Contacter l'auteur / Contact the author

Recherche dans ce site / Search in this site

 

L'autisme et la vaccination ROR

Couverture du livre du Dr Peter Vermeulen et Steven Degrieck, "Mijn kind heeft autism" publié chez Laanoo.

La fraude en science

Des associations américaines représentant près de 5000 familles dont les enfants sont devenus autistes après avoir, prétendent leur avocat, reçu une vaccination ROR (rougeole, oreillons et rubéole) ont porté l'affaire en justice sous le motif qu'il y avait un lien plausible de cause à effet entre l'autisme et ces vaccins pédiatriques.

Depuis la fin des années 1990, l'autisme fait coulé beaucoup d'encre et alimente une importante littérature, tant livres que que sur Internet, et de plus en plus polémique.

Bien qu'il n'existe aucune preuve selon laquelle un vaccin pourrait déclencher une maladie, le sujet est suffisamment grave pour mériter quelques commentaires.

Penchons-nous un instant sur cette maladie et les raisons qui ont poussé ces victimes à porter l'affaire sur la place publique et quel en fut le verdict.

Avant toute chose, définissons l'autisme.

Qu'est-ce que l'autisme ?

L’autisme a été décrit pour la première fois en 1943 par le pédopsychiatre américain d'origine autrichienne Léo Kanner qui l'identifia non pas comme une psychose de l'enfant mais comme une maladie à part entière.

Cette maladie est classée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l'Association de Psychologie Américaine (APA) comme un trouble du développement résultant d'un désordre du système nerveux central.

Depuis cette découverte, l'autisme n'est plus du ressort de la psychiatrie mais des neurosciences et de la génétique.

L'autisme se caractérise par des difficultés de communication et d’interaction avec les autres, accompagné par des comportements répétitifs stéréotypés, parfois avec un retard mental ou une épilepsie. L'enfant s'isole en silence dans son monde au plus grand dérarroi de ses parents.

L’autisme est généralement diagnostiqué lorsque l'enfant atteint 2 ou 3 ans, au moment où il développe des interactions avec les autres. Mais des tests spécialisés permettent souvent de suspecter plus tôt un trouble du développement de type autiste.

Chez certains enfants autistes, le développement semble normal pendant de nombreux mois, avant d’être suivi d’une régression, parfois assez soudaine, dans le langage, les jeux et le comportement. On parle alors d’autisme régressif. 

Enfin, certains autistes peuvent développer des dons prodigieux pour le calcul ou la mémorisation notamment, mais ils ne contrôlent pas cette faculté et ne peuvent donc pas l'adapter à d'autres tâches.

Actuellement nous ne connaissons pas de remède contre cette maladie handicappante. A défaut, certains parents s'orientent vers l'homéopathie et les médecines parallèles mais si elles pouvaient vraiment guérir les autistes, cela se saurait. Il faut donc continuer à encourager la recherche scientifique, à la fois théorique et clinique.

Origine de la maladie

Si on connaît les effets de cette maladie neurologique, si on sait comment elle se manifeste et où elle agit, on ignore encore son origine précise et la manière de la guérir.

Synapses. Document de Graham Johnson publié dans "Scientific American".

Des psychothérapies douteuses ont "démontré" en leur temps qu'il existerait un dénominateur commun chez les autistes, à savoir un manque grave de communication des parents et/ou des familles concernées dans lesquelles avait baigné l'enfant au cours de sa conception. La responsabilité était donc reportée sur les parents ou la famille, déjà culpabilisés par la naissance d'un enfant handicappé. Il va sans dire qu'on rejoint ici la pataphysique et les pseudosciences !

Plus sérieusement, jusqu'à présent les chercheurs ont toujours considéré que l'autisme était une maladie génétique, pour preuve le lancement de l'Autism Genome Projet, AGP en 2002 et dont les premiers résultats ont été publiés en 2007.

En 2006, l'institut Pasteur a d'ailleurs découvert un gène responsable d'une forme d'autisme, le gène SHANK3 qui se trouve dans la zone du chromosome 22q13 (Cf Nature Genetics, Dec 2006). Son altération provoque des mutations sur deux gènes parmi les 931 gènes dont est constitué le chromosome sexuel X. Ces mutations génétiques ont un impact sur des protéines, les neuroligines, qui interviennent dans la formation des synapes, les zones de communication entre les neurones.

Si l'origine génétique de la maladie est validée par de nombreuses études et découvertes, on constate toutefois ces dernières années une sorte d'épidémie d'autisme.

Fréquence

Ainsi que le confirment ces statistiques, aux Etats-Unis on constate depuis 1992 une augmentation presque exponentielle du nombre d'enfants autistes. Selon l'Autism Society of America, la maladie augmente à un taux très rapide de 10 à 17% par an. Son évolution ne semble donc pas corrolée avec le taux de natalité (15.1 naissances pour 1000) mais avec un facteur extérieur.

Document http://www.phototakeusa.com/

L'autisme touche aujourd'hui un enfant américain sur 166 soit environ 1.5 millions de personnes, ce qui représente 0.5% de la population. En France, l'autisme touche environ 1 enfant sur 200 soit 19000 jeunes pour un total de 75000 autistes, soit 0.12% de la population. En Belgique, le nombre d'autistes est évalué à 4.9 enfants sur 10000 naissances, avec une proportion de 3 ou 4 garçons pour 1 fille. Cela représente environ 60000 personnes soit 0.57% de la population. En Suisse, l'autisme toucherait jusqu'à 60000 personnes, soit 0.8% de la population, ce qui est très élevé comparativement aux autres pays.

Que peut-on en conclure ? Pour caricaturer la situation, on pourrait se demander si les médecins concernés nous ont menti ou s'il connaissent leur sujet ? En réalité il y a sans doute un peu des deux. En tous cas, si les "épidémies génétiques" n'existent pas, une certaine forme d'autisme apparaît alors comme une maladie contractée par contact avec une substance toxique pour l'organisme. Encore faut-il l'identifier pour asseoir cette théorie.

Lancet, février 1998

D'où vient cette hypothèse ? Il faut remonter à 1998 où l'on trouve dans la revue médicale anglaise The Lancet (Andrew Wakefield et al., 28 Fév 1998, pp351(9103):637-41) la description d’une série de 12 enfants âgés de 9 à 12 ans adressés au Dr Wakefield, un gastroentérologue londonien, pour investigation sur des symptômes gastro-intestinaux avec syndrome neurologique régressif (autisme). Les troubles auraient commencé peu après (entre 1-2 jours et 1-2 semaines) la vaccination ROR.

Après quelques incertitudes sur l'origine de l'infection et la publication de nombreux travaux sur la question, quelques années plus tard de nouveau faisceau d'indices semblaient indiquer qu'il existerait une corrélation entre la vaccination ROR et un nouveau type d’autisme associant des troubles digestifs puis un autisme régressif. 

Couverture du livre de Ron Leaf et John McEachin, "Autisme et A.B.A.: une pédagogie du progrès" publié chez Pearson Education.

La nouvelle fut très mal reçue par tous les médecins et chercheurs concernés de loin ou de près par cette maladie. La quasi totalité des pédiatres refusa d'admettre cette causalité et continue de le nier farouchement ainsi que le démontre cette publication suisse de 2002 remise à jour récemment. 

Ce document prétend notamment que : "le risque d’autisme est le même chez les enfants qui ont été vaccinés avec le vaccin ROR avant qu’apparaissent l’autisme et chez ceux dont le diagnostic a été posé avant qu’ils soient vaccinés". Mais dans ce cas, comment expliquer l'apparition soudaine de la maladie chez des enfants de 9 à 12 ans ? Preuve de leur partialité et de leur manque de transparence, la question n'est même pas soulevée dans leur dossier !

Parmi les réfractaires à la théorie ROR, il y eut une étude du Centre universitaire de santé McGill à Montréal (CUSM) réalisée auprès de 28000 enfants québécois. Elle conclut comme la majorité des pédiatres : ''les vaccins contre la rougeole, les oreillons et la rubéole ne sont pas responsables des troubles envahissants du développement comme l'autisme et le syndrome d'Asperger". Or les milliers d'enfants devenus autistes après avoir reçu une vaccination ROR tentent à démontrer que cette opinion est fausse voire mensongère. Alors qui ment et qui dit la vérité ?

Du mercure dans les vaccins ROR

Partout en occident, l'information à ce sujet passe très mal entre le ministère de la Santé et la population. Aux Etats-Unis par exemple, suite à la Loi sur la Liberté d'accès à l'information (FOIA), on apprit que les Centers for Disease Control (CDC), la Food and Drug Administration (FDA) et les principaux fabricants de vaccins avaient sciemment menti avec l'approbation des autorités et tenus des colloques où l'embargo avait été décrété sur toutes les informations discutées au cours des réunions !

Couverture du livre de François Dumesnil, "Autisme, psychoses précuase et automutilation" publié aux Presses de l'Université de Montréal.

Grâce au FOIA, on apprit que ces experts avaient oublié de dire que jusqu'en 2005, les vaccins contenaient du Thimerosal par exemple qui est un préservatif (antisceptique) contenant 49% de mercure ! (Cf. l'article de l'écrivain environnementaliste Robert F. Kennedy).

En parallèle, on a démontré que le mercure présente 27 fois plus de chance de développer l'autisme. Le lien entre le vaccin à base de mercure et l'autisme est donc plus clair qu'entre le tabac et le cancer ! Qui oserait encore le nier ?

Donc, malgré l'avis négatif de certains chercheurs, on peut en déduire qu'il y aurait bien un lien de cause à effet entre l'absorption de Thimerosal et l'autisme contracté par les enfants ayant reçu le vaccin ROR. Sinon, comment allez-vous expliquer à ces parents l'autisme soudain dont fut victime leur enfant juste après avoir été vacciné ?

Même en Belgique, la plupart des médecins refutent violemment cette hypothèse, études scientifiques à l'appui. Toutefois, en cherchant bien on trouve quelques médecins dont le pédiatre belge Kris Glaubomme qui osent dénoncer la langue de bois de leurs collègues. Très engagé et expert de ces questions, le 5 avril 2002, le Dr Glaubomme tint une conférence sur la vaccination au Parlement européen.

Uner affaire de Justice

Les parents dont les enfants sont autistes auraient bien besoin d'une preuve formelle, scientifique, pour plaider leur cause. Or il faut se rappeler que les études épidémiologiques sont statistiques et tant que le lien de cause à effet n'est pas établi, il n'existe pas au yeux des scientifiques. Rappelez-vous les victimes de "soi-disant" irradiations nucléaires en Polynésie ou au Groenland dont la maladie n'a jamais été reconnue par les gouvernements : ils n'ont jamais été indemnisés. Entre-temps, des enfants continuent à contracter l'autisme !

Document http://conspiration-ca/

C'est pour cette raison qu'un avocat américain considéra le problème autrement. "Il y a une différence entre une preuve scientifique et une preuve légale", a déclaré Kevin Conway, l'avocat d'une famille américaine victime de l'autisme. Selon lui, la première est à 95% certaine tandis que pour la seconde il s'agit de convaincre le tribunal qu'un lien est suffisamment plausible.

Notons que c'est le même argument qui fut retenu par les parties civiles pour indemniser les personnes irradiées à l'époque des essais nucléaires français à Mururoa. Généralement, l'argument du lien plausible est reconnu.

En revanche, pour le CDC, une victoire des plaignants pourrait rendre malades, voire tuer des dizaines de milliers d'enfants puisqu'ils ne seront plus vaccinés contre la ROR.

L'un des trois juges, Gary Golkiewicz, expliqua aux médias qu'il mesurait les implications de cette affaire. Mais, dit-il, la mission de ce tribunal est seulement de décider si les plaignants établissent ou non un lien plausible entre les vaccins et l'autisme.

Pour sa part, l'Autism Society of America précisa sur son site Internet que même les CDC avaient des doutes puisqu'ils ont récemment décidé d'effectuer des recherches supplémentaires sur cette question. Voilà au moins une attitude scientifique plus responsable.

Si les familles obtiennenaiet gain de cause, elles pourraient obtenir des dédommagements dans le cadre d'un fonds fédéral créé spécialement par le Congrès américain pour encourager la production de vaccins tout en protégeant les laboratoires pharmaceutiques contre d'éventuelles poursuites judiciaires qui pourraient ruiner leur société.

Le verdict

Au mois de février 2010, le Lancet annonça qu’il n’endossait plus l’article du Dr Wakefield. De plus celui-ci a depuis perdu toute autorisation d'exercer la médecine au Royaume-Uni, notamment suite aux fraudes concernant cette publication et les mauvais traitements infligés aux enfants. 

En guise de conclusion

Tout médecin vous dira qu'il n'existe pas de vaccin sans effet secondaire comme d'autres vous diront qu'aucun autre que celui du Tétanos n'est indispensable dans nos sociétés modernes. Comme toujours, la vérité se trouve entre les deux avis. Bon nombre de vaccins ont des effets secondaires négatifs mais les vaccins sont toujours indispensables pour combattre des maladies qui tuent encore.

Si vous êtes sensibilisé par cette maladie, sachez que chaque année de nombreuses associations et communes font des campagnes de sensibilisation afin de récolter des fonds pour la recherche sur l'autisme.

Pour plus d'informations sur l'autisme, consultez l'Austism Research Institute ainsi que le site de l'Autism Society of America. Il existe également de nombreux livres de vulgarisation et des témoignages sur le sujet.

A lire sur le blog à propos des autistes Asperger :

Stephen Wiltshire, la caméra vivante

Daniel Tammet, autiste savant et auteur

Etes-vous autiste ?

Des chercheurs du centre de recherche sur l'autisme de l'Université de Cambridge (ARC) ont développé un questionnaire (en anglais) qui serait en mesure de dépister les tendances autistes chez les adultes.

Au terme des 50 questions, plus le score est élevé, plus votre tendance est forte. La moyenne pour un individu masculin "normal" est de 15 et de 17 pour un sujet féminin. A partir de 35, vous avez tous les symptômes de l'autiste (symptômes d'Asperger). Assez étonnement, certaines personnes dites "normales" obtiennent un résultat entre 30 et 34. Si ce programme est fiable, où est la normalité ?

Retour à la Biologie


Back to:

HOME

Copyright & FAQ