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La Bible face à la critique historique

Les damnés condamnés à l'Enfer dans l'"Hortus Deliciarum" (le Jardin des Délices) de Herrade de Landsberg (c1180).

La vie éternelle ou l'Enfer

Le mensonge de l'Église

Depuis près de deux mille ans, l'Église n'a de cesse de répéter que seuls les Chrétiens pratiquants auront une chance d'être "sauvés" et d'accéder au Royaume de Dieu annoncé par le Christ. Cela signifie surtout que les centaines de milliards de personnes qui vécurent avant et après l'époque de Jésus ont eu la malchance de naître dans une culture où l'on ne prêchait pas la Bonne Nouvelle annoncée dans le Nouveau Testament. Même les plus dévots d'entre les Juifs, les Musulmans, les Bouddhistes ou les Indous parmi d'autres confessions n'ont aucune chance d'accéder à la vie éternelle et de connaître le Paradis; ils sont perdus à jamais sans rémission possible de leur "péché" qui fut de ne pas croire dans la parole de Jésus. Même ceux qui n'ont jamais mordu dans la pomme et qui sont agnostiques, laïques, athées ou animistes subiront le même funeste sort diabolique : ils mourront dans les affres et le feu éternel de l'Enfer !

La décision est unilatérale et sans appel. Il n'y a pas de débat possible. Seule exception à la volonté divine, par l'intermédiaire de Jésus, à son époque les croyants et autres Gentils pouvaient "venir au Père" et bénéfier de la vie éternelle. Mais ce n'est plus possible. Si nous relisons les Actes des Apôtres, on ne peut trouver le salut qu'à travers Jésus-Christ et personne d'autre (Actes 4:1) car lui seul est capable de combler l'écart entre Dieu et les hommes.

Paul, Pierre et quelques autres rédacteurs du Nouveau Testament (mais pas tous) ont prétendu que "croire au Fils" était la seule manière d'accéder à la vie éternelle. Ainsi Jean écrivit : "il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle" (Jean 3:14-15) et c'est toujours la position officielle de la grande majorité des Églises chrétiennes depuis près de vingt siècles.

Même au nom de Dieu ou de la Justice, en invoquant la pitié, la compassion, le mérite ou l'équité, les centaines de milliards de personnes non chrétiennes pratiquantes ayant vécu et qui vivront dans les siècles à venir n'ont pas la moindre "chance" de connaître le Christ, elles ne bénéficieront jamais de la bonté divine et n'accéderont jamais à la vie éternelle, que les choses soient claires !

La plupart sinon tous les enseignants chrétiens y compris protestants enseignent dans les écoles, séminaires et autres universités que Jésus est le seul moyen d'accéder à Dieu. Autrement dit, le christianisme est une religion exclusive dont les hauts représentants et bien évidemment les adeptes sont convaincus que seule leur religion est vraie et que tous ceux qui s'y opposent se trompent et sont dans l'erreur. Face à une telle intolérance, ce n'est pas pour rien qu'ils ont déclenché des guerres de religion.

En fait, tout au long de son histoire l'Église a resserré les rangs et exclut de plus en plus de communautés y compris chrétiennes au point que les Anglo-saxons ont des doutes quant au salut d'Églises réformées sinon "dissidentes" comme les Baptistes ou les Méthodistes. C'est une curieuse vision oecuménique très éloignée du message de Jésus.

Illustration de la damnation dans la littérature chrétienne. A gauche, Lucifer dans la "Divine comédie" de Dante dessiné par Francesco Scaramuzza vers 1836 (planche XXXIV). A sa droite, une carte illustrant les différents niveaux de l'Enfer extraite d'un manuscrit de la première partie du même poème de Dante intitulée "L'Enfer" (Inferno) enluminé vers 1420-1430. La miniature serait attribuée à Bartolomeo Di Fruosino qui s'est inspiré de la fresque de la chapelle de Strozzi située dans l'église Santa Maria Novella à Florence. A droite du centre, détail du "Jugement Dernier" réalisé par Hans Memling c.1467-71 et exposé au Musée National à Gdansk en Pologne. A droite, un détail du "Jugement Dernier" peint par Giovanni Canavesio en 1492 sur les murs de la chapelle Notre Dame de la Fontaine située près de La Brigue dans le sud de la France.

Les enseignants chrétiens vont jusqu'à s'appuyer sur l'argument falacieux que la Bible étant le livre le plus vendu du monde, Jésus a plus de partisans dans le monde que n'importe quel autre personnage religieux. De plus les idées de Jésus ont été admirées par des personnes illustres, y compris non-chrétiennes, depuis de nombreuses années. Enfin, c'est le seul chef religieux mort et ressuscité, un miracle qui le rend supérieur à d'autres grands chefs religieux. Bref, si on croit en Jésus, alors il représente le seul moyen d'accéder au Royaume de Dieu car tel est l'enseignement transmis par les apôtres et tous les serviteurs de Dieu.

Bien que l'Église romaine ait décrété ne jamais se tromper, que dire alors du pluralisme des religions où chacune prétend détenir la Vérité ? Pour les Chrétiens ce pluralisme n'existe tout simplement pas et serait même démenti par la logique - disons plutôt leurs idées dogmatiques - ne laissant la place qu'à une confession de foi exclusive : selon les Chrétiens, Jésus s'est sacrifié et est mort afin que celui qui croit en lui soit sauvé.

Quant à la morale, un Chrétien ne peut évidemment pas admettre que sa religion est exclusive et injuste voire sectaire (il est toujours difficile d'avouer que l'on s'est trompé). Ils rejettent donc l'accusation en disant que la Révélation se dévoile par nature et en conscience, chacun sachant intimement que sa vérité est moralement juste. Si cela n'est pas un point de vue subjectif et ad hoc, que Zeus en personne me foudroie !

Mais est-ce bien ainsi qu'il faut comprendre le Nouveau Testament et les paroles de Jésus ? Honnêtement, vu le côté partisan des arguments évoqués par les Chrétiens, on peut en douter. En effet, plusieurs textes bibliques viennent contredire la vision chrétienne.

De la Géhenne à l'Enfer

Que dit exactement Jésus à propos de la grâce de Dieu et de la vie éternelle ? Jésus protège tous ceux qui défendent ses idées même s'ils n'appartiennent pas à sa communauté : "Qui n'est pas contre nous est pour nous." (Marc 9:40). Jésus évoque aussi les sacrifices païens comme les immolations interdites par la Loi depuis l'époque dynastique : "Si ton oeil est pour toi une occasion de chute, arrache-le; mieux vaut pour toi entrer dans le Royaume de Dieu n'ayant qu'un oeil, que d'avoir deux yeux et d'être jeté dans la géhenne, où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s'éteint point." (Marc 9:47-48).

Jésus fait également allusion à l'Enfer à propos du Jugement Dernier : "Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. [les maudits] iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle." (Matthieu 25: 41,46).

A priori, les paroles de Jésus semblent valider l'existence de l'Enfer. Mais connaissant la personnalité de Jésus, nous savons qu'il n'avait jamais eu l’intention de contredire les textes sacrés et en particulier la Parole de Dieu, qui affirme clairement : "Les vivants, en effet, savent qu'ils mourront; mais les morts ne savent rien". (Ecclésiaste 9:5).

A voir : Carte de vallée de Hinnom (la Géhenne), Google Maps

La vallée de Gaï ben Hinnom (des fils de Hinnom ou la Géhenne en français) qui s'étend au sud et au sud-ouest de la vieille ville de Jérusalem et qui est aujourd'hui devenue le parc de Zurich. Documents  Qu4ttroPhoto et Rob Mat Canterbury.

Comme nous l'avons expliqué à propos des origine et du sens du terme "Enfer", Jésus appelle ce lieu la "Géhenne" qui vient du nom hébraïque "Gaï ben Hinnom" signifiant la "vallée des fils de Hinnom" que l'on voit ci-dessus mais qu'on appelait généralement "Gaï Hinnom". Cette forme raccourcie fut translitéralisée en grec par le mot "ge henna" (ou géenna) qui donna en français la "Géhenne".

La vallée de Hinnom s'étend juste au sud du mont Sion, au sud et au sud-ouest de la vieille ville de Jérusalem et correspond aujourd'hui au Wadi Rababi qui est devenu un bel espace vert appelé le parc de Zurich. A l'époque dynastique, cette vallée délimitait la limite entre les territoires des fils de Juda et de Benjamin (cf. Josué 15:8).

Depuis l'époque du roi Salomon, cette vallée servit successivement de lieu de sacrifice païen y compris d'infanticide, de dépotoir, de décharge pour les cadavres des criminels et de lieu de réclusion pour les lépreux notamment. Un feu y était constamment entretenu pour détruire les ordures et éviter la prolifération des germes. Au fil du temps, les Juifs ont associé la vallée de Hinnom avec le lieu de passage et de purification des âmes. Ce sont ensuite les penseurs grecs puis les Chrétiens qui en firent le symbole de l'Enfer.

Quand Jésus évoque la Géhenne, il fait donc allusion au traitement des cadavres qui ne méritaient pas d'être enterrés et donc au symbole de la mort sans espoir de résurrection. De plus, quand il dit que Dieu "peut faire périr l'âme et le corps dans la Géhenne" (Matthieu 10:28), la Géhenne symbolise bien la mort éternelle et non les souffrances d'une torture éternelle comme le sous-entendra plus tard l'Église.

A ce propos, en 1995 les Protestants se sont encore démarqués un peu plus des Catholiques lorsque la Commission de la doctrine de l'Église d'Angleterre (DCCE) déclara que "L'enfer, ce n'est pas les tourments éternels, mais le choix ultime et irrévocable de ce qui s'oppose si entièrement et si absolument à Dieu que la seule issue en est la non-existence totale." (cf. "Mystery of Salvation", DCCE, 1995). Ceci dit, il fallut tout de même près de 2000 ans pour en arriver là.

Quant au "feu éternel" dont parle Jésus, c'est un symbole comme la référence aux "brebis" et aux "chèvres" qu'il évoque quelques versets plus haut (Matthieu 25:32-33), symbolisant respectivement les justes et les "égarés" définitivement perdus. Ces derniers qui représentent les personnes non repenties brûlent complètement mais au sens figuré. Autrement dit, elles subissent un "châtiment éternel" (Matthieu 25:46) dans le sens où elles sont à jamais retranchées de la vie.

On comprendra qu'une lecture au premier degré et une interprétation un peu trop rapide voire dictée par des intentions moins louables permit à l'Église de faire croire aux Chrétiens que Jésus évoquait réellement l'Enfer où les âmes impures souffraient éternellement pour leur(s) péchés(s).

D'un autre côté, Jésus n'a jamais prétendu que l'homme avait une âme immortelle. En revanche, il enseigna que les morts peuvent ressusciter (Luc 14:13-14 ou Jean 5-25-29). On peut alors en déduire que Jésus ne croit pas que les âmes sont mortelles. Jésus croit donc en l'existence d'une vie éternelle, certe pas une vie terrestre puisque le corps du défunt s'est décomposé mais bien d'une vie dans le Royaume de Dieu. Et nous allons voir que cette possibilité, Jésus l'offre à tous. Reste qu'il ne s'est jamais expliqué sur la manière concrète dont cela se réaliserait le jour du Jugement Dernier, ce qui encore aujourd'hui reste un mystère pour tous les Chrétiens qui en sont réduits à croire Jésus sur parole, une bien maigre consolation pour les agnostiques.

Dieu sauvera l'humanité

Ensuite, si on doute encore du sens des paroles de Jésus, il y a le passage de Marc qui évoque les dernières paroles du Christ : "Puis il leur dit: Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.…" (Marc 16:15-16). Or grâce aux recherches archéologiques on a découvert des versions plus anciennes différentes, confirmant que ce passage est tardif et fut falsifié par un chrétien zélé. Mais ce n'est pas la seule fois que l'Église fut complice de contrefaçon; rappelez-vous la finale de Marc qui annonce la résurrection de Jésus.

"Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde" (1 Jean 4:4).

L'ajout tardif de Marc comme bien d'autres apportés dans le Nouveau Testament par la Grande Eglise témoigne que cette vision exclusive du salut ne prévalait pas à l'époque.

Quand Matthieu évoque les dernières paroles du Christ, il dit tout le contraire de Marc : "Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde" (Matthieu 28:16-20). On y reviendra à propos de la querelle paulienne.

Dans l'Épître aux Romains, Paul nous précise également que Dieu accorde le salut à toute l'humanité. Le païen qui ne connaît pas la Loi (c'est-à-dire la Torah ou pour les Chrétiens, les Évangiles) mais applique ses principes sera d'une manière ou d'une autre compté parmi les Justes car Dieu connait les actions secrètes des hommes (Romains 2:12-16). Le coeur plus que la loi des hommes sauvera l'humanité. Notons que ce passage permet à Paul de déclarer au chapitre suivant que "Tous sont égarés, tous sont pervertis; Il n'en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul" (Romains 3:12). On ne peut donc être sauvé qu'en respectant la Loi et par le sacrifice de Jésus. On en déduit que le Père accepta de sacrifier son Fils en rémission des péchés du Monde afin que tous les hommes et les femmes, y compris ceux qui n'en avaient jamais entendu parlé, puissent bénéficier de sa grâce divine.

Jésus décrit le sens de sa doctrine dans la parabole suivante : "Deux hommes montèrent au temple pour prier; l'un était pharisien, et l'autre publicain. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l'autre. Car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé" (Luc 18:10-14).

En réalité et contrairement à ce prétend l'Église, Jésus n'exige pas que l'ont croit en lui ni même de sacrifier au Temple pour exiper ses péchés sachant très bien que certains n'y croient pas. Selon Jean, la seule manière de savoir si un esprit vient de Dieu ou d'un faux prophète est de sonder son coeur : "Vous, mes petits enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde" (1 Jean 4:4). Matthieu va de même sens quand il décrit le Jugement Dernier évoqué plus haut où le Fils de l'homme séparera toutes les nations non pas en fonction de leur culture ou de leur foi en Jésus, mais selon la manière dont elles ont traité les "plus petits de mes frères" (Matthieu 25:31-40).

La Bible fait constamment référence au pardon et à la grâce de Dieu, l'homme devant se repentir en appelant au salut de Dieu. Ainsi dans les Psaumes, David évoque la grâce de Dieu : "L'Eternel est miséricordieux et compatissant, Lent à la colère et riche en bonté; Il ne conteste pas sans cesse, Il ne garde pas sa colère à toujours; Il ne nous traite pas selon nos péchés, Il ne nous punit pas selon nos iniquités. Mais autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sa bonté est grande pour ceux qui le craignent; autant l'orient est éloigné de l'occident, autant il éloigne de nous nos transgressions. Comme un père a compassion de ses enfants, L'Eternel a compassion de ceux qui le craignent. Car il sait de quoi nous sommes formés, Il se souvient que nous sommes poussière." (Psaume 103:8-14).

"Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux" (Matthieu 5:48) est l'une des conditions de la vie éternelle.

Même Paul, qui est souvent crédité de sectaire pour exclure les personnes sans foi et pécheresses déclare que "toutes choses" seront soumises à Dieu et finalement réunies dans le Telos, la cause finale : " Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu'on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu" (1 Corinthiens 27:29). Avouons que cela cadre mal avec le point de vue exclusif de l'Église.

On peut donc lire le Nouveau Testament littéralement comme le font les Chrétiens les plus sectaires et malgré tout y trouver un sens de la justice très éloigné des idées exclusives chrétiennes. Cette interprétation libérale fut notamment exploitée par Martin Luther pour tenter de réformer l'Église mais dont les conciles n'ont pas vraiment tenu compte à l'époque (seuls quelques timides changements furent approuvés lors du Concile de Trente au XVIe siècle) et conduisit au schisme de l'Église protestante. Il faudra attendre le Concile Vatican II au XXe siècle pour que l'Église révise réellement quelques uns de ses principes fondamentaux.

Enfin, n'oublions pas que la vie éternelle n'est pas le privilège des Chrétiens ou des Juifs. Le concept fut déjà inventé il y a plus de 4500 ans, à l'époque des pharaons d'Égypte de l'Ancien Empire. Les pharaons représentaient le pouvoir terrestre de Dieu et eux seuls pouvaient accéder à la vie éternelle. Mais deux conditions devaient être remplies : leur pyramide devait être terminée avant leur décès et un prête devait lire les paroles sacrées au moment de la mise au tombeau du défunt afin que l'esprit du Pharaon bénéficie du pouvoir de la pyramide et l'aide à rejoindre le firmament. Quelques siècles plus tard, après la révolution, ce privilège des rois (et de quelques reines) fut accordé à tout Égyptien nanti capable de se faire construire une petite pyramide.

Que les Chrétiens n'aient donc pas l'arrogance de croire qu'ils sont les seuls héritiers de la vie éternelle ou que cette faveur leur a été destinée en exclusivité par Jésus. Ce concept dogmatique est aussi vieux que les religions et sa forme chrétienne n'en est qu'une des multiples représentations.

A chacun sa vérité

Le pluralisme religieux nous démontre que toutes les religions ont leur vérité et que toutes les voies mènent à Dieu. Mais si on suit cette logique, tous ces points de vue ne peuvent pas être vrais; si tout le monde prétend détenir la Vérité, la vérité est ailleurs pour reprendre un célèbre slogan et tout le monde se trompe !

Et de fait, certains confessions ont des principes opposés. Pour le christianisme l'homme est né dans le péché alors que pour l'Islam, l'homme est naturellement bon. Pour le christianisme la Révélation est une personne, le Christ, alors que pour l'Islam la Révélation est un livre, le Coran. Pour les Chrétiens, les Évangiles furent rédigés par des apôtres ou des disciples de Jésus alors que pour les Musulmans, c'est Jésus qui apporta les Évangiles que les Chrétiens ont ensuite falsifié. On pourrait aussi évoquer les interdits à l'encontre de la femme dans le droit musulman et sa liberté (durement acquise) dans le droit des pays démocratiques ou encore le rôle de la prière qui un des cinq piliers de l'Islam alors qu'elle ne joue qu'un rôle secondaire (dans l'Eucharistie ou en signe de dévotion) et avant tout personnel chez les Chrétiens. Toutes ces vérités ne sont pas donc pas équivalentes ni mêmes égales.

Que les Chrétiens estiment qu'ils détiennent la seule vérité, soit, mais la justifier au nom du Christ ressuscité est présomptueux pour les adeptes des autres confessions et courants de pensées qui n'imaginent pas un seul instant que Jésus serait le seul moyen d'accéder à la vie éternelle, au Paradis, à la plénitude, à l'illumination ou quel que soit le nom que l'on donne à cet au-delà.

Aussi, les Chrétiens (comme les membres des autres religions) qui pensent détenir la seule vérité devraient plutôt relire le message de paix et d'amour de Jésus et revenir à un peu plus d'humilité voire de réalisme au lieu de s'isoler dans leur tour d'ivoire en méprisant ceux qui ne partagent pas leurs idées. Finalement, ce ne sont peut-être pas ceux auxquels on pense qui iront en Enfer.

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