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Anatomie du corps humain

Document Polygone Studio.

Le système digestif (IV)

Les plus anciens traités évoquant le système digestif remontent aux anciens Égyptiens. Mais les véritables études du système gastro-intestinal ont débuté avec le médecin grec Claudius Galen (c.130-200) qui passa en revue les enseignements d'Hippocrate et d'autres médecins grecs. Il imagina que l'estomac agissait indépendamment des autres systèmes, lui assignant presque un cerveau séparé. Son point de vue fut largement accepté jusqu'au XVIIe siècle.

En 1780, le médecin italien Lazzaro Spallanzani mena des expériences pour prouver l'impact du suc gastrique sur le processus de digestion. Ensuite, Philipp Bozzini inventa le Lichtleiter en 1805. Cet instrument permit d'examiner les voies urinaires, le rectum et le pharynx et de réaliser la première endoscopie.

Pour améliorer les diagnostics, le médecin allemand Adolf Kussmaul développa le gastroscope en 1868. Rudolph Schindler, connu par certains comme le "père de la gastroscopie" décrivit de nombreuses maladies impliquant le système digestif dans son manuel illustré publié au cours Première Guerre Mondiale. Avec Georg Wolf, ils mirent au point un gastroscope semi-flexible en 1932.

Description

Le système ou appareil digestif humain également appelé le tube digestif comprend comme son nom l'indique une série d'organes qui assurent la digestion, c'est-à-dire la transformation des aliments en produits assimilables par l'organisme : protéines, glucides, sels minéraux, oligo-éléments, lipides et autres substances utiles. Il assure également le transfert de ces nutriments dans la circulation sanguine où ils seront transférés aux cellules qui les utiliseront pour fabriquer, réparer et contrôler les différents systèmes de l'organisme. Il est essentiel pour notre bonne santé car si le système digestif se bloque, le corps ne peut plus être nourri ou se débarrasser des déchets qui finissent par devenir toxiques.

Le système digestif commence à la bouche, comprend l'œsophage, l'estomac, l'intestin grêle, le gros intestin (ou le côlon), le rectum et se termine à l'anus. L'ensemble du système mesure environ 9 mètres.

La bouche

La digestion commence par la cavité buccale, comprenant en particulier la bouche, les maxillaires, les dents, la langue et les glandes salivaires. Même le fait de penser à de la nourriture ou de sentir son odeur peut déclencher la production de salive qui est sécrétée par les glandes salivaires situées sous la langue et au fond de la gorge.

La salive contient une enzyme, l'amylase salivaire, qui décompose l'amidon. Elle contient également des anticorps, des inhibiteurs enzymatiques qui diminuent la virulence des microbes mais a très peu d'effet contre l'inflammation. La salive aide également la cicatrisation car elle contient des facteurs de croissance. Le réflexe de se lécher une plaie est donc liée à cette faculté anti-microbienne héritée de nos ancêtres.

Notons que la salive contenant des protéines et des peptides, elle peut servir de marqueur biologique potentiel de maladies dont le cancer. Des rechercheurs sur le sujet sont en cours.

Quand nous mangeons, les glandes salivaires produisent 2 ml de salive par minute. Même la nuit nous produisons 0.05 ml de salive par minute. Au total, nous produisons entre 500 et 900 ml de salive par jour que nous déglutissons (contre 60 litres chez les ruminants).

Découverte de deux nouvelles glandes salivaires

Dans un article publié dans la revue "Radiotherapy and Oncology" en 2020, Matthijs Valstar de l'Institut Néerlandais du Cancer (NKI) et ses collègues ont annoncé la découverte d'un nouvel organe : deux glandes salivaires situées au fond de la partie supérieure de la gorge comme indiqué ci-dessous à gauche. Les deux glandes mesurent environ 39 mm de longueur. En raison de leur emplacement sur un morceau de cartilage appelé le torus tubarius, les chercheurs les ont surnommées les glandes salivaires tubariennes. On suppose que ces glandes lubrifient et humidifient le haut de la gorge derrière le nez et la bouche.

Localisation des glandes salivaires dont deux nouvelles glandes (les flèches) furent découvertes en 2020. Document NKI.

Jusqu'à présent, on connaissait trois grandes glandes salivaires chez l'homme : une première située sous la langue, une seconde sous la mâchoire et une troisième à l'arrière de la mâchoire, derrière les joue. En plus, environ un millier de microscopiques glandes salivaires sont dispersées dans le tissu muqueux de la gorge et de la bouche.

La découverte de cette quatrième paire de glandes salivaires fut accidentelle. En effet, les chercheurs utilisaient une méthode combinant la tomodensitométrie et la tomographie par émission de positons (TEP) appelée PSMA PET-CT pour étudier le cancer de la prostate. Pour révéler les tumeurs, les médecins ont injecté un traceur radioactif dans le patient. Ce traceur se lie à la protéine PSMA (Prostate-Specific Membrane Antigen) qui se développe dans les cellules cancéreuses de la prostate.

Des essais cliniques ont montré que le scan PSMA PET-CT est plus performant que l'imagerie conventionnelle pour détecter le cancer de la prostate métastasé. Le scanner PSMA PET-CT s'avère également très efficace pour détecter les tissus des glandes salivaires, qui sont également riches en PSMA.

Pour confirmer la découverte, les chercheurs ont étudié 100 patients comprenant 99 hommes en raison de l'accent mis sur le cancer de la prostate et ont découvert qu'ils possédaient tous ces nouvelles glandes. Ils ont également disséqué cette région du nasopharynx chez deux cadavres faisant partie d'un programme de don de corps humain et ont constaté que la nouvelle région était constituée de tissu de glande muqueuse et de canaux se drainant dans le nasopharynx.

Selon les chercheurs, cette découverte pourrait être importante pour le traitement du cancer. En effet, jusqu'à présent, sans le savoir les médecins irradiaient cette zone lors du traitement. Les données cliniques de plus de 700 patients cancéreux traités au Centre médical universitaire de Groningen ont montré que plus les patients recevaient de doses de rayonnement dans la zone des nouvelles glandes, plus ils signalaient d'effets secondaires de leur traitement. C'est donc une excellente nouvelle d'avoir découvert ces deux glandes car maintenant les médecins pourront réduire les effets secondaires du traitement chez les patients cancéreux et améliorer leur qualité de vie après le traitement.

Des dents à l'intestin

Bien que les dents fassent partie du système squelettique, elle jouent un rôle essentiel dans la digestion. L'homme étant omnivore, ayant donc hérité d'adaptations propres aux carnivores et aux herbivores (cf. ce tableau comparatif), les dents servent à décomposer la viande et à broyer les plantes et autres aliments pour faciliter le processus de digestion.

En avalant la nourriture mâchée, nous la poussons dans l'œsophage où elle passe à travers l'oropharynx et l'hypopharynx. À ce niveau, la nourriture prend la forme d'une petite masse ronde appelée le bol alimentaire et la digestion devient involontaire. Une série de contractions musculaires, appelées péristaltisme, transporte la nourriture à travers le reste du système. L'œsophage aboutit dans l'estomac.

L'estomac est un organe en forme de J qui mesure entre 20 et 25 cm de haut. Extensible, il présente un volume de 0.5 litre à vide et peut contenir jusqu'à 4 litres. Il est fermé à ses deux extrémités par un sphincter, un muscle annulaire contrôlé par le système digestif.

Le système digestif et l'intestin grêle. Documents D.R. et Yodiyim/Shutterstock.

L'estomac produit le suc gastrique qui se compose principalement d'un mélange d'acide chlorhydrique et de pepsine dont l'acidité est très élevée (pH=1) qui commence à digérer les aliments, décomposant les protéines et tuant les bactéries potentiellement dangereuses. Après une heure ou deux d'action, les aliments sont transformés en une pâte épaisse semi-liquide appelée le chyme.

Après ce traitement à l'acide, le muscle du sphincter pylorique s'ouvre et le chyme pénètre dans le duodénum où il se mélange avec les enzymes digestives du pancréas et la bile produite par le foie qui est stockée dans la vésicule biliaire. La bile est un liquide jaune-verdâtre basique (pH entre 7.6 et 8.6) contenant 97% d'eau, des électrolytes, des sels biliaires (détergent), de la bilirubine et du (bon) cholestérol qui vont continuer à dégrader les aliments. Le foie produit entre 800 à 1000 ml de bile par jour.

Pesant 1.5 kg chez l'adulte, le foie est la plus grande glande du corps humain. Il se situe juste sous la diaphragme, à côté de l'estomac, sur la partie centrale et droite du corps. Le foie est un organe vital car il assure plusieurs fonctions essentielles dont la filtration du sang. Il produit également du glycogène à partir des sucres et des hydrates de carbone afin de fournir de l'énergie aux cellules et convertit les protéines alimentaires en de nouvelles protéines nécessaires au système sanguin. Le foie métabolise (décompose) également médicaments ainsi que les produits chimiques indésirables tels que l'alcool qui est détoxifié et rejeté sous forme de déchet.

Précisons à ce sujet que la consommation de plus de 2 g de Paracétamol (aspirine) par jour est toxique pour le foie. Ce médicament a priori anodin doit être administré avec parcimonie et à petite dose. En 2018, une femme a dû subir une greffe de foie après avoir absorbé plus de 3 g d'aspirine par jour pendant 1 semaine.

Les aliments prédigérés passent ensuite dans l'intestin grêle, un organe en forme de tube long de 7 ±1 mètres pour 2.5 à 3 cm de diamètre. Sa paroi interne comprend de nombreux replis couverts d'environ 10 millions de villosités représentant une surface d'absorption totale d'environ 250 m2. La paroi intestinale est extrêmement mince avec une épaisseur de seulement 0.4 μm soit 0.0004 mm; les cellules sont donc quasiment en contact avec les nombreux capillaires du système circulatoire grâce auxquels la plupart des nutriments sont assimilés par l'organisme.

A gauche, structure des villosités de l'intestin grêle. A droite, micrographie à travers la paroi du jéjunum, la partie intermédiaire de l'intestin grêle. Les nombreux plis de la paroi sont appelés plicae circulares ou valvules de Kerckring. Les plis sont couverts de villosités qui augmentent la surface d'absorption des nutriments. La couche la plus profonde est la muqueuse. En dessous se trouve le tissu conjonctif de la couche sous-muqueuse et à la base, le muscle lisse. Image grossie 7X qui représente une section de 10 cm de longueur. Maquette de T.Lombry et  document Gettyimages.

C'est ici que réside et se développe le microbiote intestinal, encore parfois appelé à tord la flore intestinale car elle n'a pas grand chose en commun avec le monde végétal. Le microbiote contient principalement des bactéries mais également des virus, des champignons, des levures, des archées (unicellulaires procaryotes) et des protozoaires (protistes eucaryotes).

Tout ce qui n'est pas absorbé par l'organisme est ensuite conduit vers le gros intestin ou côlon qui mesure environ 1.5 mètre. Sa fonction principale est de stocker et d'assurer la fermentation de la matière indigeste. Il comporte quatre parties : le côlon ascendant, le côlon transverse, le côlon descendant et le côlon sigmoïde. C'est dans le côlon que l'eau du chyme est absorbée par l'organisme (les fèces comprennent 75% d'eau, des fibres alimentaires et d'autres déchets). C'est à ce stade que les fèces prennent leur couleur marron suite à leur dégradation par les enzymes bactériennes. Les excréments sont stockés à cet endroit jusqu'à ce qu'ils soient éliminés du corps lors de la défécation.

Le microbiote intestinal

Il existe plusieurs microbiotes, chacun étant adapté à un écosystème : il existe un microbiote intestinal, cutané, vaginal, urinaire, respiratoire et ORL. En 2019, environ 2500 espèces de bactéries avaient été identifiées dans les intestins dont une dizaine réparties en 4 ou 5 phyla ou groupes sont courantes dans toutes les populations humaines : les Actinobactéries, les Protéobactéries, les Bactéroïdètes et les Firmicutes, ces deux dernières représentant plus de 90% du microbiote.

En extrapolant le contenu des excréments qui contiennent environ 100 milliards de bactéries par gramme, on estime que le corps d'un homme (20-30 ans, 70 kg, 1.70 m,) abriterait en moyenne 39 mille milliards de bactéries (contre 30 mille milliards de cellules humaines) en symbiose avec l'hôte, ce qui représente entre 1.5 et 2 kg du poids d'un adulte.

A gauche, microphotographie du microbiote intestinal. Voici une autre photo. A droite, illustration du microbiote résidant dans les plis de la paroi du jéjunum. Documents Eye of Science/Phanie et Fotolia.

Soulignons que les anciennes populations africaines qui vivent toujours de chasse et de cueillette présentent un microbiote intestinal 30 à 80% plus diversifié que celui des populations occidentales. Un microbiote plus riche pourrait avoir un effet bénéfique sur la santé, notamment antioxydant en protégeant l'organisme des inflammations et en le rendant plus résistant face aux maladies.

Les micro-organismes constituant le microbiote intestinal assurent plus de 15000 fonctions dont le rôle est indispensable pour dégrader la nourriture mais également pour assurer la protection et la bonne santé de l'organisme, y compris notre santé mentale. En effet, les intestins échangeant constamment des informations avec le cerveau (et beaucoup plus vers le cerveau que l'inverse), si le microbiote ne fonctionne pas correctement, c'est l'ensemble de l'organisme qui en souffre. Des tests de laboratoire ont même démontré chez la souris que si on place le microbiote d'une souris obèse chez une souris normale, cette dernière devient obèse (cf. V.K.Rudaura et al., 2013; A.W.Walker et al., 2013). La raison est que le microbiote des obèses est moins diversifié que celui des personnes sans embonpoint. L'inverse n'a pas encore été démontré mais les chercheurs espèrent le découvrir et développer un remède.

On a également observé que la présence importante de métabolite 4-cresol (les métabolites sont des substances organiques produites par le catabolisme des bactéries du tube digestif, des levures et des champignons comme sp. candida) dans le microbiote intestinal permettrait de lutter contre le diabète (cf. F.Brial et al., 2020).

Illustration du microbiote intestinal. Document S.Kaulitzki/Dreamstime.

Une étude publiée dans la revue "Cell Reports" en 2020 par des chercheurs du CNRS a montré que des perturbations du microbiote intestinal pouvaient entraîner des infections pulmonaires et activer les virus Influenza de la grippe (H1N1 et H3N2) chez les personnes à risques dont les plus de 65 ans. Parmi les complications figurent des pneumonies. En comprenant mieux comment les virus de la grippe modifient le microbiote intestinal, on pourra réduire ces surinfections ainsi que la mortalité liée à la grippe.

Le microbiote intestinal joue donc un rôle déterminant dans la préservation de la santé et sachant cela, l'usage des antibiotiques doit être réduit au stricte nécessaire.

Du fait que le microbiote influence notre santé, il agit indirectement sur le système immunitaire. Selon les spécialistes du microbiote, une façon de booster nos défenses immunitaires est de manger beaucoup de fibres (légumes, fruits, céréales brutes, graines entières, etc). Bien sûr il ne faut pas en abuser car trop de fibres peuvent nuire à l'absorption des oligo-éléments (Ca, Mg, Fe, Zn). Les produits fermentés comme les fromages et yagourts sont également très intéressants. La pratique régulière d'une activité sportive (au moins 1/2 heure par jour pour un adulte et 1 heure par jour pour un enfant) améliore aussi le microbiote.

Dans une étude publiée dans la revue "Gut" en 2020, Paul W. O'Toole de l'Ecole de Microbiologie du Collège Universitaire de Cork en Irlande et ses collègues ont étudié le microbiote intestinal de 612 personnes vivant dans cinq pays européens (Royaume-Uni, France, Pays-Bas, Italie et Pologne) et concluent que le régime méditerranéen permettait d'améliorer la mémoire et d'avoir une meilleure santé. Autant savoir.

Rappelons que sur le plan nerveux, le système digestif est contrôlé et régulé par le "cerveau du ventre" ou système nerveux entérique (cf. le système nerveux).

Symptômes et affections

Beaucoup de symptômes peuvent signaler des problèmes avec ce que les spécialistes appellent le tractus gastro-intestinal (le système digestif), parmi lesquels la douleur abdominale, du sang dans les selles, les ballonnements, la constipation, la diarrhée, les brûlures d'estomac, l'incontinence, les nausées et vomissements et la difficulté à déglutir (avaler).

Parmi les symptômes généralement bénins, lors d'un reflux gastrique, le chyme acide produit dans l'estomac peut remonter jusqu'à la bouche et occasionnellement provoquer une inflammation de l’œsophage, ce qu'on appelle "les brûlures d'estomac". Si ce reflux est fréquent, c'est le symptôme d'un dysfonctionnement du sphincter oesophagien inférieur, un anneau musculaire situé à la jonction entre l'oesophage et l'estomac qui en temps normal est serré et empêche le contenu de l'estomac de remonter vers l'oesophage (même lorsque le corps est en position inversée, tête en bas). Ce reflux gastrique est très fréquent chez le nourrisson du fait que son sphincter oesophagien est immature.

La première affection du système digestif concerne les affections dentaires tandis que les maladies de la cavité buccale (maxillaire, glandes salivaires, tissus mous, langue, etc) sont proportionnellement beaucoup plus rares mais peuvent être fréquentes et sévères chez des patients ayant par exemple contracté une MST ou un cancer.

Maladies du système digestif

La maladie la plus connue du système digestif est le cancer du côlon qui touche en Occident environ un adulte sur 10000. Si on exclut les cancers de la peau, le cancer du côlon et du rectum (cancer colorectal ou CRC) est le troisième cancer le plus souvent diagnostiqué.

Les développements les plus courants des cancers colorectaux se manifestent de deux manières. La première, lorsqu'une personne constate des saignements rectaux (autre qu'une irritation de l'anus) et des changements dans la couleur des selles durant plusieurs jours, il est recommandé de consulter un gastroentérologue. La seconde n'est accessible que par un examen médical lorsque le spécialiste constate la croissance d'un polype et/ou de cellules irrégulières dans le côlon qui peuvent être ou non cancéreuses. Elles peuvent être détectées lors d'une coloscopie de routine chez un gastroentérologue. Une biopsie est ensuite réalisée sur l'échantillon prélevé pour s'assurer qu'il est bénin et ne nécessite aucun traitement complémentaire. Plus tôt le polype est détecté plus tôt il peut être enlevé, éliminant le risque qu'il se développe davantage et devienne cancéreux.

Pour les patients dont le cancer s'est déjà propagé, il existe diverses options chirurgicales peu invasives dont les pronostics sont extrêmement bons. Mais étant donné qu'on peut éviter le cancer colorectal, tant aux États-Unis qu'en Europe occidentale (F, B, L), le ministère de la santé publique propose un dépistage systématique à partir de 50 ans et ensuite tous les 10 ans.

De nombreuses autres maladies ou affections peuvent toucher le système digestif dont le syndrome du côlon irritable, la diverticulite, le reflux acide et la maladie de Crohn qui peuvent toutes être chroniques mais difficiles à diagnostiquer comme à traiter. En effet, dans la plupart des cas, les analyses sanguines et les coloscopies ont l'air normales, ce qui n'alerte pas le médecin. Il faut donc se reporter sur d'autres indices ou symptômes voire même se pencher sur le style de vie et la nourriture que prend le patient.

Beaucoup de maladies du système digestif sont liées aux aliments que nous mangeons et un certain nombre de personnes peuvent réduire leurs symptômes en modifiant leur régime alimentaire. Bien sûr, personne n'aime s'entendre dire qu'il lui est dorévant interdit de manger tel ou tel aliment qu'il apprécie, mais parfois il suffit d'éliminer les produits acides comme les tomates, les oignons ou le vin rouge pour observer un effet bénéfique. Les conseils complémentaires d'un diététicien peuvent donc s'avérer profitables.

Enfin, il existe un certain nombre de tests peu invasifs permettant de détecter les affections du système digestif dont la coloscopie précitée réservée au côlon, l'endoscopie digestive haute, l'endoscopie capsulaire, l'échographie endoscopique et la cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique ou CPRE qui est une endoscopie aux rayons X qui permet d'observer les canaux drainant le pancréas, le foie et la vésicule biliaire.

L'obésité

L'obésité est un excès de matière grasse qui conduit à une modification du tissu adipeux, entraînant des problèmes de santé pouvant réduire l'espérance de vie (cf. Inserm). Ce n'est pas une maladie du système digestif car elle dépend de nombreux facteurs mais il faut bien la classer dans une catégorie et celle-ci est la plus appropriée puisqu'elle concerne l'alimentation, mais pas uniquement.

Le tissu adipeux.

Selon l'OMS, l'obésité tue chaque année 2.8 millions de personnes dans le monde soit une toutes les 5 minutes. En 2016, l'OMS déclara que l'obésité et le diabète représentent une "bombe à retardement" sanitaire. En effet, non seulement en soi ces maladies de civilisation provoquent de plus en plus de décès mais se sont des facteurs de comorbidité qui peuvent par exemple augmenter le risque de décès lors d'une infection virale (cf. les facteurs de risque de la Covid-19).

On pense généralement que c'est la suralimentation combinée à la sédentarisation et au manque d'excercice qui rendent obèse. Ca, c'est la version courte qu'on lit dans les magazines de santé. En réalité, l'obésité est une maladie chronique dont les mécanismes sont très complexes et qui restent en partie mystérieux.

L'obésité est souvent assimilée à la graisse. Lorsque nous mangeons, notre métablisme est conçu pour transformer l'excès d'énergie - le sucre - en graisse qu'il stocke dans tout le corps avec une préférence pour l'abdomen et les cuisses. Cette graisse est stockée sous forme de triglycérides dans les tissus adipeux (le gras blanc) ou adipocytes qui offrent la caractéristique de pouvoir se détendre et accumuler toujours plus de gras. Lors d'un effort les adipocytes libèrent des acides gras libres (non liés à des molécules) dans la circulation sanguine, de l'ATP (le nucléotide d'adénosine triphosphate) qui par hydrolyse libère son énergie pour répondre à l'activité cellulaire, notamment au coeur et aux muscles. Jusque là tout va bien et les êtres humains fonctionnent ainsi depuis des centaines de milliers d'années.

Si l'organisme accumule trop de graisse, les adipocytes vont gonfler, la personne va présenter des rondeurs, devenir obèse et de nouveaux problèmes vont apparaitre. Sur le plan métabolique, le surplus d'acides gras libéré par les adipocytes va s'accumuler dans les artères, dans le foie, le coeur, les muscles, le tissus sous-cutané et le tissu adipeux viscéral.

Ensuite, les adipocytes distendus peuvent provoquer une réorganisation des vaisseaux sanguins d'où résulte une privation d'oxygène (hypoxie) pouvant conduire à une fibrose des adipocytes et à une nécrose ou une inflammation. Si on n'intervient pas, c'est tout l'organisme du patient (les systèmes immunitaire, endocrinien, vasculaire, digestif, etc) qui peut être gravement affecté.

Les effets de l'obésité et les causes sur lesquelles on peut agir. Document CQPP Canada.

La graisse se dépose partout mais présente des affinités pour certains tissus corporels : sous la peau, autour des viscères, sur les hanches, dans les vaisseaux sanguins, le coeur, les reins et le foie. Chaque dépôt de graisse obéit à un profil endocrinien spécifique. Ainsi, les dépôts de graisse sous-cutanés ne semblent pas liés aux pathologies associées à l'obésité alors que dans le tissus viscéral on observe fréquemment une fibrose des adipocytes ou leur inflammation, des signes avant-coureurs de surpoids chronique qui exigent un traitement médical.

Bien qu'il existe des obésités supra morbides métaboliquement saines, en général plus l'obésité est sévère plus elle expose à des risques importants. Il peut s'agir de diabète, de problèmes cardiovasculaires et respiratoires, rhumatologiques, de bouleversements hormonaux, de calculs biliaires ou de problèmes veineux.

Au stade de l'obésité morbide, d'un indice de masse corporelle ou IMC supérieur à 40 (la moyenne étant un IMC compris entre 18.5 et 24.9), ces complications peuvent conduire au décès. Chez les femmes obèses, le risque d'infertilité est accru.

Pour éviter ces risques, peut-on supprimer la graisse et le sucre de son alimentation ? En résumé : non, mais il faut les contrôler. La graisse qui comprend le cholestérol (cf. les maladies du système circulatoire) est nécessaire pour l'activité cellulaire, elle forme la membrane des cellules, elle protège nos muscles, nos articulations et nos organes, elle est utilisée par la moelle osseuse qui fabrique les globules rouges, elle déclenche des hormones sexuelles, bref elle est indispensable à notre bonne santé. Il faut donc manger des aliments gras mais comme en toute chose il ne faut pas en abuser. Malheureusement, certaines personnes n'abusent pas des calories ni des graisses mais deviennent malgré tout obèses, parfois dès l'enfance.

La capacité à contrôler notre poids ne dépend pas seulement de nous. Le corps humain est un système instable qui cherche en permanence à maintenir son équilibre interne, quelles que soient les contraintes externes, c'est l'homéostasie. Cela signifie que le cerveau, le système endocrinien (hormonal) et les microbiotes sont capables de s'adapter à un changement de régime alimentaire indépendamment de notre volonté.

Plusieurs facteurs affectent l'obésité :

- La suralimentation : une nourriture trop calorique, trop abondante et trop riche en graisse ou en sucre (par exemple plus de 2000 calories/jour pour un adulte sédentaire) favorisent la prise de poids.

- La nature de l'alimentation : le cerveau est capable d'entretenir le "circuit de la récompense" lorsqu'on mange des aliments gras, sucrés ou salés, libérant une hormone spécifique, la dopamine qui entretient ce plaisir. Lorsque les récepteurs de la dopamine sont saturés, la personne ne ressent plus la faim. En revanche, elle peut s'affranchir de ce signal et continuer à manger ce qui lui fait plaisir. A ce stade, soit la personne modifie ses habitudes alimentaires et son style de vie soit va grossir.

Paradoxalement, si manger moins fait maigrir, on peut aussi grossir. En effet, le cerveau peut considérer cette privation comme un stress calorique qu'il va équilibrer en faisant des réserves de graisse en prévision d'un retour à la normale mais qui n'arrivera peut-être jamais.

- L'hérédité : des études réalisées sur des vrais et faux jumeaux ont montré que dans 40 à 70% des cas, l'obésité est héréditaire. D'autres études ont montré que 70% des personnes obèses ont au moins une personne dans leur entourage familiale qui souffre d’obésité. Près de 60 gènes sont impliqués dans l'obésité dont 8 de manière significative (LEP, LEPR, MC4R, POMC, PCSK1, BDNF, NTKR2 et SIM1). Il peut par exemple s'agir d'une mutation rare du gène MC4R exprimant la leptine, une hormone qui régule la sensation de satiété. D'autres gènes peuvent prédisposer une personne à peser 10% de plus que la moyenne.

- Les causes psychologiques : dans des situations personnelles stressantes affectant l'estime de soi comme les critères de beauté, le statut socioéconomique, le type de travail, la situation familiale, un avenir professionnel incertain, le chômage, des difficultés d'élocution, d'intégration, une dépression, un divorce ou un décès, des personnes peuvent trouver du réconfort dans la nourriture.

- Le manque de sommeil : des études ont montré un lien entre le fait de ne pas avoir son quota de sommeil et un IMC élevé. Le risque d'obésité augmente de 60% quand on dort seulement 5 heures par nuit. Dans ces conditions, on observe un changement hormonal : une réduction de la leptine et une augmentation de la ghréline (hormone stimulant l’appétit).

- Les médicaments : certains traitements entraînent une modification de l'appétit ou facilitent la prise de poids.

 Guérir de l'obésité n'est donc pas si simple que certains le pensent. Bonne nouvelle, en mangeant équilibré et en pratiquement régulièrement de l'exercice, les obèses peuvent perdre au moins de 10% de leur poids de façon permanente.

Si la perte de poids est insuffisante, chez les patients dont l'IMC est supérieur à 40 ou à 35 avec des comorbidités, on peut réaliser une chirurgie bariatrique qui consiste à rétrécir la taille de l'estomac. Cette opération n'est proposée qu'aux personnes obèses désirant perdre au moins 30 à 40 kg. Grâce à cette opération irréversible, le patient mange moins car le cerveau envoie plus tôt un message de satiété et calme la faim.

Spécialistes : Gastro-entérologue, hépato-gastro-entérologue, immunothérapeute, nutritionniste.

A voir : Obésité et Complications, Inserm

Le système urinaire

Le système urinaire ou système rénal produit, stocke et élimine l'urine, c'est-à-dire les déchets liquides excrétés par les reins. Les reins produisent de l'urine en filtrant les déchets et l'eau extraite du sang. L'urine sort des reins à travers deux tubes minces appelés uretères qui aboutissent dans la vessie. Lorsque la vessie est pleine, l'individu urine à travers l'urètre pour éliminer les déchets.

Description

Le système urinaire travaille avec les poumons, la peau et les intestins pour maintenir l'équilibre des produits chimiques et de l'eau dans le corps. Les adultes éliminent entre 0.8 et 2 litres d'urine par jour en fonction de l'apport quotidien de liquides (on recommande de boire 2 litres/jour dont une partie peut provenir des aliments comme des fruits, des soupes ou des yaourts). D'autres facteurs de la fonction du système urinaire comprennent le liquide perdu par la transpiration et la respiration. En outre, certains types de médicaments tels que les diurétiques qui sont parfois utilisés pour traiter l'hypertension artérielle, peuvent également affecter la quantité d'urine qu'une personne produit et élimine. La consommation de certaines boissons comme le café et l'alcool peuvent également entraîner une augmentation de la miction chez certaines personnes.

L'urine contient également plus de 1000 métabolites soit ~1% du métabolome connu (cf. HMDB 4.0, 2018). Ces métabolites sont résorbés par les muqueuses intestinales puis passent dans le sang et sont éliminés par les reins.

Document Polygone Studio.

Les organes primaires du système urinaire sont les reins, qui sont des organes en forme de haricot situés juste en dessous de la cage thoracique au milieu du dos. Ils mesurent entre 10x4 cm à 12x5 pour 3 cm d'épaisseur, le rein gauche étant généralement un tout petit peu plus grand que le rein droit.

Les reins éliminent l'urée (qui est un déchet produit par la dégradation des protéines) du sang à travers de petites unités de filtration appelées néphrons. Chaque néphron consiste en une boule formée de petits capillaires sanguins appelés glomérules et d'un petit tube appelé tubule rénal. L'urée, avec l'eau et d'autres déchets, forme l'urine lorsqu'elle passe à travers les néphrons et descend les tubules rénaux du rein.

Le taux d'élimination de l'urée s'exprime par le débit de filtration glomérulaire (le DFG sur les analyses de sang). Chez une personne caucasienne en bonne santé et ayant une pression artérielle normale, le DFG est d'au moins 90 ml/minute/1.73 m2. Cette valeur doit être multipliée par 1.15 chez une personne de type africain.

Selon un article publié en 2016 par Hans Pottel de la KU Leuven Kulak et ses collègues dans la revue "Néphrologie & Thérapeutique", la diminution "normale" du DFG avec l'âge fait encore l'objet de débats. Des données datant de ~1950 ont décrit chez les sujets âgés entre 20 et 30 ans un DFG entre 120-130 mL/min/1.73 m2. Aujourd'hui, on peut observer chez les patients de 55-60 ans, un DFG "normal" 30% inférieur de l'ordre de 80-85 mL/min/1.73 m2. L’âge à partir duquel le DFG commence à diminuer reste variable selon les études.

À partir des reins, l'urine descend par deux tubes minces appelés uretères longs de 20 à 25 cm jusqu'à la vessie. Les parois de l'uretère comprennent des muscles qui se resserrent et se relâchent continuellement pour forcer l'urine à s'évacuer des reins. Une fuite d'urine dans le corps peut provoquer une infection rénale. Toutes les 10 à 15 secondes environ, de petites quantités d'urine sont déversées dans la vessie par les uretères.

La vessie est un organe creux en forme de ballon situé dans le bassin. Elle est maintenue en place par des ligaments attachés à d'autres organes et aux os du bassin. La vessie accumule l'urine jusqu'à ce que le cerveau signale que la vessie est pleine et qu'il est temps de la vider. Une vessie normale et saine peut contenir jusqu'à un demi-litre d'urine qu'il est possible de retenir pendant deux à cinq heures voire même davantage.

Pour prévenir les fuites, les muscles circulaires appelés sphincters se ferment étroitement autour de l'ouverture de la vessie dans l'urètre, le tube qui permet à l'urine d'être évacuer à l'extérieur du corps. La seule différence entre le système urinaire féminin et masculin est la longueur de l'urètre. Chez les femmes, l'urètre mesure entre 3.8 et 5.1 cm de longueur et se situe entre le clitoris et le vagin. Chez les hommes, il court sur toute la longueur du pénis et mesure environ 20 cm de longueur et s'ouvre à l'extrémité du pénis. L'urètre masculin est utilisé pour éliminer l'urine ainsi que le sperme pendant l'éjaculation.

Maladies du système urinaire

Le système urinaire est sensible à diverses infections et problèmes, y compris les blocages et les blessures. Ceux-ci peuvent être traités par un urologue ou un autre professionnel de la santé spécialisé dans le système rénal.

Les infections des voies urinaires ou ITU se produisent lorsque les bactéries pénètrent dans les voies urinaires et peuvent affecter l'urètre, la vessie ou même les reins. Alors que les infections urinaires sont plus fréquentes chez les femmes, elles peuvent survenir chez les hommes. Les infections urinaires sont généralement traitées avec des antibiotiques.

L'incontinence est une autre maladie courante du système urinaire urinaire qui peut entraîner un problème social et hygiénique. Elle peut se présenter sous la forme d'un prolapsus pelvien ou descente anormale d'un ou de plusieurs organes qui chez la femme, peut entraîner une fuite et peut être le résultat d'un accouchement par les voies naturelles. Ensuite, il y a la vessie hyperactive qui n'est pas liée à l'enfantement ou à un traumatisme. Une troisième condition implique un débordement, dans lequel la vessie ne se vide pas complètement.

Le Manneken Pis, à deux pas de la Grand Place de Bruxelles.

Selon les différentes études épidémiologiques, on estime que 5% de la population est confrontée à ce problème. Les femmes sont les plus touchées et représentent 70% des personnes incontinentes. Ramenées à la population générale, elles seraient 10 à 20% concernées par ces fuites urinaires. Même si l'incontinence est plus fréquente chez les plus de 55 ans, elle n'est pas absente chez les plus jeunes. Des études confirment qu'un lien entre l'âge et l'incontinence est apparent chez l'homme mais beaucoup moins chez la femme.

Chez la femme, les traitements ordinaires comprennent des médicaments, la thérapie physique et la chirurgie de maille pelvienne. La chirurgie au laser vaginale devient également une option de traitement. A l'avenir (~2025), la chirurgie vaginale au laser sera une autre option courante pour traiter les maladies urinaires.

La cystite interstitielle ou syndrome de la vessie douloureuse est une affection chronique de la vessie, principalement chez les femmes, qui provoque une pression et des douleurs vésicales et, parfois, des douleurs pelviennes à des degrés divers. Elle peut provoquer des cicatrices sur la vessie et rendre la vessie moins élastique. Bien que la cause ne soit pas connue, de nombreuses personnes atteintes de cette maladie ont également un défaut dans l'épithélium, la membrane protectrice de la vessie.

La prostatite est un gonflement de la prostate, la glande qui sécrète le liquide séminal. Par conséquent elle ne peut se produire que chez les hommes. Souvent liée à l'âge avancé du patient, les symptômes comprennent l'urgence et la fréquence urinaires, la douleur pelvienne et la douleur pendant la miction.

Les calculs rénaux ou maladie lithiasique également appelées les "pierres aux reins" sont des bouquets d'oxalate de calcium que l'on peut trouver n'importe où dans les voies urinaires. Cela commence par la formation de petits cristaux urinaires dans des urines acides et denses. Si leur présence se répète et progresse d'une analyse sanguine à l'autre, il convient de consulter un urologue.

Les calculs rénaux se forment lorsque les produits chimiques dissous dans l'urine deviennent suffisamment concentrés pour former une masse solide. Ils peuvent provoquer des douleurs dans le dos et les côtés ainsi que du sang dans l'urine. Beaucoup de calculs rénaux peuvent être traités avec une thérapie dite mini-invasive comme la lithotritie par ondes de choc extracorporelles qui désintègre les calculs rénaux avec des micro-ondes.

La colique néphrétique apparaît sous forme d'une crise avec une douleur aiguë, violente et brutale. Selon les femmes, cette douleur ressemble à celle d'un accouchement avant l'arrivée de la péridurale... Ces crises qui surviennent plus volontiers chez l'homme, correspondent à une brusque mise en tension des voies urinaires bloquées par un calcul rénal.

L'insuffisance rénale peut être temporaire (et souvent aiguë) ou devenir chronique, ce qui empêche les reins de filtrer les déchets du sang. D'autres conditions, telles que le diabète et l'hypertension peuvent entraîner une maladie rénale chronique. Les cas aigus peuvent être provoqués par un traumatisme ou d'autres dommages et peuvent s'améliorer avec un traitement. Cependant, une maladie rénale peut entraîner une insuffisance rénale chronique nécessitant des traitements de dialyse ou même une greffe de rein dont le traitement est relativement lourd et handicapant si la personne mêne une vie très active.

Le cancer du rein arrive au 13e rang des cancers les plus fréquents dans le monde. Dans la grande majorité des cas, le cancer du rein est un carcinome à cellules claires (atteinte des cellules de revêtement de l’organe). Son développement est lié à des anomalies du gène VHL qui est héréditaire dans 1 à 2% des cas. La protéine mTOR semble également jouer un rôle essentiel dans la naissance d'une tumeur rénale.

Les facteurs de risque du cancer du rein sont multifactoriels avec en tête le tabagisme, l'obésité et l'hypertension artérielle, des facteurs de risque que l'on retrouve davantage chez les hommes (qui représentent les 2/3 des patients). Découvert trop souvent à un stade avancé, son traitement a longtemps été difficile à mettre en oeuvre. Mais il existe des thérapies ciblées.

Le cancer de la vessie est plus fréquent chez les hommes et les personnes âgées. Les symptômes, y compris les douleurs dorsales ou pelviennes, la difficulté à uriner, l'urgence et/ou la miction fréquente, imitent d'autres maladies ou troubles du système urinaire.

Le cancer de la prostate peut exiger l'ablation du sphincter volontaire et/ou du sphincter dit automatique (pour l'acte involontaire). Les conséquences sont une modification des fonctions urinaires avec parfois de légères fuites urinaires, y compris pendant l'acte sexuel. L'ablation des sphincters peut affecter l'érection si les nerfs caverneux sont touchés mais elle n'affecte pas l'orgasme qui dépend avant tout des taux d'hormones produits par le cerveau (dopamine, endorphines, sérotonine, ocytocine, etc) et du désir. Dans tous les cas, le chirurgien doit informer au préalable le patient des risques et des conséquences de l'opération, y compris sur le plan sexuel.

Spécialistes : Urologue, néphrologue.

Le système reproducteur

Le système reproducteur comprend un ensemble d'organes internes et externes travaillant ensemble dans le but d'assurer la procréation. En raison de son rôle vital dans la survie de l'espèce, de nombreux scientifiques affirment que le système reproducteur compte parmi les systèmes les plus importants du corps humain. Mais comme nous le savons, avec la révolution sexuelle et la libéralisation des moeurs, son usage c'est un peu dissipé pour ne pas dire galvaudé.

A. Le système reproducteur féminin

Les structures externes du système reproducteur féminin incluent le clitoris, les petites lèvres, les grandes lèvres et les glandes de Bartholin dont les chercheurs (tous des hommes à l'époque) ont longtemps sous-estimés le rôle. Les principaux organes internes du système reproducteur féminin comprennent le vagin et l'utérus - qui servent de réceptacle pour le sperme - et les ovaires qui produisent les ovules de la femme. Le vagin est relié à l'utérus grâce au col de l'utérus tandis que les trompes de Fallope relient l'utérus aux ovaires. En réponse aux changements hormonaux, un ovule (un œuf) ou plusieurs dans le cas de naissances multiples est libéré et migre dans la trompe de Fallope pendant l'ovulation. S'il n'est pas fécondé, l'œuf est éliminé au cours de la menstruation et un nouveau cycle recommence jusqu'à la ménopause de la femme qui apparaît entre 45 et 55 ans selon ses activités hormonale et sexuelle.

A lire : Les bébés très prématurés

Le développement de l'embryon et du foetus, Naître et Grandir

Illustrations de l'appareil reproducteur féminin et d'une grossesse. A droite, illustration d'un foetus de 40 semaines. Documents anonyme (Pinterest), Alila Medical Media et angelhell/iStock.

La fécondation se produit lorsqu'un spermatozoïde pénètre dans la trompe de Fallope et entre dans l'œuf, ce qui déclenche immédiatement une réaction chimique de ce dernier qui libère des milliards d'atomes de zinc qui se matéralisent par un flash bien visible par fluorescence (voir la vidéo ci-dessous) qui empêche la pénétration d'un nouveau spermatozoïde. Alors que la fécondation se produit généralement dans les oviductes, elle peut également se produire dans l'utérus lui-même. L'ovule s'implante ensuite dans la muqueuse de l'utérus où il commence sa nidification et les processus d'embryogenèse (dans laquelle l'embryon se forme) et de morphogenèse (dans lequel le fœtus commence à prendre forme entre la 15e et la 40e semaine de grossesse). Lorsque le fœtus est suffisamment mature pour survivre à l'extérieur de la poche utérine, le col de l'utérus se dilate et les contractions de l'utérus le propulsent à travers le vagin ou canal génital vers l'extérieur; bébé est né !

A voir : Zinc Fireworks Reveal When Human Egg is Fertilized, NWU

Maladies du système reproducteur féminin

De nombreuses parties des systèmes reproducteurs féminin peuvent être affectées par le cancer. Chez les femmes, le cancer peut attaquer l'utérus, les ovaires, le col de l'utérus et les seins, entre autres organes. Beaucoup de spécialistes ont été confrontés à ce qu'ils appellent l'effet "Angelina Jolie" (2013) où des femmes américaines sachant qu'elles avaient des antécédents familiaux de cancer ont pris des mesures proactives draconiennes en subissant une ablation des seins (mastectomie) et des organes reproducteurs internes avant d'avoir les signes de la maladie. Mais grâce à de meilleurs tests génétiques et un meilleur dépistage, aujourd'hui il n'est plus nécessaire que les femmes prennent ces mesures radicales, encore moins si elles ont le désir d'enfanter.

Le cancer de l'ovaire a tendance à être plus sévère que les autres cancers gynécologiques car il n'est généralement pas diagnostiqué avant un développement significatif. Puisqu'il n'existe pas encore de dépistage standard du cancer de l'ovaire, il est donc très difficile de l'identifier très tôt. Des tests pour détecter le cancer de l'ovaire ainsi que le cancer de la trompe de Fallope et le cancer péritonéal primaire sont actuellement à l'étude (2018).

Notons que deux tests sont actuellement utilisés pour dépister le cancer du col de l'utérus : le test de Pap qui est le plus efficace et le test du VPH. Il est recommandé que les femmes commencent un dépistage par le test de Pap dès 21 ans et le répète tous les 3 ans jusqu'à l'âge de 30 ans.

L'appareil reproducteur féminin vu de profil. Document anonyme (HPSJ).

Alors que le VPH génital est généralement associé aux femmes, il s'agit de l'infection sexuellement transmissible la plus fréquente mais les porteurs ne ressentent généralement aucun symptôme. Seule chez une petite partie des femmes il peut entraîner un cancer du col de l'utérus et des verrues génitales tandis que chez les hommes, il peut provoquer un cancer du pénis et un cancer anal avec des verrues génitales.

Les crampes menstruelles sévères ou dysménorrhée sont les maladies menstruelles les plus fréquentes du système reproducteur féminin. Il s'agit d'une douleur intense avant ou pendant vos règles qui peut durer de un à sept jours et qui perturbe les habitudes quotidiennes. Le meilleur traitement comprend des médicaments qui bloquent les effets des prostaglandines et comprennent l'ibuprofène et le naproxène. La pilule contraceptive fonctionne également dans le traitement de la dysménorrhée en diminuant le flux sanguin.

L'hyperémèse gravidique (HG) se caractérise par des nausées et de violents vomissements quotidiens pendant la grossesse. Elle s'accompagne de déshydratation, de malnutrition et dans les cas les plus graves elle peut entraîner une perte de poids atteignant 10%. Cette pathologie concerne 3% des femmes. On ignore encore la cause précise de cette pathologie mais des études récentes indiquent qu'elle serait liée à une déficience du gène codant la protéine GDF15 appelée facteur-15 de croissance et de différenciation avec pour complice la protéine IGFBP7. Ces deux protéines interviendraient également dans le développement du placenta et le contrôle de l'appétit. On avait déjà montré qu'un faible taux de GDF15 dans le sang serait associé à des fausses couches. A ce jour il n'existe pas encore de traitement mais le rôle de cette protéine est certainement une voie de recherche prometteuse.

L'infection vaginale à levures affecte jusqu'à trois femmes sur quatre en Occident et est provoquée par un champignon de la levure se développant dans le vagin. La plupart peuvent être traités avec succ avec des médicaments en vente libre.

L'endométriose est une affection qui touche normalement l'intérieur de l'utérus (l'endomètre) mais peut affecter l'extérieur de l'utérus et le plus souvent les ovaires, les intestins ou les tissus qui tapissent le bassin. Le tissu de l'endomètre touché par la maladie provoque des douleurs pendant les règles. Cette maladie est encore méconnue et parfois mal diagnostiquée mais concerne uen femme sur 10 en Europe et 180 millions de femmes dans le monde qui risquent l'infertilité (ou ont déjà des problèmes de fertilité) si la maladie n'est pas diagnostiquée et soignée. Consultez l'article de l'Inserm pour plus d'informations.

Enfin, la maladie inflammatoire pelvienne peut impliquer une infection de l'un des organes reproducteurs féminins dont l'utérus et les ovaires. Les maladies sexuellement transmissibles ou MST telles que la gonorrhée (chaude pisse) et la chlamydia sont des exemples typiques de maladie inflammatoire pelvienne. Toutes ces MST peuvent engendrer des problèmes reproductifs graves et potentiellement à long terme qui comprennent la douleur pelvienne chronique et l'infertilité (voir plus bas).

B. Le système reproducteur masculin

Le système reproducteur masculin se compose de deux parties principales : les testicules où les spermatozoïdes sont produits et le pénis ou verge. Le pénis et l'urètre appartiennent à la fois aux systèmes urinaires et reproducteurs. Les testicules sont contenus dans une poche externe appelée scrotum où ils sont maintenus à une température plus fraîche que celle du corps pour faciliter la production de spermatozoïdes.

Maladies du système reproducteur masculin

La prostatite implique généralement un gonflement ou une inflammation de la prostate et peut provoquer une miction douloureuse ou difficile et effectuer l'éjaculation. Près de la moitié des hommes présentent des symptômes de prostatite à un moment donné de leur vie.

Document Biologie en flash.

Le cancer de la prostate est la plus commune des maladies spécifiques du système reproducteur, mais les hommes peuvent également souffrir de cancer du testicule et du pénis. Le cancer de la prostate dépend de l'âge, de la gravité de la maladie et d'autres problèmes de santé. Les traitements habituels pour le cancer de la prostate sont la chirurgie, la radiothérapie, la surveillance et le traitement hormonal.

Comme nous l'avons expliqué, l'ablation du ou des sphincters peut affecter l'érection si les nerfs caverneux sont touchés mais elle n'affecte pas l'orgasme qui dépend avant tout des taux d'hormones produits par le cerveau et du désir.

La dysfonction érectile est une affection fréquente qui touche environ 10% des homme à long terme. Elle peut être liée à des maladies vasculaires, des troubles neurologiques tels que la sclérose en plaques, des traumatismes et des épisodes psychologiques.

Enfin, hommes et femmes peuvent développer des IST dont l'herpès génital, la gonorrhée et la syphilis. Le SIDA (rétrovirus VIH) est une maladie du système immunitaire qui n'est pas exclusivement transmise par contact sexuel mais l'activité sexuelle est l'un des moyens par lesquels la maladie se propage. Rappelons que le SIDA se soigne mais on ne le guérit pas encore.

C. L'infertilité

L'infertilité est définie comme l'incapacité d'un couple à concevoir après une année de rapports sexuels non protégés. Elle peut être provoquée par une condition particulière propre au partenaire ou une combinaison de circonstances.

Infection par la bactérie Chlamydia trachomatis. Document Gettyimages.

Chez les femmes, l'infertilité est un trouble du système reproducteur qui empêche l'organisme d'ovuler, de concevoir ou de mener une grossesse à terme. Les causes peuvent être génétiques, morphologiques, bactériennes ou indirectement liées à la stérilité du partenaire.

Parmi les causes bactériennes, la chlamydia est une MST contractée par 5% des hommes et des femmes en Occident. Chez les femme, comme on le voit à gauche, elle provoque des lésions qui obstruent la trompe de Fallope. Elle est provoquée par la bactérie Chlamydia trachomatis et est responsable d'une grande partie des stérilités féminines. Cette bactérie infecte également l'urètre et le pénis des hommes.

Chez les hommes, l'infertilité est liée à l'absence de spermatozoïdes (azoospermie), un nombre trop réduit de spermatozoïdes (oligospermie) ou à des spermatozoïdes anormaux ou qui meurent avant d'atteindre l'ovule. Les causes vont des anomalies chromosomiques au déséquilibre hormonal en passant par les bactéries et les tumeurs. Des facteurs de risques liés au mode de vie tels que la consommation de drogues et d'alcool peuvent également jouer un rôle. Dans de rares cas, l'infertilité masculine est le résultat d'une maladie héréditaire, comme la fibrose kystique.

Les conditions de reproduction sont traitées par une variété de spécialistes. Chez les femmes, de nombreux problèmes sont traités par des obstétriciens ou des gynécologues et pour les hommes, les urologues traitent de nombreux troubles du système reproducteur. Il existe également des experts en infertilité qui traitent les couples qui ne peuvent pas concevoir et les endocrinologues qui traitent les troubles hormonaux.

Spécialistes : Sexologue, endocrinologue, gynécologue (F), obstétricien (F), andrologue (H), urologue (H).

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