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La Bible face à la critique historique

Un Évangile du XIIe siècle sauvegardé par des moines réfugiés et conservé au Monastère Saint Jean le Théoligien de Patmos en Grèce, où prêcha l'apôtre Jean. Aujourd'hui la bibliothèque du monastère contient environ 1200 codices, plus de 3000 incunables et 13000 documents anciens.

La constitution des livres canoniques (II)

Authenticité et partialité des Évangiles

Quand on analyse l'authenticité des Évangiles, on constate que les Évangélistes sont partiaux. Si on peut juger cette attitude un peu trop exhaltée ou positive "normale" dans le chef de personnes pratiquement en adoration devant leur mentor, un avis trop peu critique peut ruiner la crédibilité de son auteur en raison de son manque d'objectivité et de sens critique. Ainsi Jean dit clairement qu'il a écrit son Évangile "pour que vous croyez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom" (Jean 20:31). On en déduit que les auteurs des Évangiles ont altéré la vérité et adapté leur récit de manière à souligner la portée et le sens des paroles et des actes de Jésus plutôt que de décrire la stricte vérité historique chronologiquement. On ressent également les opinions personnelles des Évangélistes quand l'un ou l'autre commet ce qu'on peut considérer aujourd'hui comme des erreurs factuelles. Ainsi Matthieu écrit que Jésus est né "au temps du roi Hérode" (Matthieu 2:1) soit vers l'an 4 avant notre ère tandis que Luc situe sa naissance à l'époque où Quirinius, le gouverneur de Syrie, ordonna un recensement de la population (Luc 2:2), soit vers l'an 6 ou 7 de notre ère si on se base sur le récit de Flavius Josèphe bien que d'autres textes antiques comme l'inscription d'Apamée contredisent cette dernière date. De toute évidence, même si certains critiques comme David Miller ont essayé de défendre la date de Luc de manière ad hoc, la majorité des spécialistes dont Daniel Wallace du Dallas Theological Seminary concluent qu'il s'est sans doute trompé. Gabriel Robin va dans le même sens dans son livre "Sous Ponce Pilate" (Ed. de Fallois, 2016) dans lequel il passe minutieusement en revue les différentes dates de naissance Jésus et la durée de son ministère. On y reviendra.

Comme si ces altérations de la vérité ne suffisaient pas pour remettre en question l'authenticité des récits, en complément les premiers disciples ou les premiers chrétiens ont sciemment ajouté des versets ou des finales, puis les moines copistes et les traducteurs de la Grande Église ont remplacés des mots, y compris des noms propres, et ignoré des versets d'origines gnostiques ou qui n'étaient pas tout à fait dans le sens du crédo.

S'il est normal qu'un auteur établissant la biographie d'un personnage aille chercher l'inspiration dans des sources extérieures - l'Ancien Testament en est truffé - il est beaucoup moins normal qu'un livre d'auteur soit réécrit ou complété par un autre rédacteur voire par l'éditeur (la Grande Église) au point qu'ils prennent la liberté de remplacer des mots significatifs et de supprimer ou remplacer des paragraphes entiers sous prétexte qu'ils s'écartent de la doctrine enseignée par l'Église. On appelle cela de la censure et de l'intolérance ! On reviendra plus loin sur l'influence des gnostiques sur les textes des Évangiles.

Evolution des écrits apostoliques

En parcourant les Évangiles et les autres livres apostoliques comme les Actes des Apôtres rédigé par Luc et sa communauté ainsi que les Épîtres de Paul (et d'autres disciples de Jésus), on constate une évolution du style narratif, non seulement dans la forme mais également le fond. Le sujet passe graduellement des actes du personnage de Jésus au symbole qu'il représente. Comment expliquer cette évolution ?

Rappelons que ces différents textes furent rédigés entre l'an 46 pour l'Epîtres de Paul aux Galates et environ l'an 110 pour les derniers textes de la communauté johannique.

Si chacun se rappelle clairement de faits et gestes survenus quelques jours, mois et parfois quelques années auparavant, on perd généralement facilement le détail de faits survenus 20 ou 30 ans plus tôt, et plus encore des paroles échangées à moins qu'elles aient été frappantes. Dans ces conditions, on peut imaginer que les souvenirs les plus précis soient ceux des Epîtres de Paul couchés sur papier à peine 20 ans après le décès de Jésus suivis par les Évangiles selon Marc et Matthieu écrits 30 à 40 ans après les faits, tandis qu'à l'opposé, ceux rapportés 50 ans plus tard par Luc et la communauté johannique devaient être très généraux et peut-être même confondus avec des rumeurs ou des aspirations personnelles, voire déjà altérés par les opinions et critiques des premiers chrétiens.

Quels souvenirs de Jésus restait-il dans la mémoire collective 20 ans après sa mort ? Et qu'en restait-il 50 ans plus tard, après la destruction du Temple par les romains et le martyr des premiers chrétiens ? On imagine que durant les dix ou vingt premières années qui suivirent le décès de Jésus, son souvenir était encore très présent parmi ses disciples de même l'idée que l'apocalypse était proche. Nous verrons à propos de la résurrection du Christ que c'est d'ailleurs durant les trente premières années qui suivirent cet évènement que naquirent les premières communautés chrétiennes et que Paul fonda ses Églises en Turquie. Mais les années passant, les souvenirs commencèrent à s'estomper ainsi que l'idée de la fin du monde. Cela signifie que si pour la première génération de Chrétiens, l'évocation de Jésus était encore concrète en Palestine du fait beaucoup de fidèles l'avait connu, après deux ou trois générations, le personnage aussi sacré soit-il s'estompa dans les communautés chrétiennes au bénéfice du symbole qu'il représentait.

Matthieu évoque donc des faits et gestes concrets du ministère d'un Jésus avec lequel il a vécu. Mais Marc et Luc (ou l'écrivain qui signe en son nom) n'ont pas connu Jésus. Paul ne s'étant converti que vers l'an 36 et étant un ancien Pharisien, il ne comptait pas parmi les apôtres ni même les disciples de Jésus mais il avait conservé des souvenirs précis d'un Jésus prédicateur et messianique. Dans son Épître aux Galates, Paul précise qu'il rencontra Pierre, qu'il appelait par son prénom araméen Cephas, avec lequel il resta quinze jours et rencontra également Jacques (Galates 1:19), le successeur légitime de Jésus à la tête du mouvement nazaréen de Jérusalem.

Selon Daniel Wallace précité, l'Épître aux Galates daterait entre 46 et 48 de notre ère, c'est-à-dire juste avant le concile de Jérusalem évoqué dans les Actes des Apôtes (Actes 15) et fut terminé avant la visite de Paul à Jérusalem (Actes 11:30). Cette lettre serait le plus ancien texte du Nouveau Testament.

En revanche, à l'époque de Luc et de la communauté johannique, soit respectivement vers l'an 80 et vers 100-110, ils ne devaient plus y avoir beaucoup de témoins oculaires. Si par exemple un adolescent de 15 ans avait connu Jésus vers l'an 33, il aurait 82 ans en l'an 100. Or la longévité à cette époque étant proche de 60 ans. Sans même parler des conséquences de la guerre des juifs, on peut donc raisonnablement considérer qu'il n'existait plus de témoins oculaires contemporains de Jésus à la fin du Ier siècle. Ces auteurs n'ayant pas connu Jésus ni même probablement discuté avec ses contemporains, les souvenirs qu'il reste de Jésus sont des récits théologiques compilés par Paul et plus tard par Marc et Matthieu et surtout des symboles et leurs interprétations idéalisées par la troisième et quatrième générations de Chrétiens.

Luc écrivit son Évangile vingt ans après la révolte juive contre les Romains, à une époque où les origines juives du mouvement chrétien étaient marginalisées et déconsidérées, d'autant plus que l'espoir apocalyptique s'était évanoui.

De plus, Luc était un Gentil, ce que les juifs appellent un "Goy", c'est-à-dire un non-juif (notons que les Chrétiens utilisent aussi le mot Gentil pour qualifier les païens). Selon différentes études, Luc était soit un grec païen soit un syrien d'Antioche et médecin de profession. C'est le seul auteur apostolique non-juif de tout le Nouveau Testament. De part ses origines, Luc insista sur la version des Gentils du christianisme exposée par Paul. Comme nous le décrirons à  propos de la querelle paulienne, Luc fut influencé par Paul et ne pouvait pas démentir que Jésus était juif ni que sa doctrine fut suivie par des juifs ou que le premier mouvement chrétien fut un mouvement apocalyptique issu du judaïsme et présidé par Jacques, frère de Jésus et le Conseil des Douze, tous juifs. C'est pourquoi, au cours du procès de Jésus, Luc évite de décrire les actes négatifs ordonnés ou tolérés par Ponce Pilate et n'évoque même pas l'agonie de Jésus. On y reviendra à propos de la condamnation à mort de Jésus. En fait, Luc n'a pas écrit l'histoire de Jésus mais une histoire théologique qui rend son récit beaucoup moins fiable.

Enfin Paul, que Luc considérait comme son héros, était citoyen romain et souhaita que ses lecteurs, les Gentils Romains aient une opinion favorable au sujet du mouvement chrétien en pleine croissance parmi les Gentils. Paul confirme que ses Épîtres sont basées sur les premiers témoignages (1 Corinthiens 15:1-8) mais en fait il n'a pas connu Jésus et n'a discuté qu'avec Pierre et Jacques. Pour le reste, il s'est forgé sa propre opinion. Ses témoignages sont donc tous indirects et donc très subjectifs.

Ainsi, plus on s'éloigne de la date du décès de Jésus plus les auteurs idéalisent le personnage et plus les Chrétiens risquent d'altérer ses paroles, y compris en insérant des fins de paragraphe ou en ajoutant des fins de chapitre théologiques dans les copies des manuscrits, ce qu'on appelle des théologoumènes, c'est-à-dire des récits légendaires à vocation théologique. Nous avons vu que c'est exactement ce qui s'est passé avec l'intervention de la Double Tradition (la source "Q") et de la Triple Tradition, sans même parler des modifications dans le texte effectuées par les copistes et traducteurs au nom de la Grande Église. Nous présenterons divers exemples de telles altérations quand nous analyserons le Nouveau Testament (la conception de Jésus, les mages, les miracles, le repas Pascal, la résurrection, etc.) et ce qu'il faut en conclure.

En résumé, grâce à la découverte de manuscrits datant des Ier et IIe siècles, on sait aujourd'hui que les titres de chacun des Évangiles, les introductions et certaines finales (Marc) et même certains passages (par exemple la tentative de lapidation de la femme adultère citée par Jean) furent ajoutés aux manuscrits soit par des membres de la première communauté chrétienne (ou la communauté johannique) soit par la Grande Église. On en conclut que Marc, Matthieu, Luc et Jean n'ont que partiellement écrit leur Évangile respectif qui furent surtout l'oeuvre d'anonymes dont nous ne connaissons que le pseudonyme générique et pas la véritable identité des auteurs. Même chose pour les Actes des Apôtres qui furent écrits par le même auteur que celui qui rédigea l'Évangile selon Luc.

Quant aux 21 Épîtres que nous possédons, on estime que treize furent écrites par Paul (ou dictées à un grammateus ou scribe professionnel), trois par Jean, deux par Pierre et une par Jacques, le frère de Jésus. Une autre lettre fut écrite par Jude, un autre frère de Jésus et une dernière lettre (l'Épître aux Hébreux) est anonyme. Rappelons que tous ces textes non écrits par le prétendu auteur sont appelés des pseudépigraphes.

A présent que nous avons daté et identifié au mieux les différentes sources d'inspirations des Évangélistes, voyons comme la Grande Église élabora le canon du Nouveau Testament. Car si les différents livres et lettres apostoliques ont d'abord mené leur propre vie dans les cercles privés chrétiens, la Grande Église a rapidement rassemblé ces écrits pour construire sa doctrine et apporter la Bonne Nouvelle aux païens.

Elaboration du canon du Nouveau Testament

Concernant le Nouveau Testament, un texte est canonique s'il répond à quatre critères : qu'il soit historique, apostolique, universel et orthodoxe. En résumé, le texte doit être le plus ancien, un témoignage direct des apôtres ou aussi proche que possible du témoignage des apôtres ou des disciples témoins oculaires des faits et gestes de Jésus. Il doit être connu de toutes les communautés tout en respectant les idées prêchées par la Grande Église. Les autres textes y compris les Évangiles gnostiques écartés pour leur contenu trop métaphysique, scandaleux, subversif ou tardif comme l'Évangile selon Thomas (ou Évangile de l'enfance de Jésus) et l'Évangile selon Pierre ainsi que la plupart des autres textes sur lesquels nous reviendrons sont dits apocryphes (cachés) et exclus du canon car jugés moins authentiques, trop ésotériques ou très éloignés du message de Jésus.

Le canon du Nouveau Testament forme un ensemble de 27 livres sacrés comprenant environ 138000 mots (version grecque) dont le nombre et le contenu furent littéralement scellés et que l'Église ne veut absolument plus modifié. Qu'on les juge aujourd'hui véridiques ou faux n'y change rien car ils constituent l'organe de la Foi, pour ainsi dire la pierre d'achoppement de l'Église.

A gauche, icône de saint Irénée de Lyon (125-202), Père de l'Église né en Asie Mineure et évêque de Lugdunum (Lyon). Il mourut en martyr à Lyon suite aux persécutions de l'empereur romain Septime Sévère. A sa droite, icône de l'évêque Clément d'Alexandrie (150-220), Père de l'Église. Pour ne pas être victime des persécutions de Septime Sévère, il fuit en Cappadoce rejoindre l'évêque Alexandre. Cette icône fut réalisée par le peintre grec Ioannis Theorianos de l'école d'Ohrid, en République de Macédoine au XIVe siècle. A droite du centre, icône des évêques saint Athanase d'Alexandrie (296-373) et saint Cyril de l'Alexandrie (376-444), tous deux Pères de l'Église et de saint Ignace d'Antioche (fl.35-110) qui mourut en martyr pendant la persécution de Trajan. Cette fresque est exposée dans la Cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, en Russie, auprès de nombreuses autres (cf. cette galerie sur Flickr). A droite, icône du patriarche Photios Ier de Constantinople et Père de l'Église orthodoxe (820-c.827).

Sur base des archives de l'Église et de ce que nous ont appris les manuscrits apocryphes, sur le plan historique c'est vers l'an 180 de notre ère qu'émergea l'idée de compiler l'ensemble des livres dits inpirés par la parole de Jésus et d'en faire le canon du Nouveau Testament afin d'encadrer le dogme de la chrétienté et asseoir l'autorité de l'Église.

On peut deviner que cette appréciation et la sélection des livres saints formant le canon n'a pas été simple et qu'il fallut du temps pour concilier les avis discordants. En fait, le Nouveau Testament que nous lisons aujourd'hui a pris forme au cours des quatre premiers siècles et plusieurs conciliabules de manière très erratique, personnelle et sans grande logique malgré les critères évoqués. De plus, sachant que certains écrits ont été écartés arbitrairement, autant dire que les versions que nous lisons ne sont pas conformes aux textes originaux et comprennent de nombreuses corrections et parfois des amendements.

C'est l'évêque Irénée de Lyon, un théologien originaire de Smyrne (actuelle Turquie) expatrié à Lugdunum, capitale de la Gaule et future Lyon, qui fut le premier vers l'an 180 à suggérer que les quatre Évangiles, ceux de Matthieu, Marc, Luc et Jean, étaient les seuls authentiques et porteur du sens des paroles de Jésus. C'est encore lui qui proposa de retenir dans le canon les Actes des Apôtres, et certaines Épîtres jugées authentiques dont celles de Paul, les premières épîtres de Pierre et de Jean ainsi que l'Apocalypse (dans lequel Irénée reconnut les quatre évangélistes dans le symbole du tétramorphe des "Quatre Vivants").

Ensuite, c'est en l'an 200 que la Grande Église adopta l'expression "Nouveau Testament" proposée par l'évêque Clément d'Alexandrie (à ne pas confondre avec le consul romain homonyme).

Page enluminée du livre de Kells ou Codex Cennanensis également appelé le "Grand Évangéliaire de saint Colomba" réalisé par des moines d'origine celte vers l'an 800. Une copie est archivée au Trinity College de Londres. Document BVMM/CNRS.

Il faudra ensuite attendre plus d'un siècle pour que le haut-clergé dresse une liste précise des livres canoniques. Chose facile, il fallut d'abord définir le statut des livres de la Bible hébraïque. Que représentaient-ils pour la Grande Église ? Jésus les a bien lus puisqu'il y fait souvent référence comme nous le verrons, au point d'étonner les théologiens enseignant dans les synagogues ou au temple de Jérusalem. De plus, ces textes prophétiques annoncent la venue du Messie et, si on en croit le texte, même parfois ses actions jusque dans ses moindres détails (à moins que ce ne soit l'inverse). Etant donné l'histoire de cette Bible hébraïque et sa relation l'annonce de la venue du Christ (du moins pour les chrétiens), elle fut d'office intégrée aux livres canoniques. Seule adaptation, les Pères de l'Église ont préféré utiliser la Septante écrite en grec (rédigée à partir des environs de l'an 270 avant notre ère) au Tanakh, la Bible hébraïque propre aux Juifs.

A partir de l'an 313, la sélection des livres canoniques du Nouveau Testament s'avéra plus simple car les empereurs romains Constantin pour l'Empire d'Occident et Licinius pour l'Empire d'Orient accordèrent la liberté de culte à tous les citoyens de l'Empire. Précisons au passage que Constantin n'était pas chrétien (il ne le fut que sur son lit de mort et dans sa confession arienne) mais les appréciaient au point de devenir le protecteur de la Grande Église.

Le christianisme étant à la mode du boutiquier jusqu'à la cour des empereurs, cela permit d'enterrer définitivement les textes gnostiques et cela dispersa leurs fidèles par la même occasion.

L'attitude d'Athanase d'Alexandrie, représentant de l'Église copte orthodoxe est révélatrice à ce sujet. Comme tous les évêques, il participa à l'élaboration du canon. Au cours de la dernière partie de son épiscopat (à partir de l'an 366) marqué par plusieurs exils et conflits avec l'Église arienne et les païens, Athanase décida d'ignorer les textes gnostiques. Ceux qui en possédaient les ont donc cachés ou détruits, raison pour laquelle les fameux manuscrits de Nag Hammadi parmi d'autres ne furent découverts qu'au XXe siècle. On y reviendra.

C'est à l'époque de Constantin que la Grande Église définit également les grandes fêtes religieuses comme la Nativité, la Résurrection et décréta que le dimanche serait le jour du Seigneur. Quand au fait que le dimanche est considéré comme le premier jour de la semaine, cette notion date du VIIIe siècle avant notre ère et fut établie par le prophète perse Zoroastre alias Zarathoustra, fondateur du zozoastrisme, une religion monothéiste pratiquée dans tout le Moyen-Orient y compris en Inde durant l'expansion de l'islam.

Finalement, à partir de l'an 367, le canon se limita à 27 livres dans les Églises latines (et se réduisit à 22 livres dans les Églises grecques à partir XIe siècle). La liste des 27 livres canoniques fut confirmée par le décret du pape Damase en 382 puis lors du second concile de Carthage en 397.

A partir de cette époque les livres canoniques de la Bible forment un dyptique articulé autour d'un Ancien Testament et d'un Nouveau Testament dont le Christ assure la cohésion. Aux yeux de l'Église, au Messie juif annoncé dans l'Ancien Testamemt répond le Christ Sauveur chrétien dans le Nouveau Testament. Ce dyptique constitue "La" Bible officielle pour tous les membres de l'Église.

L'instrument du crédo

Avoir défini les livres canoniques ne signifie pas que le message de la Bible est authentique ni que la Bible est complète mais simplement qu'elle respecte une "charte de qualité" établie par la Grande Église au bémol près qu'elle fut établie à une époque où la méthode scientifique et l'objectivité étaient inexistantes en matière de datation, d'analyse ou d'identification de l'auteur d'un texte. Nous verrons d'ailleurs que certains choix du crédo ont été validés par le concile de Chalcédoine par le truchement du hasard.

En fait, pour le croyant la question ne se pose pas de savoir si le crédo ou la Bible véhicule un message authentique ou des théologoumènes et autres récits purement imaginaires. On y croit, ou on n'y croit pas !

Quant à savoir si le récit de la vie de Jésus décrit par les apôtres est fiable, c'est une autre question qui n'a pas de réponse simple. Sans même évoquer ses implications théologiques et mystiques, d'un point de vue scientifique elle touche à l'authenticité historique du personnage (cf. l'article Jésus a-t-il existé ?) et des faits qui exigent non seulement une analyse textuelle comparée des Évangiles et plus généralement des récits bibliques, mais surtout des preuves archéologiques (manuscrits, gravures, annales, etc), ce que nous prendrons le temps d'examiner en détails et d'en déduire aussi objectivement que possible les conclusions qui s'imposent.

A lire : La transmission de la Bible

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