Contacter l'auteur / Contact the author

Recherche dans ce site / Search in this site

 

Anatomie du corps humain

Introduction (I)

Le corps humain se compose de la tête, du tronc et des membres et comprend une douzaine de systèmes biologiques et 80 organes qui remplissent des fonctions spécifiques nécessaires au métabolisme et à la vie quotidienne.

À part les quelques minutes que nous prenons chaque jour pour nous occuper brièvement de notre corps, vu son état généralement stable nous avons tendance à l'oublier. Or les petits symptômes qu'il présente parfois nous rappelle que c'est un système vivant mais heureusement autonome dont globalement nous ne contrôlons pas volontairement les fonctions physiologiques ni les réactions face aux agressions qu'il subit, tant du monde extérieur que celles liées à son activité propre. Vu qu'il est vivant, il doit faire face à d'innombrables agents pathogènes, infectieux ou chimiques, sans parler des blessures qu'il peut subir. Mais bien que très complexe et extraordinairement bien organisé, il ne peut pas tout gérer et est donc parfois démuni, très fragile et sensible face à certaines agressions.

 S'informer sur le fonctionnement du corps humain et les risques sanitaires est donc essentiel pour notre hygiène de vie et notre survie et constitue déjà une première ligne de défense car la personne bien informée sait déjà quel risque elle doit éviter ou comment elle peut l'éliminer, et le cas échéant, quelle mesure ou traitement elle doit prendre pour se débarrasser d'un symptôme ou d'une maladie.

Dans cet article nous insisterons donc autant sur l'anatomie et la physiologie ou fonctionnement du corps humain que sur les maladies qui peuvent l'affecter. Toutefois, bien qu'on évoquera à l'occasion les méthodes de diagnostic et les traitements, nous laisserons ces sujets aux médecins dont c'est le métier.

Voici le sommaire des sujets que nous allons décrire :

Le squelette

Le corps humain est soutenu par le système squelettique, une structure interne qui se compose de 206 os reliés par des tendons, des ligaments et séparés par du cartilage. Le squelette nous aide non seulement à bouger, mais il participe aussi à la production de cellules sanguines et au stockage du calcium. Les dents font également partie du système squelettique, mais elles ne sont pas considérées comme des os du fait de leur nature et de leur fonction.

La peau

La peau ou système tégumentaire, est le plus grand organe du corps humain. Il nous protège du monde extérieur et constitue notre première défense contre les bactéries, les virus et autres pathogènes. Notre peau est à la fois imperméable à certaines substances ou organismes et perméables à d'autres. Elle aide également à réguler la température corporelle et à éliminer les déchets par la transpiration. En plus de la peau, le système tégumentaire comprend les cheveux et les ongles.

Le système nerveux

Le système nerveux contrôle à la fois les actes volontaires (par ex. les mouvements conscients) et les actes involontaires (par ex. la respiration et les actes réflexes), et échange des signaux avec les différentes parties du corps. Le système nerveux central comprend le cerveau ou encéphale et la moelle épinière. Le système nerveux périphérique est constitué de nerfs qui relient toutes les autres parties du corps au système nerveux central.

Le système musculaire

Le système musculaire se compose d'environ 650 muscles qui permettent les mouvements, aident le flux sanguin et d'autres fonctions corporelles. Il existe trois types de muscles : le muscle squelettique qui est relié à l'os et aide les mouvements volontaires, le muscle lisse qui se trouve dans les organes et aide à déplacer les substances à travers les organes et le muscle cardiaque qui se trouve dans le cœur.

Le système respiratoire

Le système respiratoire nous permet d'absorber l'oxygène vital et d'expulser le dioxyde de carbone grâce au mécanisme de la respiration. Il se compose principalement de la trachée, du diaphragme et des poumons.

Le système circulatoire

Le travail du système circulatoire ou cardiovasculaire consiste à déplacer le sang, les nutriments, l'oxygène, le dioxyde de carbone et les hormones dans le corps. Il se compose du coeur, du sang et du système sanguin comprenant les vaisseaux sanguins, les artères, les veines et les capillaires.

Le système digestif

Le système digestif se compose d'une série d'organes permettant au corps de décomposer et d'absorber la nourriture et d'éliminer les déchets. Il comprend la bouche, l'œsophage, l'estomac, l'intestin grêle, le gros intestin, le rectum et l'anus. Le foie et le pancréas jouent également un rôle dans le système digestif en produisant des sucs digestifs.

Le système urinaire

Le système urinaire permet d'éliminer les substances de rebut appelé l'urée du corps. L'ensemble du système urinaire comprend les deux reins, les deux uretères, la vessie, les deux sphincters et l'urètre. L'urine produite par les reins descend par les uretères vers la vessie et sort du corps par l'urètre.

Le système reproducteur

Le système reproducteur assure la reproduction. Le système reproducteur masculin comprend le pénis et les testicules qui produisent des spermatozoïdes. Le système reproducteur féminin comprend le vagin, l'utérus et les ovaires qui produisent des œufs. Au cours de la conception, un spermatozoïde fusionne avec un ovule, ce qui crée un ovule fécondé qui s'implante et grandit dans l'utérus.

Le système endocrinien

Le système endocrinien se compose de huit glandes majeures qui sécrètent des hormones dans le sang. Ces hormones sont transportés vers différents tissus et régulent diverses fonctions corporelles telles que le métabolisme, la croissance et la fonction sexuelle.

Le système immunitaire

Le système immunitaire assure la défense de l'organisme contre les bactéries, les virus et autres agents pathogènes qui peuvent être nocifs. Il comprend les ganglions lymphatiques, la rate, la moelle osseuse, les lymphocytes (y compris les lymphocytes B et les lymphocytes T), le thymus et les leucocytes ou globules blancs.

Le système lymphatique

Le système lymphatique comprend les ganglions lymphatiques, les canaux lymphatiques et les vaisseaux lymphatiques et joue également un rôle dans les défenses de l'organisme. Son principal rôle est produire et déplacer la lymphe, un liquide clair qui contient des globules blancs qui permet au corps de combattre les infections. Le système lymphatique extrait également l'excès de liquide lymphatique des tissus corporels et le renvoie dans le sang.

Généralités

Selon une étude publiée en 2016 dans la revue "PLOS" par le biologiste Ron Senders de l'Institut des Sciences Weizmann d'Israël et ses collègues, le corps d'un homme de 20-30 ans, pesant 70 kg pour 1.70 m est constitué d'environ 30 trillions soit 30000 milliards de cellules et probablement autant sinon davantage de bactéries (on cite des chiffres de l'ordre 3.9x1013 microbes).

Un corps humain typique pesant environ 80 kg contient 12 kg d'os, 33 kg de muscles, 15 kg de graisse et 20 kg d'organes auxquels s'ajoutent entre 1.5 et 2 kg de microbes essentiellement rassemblés dans la flore intestinale.

Le corps humain en chiffres

30

trillions de cellules.

100

milliards de cellules forment la peau (tissu épithélial).

200

types différents de cellules.

86

milliards de neurones dans le cerveau.

25000

connexions nerveuses ou synapses maximum par neurone.

2000

cellules meurent chaque seconde soit 50 à 70 milliards chaque jour.

640

muscles et 360 ligaments font mouvoir le corps.

60

muscles dans le visage dont 20 pour sourire et 40 pour fronsser les sourcils.

10000

neurones sont perdus chaque jour à partir de 20 ans, 50000 à 40 ans et 100000 à 90 ans.

127

millions de cellules forment la rétine permettant de distinguer 10 millions de nuances.

60

millions de récepteurs sensoriels.

1000

récepteurs olfactifs permettent de distinguer 50000 odeurs.

431

km/h c'est la vitesse maximale d'un influx nerveux

1.5

km est la longueur interne de l'intestin grêle en comptant les villosités (sinon il mesure ~7 m).

150

litres de liquides sont filtrés par les reins chaque jour et ils secrètent 1.5 l d'urine.

42

milliards de vaisseaux sanguins.

30

trillions de globules rouges (hématies).

115200

battements de coeur par jour et 3 milliards en 70 ans.

5

à 6 litres de sang circulent dans les tissus d'un homme de 65 kg.

100

mètres carré, telle est la surface d'échange de nos poumons.

5

litres de sang sont pompés chaque minute par le coeur soit 360 litres/h.

2.4

km de capillaires dans les poumons.

300

millions d'alvéoles pulmonaires.

23040

respirations par jour.

1.27

mètre, telle est la longueur de l'ADN pour 2 nanomètres de diamètre.

206

os chez un adulte (contre 270 os chez un bébé dont certains se soudent vers 36 mois).

12000

litres d'air sont inspirés chaque jour soit 40000 hl par an.

800

ml de sueur sont produits chaque jour.

100

cheveux tombent chaque jour.

100000

follicules pilleux.

1.5

litre de salive est produit chaque jour.

1.7

mètre carré de peau pesant environ 3 kg.

2000

kg telle est la masse que peut supporter l'ossature, le fémur étant le plus résistant.

En termes chimiques, cette masse corporelle contient en moyenne 60% d'eau. Les 40% restants sont composés d'assemblages d'un peu plus de 60 éléments chimiques différents. 99% de la masse corporelle est constituée de 6 éléments chimiques : l'oxygène (65%), le carbone (18%), l'hydrogène (10%), l'azote (3%), le calcium (1.4%) et le phosphore (1.1%). Ces éléments assemblés en macromolécules (hydrates de carbone, lipides, protéines, acides nucléiques, ADN, etc) représentent 7x1027 atomes (7 milliards de milliards de milliards) dont 12 milliards d'atomes forment les 3.4 milliards de paires de bases (3.4 x 106 kbp) de l'ADN. Sachant que 99.9% du volume d'un atome est vide, on peut dire que nous fait de... presque rien, ou comme on dit poétiquement, de poussière d'étoiles puisque ces éléments ont été formés dans le coeur des étoiles.

Enfin, si on compactait tous les atomes de notre corps pour éliminer les espaces vides, le corps humain tout entier tiendrait dans un seul  morceau de sucre ! Mais cela ne veut pas dire qu'on peut fabriquer un être humain atome par atome car on ignore où et comment sont "stockés" l'intelligence, la conscience, les sentiments et autres singularités qui personnalisent chaque individu. On verra que cela pose d'ailleurs des problèmes insolubles dans le cadre de la téléportation.

Les organes vitaux

Si les 80 organes de notre corps (avec l'intertitium) sont importants pour rester en bonne santé, 5 organes sont vitaux : le cerveau, le cœur, les poumons, les reins et le foie.

Le cerveau est le centre de contrôle du corps, recevant et envoyant des signaux à d'autres organes à travers le système nerveux et les hormones sécrétées. Il est responsable de nos pensées, de nos sentiments, de la mémoire et de la perception sensorielle du monde.

Le cœur est responsable du pompage du sang dans tout l'organisme, des artères jusqu'aux plus petits capillaires.

Les poumons sont responsables du captage de l'oxygène de l'air que nous respirons et de son transfert dans l'hémoglobine du sang où il peut être envoyé à nos cellules. Les poumons nous permettent également d'évacuer le dioxyde de carbone produit par nos cellules lorsque nous exhalons l'air vicié.

Le travail des reins consiste à éliminer les déchets et le surplus de liquides du sang. Les reins extraient l'urée du sang et la combinent avec de l'eau et d'autres substances pour en faire de l'urine qui sera évacuée du corps par la miction.

Le foie a de nombreuses fonctions dont la détoxification des produits chimiques nocifs, la dégradation des médicaments, la filtration du sang, la sécrétion de la bile et la production de protéines pour la coagulation du sang.

Ceci étant résumé, commençons par la description du squelette et de la peau.

A consulter : Le système nerveux

Les systèmes musculaire, respiratoire et circulatoire

Les systèmes digestif, urinaire et reproducteur

Les systèmes endocrinien, immunitaire et lymphatique

Le squelette

Le squelette humain adulte comprend 206 os ainsi qu'un réseau de tendons (muscles structurés en faisceaux de fibres de collagène), de ligaments (tissu conjonctif) et de cartilage qui les relie. Le système squelettique remplit des fonctions vitales de soutien, de mouvement, de protection, de production de cellules sanguines, de stockage de calcium et de régulation endocrinienne sans lesquelles nous ne pourrions pas survivre.

Dans l'ensemble du règne des animaux, les espèces ayant un squelette interne constitué d'os, c'est-à-dire les vertébrés, sont minoritaires. En effet, 98% des animaux sont des invertébrés, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas de squelette interne ou pas de squelette du tout. Les bébés humains naissent avec environ 270 os, dont certains fusionneront à mesure que le corps se développe. A l'âge de 36 mois, en principe tous les os sont soudés.

Le squelette des hommes et des femmes présente quelques variantes, principalement pour facilter l'accouchement. Le bassin ou ceinture pelvienne des femmes est plus plat, plus arrondi et proportionnellement plus grand que celui des hommes. Le bassin d'un homme au niveau de l'os iliaque forme un angle d'environ 90° voire moins tandis que celui d'une femme présente un angle d'au moins 100°.

Alors qu'ils deviennent fragiles à l'extérieur du corps, les os sont très résistants à l'intérieur du corps du fait qu'ils sont vivants, alimentés par un réseau de vaisseaux sanguins du système circulatoire et des nerfs du système nerveux comme on le voit ci-dessous.

Un os typique comprend une couche externe dense et dure. En dessous se trouve une couche d'os spongieux, plus légère et légèrement flexible. Au coeur de certains os se trouve la moelle osseuse qui ressemble à de la gelée où de nouvelles cellules sont constamment produites pour le sang.

Comme évoqué, les dents sont considérées comme faisant partie du système squelettique mais elles ne sont pas comptées parmi les os. Les dents sont faites de dentine et d'émail, cette dernière appelée "ivoire" étant la substance la plus minéralisée (97% d'hydroxyapatite et 3% de matière organique) et donc la plus dure (mais nécessairement la plus résistante) du corps. Les dents jouent également un rôle clé dans le système digestif.

La structure de l'os. Documents Pearson Education/Benjamin Cummings et Larousse adaptés par l'auteur.

On peut également classer le système squelettique en deux parties distinctes : le squelette axial et le squelette appendiculaire. Le squelette axial se compose de la colonne vertébrale, la cage thoracique et le crâne et comprend 80 os. Le squelette axial transmet le poids de la tête, du tronc et des membres supérieurs jusqu'aux membres inférieurs au niveau des articulations de la hanche, ce qui nous permet de maintenir la position verticale.

Le squelette appendiculaire comprend 126 os et est formé par les ceintures pectorales, les membres supérieurs, la ceinture pelvienne et les membres inférieurs. Leurs fonctions sont de permettre la marche, la course et autres mouvements et de protéger les organes principaux responsables de la digestion, de l'excrétion et de la reproduction.

A consulter : Planches anatomiques du squelette

A gauche, la structure de l'os de la tête du fémur. Au centre, la structure trabéculaire osseuse d'aspect spongieux et dense d'un os normal. A droite, la structure peu ramifiée mais robuste d'un os long d'un sportif. Documents Javier Vila/GIT, Patrick Siemer/Flickr et NASA.

Maladies du squelette

Les analyses aux rayons X, les IRM (imagerie par résonance magnétique), les tests de densité osseuse et l'arthroscopie sont quelques-uns des principaux outils de diagnostic utilisés par les médecins spécialisés pour détecter les maladies et les déformations du système squelettique. Les scintigraphies osseuses et les biopsies de moelle osseuse sont utilisées pour diagnostiquer le cancer.

Les principales maladies du squelette sont les maladies osseuses métaboliques telles que l'ostéoporose, l'ostéomalacie et quelques autres affections plus rares.

L'ostéoporose est une maladie répandue ou prévalente, en particulier chez les personnes âgées, entraînant la perte de tissu osseux. Dans l'ostéoporose, l'os perd du calcium, devient plus mince et peut disparaître complètement, affectant la résistance de l'os concerné. L'ostéomalacie est une déminéralisation rendant les os "mous" et pouvant conduire à des déformations. Il est souvent provoqué par une carence en vitamine D et résulte d'un défaut dans le processus de construction osseuse. Dan le cas de la colonne vertébrale, une chute peut également accentuer les symptômes en provoquant par exemple un tassement des vertèbres.

A gauche, une colonne vertébrale saine (gauche) et des vertèbres souffrant d'ostéoporose (droite). A droite, un schéma explicatif. Documents U.Utah et Drugs.com

L'arthrite regroupe un ensemble de plus de 100 maladies inflammatoires qui endommagent les articulations et leurs structures environnantes. L'arthrite peut attaquer les articulations, les capsules articulaires, le tissu environnant ou tout le corps. Elle affecte généralement les articulations du cou, des épaules, des mains, du bas du dos, des hanches ou des genoux. Le diagnostic est établi par un examen physique minutieux et confirmé par des études de laboratoire et d'imagerie. Le traitement dépend du type d'arthrite.

L'arthrose est la maladie articulaire la plus fréquente. C'est une dégénérescence du cartilage des articulations sans infection ni inflammation. Il existe cependant des formes présentant des poussées d'inflammations sporadiques. Cette maladie apparaît généralement vers 40-50 ans mais peut être plus précoce. Cette dégénérescence conduit à une destruction plus ou moins rapide du cartilage qui enrobe l'extrémité des os. Cette destruction s'accompagne d'une prolifération osseuse sous le cartilage qui peut déformer le membre si elle n'est pas soignée à temps.

Si on ne peut pas réellement guérir l'arthrose, on peut la ralentir grâce à des médicaments ou l'injection d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), d'anti-arthrosiques symptomatiques d'action lente (AASAL) ou de corticoïdes. La kiné est également recommandée pour prévenir l'ankylose articulaire. L'exposition à la chaleur (lampe IR) soulage la douleur mais elle n'a pas d'effet sur l'évolution de la maladie à long terme.

Évolution de l'arthrose.

La scoliose est également fréquente. Il s'agit d'une courbe latérale du dos ou de la colonne vertébrale, créant souvent une forme prononcée en C ou S lorsqu'elle est observée sur une radiographie de la colonne vertébrale. Cette déformation se développe généralement au cours de l'adolescence. Si les formes sévères peuvent être invalidantes, beaucoup de personnes ayant une légère scoliose vivent normalement avec cette déformation et pratiquement sans s'en rendre compte ou sans que cela leur pose le moindre handicap.

Environ 90% des personnes souffriront de douleurs au bas du dos à un moment de leur vie. Si parfois un nouveau sommier ou un nouveau matelas (et de nouveaux fauteuils et siège de bureau) peut supprimer ces douleurs, en général cela ne suffit pas car la douleur parfois aiguë peut survenir n'importe quand ou suite à certains mouvements du corps qu'il est difficile d'anticiper. Le patient éprouvant ces douleurs peut être soulagé grâce à des médicaments anti-inflammatoires, mais dans certains cas il faut recourir à des traitements tels que des médicaments topiques (appliqués à un endroit précis du corps), des patches ou une stimulation électrique. Bien que le risque ne soit pas nul, certaines douleurs peuvent également être supprimées en recourant au service d'un ostéopathe ou d'un chiropracteur.

L'une des maladies les plus rares du système squelettique est le cancer des os. Il peut naître dans l'os ou s'étendre à partir d'une autre partie du corps. Les cancers qui se métastasent (ceux provenant d'autres parties du corps et se propagent ensuite aux os) sont beaucoup plus fréquents que les cancers primaires des os.

Le cancer des os est une tumeur dite maligne (c'est-à-dire cancérogène pouvant s'aggraver et potentiellement mortelle) qui se développe dans les os et les structures de soutien telles que le cartilage. La pathologie est souvent observée chez les patients jeunes adultes et dans la trentaine alors que le cancer du poumon et le cancer du sein sont généralement diagnostiqués plus tard dans la vie.

Si la leucémie est un cancer qui affecte principalement le sang, le système squelettique est également impliqué car ce cancer commence dans la moelle osseuse. En effet, les globules blancs anormaux se multiplient de façon incontrôlable, affectant la production de globules blancs et de globules rouges normaux.

La bursite ou hygroma est un trouble qui affecte le plus souvent les articulations de l'épaule, du coude, de la hanche et des genoux. Cette maladie est provoquée par une inflammation et un gonflement de la bourse, c'est-à-dire des "petits sacs" remplis de fluide formant des coussinets entre le tendon et l'os qui agissent comme des surfaces lubrifiantes permettant aux muscles de se déplacer sur les os.

Le système squelettique étant plutôt rigide, sous un choc ou une forte tension l'os peut se fissurer, se déformer ou se fracturer. Alors que les os sont destinés à protéger les organes vitaux du corps, il faut une pression d'environ 4 à 7 kg pour briser un os moyen. Le fémur ainsi que les os du crâne sont beaucoup plus difficiles à casser. Le fémur est l'os le plus résistant, capable de supporter jusqu'à 1 tonne de pression, soit supérieure à la résistance du béton.

A propos des dents, nous verrons à propos des technologies du futur en en particulier en médecine, qu'à l'avenir il sera possible de réparer naturellement la dentine et l'émail des dents. Enfin, des chercheurs ont également mis au point de l'os artificiel qui dans certains cas peut remplacer une prothèse.

Les maladies osseuses étant nombreuses et parfois originaires d'autres systèmes biologiques, il est recommandé de consulter en premier lieu son médecin traitant.

Spécialiste : Radiologue, rhumatologue, orthopédiste avec ou sans spécialisation dans le sport.

La peau

Bien qu'elle n'en ait pas l'air, la peau est un organe et même le plus grand du corps humain. Également appelé le système tégumentaire, il comprend la peau, les cheveux, les ongles, les glandes et les récepteurs nerveux.

La peau d'un adulte moyen représente une superficie d'environ 1.7 m2 et pèse environ 3 kg (on avance des poids de 5 à 10 kg pour un homme de 1.80 m). Elle se renouvelle tous les 27 jours.

Pour les personnes peu sensibles que les dissections ne rebutent pas, voici une photo prise lors de l'exposition "Body World" de Gunther von Hagens du cadavre d'un véritable homme écorché plasticisé tenant sa peau (photo prise par Urijamjari).

La peau assure l'imperméabilisation du corps, elle amortit et protège le corps contre les infections. La plus grande partie de la peau est composée d'eau, de protéines, de lipides et de différents minéraux et substances chimiques.

La peau excrète les déchets, régule la température et prévient la déshydratation en contrôlant le niveau de transpiration. Elle abrite également des récepteurs sensoriels qui détectent la douleur, la pression et les sensations chaud-froid.

La peau est également la première défense de l'organisme contre les bactéries, les virus et autres microbes. La peau et les cheveux offrent une protection contre les rayons ultraviolets nocifs et protège également le corps contre les coups de soleil en sécrétant de la mélanine. La couleur de la peau humaine est déterminée par de nombreux gènes qui influencent l'interaction entre la mélanine, le carotène et l'hémoglobine (cf. la variabilité de la pigmentation de la peau)

Le stockage de l'eau, de la graisse, du glucose et de la vitamine D sont également une fonction du système tégumentaire.

Notre épiderme représente entre 5 et 10% de notre poids (contre 1% chez un éléphant). Chez l'être humain, en moyenne le rapport peau/masse représente 0.5 cm2 par gramme, une valeur relativement faible comparée à d'autres animaux, notamment les plus petits (par ex. 2 cm2/gr chez la musaraigne). Cela signifie que nous conservons relativement bien notre chaleur corporelle. C'est la raison pour laquelle les plus petits animaux radient fortement en infrarouge thermique et doivent continuellement se nourrir pour conserver leur niveau d'énergie. Passé sous une certaine taille, la nature a même préféré changer de stratégie et les plus petits animaux sont dits à sang froid.

La peau humaine est composée de trois couches de tissu : l'épiderme, le derme et l'hypoderme :

L'épiderme

L'épiderme est la couche supérieure de la peau et ne contient pas de vaisseaux sanguins (le sang qu'on observe lorsqu'on s'égratigne ou se coupe provient du derme). Alors que son épaisseur moyenne ne dépasse pas un dixième de millimètre, l'épiderme est constitué de 40 à 50 couches de cellules empilées appelées cellules squameuses ou kératinocytes.

Les kératinocytes produisent de la kératine, une protéine fibreuse et imperméable. La majorité de la peau est donc kératinisée, c'est-à-dire qu'elle est imperméable à l'eau, à l'exception de la muqueuse de la peau à l'intérieur de la bouche. La kératine est également un composant clé des cheveux et des ongles.

L'épiderme est également constitué de mélanocytes qui produisent de la mélanine, le pigment noir qui donne sa couleur à la peau. Il comprend également les cellules de Merkel qui participent à la réception tactile ainsi que les cellules de Langerhans qui aident le système immunitaire à combattre les antigènes (les corps étrangers).

Seule la couche la plus profonde de l'épiderme est alimentée par la couche inférieure. Les cellules éloignées de cette couche finissent par mourir. Quand elles atteignent la surface de la peau, elles sont évacuées. La peau se libère ainsi de millions de kératinocytes morts chaque jour.

Le derme

Le derme est la couche intermédiaire de la peau et comprend en réalité deux couches. La couche papillaire est constituée du tissu conjonctif lâche tandis que la couche réticulaire est la couche profonde du derme constituée d'un tissu conjonctif dense. Ces couches fournissent l'élasticité, permettant l'étirement tout en empêchant le froissement et l'affaissement.

La couche dermique est le siège des terminaisons nerveuses et des vaisseaux sanguins. C'est également dans le derme qu'on trouve les folicules pileux qui assurent la croissance des poils et des cheveux. Il abrite également les glandes sudoripares et les glandes sébacées qui sont attachées aux follicules pileux.

Enfin, le derme contient également les vaisseaux lymphatiques qui fournissent le liquide clair contenant les globules blancs du système immunitaire qui permettent d'éviter les infections et d'écarter les corps étrangers.

L'hypoderme

L'hypoderme également appelé tissu sous-cutané est la couche la plus profonde de la peau. Il isole le corps et amortit les chocs afin de protéger les organes internes. L'hypoderme est composé de tissu conjonctif appelé tissu adipeux qui stocke l'énergie excédentaire sous forme de graisse. Les vaisseaux sanguins, les vaisseaux lymphatiques, les nerfs et les follicules pileux traversent également cette couche de peau.

Maladies de la peau

Le cancer de la peau est la principale maladie cutanée. Il existe trois principaux types de cancer de la peau, dont le plus commun est le carcinome basocellulaire. Ce type de cancer a la couleur de la peau ou a une légère couleur perle. Il se métastase rarement (il se propage rarement à d'autres parties du corps), mais il peut être très problématique s'il n'est pas traité car le carcinome basocellulaire peut détruire les tissus cutanés et les os.

Le deuxième cancer de la peau le plus courant est le carcinome épidermoïde. C'est une lésion de couleur chair à surface rugueuse. Le cancer de la peau épidermoïde provoque la mort chez environ 10% des patients atteints.

Le cancer de la peau le plus grave est le mélanome qui ressemble à une tache pigmentaire sombre, mais changeante et saignante. Bien que le mélanome est mortel chez un tiers des patients diagnostiqués, en général il n'entraîne pas de conséquences graves s'il est diagnostiqué et traité à temps. Le mélanome a plusieurs origines dont la principale est une exposition excessive aux UV du Soleil (donc sans protection totale). Viennent ensuite un grand nombre de grains de beauté (> 50), des grains de beauté atypiques (naevi dysplasiques), des taches de rousseur, la peau claire, d'anciennes brûlures avec formation de vésicules, des antécédents familiaux de cancer de la peau, etc.

Gros-plan sur l'épiderme. Document Pixabay/TongCreator.

L'acné est un trouble des follicules pilo-sébacés (les glandes sébacées sont situées à la racine des poils). C'est l'une des affections les plus courantes traitées par les dermatologues.

Malgré les symptômes parfois anodins chez certains adolescents, l'acné est une maladie chronique qui dépend des changements hormonaux, d'où la poussée initiale pendant l'adolescence. L'acné se présente comme des bosses rouges et des boutons sur le visage, la poitrine et le dos. Les traitements comprennent des produits à base de vitamine A (rétinols), de l'acide salicylique (pour déboucher les pores), des peroxydes de benzoyle (pour diminuer les bactéries) et des antibiotiques (pour réduire l'inflammation).

Les verrues sont des bosses rugueuses causées par une infection virale. Elles apparaissent généralement sur les mains et les pieds. Parfois, de minuscules points noirs seront visibles dans une verrue. Il s'agit de vaisseaux sanguins bloqués, ce qui est un phénomène fréquent lors d'une infection virale papillome. Le meilleur traitement pour les verrues est de provoquer une légère irritation de la verrue - généralement par le gel, un liquide irritant ou un laser - de sorte que le système immunitaire peut reconnaître l'infection virale et s'en débarrasser en quelques mois.

Le vitiligo est une maladie dans laquelle les cellules qui produisent la couleur de la peau - les mélanocytes - ne fonctionnent plus correctement suite à des attaques du système immunitaire. Parfois, les cellules meurent mystérieusement ou cessent de fonctionner. Lorsque cela se produit, certains endroits de la peau de la personne atteinte de vitiligo peuvent présenter des plaques blanches. Il existe des traitements contre cette maladie.

Le psoriasis est une affection inflammatoire de la peau dans laquelle des plaques rouges qui démangent se forment fréquemment sur les genoux et les coudes. Les ongles peuvent également présenter des fosses et le cuir chevelu peut être enflammé, rouge, accompagné de démangeaisons et de squames. En Occident, environ 3% des personnes ont du psoriasis à un certain degré et il peut apparaître à plusieurs reprises dans une même famille. Certains patients atteints de psoriasis peuvent également développer une arthrite dite psoriasique. Les meilleurs traitements contre le psoriasis sont les médicaments topiques, les traitements légers et dans les cas graves, les médicaments d'ordonnance systémiques.

Le dermatofibrome ressemble d'abord à une piqûre ou un pore dilaté puis se transforme en un bouton de couleur rose ou foncé et dur. Il provient du derme de la peau et contient une amas de fibres compactes. On le confond parfois (l'amateur) avec un kyste, un lipome, un chéloïde ou une fasciite nodulaire. Il ne faut surtout pas le gratter car il s'agit de cellules malignes qui peuvent se transformer et s'étendre. Cette affection peut se transformer en dermatofibrosarcome (ou DFS), c'est-à-dire en tumeur maligne s'il y a un origine génétique. Elle touche 0.8 à 5 personnes sur 1 million et est deux fois plus fréquente chez la population noire que celle d'origine caucasienne. Cette affection peut toucher n'importe quelle endroit de la peau mais est plus fréquente sur le tronc (47%) et les membres inférieurs (20%). Le dermatofibrome comme le DFS se traitent par chirgurgie tout en sachant qu'il y a un risque de récidive locale. Dans les deux cas, une biopsie est également pratiquée.

Les moles ou taupes sont des parties normales de la peau. Elles peuvent être plates ou surélevées et peuvent être rouges, brunes, noires ou de couleur chair et peuvent ressembler à des points de beauté étendus. On peut les traiter avec de l'ail cru. Si une mole commence à changer de taille, de couleur ou de forme ou si elle saigne et ne guérit pas d'elle-même en trois semaines, elle devrait être examinée par un dermatologue pour s'assurer qu'elle ne se transforme pas en cancer de la peau.

Le zona compte parmi les nombreuses maladies de la peau d'origine virale. L'infection est contractée par le virus de la varicelle (varicelle-zona ou HHV-3). Généralement on contracte la maladie dans la prime enfance mais elle peut récidiver à l'âge adulte. Plus de 95% des Belges et des Français ont eu le zona et 60% des cas s'observent après 45 ans. A partir de 85 ans, plus d'un senior sur deux développe également le zona et plus souvent les femmes. La raison de cette fragilité des seniors est liée à une baisse naturelle des défenses immunitaires, aux facteurs de risques sanitaires (diabète, hypertension, tabagisme, etc) et à des facteurs psychosociaux (stress, précarité, conditions de vie, etc).

Le zona se manifeste par de nombreux petits boutons rouges qui progressent rapidement sur le corps. L'infection est contagieuse et doit rapidement être traitée, idéalement dans les 3 jours après le début de l'infection. On la traite très bien au moyen d'antiviraux dont l'nterféron, complétés par des analgésiques pour soulager les douleurs et du repos.

Notons qu'il existe un vaccin contre le zona (Zostavax) qu'on peut administrer aux patients âgés entre 65 et 74 ans qui permet de réduire les effets de la maladie, en particulier l'intensité et l'incidence des douleurs.

Citons également toutes les piqûres d'insectes, les mycoses (champignons) et les nombreuses formes d'allergies. Il s'agit bien de maladies dans le sens où l'organisme présente un dérèglement accompagné de symptômes.

Parmi les piqûres d'insectes communes en Europe, citons celles des moustiques, des guêpes, des taons, des abeilles ainsi que les morsures de tiques (maladie de Lyme) et d'araignées. La plupart sont donc associées à une injection de venin auquel certaines personnes peuvent être allergiques (voir plus bas). Il peut aussi s'agir d'une infection bactérienne ou virale. La plupart du temps, durant la première phase de l'infection un endroit précis de la peau présente un érythème, c'est-à-dire une tache colorée assez spectaculaire, souvent rouge plus ou moins vive ou foncée, de taille, de forme et aux contours variables selon l'infection. Souvent les produits anti-inflammatoires sont inefficaces mais peuvent parfois soulager les démangeaisons en attendant un traitement plus approprié.

La maladie de Lyme ou borréliose est contractée généralement après une balade en forêt ou dans des hautes herbes par une tique infectée par une bactérie (sp. Borrelia). Nous l'évoquons car c'est une maladie infectieuse qui peut évoluer et devenir grave. Même si elle n'est pas contagieuse, aujourd'hui elle est signalée pratiquement dans toute l'Europe et dans plus de 80 pays, c'est une pandémie.

A savoir à propos de la maladie de Lyme et l'aspect de l'érythème migrant rougeâtre dont la surface intérieure peut aussi devenir totalement rouge. C'est assez spectaculaire mais vite et bien soigné on en guérit très bien.

La morsure (ce n'est pas une piqûre même si on peut l'interpréter ainsi car la tique enfonce sa pièce buccale, l'hypostome, dans la chair) est généralement indolore mais la zone touchée s'irritera en quelques heures. Comme on le voit ci-dessus, l'infection forme un érythème annulaire migrant rougeâtre, c'est-à-dire une tache centrale entourée d'un anneau à croissance centrifuge qui peut atteindre 10 cm de diamètre.

En soi, cette maladie est bénigne et se soigne facilement. L'infection doit être traitée rapidement au moyen d'un antibiotique ou d'un bactéricide spécifique (déclinés en Amoxicilline, Céfuroxime, Ceftriaxone ou Doxycycline) et la rongeur à l'aide d'un fongicide topique (par ex. Fucicord). Il faut donc réaliser immédiatement une analyse de sang (hématologie) et un test ELISA ou WESTERN BLOT (encore appelé ImmunoBlot IgG) pour identifer  la bactérie (du moins indirectement via les anticorps) et prescrire l'antibiotique qui sera efficace bien que le dépistage ne soit pas 100% fiable.

On peut avoir un diagnostic sérologique douteux ou positif à la Borrelia burgdorferi (par ex. IgG > 10 AU/mL) mais être négatif à l'IgM et positif ou négatif à l'ImmunoBlot IgG, bref avoir un symptôme proche de la première phase de la maladie de Lyme mais ne pas avoir contracté la maladie ni ses symptômes habituels.

En principe, on peut se débarrasser de la bactérie en 2 semaines de traitement mais la trace sur l'épiderme (une légère tache brune) mettra plusieurs mois pour se résorber. Il existe des thérapies alternatives comme l'injection de vitamine C à forte dose en intraveineuse (raison pour laquelle mieux vaut ne pas être allergique à cette molécule) et la thérapie hyperbare à l'oxygène (HBOT), les pathogènes étant tués par le taux élevé d'oxygène qui rétablit également la fonction immunitaire.

Résultat sérologique du test WESTERN BLOT ou ImmunoBlot qui permet de déterminer la quantité df'anticorps dans le sérum, dans le cas présent pour la maladie de Lyme. Les systèmes de bandes correspondent aux signatures des anticorps produits par des protéines spécifiques en présence de différentes souches de bactéries Borrelia. Le nombre de bandes apparentes signalées par les codes doit atteindre un certain seuil et un certain taux pour déclarer le test "positif". Si aucune bande n'est apparente, le test est négatif sinon il est"douteux". Même négatif, le test n'est jamais 100% fiable et par prudence mieux vaut refaire une analyse sanguine de contrôle 3-4 semaines plus tard puis quelques moins plus tard et suivre la quantité d'IgM qui signale une infection active. Notons que le taux d'IgM peut rester élevé même plusieurs années après la fin de l'infection.

Si la maladie est déclarée mais qu'on attend plusieurs mois avant de traiter l'infection, elle peut s'étendre, devenir aiguë et durer des années avec des troubles articulaires et même neurologiques. Un rapport américain publié en 2018 a même montré que dans 5 à 30% des cas la maladie de Lyme peut devenir chronique avec des troubles musculo-squelettiques et des troubles cognitifs qui apparaissent six mois après la fin du traitement aux antibiotiques. Les ministères de la Santé sont donc en train de revoir les différents aspects de la prise en charge de cette maladie.

Soulignons qu'il existait un vaccin, le LYMErix qui fut approuvé par la FDA américaine en 1998 mais qui fut retiré du commerce suite à la pression des mouvements anti-vaccins (la même année où une fausse étude prétendit qu'il existait un lien entre le vaccin ROR et l'autisme) qui estimaient que le vaccin provoquait des douleurs articulaires, ce qui s'avéra faux. Depuis, il n'existe plus de vaccin et la maladie s'est propagée (également en raison de la raréfaction des renards) et touchait en 2018 trois plus de personnes qu'en 1999. En 2016, on estimait que plus de 200000 Européens et 300000 Américains (cf. CDC) avaient contracté la maladie. Bonne nouvelle, la société franco-autrichienne Valneva développe un nouveau vaccin, le VLA15 qui devrait être commercialisé fin 2021.

Tous les érythèmes ou rougeurs qu'on peut observer sur la peau ne sont pas dûes à des tiques, le meilleur exemple étant le coup de Soleil ou érythème actinique (comme la lucite liée aux UV-A). Une dizaine d'autres réactions ou infections peuvent former un érythème dont la photodermatose, la dermotomyosite, les érythodermies (eczéma, dermatite atopique, psoriasis, etc), des infections virales, des réactions allergiques, y compris pour des raisons émotives (l'érythème pudique qui touche uniquement le visage). Dans tous les cas il faut rapidement réaliser une prise de sang et consulter un dermatologue. On reviendra sur les allergies.

Bonne nouvelle, certains érythèmes polymorphes (il peut s'agir d'une simple tache rouge étendue ou de multiples taches rouges), notamment ceux dûs au virus herpes simplex (HSV-1) guérissent d'eux-mêmes sans traitement. Mais s'il récidive plusieurs fois dans l'année mieux vaut consulter un dermatologue qui prescrira un traitement à base d'antiviraux (par ex. Acyclovir, Famciclovir ou Valacyclovir).

Les mycoses sont des infections produites par des champignons, notamment les levures (dont sp. Candida) et les champignons dits filamenteux (dont sp. Aspergillus responsable de 20% des infections fongiques contractées en milieu hospitalier). Elles peuvent être superficielles, sous-cutanées ou profondes et locales ou généralisées. La plupart sont sans gravité et se traitent efficacement. L'une des plus connues est la teigne qui attaque le cuir chevelu ou la bouche mais ce type d'infection peut toucher n'importe quel endroit de la peau, y compris les mains, les pieds et les parties génitales. Si la plupart des mycoses se traitent par application locale d'antiseptique et de crèmes antifongiques, certains types exigent un traitement plus approprié.

Onguent fabriqué à partir d'extraits de plantes médicinales. Si la lavande peut soulager l'anxiété et certaines douleurs, les lotions à base de plantain et de savoyane peuvent notamment traiter les piqûres d'insectes et le psoriasis. Document Dreamstime.

L'eczéma ou dermatite ressemble à une rougeur sur la peau parfois accompagnée de démangeaisons et squameuse. Cela peut se développer n'importe où sur le corps. Parfois, l'eczéma apparaît spontanément et d'autres fois il est provoqué par des facteurs extérieurs comme un contact avec un agent toxique (par exemple une plante ou un champignon vénéneux) ou une hyperactivité locale des glandes sébacées (transpirations répétées). L'eczéma se traite avec des crèmes et des onguents anti-inflammatoires topiques. Si l'eczéma ordinaire se traite en une semaine, un ezcéma très ancien (formé il y a plusieurs années) peut exiger un mois de traitement quotidien pour disparaître. Pour les cas bénins, il existe des médicaments en vente libre mais il est recommandé de consulter un dermatologue. Pour éviter les récidives, il est conseillé de nettoyer la zone sensible chaque jour et de temps en temps avec un désinfectant (par ex. Cyteal).

Les allergies se contractent par voie aérienne, alimentaire ou par contact. L'organisme est infecté par un allergène (une substance étrangère provoquant une allergie) face auquel les défenses du système immunitaire sont totalement impuissantes. L'organisme réagit de manière excessive et la personne devient hypersensible à cet allergène (pollen, poil, gluten, arachide, latex, nickel, cosmétique, parfum, venin, etc). Il faut donc éviter le contact avec cette substance ou tenter de s'y désensibiliser.

Beaucoup d'allergies (dont certaines sont une réaction à une piqûre d'insecte) forment des boutons ou des érythèmes (plaques rouges) cutanée de taille et d'aspect très variables et à peu près n'importe où sur le corps. La rougeur est généralement immédiate et peut s'étendre en quelques jours ou semaines. Certaines sont irritantes ou douloureuses et parfois accompagnées d'autre symptômes. Même si au bout de quelques jours la zone cutanée semble moins irritée, il est urgent de consulter un spécialiste car c'est souvent en attaquant le symptôme dès son apparition qu'on parvient le mieux à éliminer son vecteur.

Certaines allergies peuvent produire une réaction très sévère et généralisée entre 5 et 20 minutes après le contact. Si elle se manifeste par au moins deux symptômes combinés (respiratoire, cardiaque, ORL, digestif), elles conduisent en général à un choc anaphylactique qui exige une hospitalisation d'urgence du patient car s'il n'est pas rapidement traité, il risque de mourir. Les personnes allergiques savent qu'elles le sont et prennent les mesures pour éviter tout risque.

Notons qu'on peut également devenir allergique au fil des années lorsque l'organisme arrive à saturation et dépasse son seuil d'intolérance au-delà duquel l'antigène il ne peut plus gérer efficacement l'allergène; le système immunitaire est devenu pour ainsi dit allergique à une substance ou un phénomène (par exemple aux champs électromagnétiques). Si on ne peut pas éviter le contact et l'allergie ou l'hypersensibilité, la seule solution est l'isolement ou l'éloignement. On reviendra sur les allergies lorsque nous décrirons le système immunitaire

Concernant les traitements contre les allergies bactériennes d'origine inconnue, généralement la prise d'antibiotique à large spectre (par ex. Clamoxyl) combiné à un antihistaminique (par ex. le Bellozal qui vient bloquer les récepteurs de l'histamine qui réagissent à l'allergie) et éventuellement une crème bactéricide à appliquer sur la zone infectée (par ex. Fucicort) suffisent à éliminer la tache cutanée et les symptômes en deux semaines. Mais dans tous les cas, ces médicaments puissants ne sont prescrits que sur ordonnance et en principe durant dix jours maximum. Précisons que ce type de traitement n'immunise pas la personne contre une future infection identique car l'organisme ne peut pas fabriquer de lui-même les antigènes nécesssaires. La seule solution préventive est d'éviter de se retrouver dans les mêmes conditions.

Notons que si l'allergie est liée à des produits chimiques dite MCS (Multiple Chemical Sensitivity), on ne parle plus d'allergie au sens biologique mais de pseudoallergie, c'est-à-dire d'inflammation d'origine chimique. Il peut s'agir de substances volatiles qu'on trouve dans les peintures, les pesticides, les détergents et autres produits de nettoyage (d'où l'importance d'utiliser des gants quand on doit plonger ses mains dans des produits chimiques, même domestiques) mais également dans certains médicaments (cf. les scandales liés au Mediator et autre Di-Antalvic) ou des effluves parfois inodores émanant des décharges industrielles ou publiques où les réactions chimiques entre substances sont potentiellement très nombreuses et aux effets inconnus mais peuvent avoir à long terme un impact sur la santé des personnes habitants aux alentours.

Cette perte de tolérance peut se transformer en hypersensibilisation à de très petites doses ou même entraîner des complications si elle n'est pas traitée rapidement. À la différence de l’électrohypersensibilité, cette pseudoallergie peut déclencher une maladie auto-immune (le système immunitaire combat ses propres cellules saines) ou neuroendocrine (des tumeurs se développant à partir des cellules secrétant ou non des hormones situées dans le système digestif et les poumon) et éventuellement un cancer (lymphome non hodgkinien d'origine lympathique) si l'attaque chimique est sévère.

Toutefois, le diagnostic exige parfois une analyse épidémiologique par nature longue et complexe dont les résultats statistiques laissent souvent les victimes sur leur faim et seules face à leur maladie. Elles peuvent toutefois faire valoir le principe de précaution mais cela passera alors par un avocat qui défendra leur cause (le risque étant calculé et non négligeable, il existe mais sans preuve probante mieux vaut tenir compte des indices et prendre des mesures de sécurité envers la population et plus concrètes qu'un simple suivi médical ou un peu d'argent de l'industriel pollueur).

Enfin, précisons que dans le cas de retombées radioactives, on ne parle plus d'allergie ou de pseudoallergie mais de contamination dont les conséquences peuvent potentiellement affecter tout l'organisme dès lors que les radionucléides plus ou plus énergétiques ont été absorbés par les tissus. La preuve s'établit également par une analyse épidémiologique longue mais dont les résultats en terme de lien de cause à effet sont souvent discutables au grand dam des victimes (cf. les conséquences sanitaires des tests nucléaires français en Algérie et en Polynésie et des retombées radioactives à Thulé au Groenland).

Spécialiste : Dermatologue, cancérologue, allergologue, ophtalmologue (lors d'une allergie par contact oculaire).

Deuxième partie

Le système nerveux

Page 1 - 2 - 3 - 4 - 5 -


Back to:

HOME

Copyright & FAQ