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Bactéries et virus

Élimination des virus (V)

Éliminer un virus pathogène n'est pas trop difficile s'il reste localisé dans un seul foyer, un village isolé par exemple. Soit le porteur est sain et son organisme va l'éliminer, soit la victime devient malheureusement malade et en meurt si on ne trouve aucun vaccin. Le virus disparaît avec elle à condition que le cas reste isolé et soit idéalement incinéré.

En revanche, si le porteur se déplace, visite une ville, loge à l'hôtel ou prend l'avion et entre en contact avec d'autres personnes, en une journée il peut infecter des dizaines de personnes qui chacune vont à leur tour contaminer autant de victimes; l'épidémie est en bonne voie et en un mois le virus peut faire le tour de la Terre; la pandémie est programmée.

De gauche à droite, le virus Rossmann, un rétrovirus et un rhinovirus (virus à ARN des picornaviridae à l'origine des rhumes). Documents U.Purdue, Biochem/U.Wisconsin et Bocklabs/U.Wisconsin.

Le rayonnement UVC

Les virus restent très sensibles aux rayonnements. On sait par exemple que le rayonnement UVC (200-400 nm) est germicide. Il tue les bactéries et les virus et sert notamment à stériliser le matériel chirurgical. En revanche, il est nocif pour l'être humain, une exposition prolongée pouvant induire un cancer de la peau ou une cataracte.

Les stérilisateurs UV domestiques de 40 ou 120 W fonctionnant à 254 nm que l'on vend sur certains sites en ligne sont donc exclusivement réservés à la stérilisation des objets (par exemple des ustensiles en acier inoxydable) ou des piscines et non des locaux ou vivent des personnes ou des animaux.

Les UVC lointains (222 nm) sont encore plus performants et à des doses de 2 mJ/m2, ils peuvent neutraliser 95% des virus influenza de la grippe (souche H1N1). Des tests conduits par l'équipe de Daniel Welch de l'Université Columbia et publiés dans la revue "Nature" en 2018 ont montré que des doses plus faibles mais continues de rayonnement UVC lointain peuvent également tuer les virus présents dans l'air. Concrètement, lorsqu'une personne est infectée par la grippe ou même la tuberculose, elle pourrait utiliser une lumière UVC portative pour tuer les microbes présents dans sa bouche sans endommager les tissus humains et sans nuire à sa santé. On pourrait également utiliser ce dispositif dans les lieux publics (hôpitaux, cabinets médicaux, aéroports, etc). Seul inconvénient, aujourd'hui une lampe UVC dite à excimère émettant entre 207-222 nm revient à 1000$, ce qui limite son usage aux professionnels de la santé et aux entreprises disposant d'un service médical.

Agents chimiques

Les microbes sont également sensibles aux agents chimiques dont l'azote liquide qui permet par exemple d'éliminer les papillomavirus (verrues et autres herpès)

Les vaccins

La méthode traditionnelle pour prévenir une infection virale consiste à utiliser un vaccin (et non pas des antibiotiques qui sont inefficaces pour lutter contre les virus). Le vaccin stimule le système immunitaire à produire des anticorps (des protéines appelées immunoglobulines) qui protégeront les cellules contre l'infection virale en ciblant et neutralisant des protéines spécifiques situées sur l'enveloppe du microbe vecteur d'une maladie.

A gauche, fabrication d'un vaccin contre la grippe à partir de deux souches virales. A droite, les mutations du virus rendent le vaccin inefficace. Documents NAID.

Mais comme expliqué précédemment, si le microbe subit une mutation, il portera d'autres protéines qui ne seront plus reconnues par le système immunitaire et le vaccin censé lutter contre cette souche microbienne perdra son efficacité.

Comme l'explique l'OMS, de nos jours le vaccin contre la grippe par exemple (Hépatite A) comprend un assortiment des 8 gènes ARN (cf. ce schéma) extraits de 3 ou 4 souches du virus influenza - ce qu'on appelle des vaccins trivalents ou quadrivalents - créant les signatures de 48 soit 65536 virus potentiels (contre 256 combinaisons pour les anciens vaccins ne contenant que deux souches virales). Malgré tout ce potentiel, il est arrivé que le vaccin antigrippal ne soit efficace que chez 40% des patients.

Vers un vaccin universel ? Ca dépend du virus

Pour remédier à la perte d'efficacité des vaccins qui représente un véritable problème de santé, depuis des années les scientifiques cherchent un vaccin universel : au lieu de cibler la tête des protéines H et N qui subit des mutations imprévisibles, on ciblerait plutôt la tige des protéines qui ne change pas. On fabriquerait ainsi un vaccin universel. Autre avantage, il ne devrait être administré qu'une seule fois dans la vie du patient.

David Loew, directeur de l'Institut Sanofi Pasteur, le leader mondial des vaccins, déclara en 2018 dans la presse que beaucoup de rumeurs sont lancées au sujet des vaccins universels pour en fait simplement obtenir des financements mais il ne croit pas qu'il soit possible de créer un vaccin universel contre la grippe. Il a toutefois fondé une startup biotech, FluNXT, pour mettre au point un vaccin antigrippal à protection élargie.

Le NIH américain (National Institutes of Health) confirme son point de vue, estimant qu'un vaccin universel antigrippal ne serait efficace que dans 75% des cas et uniquement contre les groupes viraux I et II de la souche A et durant un an seulement.

Ceci dit, comme le confirme un rapport du CDC américain (Centers for Disease Control and Prevention), tous les virus ne sont pas aussi instables et dans le cas d'Ebola par exemple, sa mutation de 2014 présentait 97% de similitudes avec la souche découverte en 1976. En fait ce virus existe depuis des milliers d'années et n'a pratiquement pas évolué. C'est pour cette raison qu'en 2018 Rafael Delgado, directeur du département Recherche de l'hôpital public de Madrid en Espagne annonça que son équipe travaillait sur le développement d’un vaccin universel contre le virus Ebola.

 Mais rappelons que s'agissant de virus, la plupart de ces traitements sont préventifs et symptomatiques et ne vont jamais tuer les virus, et pour certaines maladies parfois le combat est long.

Il existe toutefois quelques exceptions. En 2016 l'équipe de Martin L.Moore du Départment de Pédiatrie de l'Université Emory d'Atlanta aux Etats-Unis décrivit dans la revue "Nature" un nouveau traitement contre le rhume, une infection bénigne contractée par différentes formes de rhinovirus (RV), c'est-à-dire une espèce virale qui s'est adaptée aux cavités nasales. Les rhinovirus mesurent environ 30 nm et contiennent un génome de nature ARN contenant environ 7500 pb entourées d'une capside composée de 60 copies de quatre protéines assemblées en forme d'icosahèdre (à 20 faces).

Le traitement contre le rhume consiste en un vaccin dénommé HRV combinant 50 ou 100 variantes inactives de rhinovirus dont les signatures permettent aux lymphocytes B du système immunitaire de produire des anticorps afin qu'ils détectent et détruisent la plupart des rhinovirus à l'origine des rhumes communs.

De gauche à droite, le virus de la rubéole, le virus de l'hépatite C et le virus de l'herpès simplex HSV-1 qui provoque les boutons de fièvre. Documents Agence BSIP et T.Lombry.

Abandonner la vaccination ? Surtout pas !

Une rumeur colportée par certaines associations de parents prétend que la vaccination expose le patient à la maladie et des handicaps et que de ce fait les vaccins devraient être bannis. C'est totalement irresponsable ! Un vaccin est inoffensif ou contient des gènes atténués qui vont effectivement déclencher une réaction de l'organisme. Le problème est de savoir si la réaction observée ou l'effet secondaire est celui attendu. Dans le cas contraire il faut déterminer l'origine du symptôme, un diagnostic qu'il est parfois impossible d'établir, et ensuite confirmer le lien de causalité avec le vaccin. La plupart du temps, comme les erreurs médicales, les effets secondaires des vaccins est un sujet tabou et aucun médecin ni pharmacologue ne veut aborder le sujet, tous défendant leur profession pour prétendre unanimement que les vaccins sont inoffensifs... Mais ce n'est pas pour autant que la société civile est sans recours.

Il est reconnu que certains vaccins prescrits à des enfants ont eu des effets secondaires parfois graves, certains ayant conduit à des troubles neurologiques ou un handicap à 95% (cf. Paris-Match, 2014). Mais on dénombre une poignée de victimes pour des dizaines de millions de patients indemmes. S'il faut évidemment étudier et tenter de guérir ces malheureuses victimes et par précaution éventuellement suspendre la commercialisation du vaccin incriminé, on ne peut pas conclure que tous les vaccins doivent être retirés du marché ! En revanche, si une vaccination est obligatoire et produit un effet indésirable, dans ce cas la victime peut se retourner contre l'État qui a le devoir de l'indemniser et qui retirera probablement le produit du marché.

En fait, ne pas se faire vacciner quand on est sensible à une maladie (comme les plus de 65 ans face à la grippe) est suicidaire. Les études épidémiologiques montrent que rien qu'une perte d'efficacité d'un vaccin signifie que le risque de mortalité augmente proportionnellement. Selon l'OMS, la vaccination massive des enfants contre la rougeole par exemple permet d'éviter plus de 20 millions de décès chaque année dans le monde.

L'interféron

L’agent antiviral le plus prometteur est l’interféron (IFN), une protéine non toxique appelée la cytosine produite par les lymphocytes et qui est aujourd’hui utilisée dans le traitement du cancer dont le lymphome (le cancer des ganglions lymphatiques, cf. le système lymphatique) et des maladies chroniques comme l'hépatite C (interféron alpha dit pégylé ou VHC) ou la leucémie (cf. le système circulatoire).

Notons que c'est la même cytosine, la base pyrimidique C, qui s'associe avec la guanine (G) dans l'ADN et dans l'ARN.

Les réponses à l'interféron sont la pierre angulaire de l'immunité antivirale. Sachant que la kinase (une enzyme qui catalyse certaines réactions) TANK 1 (TBK1) favorise l'IFN, Dinesh Jaishankar de l'Université de l'Illinois à Chicago et ses collègues ont proposé d'utiliser l'inhibiteur de TBK1 appelé BX795 pour augmenter la réplication du virus de l'herpès simplex type 1 (HSV-1) afin d'étudier son mode de travail.

Chacun connaît probablement ce virus qui affecte au moins 50% de la population. On l'attrape généralement durant l'enfance par contact avec de la salive et devient actif sous forme d'un "bouton de fièvre" sur les paupières ou les lèvres lorsque les défenses immunitaires faiblissent (par exemple lors d'une fatigue prolongée). Actuellement, il faut subir ses désagréments car l'herpès est considéré comme invulnérable. Les médicaments disponibles empêchent le virus de produire les protéines dont il a besoin pour se répliquer et sont appelés des analogues nucléosidiques. Malheureusement, comme pour d'autres microbes, la résistance du virus devient un problème important.

À leur étonnement, les chercheurs ont découvert que l'inhibiteur BX795 réduit la réplication du virus et peut être un candidat antiviral prometteur. Ils ont testé le BX795 dans différents modes d'infection oculaire du virus HSV-1 et étudié son mode de fonctionnement. Ils ont constaté que BX795 présente des avantages par rapport aux analogues nucléosidiques traditionnels et méritait d'être étudié en profondeur.

Suite à leurs travaux, en 2018 Jaishankar et ses collègues ont annoncé dans la revue "Science" la mise au point d'un traitement contre ce virus HSV-1, du moins la forme qui affecte les yeux des souris et estiment que le traitement pourrait également guérir l'infection buccale, y compris chez l'humain, une excellente nouvelle pour tous les porteurs de ce virus.

Un autre exemple d'utilisation des interférons est le traitement du zona, une maladie contagieuse transmise par le virus de la varicelle qui apparaît souvent chez les personnes âgées. On la traite avec un antiviral (par exemple Aciclovir, Famciclovir ou Valaciclovir) et on peut en être débarrassé au bout d'un à trois mois selon la propagation de la maladie. Comme la pulpart des maladies, le traitement est le plus efficace s'il est administré dans les trois jours qui suivent les premiers symptômes.

Les immunoglobulines

On peut aussi injecter directement des immunoglobulines dans le sang. C'est notamment le cas pour les personnes souffrant de déficiences immunologiques (par exemple les "bébés bulles"). Ces personnes peuvent alors se défendre contre les agents infectieux et même tomber malade tout en luttant contre l'attaque virale. En revanche, il leur est fortement déconseillé d'utiliser des vaccins vivants (type rougeole, oreillons, varicelle, etc.).

Le SIDA

Le rétrovirus VIH (ou HIV en anglais) porteur du SIDA fut découvert en 1981 mais il fallut quelques années pour que le monde prenne conscience de sa dangerosité.

En 1983, la maladie que les journalistes appelaient pompeusement le "syndrome d'immunodéficience acquise" était pratiquement inconnue de tous mais semait surnoisement la mort autour d'elle.

En 1985, nous avons assisté à une véritable hécatombe de décès dans le monde du show business en commençant par l'acteur Rock Hudson dont la disparition fit prendre conscience à tous de la gravité de cette nouvelle maladie. C'est à cette époque que les scientifiques et les instances publiques commencèrent à communiquer sur le sujet, informant le public des risques liés aux relations sexuelles non protégées, en particulier dans la communauté homosexuelle.

Sur le plan scientifique, à cette époque plusieurs génotypes dont HTLV-3, LAV et ARV provoquaient des symptômes infectieux similaires. Il s'agissait en fait d'une version mutante du rétrovirus HTLV découvert chez les singes en 1977 et isolé pour la première fois en 1980. Il s'est probablement transmis à l'homme lors d'un contact avec le sang d'un singe blessé ou abattu contaminé mais porteur sain.

Cette mutation a notamment permis au rétrovirus VIH non plus d'inciter les lymphocytes T (une catégorie de globules blancs détruisant les cellules infectées par un virus ou cancéreuses) à se multiplier mais à les détruire, affaiblissement rapidement le système immunitaire du malade, d'où le nom de la maladie.

En 1985, l'analyse de l'ARN de ces trois rétrovirus permit aux chercheurs de découvrir qu'il s'agissait en fait du même rétrovirus, qu'on baptisa VIH.

A voir : Les virus émergents

Différents aspects du virus VIH du Sida, en fait un rétrovirus ou virus à ARN : une coupe tridimensionnelle montrant l'acide nucléique protégé par son enveloppe de protéine, un lymphocyte T contaminé par le VIH (en brun), des cellules filles (turqoise) se libérant de leur hôte (de la lymphe) pour aller contaminer d'autres cellules et des rétrovirus du VIH (brun-jaune) tuant un lymphocyte T4 CD4 (le CD4 est un récepteur que reconnaît le VIH). Documents Jon Lieff adapté par l'auteur, CMSP, Dennis Kunkel et anonyme.

S'il faut environ 20 ans pour trouver un vaccin contre une maladie, le SIDA offre un défi aux chercheurs depuis plus de 40 ans. Un virus comme celui de la rougeole par exemple (qui peut également servir de vecteur) se combat avec des vaccins. Il est détruit en l'espace de quelques semaines et est ensuite éliminé de l'organisme.

Le VIH procède différemment. Il pénètre dans le système immunitaire des cellules et affaiblit le système de protection de l'individu qui commence par éprouver de la fièvre, perd du poids, se fatigue, etc. Les chercheurs doivent donc trouver une méthode pour malgré tout tirer profit du système immunitaire, même affaibli, pour combattre l'infection. Il n'y a pas d'autres solutions car si on bombarde le malade de rayonnements, on finit par le brûler ou le tuer.

Aujourd'hui le vaccin anti-SIDA n'existe pas encore et seule une trithérapie (trois médicaments agissant chacun sur une cible spécifique) ralentit la progression de la maladie. Elle bloque en fait certaines actions spécifiques du VIH.

La méthode de traitement s'est heureusement améliorée et allégée en 40 ans et même les femmes enceinte et porteuse du virus ne le transmettent plus à leur bébé. Mais il n’existe toujours aucune méthode de traitement satisfaisante et complète, car la plupart des drogues qui détruisent les virus endommagent également les cellules saines.

Microphotographie électronique d'un virion VIH-1 (rouge) émergeant d'un lymphocyte de culture (bleu). Les petits globules verts sont des anticorps. Document CDC/Cynthia Goldsmith.

En admettant qu'on neutralise le VIH, il demeure dans l'organisme. Même détruit il n'est pas éliminé car il incorpore son matériel génétique dans les cellules hôtes avec lesquelles il fusionne. Allié à sa faculté de mutation (même sous forme affaiblie il redevient virulent au terme de quelques d'années), ce sont ses facultés extraordinaires qui rendent la mise au point d'un vaccin si complexe.

Aujourd'hui, on estime qu'environ 40 millions de personnes ont contracté le SIDA dont 19 à 26% de la population des pays d'Afrique australe (Zambie, Zimbabwé, Botswana, Namibie, Swaziland et Afrique du Sud). En Europe, 750000 personnes sont contaminées par le rétrovirus. L'Onusida estime que 700000 personnes sont également contaminées en Chine mais le risque d'infection concerne 30 à 50 millions de personnes, principalement par voies hétérosexuelles, alors qu'ailleurs dans le monde, la contamination s'effectue principalement suite à l'injection de drogue (des seringues contaminées sont réutilisées) et par les relations homosexuelles.

Chaque jour, trois nouvelles personnes sont officiellement déclarées séropositives en Belgique, mais officieusement leur nombre pourrait être deux ou trois fois plus élevé (~3000 cas par an). La situation est similaire ailleurs en Europe.

En 2001, le VIH tua 3 millions de personnes contre 1.5 à 1.7 million en 2013. Dans le monde, un enfant meurt du SIDA toutes les 15 secondes !

S'il ne peut pas encore se guérir, le SIDA peut être soigné. Mais le médicament coûte cher. En Europe, un traitement contre le SIDA coûte environ 1000 € par mois qui sont heureusement remboursés par la sécurité sociale, du moins pour ceux qui en bénéficie. Dans les pays du tiers-monde, la population n'a pas d'autre choix que de se faire soigner dans les hôpitaux publics qui leur délivre parcimonieusement les médicaments adéquats. Encore faut-il que les villageois aient les moyens et la capacité d'aller jusqu'à l'hôpital. Certains sont déjà très affaiblis par la maladie et ne peuvent plus se déplacer sans aide extérieure.

 Plus de 80% des malades ne peuvent pas se payer la trithérapie. Le SIDA est loin de disparaître et même en Europe le nombre de personnes contaminées continue d'augmenter. Etant donné que nous avons peu d'armes pour le vaincre, il n'y a qu'une bonne méthode pour éviter de contracter la maladie : sachant qu'un contact d'une seconde suffit pour vous contaminer à vie, lors d'une relation avec un nouveau partenaire, soit exigez un examen médical si vous envisagez une relation régulière soit protégez-vous ou abstenez-vous plutôt que d'avoir des rapport sexuels non protégés et à risque que vous pourriez regretter toute votre vie.

Vers une immunisation naturelle des enfants

Selon une étude publiée en 2016 par une équipe internationale de chercheurs dirigée par Philip Goulder de l'Université d'Oxford, "les enfants atteints du VIH qui peuvent résister à la progression de la maladie pourraient ouvrir la voie à de nouveaux traitements contre l'infection du VIH". En effet, il apparaît qu'une fraction sensible des enfants de la nouvelle génération semblent immunisés contre le rétovirus du VIH. Selon cette étude, 5 à 10% des enfants infectés par le VIH ne développent pas la maladie. Alors que plus de 50% des enfants atteints du VIH meurent avant les deux ans, les enfants porteurs sains peuvent vivre une enfance normale, souvent sans que personne ne se rende compte qu'ils portent le VIH. Notons que certains adultes résistent également à la progression du VIH mais ils ne représentent que 0.3% des personnes infectées.

Selon une étude publiée en 2016 dans "Nature", grâce à une immunisation passive, des macaques ont résisté au SIV durant 6 mois sans recevoir de traitement antirétroviral. Document Allswalls.

Selon les chercheurs, il y a des similitudes entre ces enfants porteurs sains et les primates africains infectés par le SIV, l'équivalent simien du VIH. Environ 40 espèces de singes portent le SIV dont le macaque, généralement avec des quantités très élevées de virus dans le sang (virémie), mais ils ne présentent pas d'activité immunitaire accrue ou de maladie. Lorsque les chercheurs ont examiné les enfants atteints d'une résistance au VIH, comme les hôtes des singes porteurs du SIV, ce groupe a également présenté une virémie élevée et une faible activation immunitaire.

On ignore encore par quel mécanisme résistent les enfants mais sa découverte permettra de connaître la façon dont la maladie se développe et d'offrir des possibilités de traitements complémentaires à la trithérapie. La recherche continue.

On peut aussi en déduire que ces enfants protégés contre le SIDA représentent peut-être une évolution biologique de l'être humain vers une immunisation contre ce rétrovirus pathogène. Si régulièrement notre organisme s'adapte pour s'immuniser contre les différents rhinovirus à l'origine des rhumes par exemple, ce serait un premier cas du genre où le système immunitaire humain se débrouillerait seul pour répondre à l'attaque d'un nouveau virus mortel en l'espace d'à peine deux générations !

Notons que chez les plantes, les infections virales sont beaucoup plus fortes que chez les animaux. Etant donné que leur paroi cellulosique empêche toute injection virale directe, c’est bien souvent les animaux et les insectes qui participent au transport des virus sur les plantes. Alors que chez l’homme, les virus ne représentent qu’une quantité négligeable de la masse sèche de la cellule, chez une plante infectée les virus peuvent représenter jusqu’à 10% de son poids !

Virologie : visite d'un laboratoire

Comment les chercheurs se protègent-ils des virus qu'ils étudient ? On en parle assez peu pour des raisons évidentes de sécurité, mais le risque sanitaire est pris très au sérieux par les chercheurs. Les virus sont classés en 4 catégories, le genre VIH par exemple étant de niveau 3, l'Ebola ou celui de la grippe aviaire N5N1 de niveau 4, dit foudroyant.

A ne pas confondre avec les différences phases ou niveaux d'une pandémie (lorsque le virus s'étend sur un continent voire sur toute la planète) : par exemple, 0 = période interpandémique; 4 = pandémie sur le territoire national; 5 = fin de la pandémie.

A consulter à propos de la grippe : Influenza - Influenza charts (OMS)

Les plans pandémiques européens - Eurosurveillance

Les moyens de sécurité utilisés par les chercheurs travaillant dans des laboratoires de biosécurité de niveau BSL 4 ou P4. A gauche, à l'INSERM en France. A sa droite, le laboratoire de Gavelston au Texas (GNL). A droite du centre, le laboratoire de l'Institut de Recherche Biomédical du Texas (Texas BRI). A droite, les vêtements de protection portés sur le terrain par le personnel médical chargé de la désinfection des zones contaminées par le virus Ebola au Libéria en 2014. Documents INSERM, GNL, TTG Corp. et Dominique Faget/AFP.

L'étude des virus dans des laboratoires spécialisés tel l'Institut Bordet et les Cliniques Universitaires Saint Luc en Belgique, l'INSERM en France ou les laboratoires de Gavelston et celui de Recherche Biomédical (BRI) du Texas aux Etats-Unis requièrent des niveaux de sécurité plus importants que dans une base militaire ! Tellement sécurisés, certains laboratoires de biosécurité de niveau 4 (BSL 4 également appelés P4 en France pour pathogène de classe 4) sont placés en pleine ville, près des universités ou des stades de football comme à l'ENS Lyon !

En fait, si cela paraît paradoxal, l'explication est simple : ces laboratoires de recherches sont à l'image des centrales nucléaires. Le niveau de protection augmente à mesure que le risque s'accroît. Ainsi l'éprouvette contenant le virus actif est enfermée dans une multitude de boîtes semblables aux poupées russes, la dernière représentant l'enceinte extérieure du bâtiment. Chaque nouvelle enceinte de protection requiert un degré plus élevé de sécurité (badge, combinaison, sas de confinement, scaphandre, etc.). Au final, ainsi qu'on le voit ci-dessus, la personne en contact avec le virus porte, dans le cas des virus foudroyants, un scaphandre hermétique souple à atmosphère contrôlée. Le travail est toujours assuré par deux personnes et est limité à quelques heures maximum, à la fois pour préserver le bien être du personnel et sa sécurité. Après le travail, les combinaisons et les outils sont décontaminés puis jetés, brûlés ou nettoyés.

Logo du risque biologique (biohazard).

Pour éviter toute contamination, certains produits tel le Sanytex (ammonium quaternaire à 3%) sont tellement nocifs qu'ils sont capables d'abîmer les scaphandres !

Il vous sera donc très difficile de visiter un laboratoire de virologie et toute demande fait l'objet d'une enquête préalable d'Interpol afin de prévenir toute menace bioterroriste.

L’étude des virus et leurs interactions avec le milieu est donc très motivante dans le cadre d’une étude visant à comprendre comment l’information génétique est contrôlée et ce qui différencie fondamentalement ces petites entités des systèmes plus complexes. Le virus, comme la cellule, est capable de transmettre une information génétique sur base du même principe que la cellule hôte sur laquelle il s’attache. Si les chercheurs parvenaient à comprendre leurs mécanismes de réplication, ils pourraient contrôler leur croissance et éradiquer les maladies virales de la surface de la Terre.

En attendant de pouvoir cloner les protéines virales, nos seules alliées, nous sommes contraints d’utiliser toutes sortes de stratagèmes, des anticorps de sérum sanguin aux sécrétions des muqueuses pour essayer d’éliminer les éléments toxiques de notre organisme.

Ceci dit, discutant des virus et autres vecteurs de maladies, on ne peut pas éluder les questions du tiers-monde et des médicaments qui seront abordées dans l'article consacré au développement durable.

L'application HealthMap

A l'initiative de la Commission européenne (2006) et d'associations non gouvernementales, dans le cadre de l'"Open Data" et l'accessibilité aux données, les administrations publiques ont été priées de mettre à la disposition du public toutes leurs informations non personnelles. Dans le domaine de l'épidémiologie et de la santé publique, ce projet de portée internationale a notamment aboutit à HealthMap, une application web qui permet gratuitement à toute personne intéressée de consulter l'état sanitaire de sa région ou du monde grâce à une surveillance en temps réel de l'apparition des maladies et des menaces de santé publique.

Etat sanitaire du monde un jour ordinaire tel qu'affiché par l'application HealthMap.

L'application développée en 2006 par des chercheurs, des épidémiologistes et des développeurs américains extrait les informations sanitaires disparates de 11 sources authentiques du web (dont l'OMS, la FAO, WDIN, Eurosurveillance, Geosentinel, ProMED, Google News, etc.) et recherche dans ces "Big Data" les rapports officiels validés, les bulletins d'alertes, les actualités, les témoignages de témoins oculaires et les commentaires d'experts parmi d'autres informations, les trie et les analyse afin d'en extraire des informations utiles qu'elle présente sous forme géolocalisée sur une carte du monde et sous forme d'actualités et de commentaires. HealtMap est en ligne depuis 2012.

Pour plus d'informations

Sur ce site

L’anatomie et les fonctions des cellules

Le rôle des virus dans l'évolution

Sur Internet

The Astounding And Horrific World As Seen Under A Microscope (photos), io9

Les virus émergents, Institut Pasteur (YouTube), 2009

Virus géants associés aux amibes, Angélique Campocasso et Bernard La Scola, Virologie, 16, 1, pp.6-17, 2012

HealthMap

Influenza.be (FAQ sur les différentes formes de grippes)

Influenza charts, OMS

Eurosurveillance

Evolution des infections respiratoires aiguës en Belgique, IPH

Les plans pandémiques antigrippaux en Europe, Eurosurveillance

Statistiques Sanitaires Mondiales, OMS, 2011

Manuel de sécurité biologique en laboratoire (PDF), OMS, 2005

EnsemblBacteria (génome de plus de 20000 bactéries)

GeneCards (compendium du génome humain)

International Committee on Taxonomy of Viruses (base de données des virus), ICTV

Organisation des Nations Unies (ONU)

Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

Onusida

Les plus belles images de biologie

Livres

Planète de virus, Carl Zimmer, Belin, 2016

Des premières bactéries à l'homme : L'histoire de nos origines, Jean-Claude Gall, L'Harmattan, 2009

Les virus émergents, Antoine Gessain et Jean-Claude Manuguerra, PUF-Que sais-je ?, 2006

Le grand roman des bactéries : Peuvent-elles sauver le monde ?, Martine Castello et Vahé Zartarian, Albin Michel, 2005

Les nouveaux virus, E.Moulin, Les Asclépiades, 2005

L'Univers bactériel, L.Margulis et D.Sagan, Albin Michel, 1989; Seuil Points Sciences, 2002

La Guerre contre les virus, J.-F. Saluzzo, Plond, 2002

Des bactéries et des hommes, Willy Hansen et Jean Freney, Privat, 2002

Des virus et des hommes, Luc Montagnier, Odile Jacob, 1994

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