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Le mal de l'espace

Le retour sur Terre (III)

Si aucune maladie, infection, malaise ou accident ne survient au cours d'une mission spatiale, les astronautes peuvent la prolonger et demeurer en apesanteur certainement aussi longtemps que leur permettent leur stock de nourriture et leur réserve d'oxygène et que leur soif de vivre cet état extaordinaire les soutienne. Mais un jour, le contrôle au sol leur donnera l'ordre de revenir sur Terre, au sens propre comme au figuré ...

Le retour des missions STS-80 et STS-92. Documents NASA-NIX et NASA-DFRC.

Pour entretenir leur forme et se préparer au retour sur le plancher des vaches, la parade la plus évidente pour les astronautes reste l'exercice physique afin de maintenir leurs muscles dans les meilleures conditions (en parallèle ils doivent également surveiller leurs principaux paramètres vitaux).

Les astronautes américains effectuent des exercices physiques intenses à raison de 2 heures par jour, perdant parfois plus d'un litre et demi d'eau par transpiration pendant leurs efforts. Les cosmonautes soviétiques exécutent un cycle de 4 jours de stretching avec une corde élastique et des séances de bicyclette et de tapis de jogging. 

Cela dit il n'y a pas de contrainte et chacun est libre d'exécuter ces exercices ou de regarder le clair de Terre. Aussi, du temps de la station Mir, on voyait au retour de missions prolongées des cosmonautes russes plus ou moins prêts à faire face à l'effet de la gravité en fonction de leur préparation physique. Certains devaient être portés et ne pouvaient tenir debout mais d'autres tel Youri V.Romanenko qui était resté à bord de Mir durant 329 jours prouva sa bonne forme aux journalistes en se mettant en équilibre sur un seul bras peu après son retour sur terre !

Mais cette discipline sportive ou la prise d'aliments riches en calcium ou de médicaments contre l'ostéoporose ne permet pas d'annuler la perte de tissu osseux en apesanteur.

En effet, les premiers signes de perte de densité osseuse sont apparus dans les années 1970 après le retour de mission de deux astronautes de Skylab qui avaient perdu 7% de leur densité osseuse. En fait, en apesanteur le tissu osseux ancien absorbé ne se renouvelle pas au même rythme que sur Terre. Pour une raison inconnue, la fabrication de tissu osseux neuf est presque nulle et on observe un déficit osseux de près de 20% au niveau de la ceinture pelvienne. 

Après un séjour de 4 mois et demi à bord de la station Mir comme spécialiste de mission (mission STS-86 en 1987), l'astronaute David A.Wolf du MIT avait perdu 40% de sa masse musculaire, maigrit de 10 kg et perdu 12% de sa densité osseuse. 

En état d'apesanteur, le déficit de densité osseuse semble se limiter à environ 40%, une valeur similaire à celle des personnes paraplégiques. Mais rien ne prouve qu'il y ait une relation entre ces deux exemples et que la perte de tissu osseux se stabilise lors des vols prolongés dans l'espace.

A gauche David A.Wolf de la mission STS-86. Il séjourna sur Mir. Au centre et à droite Valery Polyakov qui détient le record de séjour sur Mir, avec 438 jours, assez longtemps pour effectuer un voyage vers Mars. Voici une vue plus générale de Polyakov à bord de Mir photographié au cours de la mission STS-63. Documents NASA/JSC et NASA/NIX.

Si durant leur vol en état d'apesanteur tous les astronautes éprouvent le "mal de l'espace" durant au moins une journée, au retour de leur mission ils doivent à nouveau affronter les effets de la gravité, ce dont leur mémoire et leur système vestibulaire ont bien vite oublié les effets... Si pour une mission de dix jours, le rétablissement s'effectue en quelques heures, il en va autrement après un séjour de plusieurs mois en apesanteur. Dans l'espace, on s'habitue vite à ranger ses objets de peur qu'ils ne s'échappent dans la cabine, on apprend à se déplacer en s'aidant de la force de réaction, etc, autant de réflexes qu'il faut désapprendre au retour su Terre, sans parler des problèmes psychosomatiques et physiques.

C'est ainsi que David A.Wolf  expliquait à ses étudiants la façon dont il avait vécu son retour à la vie normale : "je me cognais à toutes les portes... il me fallut six mois pour me sentir mieux, un an pour récupérer la totalité de ma masse osseuse, et deux ans pour retrouver mon équilibre intérieur". 

Deux de ses collègues ont récupéré moins vite et souffraient encore d'une carence osseuse deux ans après leur retour. Quant à Valery Polyakov qui resta 438 jours à bord de Mir, avec ses deux heures d'exercices quotidiens il quitta le vaisseau spatial par ses propres moyens. Oui monsieur, c'est homme là est un héros, c'est un homme hors du commun ! Не компаньон, космонавт ! (Niet tovaritch, cosmonaute) !

Pour plus d'information

Indicences des rayonnements électromagnétiques sur la santé (sur ce site)

Biomedical Results of Apollo (dont le chapitre sur les radiations), NASA/JSC

Fondation contre le Cancer (B)

Ligue Suisse contre le Cancer

Société Canadienne du Cancer

Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer (F)

UCAR : Windows to the Universe (relations Terre-Soleil)

Review of NASA's Biomedical Research Program

Biomedical Research and Countermeasures Program

ESA - Human Space Flight

Ask an Astronaut (National Space Society)

NASA Life Science Data Archive

NASA - Space Radiation Biology (Brookhaven Lab.)

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