Contacter l'auteur / Contact the author

Recherche dans ce site / Search in this site

 

La Bible face à la critique historique

Les gnostiques ont toujours été associés aux mouvements sectaires et aux cultes à mystère. Faute d'être initiée, la société s'en est méfiée.

La doctrine et les textes gnostiques

Parallèlement aux manuscrits apocryphes rédigés tardivement par les apôtres, des disciples, des membres du haut-clergé ou des religieux d'obédiences ou de sectes concurrentes, les manuscrits montrent qu'il existe une autre source d'information, et littéralement de "connaissance" au sens premier, celle des gnostiques.

Sans entrer dans les détails de leur doctrine qui sont détaillés dans de nombreuses publications, rappelons que les gnostiques forment un groupe de croyants élitistes évoluant parallèlement à la Grande Église et d'autres confessions durant les premiers siècles de notre ère. Ils détiennent la gnose (du mot grec "gnôsis" signifiant la "connaissance"), le savoir, mais un savoir secret ("logois" en grec) qu'il faut uniquement transmettre à quelques élus.

A l'époque de Jésus, le concept de savoir secret est bien installé dans la mentalité des étrangers et des païens toujours nombreux dans toute la Palestine qui entretiennent de nombreux cultes dits à mystère. Les fidèles prétendent qu'ils entretiennent un contact personnel et privilégié avec leur dieu par le biais de rites secrets réservés aux seuls initiés. Cette idée du secret est présente dans tous les rites d'initiations de toutes les cultures à travers le monde et perdure encore aujourd'hui dans nos sociétés modernes chez les Cabbalistes (d'origine juive) et les francs-maçons notamment dont les membres respectent un secret de nature ésotérique, même si chaque culte, tribu ou obédience propose sa propre définition du secret.

Bien que le mouvement gnostique soit divisé en plusieurs courants de pensées représentés par autant de prédicateurs (dont Simon le Mage, Saturnin, Cérinthe, Valentin, Basilide, Carpocrate, etc.), tous partagent un leithmotiv commun : le thème de la mort et de la vie après la mort. Dans le cas de la vision gnostique appliquée au Christ, le salut des hommes ne vient pas de la résurrection de Jésus mais de la connaissance surnaturelle qu'il enseigna aux hommes : "L'ignorance est esclave, la gnose rend libre" (Nag Hammadi II, 384, 8-11) peut-on lire dans leurs manuscrits.

La doctrine gnostique est métaphysique; elle ne s'intéresse pas au Jésus historique dont le corps de chair n'est qu'une bouffonnerie (voir plus bas) mais plutôt au sens ésotérique et caché de son discours. A l'image du platonicisme, elle considère que le monde d'ici bas y compris les hommes ont été façonnés par un dieu inférieur dénommé le démiurge (le "façonneur" en grec). L'homme étant fait de chair, il doit libérer son âme pour accéder à la plénitude, au royaume de Dieu. Pour les gnostiques, le dieu des juifs est un faux dieu, un charlatan, contrairement au vrai Dieu, ineffable et éternel, qu'ils dénomment parfois "l'Inconnu".

Hyliques, psychiques et pneumatiques

Pour les gnostiques à l'esprit très ésotérorique, l'humanité est divisée en trois catégories :

- les "hyliques" (du grec "hylé" signifiant "matière" et par extension "chair"), c'est-à-dire les païens faits de chairs et condamnés à pourrir avec elle. Les traducteurs chrétiens des textes bibliques ont traduit le mot grec simplement par "homme" ou "homme de chair",

- les "psychiques" (du grec "psychikoi" ou "psyché" signifiant "âme"), c'est-à-dire les chrétiens ordinaires qui se laissent abuser par le démiurge. Les traducteurs chrétiens ont traduit le mot grec par "homme sensuel" ou "homme animal" vraisemblablement par référence à "l'homme sensible" de Platon,

- les "pneumatiques" (du grec "pneumatikoi" ou "pneuma" signfiant "l'esprit"), c'est-à-dire les êtres spirituels. Les traducteurs chrétiens ont traduits le mot grec par "corps spirituel" ou "l'Esprit".

Les "pneumatiques" ou hommes spiritiuels sont les seuls capables de recevoir la gnose transmise secrètement par Jésus à quelques disciples proches, dont Marie-Madelaine, Jean, Jacques, Philippe, Thomas et Judas. Selon l'Évangile selon Thomas, Jésus les a trié sur le volet : "Je vous choisirai un sur mille et deux sur dix mille".

La différence entre les "pneumatiques" et les "psychiques" est plus claire bien que traduite à la manière chrétienne, dans le livre de Jude : "ce sont ceux qui provoquent les divisions, hommes sensuels, n'ayant pas l'esprit" (Jude 1:19) et des Corinthiens : "nous en parlons, non avec des discours qu'enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu'enseigne l'Esprit, [...] l'homme animal ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu" (1 Corinthiens 2:14-15) et plus loin : "Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Le corps est semé corruptible; il ressuscite incorruptible. Il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel." (1 Corinthiens 15:43-46).

Les gnostiques dont Simon le Mage cité dans les Actes des Apôtres (Actes 8:9-25) va jusqu'à réécrire l'histoire, reprenant à son compte la Bible et la mythologie grecque. Ainsi dans sa "Grande Révélation" écrite probablement au IIe siècle par des membres de sa communauté, il prétend que sa courtisane Hélène est la réincarnation d'Hélène de Troie et la mère du Saint-Esprit ! Pour l'évêque Irénée de Lyon (170 de notre ère) c'est plutôt une... prostituée !

Le temple d'Apollon à Acrocorinthe (l'ancienne Corinthe), dans le Péloponèse, photographié en 2006 par Clyxyou.

Notons que c'est pour cette raison que selon certains experts, la réaction de la communauté de Simon le Mage est un indice suggérant que les gnostiques seraient d'anciens juifs déçus par le Dieu des prophètes de l'Ancien Testament qui les aurait abandonné. Et comme les auteurs de la Torah, ils ont préféré réécrire l'Histoire pour mieux défendre leur Église. Bien que cette théorie ne soit pas dominante, elle est plausible. Néanmoins, sur base de leur doctrine, il paraît plus simple d'y voir plutôt la dérive d'un courant de pensée sectaire issu de la philosophie de Platon enseignée au IVe siècle avant notre ère. En effet, on retrouve chez les gnostiques non seulement le démiurge cher à Platon mais également une allégorie similaire à la caverne de Platon et une interprétation métaphysique du monde proche de sa philosophie. De telles coïncidences ne s'inventent pas.

Mais ce qui déclencha par dessus tout l'hostilité des chrétiens et donne encore aujourd'hui une image négative à tout ce qui touche au gnosticisme est le fait que les gnostiques intellectuels se considéraient comme les "vrais chrétiens", qualifiant les fidèles à la Grande Église de "simples", ce qui eut le don d'exaspérer les prédicateurs chrétiens et les Pères de l'Église.

Devant l'augmentation du nombre de gnostiques et des idées fausses qu'ils propageaient ainsi que l'éthique extrême qu'ils revendiquaient, les chrétiens s'y sont vite opposés. C'est Pierre lui-même qui fut le premier à excommunier un chrétien en chassant Simon le Mage de la communauté chrétienne (Simon s'était fait baptisé par Philippe en Samarie et peu après Simon proposa à Pierre d'acheter son don d'imposition de l'Esprit-Saint par les mains. Pierre lui répondit qu'il pouvait périr avec son argent).

Peu après, au cours de sa mission d'évangélisation, à son tour Paul opposa l'amour de Dieu à la connaissance des gnostiques qu'il jugea artificielle et sans valeur : "[Si] la connaissance enfle, c'est l'amour qui édifie. Si quelqu'un s'imagine connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comment il faut connaître; mais si quelqu'un aime Dieu, celui-là est connu de lui" (1 Corinthiens 8:1-3).

Agacés par leurs airs de supériorité et leurs prédications métaphysiques qui se propageaient jusqu'en Égypte, faisant du tord à la Grande Église, les gnostiques et tous ceux partageant de près ou de loin leur doctrine furent bientôt considérés comme "hérétiques" par les Pères de l'Église. C'est en effet l'évêque Irénée de Lyon (fl.130-202) qui utilisa pour la première fois le mot "gnostique" dans son ouvrage "Contre les hérésies" écrit vers 180-185 pour définir les hérésies. Il faisait ainsi la différence entre la véritable gnose enseignée par la Grande Église et la pseudo-connaissance enseignée par les mouvements alternatifs (hérétiques) comme la dualité manichéiste (les notions de Bien et de Mal) et celle des sectes pseudo-gnostiques.

A sa suite, le théologien Tertullien (fl. 160-225) et de nombreux Pères de l'Église latine dont Hippolyte et Épiphane écriront pendant plus de deux siècles des critiques sévères à l'encontre des gnostiques. Tertullien ira même jusqu'à considérer Platon comme "l'épicier" des hérétiques du fait que sa cosmologie évoque le démiurge comme cause de l'origine du monde sensible et considère que l'âme incarnée dans le corps est une dégradation puisqu'elle a oublié toute la connaissance que l'âme possédait préalablement, d'où la nostalgie d'un autre monde.

Parmi leurs écrits gnostiques cachés, il y a notamment un texte relatant la relation entre Jésus et Marie-Madeleine passé sous silence par l'Église. Que "cache" ce récit qui devait rester secret ?

L'influence majeure de Marie-Madeleine

L'un des faits les plus controversés par l'Église est le statut de Marie-Madeleine. Également appelée Marie de Magdala ou Marie la Magdaléenne, en araméen son nom (Magdal ou Migdal) signifie la tour que l'auteur et Père de l'Église saint Jérome interprète comme le symbole de la foi. La référence au village de Magdala situé près du lac de Tibériade (Mer de Galilée) évoquée à partir du IXe siècle par le bénédictin allemand Raban Maure est erronée car ce village n'est pas attesté à l'époque de Jésus ni pendant les deux premiers siècles.

Jésus et Marie-Madeleine peints par Lucas Cranach vers 1515-1520. Une vision romantique très européenne.

Sur le plan privé, les Évangiles ne disent nulle part que Jésus était marié ou aurait eu des enfants. On cite seulement une relation avec Marie-Madeleine, sa présence au pied de la croix et le fait qu'elle fut la première témoin de la résurrection du Christ (Jean).

Jean a aussi écrit que Marie-Madeleine appelle Jésus "Rabbouni" (Jean 20:16) qui est le diminutif affectueux du mot araméen Rabbi (le rabbin, le maître, l'honorable enseignant du culte), sous-entendant qu'il y a un lien affectif entre les deux personnes.

Certains textes apocryphes dont l'Évangile selon Philippe suggèrent toutefois que Marie-Madeleine entretenait une relation intime avec Jésus et aurait vécu avec lui, notamment les textes gnostiques de Nag Hammadi qui disent par exemple à propos de Jésus : "Il aimait Marie-Madeleine plus que les autres disciples et il l'embrassait souvent sur la bouche". A une époque où l'Église se cherchait encore mais était tout sauf féministe, ce texte fit l'effet d'une bombe et fut aussitôt proscrit du canon, au même titre que les allusions à son fils Judas (ou Jude), à la relation de Marie avant son mariage ou aux frères et soeurs de Jésus. On y reviendra.

Mais comme d'autres passages de l'Évangile selon Philippe et celui de Marie embarrassant pour l'Église, ils ne doivent pas être pris au sens propre. En effet, si on consulte le texte original en grec - la seule source valable -, on constate que Philippe utilise le mot "koinonos" signifiant compagnon, c'est-à-dire le masculin de "compagne". Cela implique que même si Jésus semble être proche de Marie-Madeleine, elle n'est pas sa "petite amie" encore moins son épouse, mais plutôt une compagne au même titre que les disciples. Du moins, si on en croit Philippe car l'inscription sur l'un des ossuaires de la tombe de Talpiot laisse penser que Jésus eut un fils prénommé Jude.

L'Évangile selon Thomas précise le sens de la relation qu'entretenaient les femmes avec Jésus : "Voici que je la ferai venir à moi afin de la faire mâle, pour qu'elle devienne, elle aussi, un esprit vivant semblable à vous, mâles. Car toute femme qui se fera mâle entrera dans le royaume des cieux" (Logion 114). Aussi, certains spécialistes de la chrétienté y voient un baiser mystique, un symbole initiatique par lequel le couple échange un souffle spirituel par lequel Marie-Madeleine trouvera le salut en devenant la polarité mâle comme précisé dans l'Évangile selon Philippe qui dit clairement que la gnose n'est "pas pour les animaux, ni pour les esclaves, ni pour les femmes souillées, mais pour les hommes libres et les vierges".

Ainsi paradoxalement, les gnostiques ont une idée ambivalente de la femme. D'un côté ils considèrent la femme négativement du fait que c'est une femme, Sophia (la Sagesse en grec), qui donna naissance au démiurge néfaste et étant capable de procréer elle permet au démiurge de perdurer. D'un autre côté, pour rattaper cette catastrophe, Dieu crée le Christ qui permet aux femmes d'accéder au Salut au même titre que les hommes libres. Ainsi à la misogynie propre à la Grande Église se trouve opposé la liberté des femmes (asexuées) d'accéder à des fonctions ecclésiastiques dans l'Église gnostique. Et de fait, plusieurs femmes occuperont des places importantes dans leur hiérarchie, ce qui aura le don d'irriter les Pères de l'Église.

Si les Évangiles n'en parlent pas non plus, d'autres textes apocryphes expliquent qu'après la mort de Jésus, Marie-Madeleine serait partie prêcher la Bonne Nouvelle en Europe. Mais l'archéologie reste muette à son sujet. Toutefois, si c'est vrai, l'ossuaire portant son nom découvert à Jérusalem aurait dû être vide. Sans trace de Marie-Madeleine en Europe, il est donc plus probable qu'elle soit restée en Palestine auprès de sa famille.

Dans les textes gnostiques, Marie-Madeleine est donc considérée comme une disciple à part entière et même très influente jusqu'à la mort de Jésus, des textes jugés peu "orthodoxes" qui furent écartés par l'Église dès l'époque d'Irénée au IIe siècle. Pire, le pape Grégoire 1er (540-604) véhicula l'image que Marie-Madeleine était une prostituée ! Du coup, Marie-Madeleine n'apparaît plus comme une figure dominante qui aurait pu influencer Jésus et les apôtres mais comme une pêcheresse repentie. Grâce à ce stratagème l'Église était libre de réinterpréter les Évangiles en accordant une place de choix à Jésus et aux apôtres !

Dans les littératures judéo-chrétienne et islamique, Marie-Madeleine est également associée à Eve, la mère de l´humanité, et à Pandore, celle qui aurait tous les dons et représentant la force, la dignité et la beauté dans la philosophie païenne mais qui aurait commis l'irréparable en volant les secrets des dieux et précipité l'humanité dans le malheur, la femme étant la source de tous les maux.

A consulter : Catharisme d'aujourd'hui

A gauche, sur ce papyrus copte de 7.6x3.8 cm présenté en 2012 par Karen King, historienne à l'Harvard Divinity School, il est écrit : "Jésus leur dit : ma femme" ainsi que "elle pourra être ma disciple". Jugé authentique par King, il suggère que Jésus était marié et que les femmes pouvaient être les disciples de Jésus mais il ne prouve pas le mariage de Jésus. Toutefois, Leo Depuydt, égyptologue à l'Université Brown, considère qu'il s'agit d'un faux car un faussaire peut aisément trouver ce type de papyrus et fabriquer l'encre à partir de suie de bougie et d'huile. Il s'étonne aussi que l'auteur soit resté anonyme. Son authenticité reste donc controversée même si d'autres papyri gnostiques évoquent la relation intime (à prendre sur le plan spirituel) de Jésus avec M arie-Madeleine. A droite, "Eve Prima Pandore" réalisé en 1550 par Jean Cousin et exposé au Musée du Louvre. Eve présente les attributs de Marie-Madeleine (vase à nard dont elle oint les pieds de Jésus, tête de mort et plus tard un miroir de courtisane et la couronne d'épine. Mais généralement ses cheveux sont longs et dénoués).

Malgré ces interprétations, les Cathares (X-XIIIe siècle) qui détenaient soi-disant les secrets de Dieu au même titre que les Templiers vouèrent autant un culte à Marie-Madeleine qu'au Christ qu'ils considéraient comme ayant vécu ensemble et ayant engendré une famille. Cela leur valut d'être exterminés par l'Église catholique avec l'approbation du roi de France qui y vit une occasion pour agrandir son territoire.

Toutefois en 1969, au cours du concile Vatican II, le pape Paul VI revint sur l'image négative de Marie-Madeleine et la réintégra dans son statut de femme sainte au même titre que les apôtres. Si son honneur est aujourd'hui sauvée, dans la mémoire collective, son image reste encore trop souvent accolée à celle du femme impudique.

La nature de Jésus

Reste la question de la nature de Jésus qui sème le trouble et pose problème depuis plus de 2000 ans, du moins chez les chrétiens. Ici également, une nouvelle lecture des manuscrits apocryphes et une comparaison avec les doctrines enseignées à l'époque révèlent un personnage différent de ce que l'Église a toujours voulu véhiculer à travers le canon du Nouveau Testament.

Avant d'aborder le Jésus des Évangiles canoniques, rappelons que pour les gnostiques (tous courants confondus), Dieu détient seul le pouvoir de créer des "éons" (de "aiôn" en grec signifiant "éternité", "être divin"), des enfants mâles et femelles. L'un des ces éons est le Christ, un esprit divin descendu sur Terre pour sauver les êtres "pneumatiques" (les êtres spirituels choisis).

Pour un gnostique, Jésus et Christ sont deux êtres totalement dissociés comme un homme et son armure. A la demande du Père, Jésus est une enveloppe charnelle et temporaire que le Christ utilisa pendant son séjour dans le monde du démiurge. On reviendra sur ce concept lors de la trahison de Jésus. Jésus n'est pas un intermédiaire entre Dieu et les hommes ni son porte-parole, encore moins son Fils. Le gnostique Cérinthe précise que Jésus est un prophète sur lequel le Christ s'est posé lors du baptême et quitta après la Passion. Le Christ étant un être divin, il n'est pas né des entrailles d'une femme et n'a pas connu la souffrance de la crucifixion. Seul l'homme de chair fut crucifié sur la croix.

D'autres gnostiques seront plus mystiques tel Carpocrate qui considère les apôtres comme des philosophes ou des sages ayant eut la vision du Christ ou Basilide qui imagine que l'Intellect habita Jésus avant de quitter son corps prestement avant la crucifixion.

Enfin, selon les gnostiques le Christ étant un être supérieur, il a trompé le démiurge en lui faisant croire qu'il était mort sur la croix, au point qu'il en ria comme le mentionne l'Apocalypse de Pierre découvert à Nag Hammadi où, voyant Jésus crucifié riant sur la croix (qu'il appelle "l'arbre"), Pierre lui demande : "Que vois-je, Seigneur, c'est bien toi-même qu'il ont saisi [...] Et qui est celui-là, qui est heureux et qui rit sur l'arbre [...] Le Sauveur me dit : "Celui que tu vois sur l'arbre est le Jésus vivant. Mais celui dans les mains et les pieds duquel, c'est-à-dire en sa partie charnelle, ils plantent des clous, c'est le substitut livré à la honte, celui qui vint à l'être dans sa ressemblance. Tourne ton regard vers moi et vers lui" (Nag Hammadi VII, 3:81, 4-14).

En résumé, pour les gnostiques Jésus est un instructeur qui enseigne par la gnose comment l'homme peut détacher son Intellect de la matière pour rejoindre le royaume de Dieu. La mission des gnostiques sera donc de rechercher le sens caché des paroles de Jésus, non pas durant son existence, mais après sa résurrection. Le recueil de ses paroles secrètes n'est accessible qu'à une communauté restreinte d'initiés.

Notons que les textes gnostiques découverts à Nag Hammadi ont été rassemblés dans les "Écrits gnostiques: La bibliothèque de Nag Hammadi", un livre de 1920 pages publié en 2007 chez Gallimard.

Face à cette doctrine métaphysique cultivant le culte du mystère, les chrétiens se sont organisés pour défendre la parole de Jésus-Christ telle qu'elle fut originellement transmises par Paul, plus que par Jacques et ses disciples. On y reviendra à propos de la querelle paulienne.

C'est l'histoire de Jésus et des relations qu'entretenaient les Juifs avec les Romains que nous allons aborder dans les prochains chapitres et tenter d'authentifier sur base des faits historiques avant d'analyser et tenter d'éclaircir le sens de ses paroles.

A lire : La venue du Messie

Retour aux Religions

Page 1 -


Back to:

HOME

Copyright & FAQ