquement aucun véhicule "vert" ou hybride sur nos routes. On n'attend pas de trafic dense avant 2050 car deux problèmes se posent. D'une part, compte tenu des contraintes techniques des moteurs européens, on ne pourrait pas mélanger plus de 5% d'éthanol ou d'huile végétale au diesel que nous consommons (ce que l'on fait déjà). D'autre part, en Occident, si nous voulions tout convertir au "carburant vert" comme au Brésil, nous devrions réserver toute la superficie de nos champs à la culture du colza. A ce prix là il ne resterait plus une seule parcelle cultivable pour l'alimentation ! En Europe, on estime que le biocarburant ne deviendrait rentable que si le prix du pétrole brut dépassait 100 $US le baril. En 2006, nous sommes 35% en-dessous de ce prix plafond. A droite, on estime que le marché automobile devrait contenir une majorité de véhicules alternatifs (biocarburant, LPG, électrique mixte) en 2050. Documents Lombry et WBCSD.

Si nous continuons à nous voiler la face en fabriquant des voitures toujours plus puissantes et en consommant toujours plus de combustibles fossiles pour préserver notre confort et les activités des lobbies du pétrole, on voit mal comment on pourrait appliquer les nouvelles directives et réduire d'au moins 8% nos émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère en l'espace de quelques années !

L'Europe fut la première à montrer le bon exemple en ratifiant le Protocole de Kyoto, bientôt suivie par la majorité des nations. Mais tant que le plus grand pollueur de la planète, les Etats-Unis et ses acolytes comme le Canada, l'Australie, le Japon ou la Chine, ne réduisent pas leur consommation d'énergie, notre combat n'aura que des effets locaux et temporaires.

Des villes comme Houston, Calgary ou Tokyo sont entièrement à la solde des pétroliers et favorables à la politique du "Big No" du Président Bush Jr. Ces nations refusent encore toute atteinte à l'expansion de leur économie.

Mais suite au passage de quelques ouragans sur les Etats-Unis dont Katrina en 2005 qui provoqua la fermeture des raffineries de Houston durant deux semaines (et durant plusieurs mois en Louisiane), la population américaine commence à saisir toute l'importance des économies d'énergie, et même le Président Bush Jr a dû reconnaître la fragilité de son économie et des arguments développés par Al Gore à propos de la crise du climat. Peut-être finiront-ils pas écouter l'avis de leurs collègues du G8.

Pour plus d'information

Palmarès 2008 des voitures les moins polluantes (PDF de l'Ademe)

Le S2P de Sandia convertit le CO2 en combustible (sur le blog)

Le Protocole de Kyoto (EU)

Le Protocole de Kyoto (sur ce site)

Le développement durable (sur ce site)

IPCC (GIEC)

Le rapport Stern

Les véhicule hybrides

Moteur Nature

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