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Anatomie du corps humain

Document Polygone Studio.

Le système digestif (IV)

Les plus anciens traités évoquant le système digestif remontent aux anciens Égyptiens. Mais les véritables études du système gastro-intestinal ont débuté avec le médecin grec Claudius Galen (c.130-200) qui passa en revue les enseignements d'Hippocrate et d'autres médecins grecs. Il imagina que l'estomac agissait indépendamment des autres systèmes, lui assignant presque un cerveau séparé. Son point de vue fut largement accepté jusqu'au XVIIe siècle.

En 1780, le médecin italien Lazzaro Spallanzani mena des expériences pour prouver l'impact du suc gastrique sur le processus de digestion. Ensuite, Philipp Bozzini inventa le Lichtleiter en 1805. Cet instrument permit d'examiner les voies urinaires, le rectum et le pharynx et de réaliser la première endoscopie.

Pour améliorer les diagnostics, le médecin allemand Adolf Kussmaul développa le gastroscope en 1868. Rudolph Schindler, connu par certains comme le "père de la gastroscopie" décrivit de nombreuses maladies impliquant le système digestif dans son manuel illustré publié au cours Première Guerre Mondiale. Avec Georg Wolf, ils mirent au point un gastroscope semi-flexible en 1932.

Description

Le système ou appareil digestif humain également appelé le tube digestif comprend comme son nom l'indique une série d'organes qui assurent la digestion, c'est-à-dire la transformation des aliments en produits assimilables par l'organisme : protéines, glucides, sels minéraux, oligo-éléments, lipides et autres substances utiles. Il assure également le transfert de ces nutriments dans la circulation sanguine où ils seront transférés aux cellules qui les utiliseront pour fabriquer, réparer et contrôler les différents systèmes de l'organisme.

Il est essentiel à notre bonne santé car si le système digestif se bloque, le corps ne peut plus être nourri ou se débarrasser des déchets qui finissent par devenir toxiques.

Le système digestif commence à la bouche, comprend l'œsophage, l'estomac, l'intestin grêle, le gros intestin (ou le côlon), le rectum et se termine à l'anus. L'ensemble du système mesure environ 9 mètres.

La digestion commence par la cavité buccale, comprenant en particulier la bouche, les maxillaires, les dents, la langue et les glandes salivaires. Même le fait de penser à de la nourriture ou de sentir son odeur peut déclencher la production de salive qui est sécrétée par les glandes salivaires situées sous la langue et au fond de la gorge.

La salive contient une enzyme, l'amylase salivaire, qui décompose l'amidon. Elle contient également des anticorps, des inhibiteurs enzymatiques qui diminuent la virulence des microbes mais a très peu d'effet contre l'inflammation. La salive aide également la cicatrisation car elle contient des facteurs de croissance. Le réflexe de se lécher une plaie est donc liée à cette faculté anti-microbienne héritée de nos ancêtres.

Enfin, selon les résultats de recherches toujours en cours, la salive contenant des protéines et des peptides, elle peut servir de marqueur biologique potentiel de maladies dont le cancer.

Quand nous mangeons, les glandes salivaires produisent 2 ml de salive par minute. Même la nuit nous produisons 0.05 ml de salive par minute. Au total, nous produisons entre 500 et 900 ml de salive par jour que nous déglutissons (contre 60 litres chez les ruminants).

Bien que les dents fassent partie du système squelettique, elle jouent un rôle essentiel dans la digestion. L'homme étant omnivore, ayant donc hérité d'adaptations propres aux carnivores et aux herbivores (cf. ce tableau comparatif), les dents servent à décomposer la viande et à broyer les plantes et autres aliments pour faciliter le processus de digestion.

En avalant la nourriture mâchée, nous la poussons dans l'œsophage où elle passe à travers l'oropharynx et l'hypopharynx. À ce niveau, la nourriture prend la forme d'une petite masse ronde appelée le bol alimentaire et la digestion devient involontaire. Une série de contractions musculaires, appelées péristaltisme, transporte la nourriture à travers le reste du système. L'œsophage aboutit dans l'estomac.

L'estomac est un organe en forme de J qui mesure entre 20 et 25 cm de haut. Extensible, il présente un volume de 0.5 litre à vide et peut contenir jusqu'à 4 litres. Il est fermé à ses deux extrémités par un sphincter, un muscle annulaire contrôlé par le système digestif.

L'estomac produit le suc gastrique qui se compose principalement d'un mélange d'acide chlorhydrique et de pepsine dont l'acidité est très élevée (pH=1) qui commence à digérer les aliments, décomposant les protéines et tuant les bactéries potentiellement dangereuses. Après une heure ou deux d'action, les aliments sont transformés en une pâte épaisse semi-liquide appelée le chyme.

Après ce traitement à l'acide, le muscle du sphincter pylorique s'ouvre et le chyme pénètre dans le duodénum ​​où il se mélange avec les enzymes digestives du pancréas et la bile produite par le foie qui est stockée dans la vésicule biliaire. La bile est un liquide jaune-verdâtre basique (pH entre 7.6 et 8.6) contenant 97% d'eau, des électrolytes, des sels biliaires (détergent), de la bilirubine et du (bon) cholestérol qui vont continuer à dégrader les aliments. Le foie produit entre 800 à 1000 ml de bile par jour.

Pesant 1.5 kg chez l'adulte, le foie est la plus grande glande du corps humain. Il se situe juste sous la diaphragme, à côté de l'estomac, sur la partie centrale et droite du corps. Le foie est un organe vital car il assure plusieurs fonctions essentielles dont la filtration du sang. Il produit également du glycogène à partir des sucres et des hydrates de carbone afin de fournir de l'énergie aux cellules et convertit les protéines alimentaires en de nouvelles protéines nécessaires au système sanguin. Le foie métabolise (décompose) également médicaments ainsi que les produits chimiques indésirables tels que l'alcool qui est détoxifié et rejeté sous forme de déchet.

Précisons à ce sujet que la consommation de plus de 2 g de Paracétamol (aspirine) par jour est toxique pour le foie. Ce médicament à priori anodin doit être administré avec parcimonie et à petite dose. En 2018, une femme a dû subir une greffe de foie après avoir absorbé plus de 3 g d'aspirine par jour pendant 1 semaine.

A gauche, micrographie à travers la paroi du jéjunum, la partie intermédiaire de l'intestin grêle. Les nombreux plis de la paroi sont appelés plicae circulares ou valvuves de Kerckrings. Les plis sont couverts de villosités qui augmentent la surface d'absorption des nutriments. La couche la plus profonde est la muqueuse. En dessous se trouve le tissu conjonctif de la couche sous-muqueuse et à la base, le muscle lisse. Image grossie 7X qui représente une section de 10 cm de longueur. A droite, illustration de la flore intestinale. Documents Gettyimages et Fotolia.

Les aliments prédigérés passent ensuite dans l'intestin grêle, un organe en forme de tube long de 6 mètres où la plupart des nutriments sont assimilés par l'organisme grâce à circulation sanguine. C'est ici que réside et se développe la flore intestinale. Plus de 1500 espèces de bactéries ont été identifiées dans les intestins dont une dizaines réparties en 4 ou 5 groupes sont courantes dans toutes les populations humaines. En extrapolant le contenu des excréments qui contiennent environ 100 milliards de bactéries par gramme, on estime que le corps d'un homme (20-30 ans, 70 kg, 1.70 m,) abriterait en moyenne 39 mille milliards de bactéries (contre 30 mille milliards de cellules humaines), ce qui représente entre 1.5 et 2 kg du poids d'un adulte.

Les bactéries, archées et autres protistes constituant la flore intestinale assurent plus de 15000 fonctions dont le rôle est indispensable pour dégrader la nourriture mais également pour assurer la protection et la bonne santé de l'organisme, y compris notre santé mentale. En effet, les intestins échangeant constamment des informations avec le cerveau (et beaucoup plus vers le cerveau que l'inverse), si la flore intestinale ne fonctionne pas correctement, c'est l’ensemble de l’organisme qui en souffre. Des tests de laboratoire ont même démontré chez la souris que si on place la flore intestinale d'une souris obèse chez une souris normale, cette dernière devient obèse (cf. V.K.Rudaura et al., "Science", 2013; A.W.Walker et al., "Science", 2013). La raison est que la flore intestinale des obèses est moins diversifiée que celle des personnes sans embonpoint. L'inverse n'a pas encore été démontré mais les chercheurs espèrent le découvrir et développerr à un remède. La flore intestinale joue donc un rôle déterminant dans la préservation de la santé et sachant cela, l'usage des antibiotiques doit être réduit au stricte nécessaire.

Document yodiyim/Shutterstock

Tout ce qui n'est pas absorbé par l'organisme est ensuite conduit vers le gros intestin ou côlon qui mesure environ 1.5 mètre. Sa fonction principale est de stocker et d'assurer la fermentation de la matière indigeste. Il comporte quatre parties : le côlon ascendant, le côlon transverse, le côlon descendant et le côlon sigmoïde. C'est dans le côlon que l'eau du chyme est absorbée par l'organisme (les fèces comprennent 75% d'eau, des fibres alimentaires et d'autres déchets). C'est à ce stade que les fèces prennent leur couleur marron suite à leur dégradation par les enzymes bactériennes. Les excréments sont stockés à cet endroit jusqu'à ce qu'ils soient éliminés du corps lors de la défécation.

Rappelons que sur le plan nerveux, le système digestif est contrôlé et régulé par le "cerveau du ventre" ou système nerveux entérique (cf. le système nerveux).

Symptômes et affections

Beaucoup de symptômes peuvent signaler des problèmes avec ce que les spécialistes appellent le tractus gastro-intestinal (le système digestif), parmi lesquels la douleur abdominale, du sang dans les selles, les ballonnements, la constipation, la diarrhée, les brûlures d'estomac, l'incontinence, les nausées et vomissements et la difficulté à déglutir (avaler).

Parmi les symptômes généralement bénins, lors d'un reflux gastrique, le chyme acide produit dans l'estomac peut remonter jusqu'à la bouche et occasionnellement provoquer une inflammation de l’œsophage, ce qu'on appelle "les brûlures d'estomac". Si ce reflux est fréquent, c'est le symptôme d'un dysfonctionnement du sphincter oesophagien inférieur, un anneau musculaire situé à la jonction entre l'oesophage et l'estomac qui en temps normal est serré et empêche le contenu de l'estomac de remonter vers l'oesophage (même lorsque le corps est en position inversée, tête en bas). Ce reflux gastrique est très fréquent chez le nourrisson du fait que son sphincter oesophagien est immature.

La première affection du système digestif concerne les affections dentaires tandis que les maladies de la cavité buccale (maxillaire, glandes salivaires, tissus mous, langue, etc) sont proportionnellement beaucoup plus rares mais peuvent être fréquentes et sévères chez des patients ayant par exemple contracté une MST ou un cancer.

Maladies du système digestif

La maladie la plus connue du système digestif est le cancer du côlon qui touche en Occident environ un adulte sur 10000. Si on exclut les cancers de la peau, le cancer du côlon et du rectum (cancer colorectal ou CRC) est le troisième cancer le plus souvent diagnostiqué.

Les développements les plus courants des cancers colorectaux se manifestent de deux manières. La première, lorsqu'une personne constate des saignements rectaux (autre qu'une irritation de l'anus) et des changements dans la couleur des selles durant plusieurs jours, il est recommandé de consulter un gastroentérologue. La seconde n'est acessible que par un examen médical lorsque le spécialiste constate la croissance d'un polype et/ou de cellules irrégulières dans le côlon qui peuvent être ou non cancéreuses. Elles peuvent être détectées lors d'une coloscopie de routine chez un gastroentérologue. Une biopsie est ensuite réalisée sur l'échantillon prélevé pour s'assurer qu'il est bénin et ne nécessite aucun traitement complémentaire. Plus tôt le polype est détecté plus tôt il peut être enlevé, éliminant le risque qu'il se développe davantage et devienne cancéreux.

Pour les patients dont le cancer s'est déjà propagé, il existe diverses options chirurgicales peu invasives dont les pronostics sont extrêmement bons. Mais étant donné qu'on peut éviter le cancer colorectal, tant aux États-Unis qu'en Europe occidentale (F, B, L), le ministère de la santé publique propose un dépistage systématique à partir de 50 ans et ensuite tous les 10 ans.

De nombreuses autres maladies ou affections peuvent toucher le système digestif dont le syndrome du côlon irritable, la diverticulite, le reflux acide et la maladie de Crohn qui peuvent toutes être chroniques mais difficiles à diagnostiquer comme à traiter. En effet, dans la plupart des cas, les analyses sanguines et les coloscopies ont l'air normales, ce qui n'alerte pas le médecin. Il faut donc se reporter sur d'autres indices ou symptômes voire même se pencher sur le style de vie et la nourriture que prend le patient.

Beaucoup de maladies du système digestif sont liées aux aliments que nous mangeons et un certain nombre de personnes peuvent réduire leurs symptômes en modifiant leur régime alimentaire. Bien sûr, personne n'aime s'entendre dire qu'il lui est dorévant interdit de manger tel ou tel aliment qu'il apprécie, mais parfois il suffit d'éliminer les produits acides comme les tomates, les oignons ou le vin rouge pour observer un effet bénéfique. Les conseils complémentaires d'un diététicien peuvent donc s'avérer profitables.

Enfin, il existe un certain nombre de tests peu invasifs permettant de détecter les affections du système digestif dont la coloscopie précitée réservée au côlon, l'endoscopie digestive haute, l'endoscopie capsulaire, l'échographie endoscopique et la cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique ou CPRE qui est une endoscopie aux rayons X qui permet d'observer les canaux drainant le pancréas, le foie et la vésicule biliaire.

Spécialiste : Gastroentérologue.

Le système urinaire

Le système urinaire ou système rénal produit, stocke et élimine l'urine, c'est-à-dire les déchets liquides excrétés par les reins. Les reins produisent de l'urine en filtrant les déchets et l'eau extraite du sang. L'urine sort des reins à travers deux tubes minces appelés uretères qui aboutissent dans la vessie. Lorsque la vessie est pleine, l'individu urine à travers l'urètre pour éliminer les déchets.

Description

Le système urinaire travaille avec les poumons, la peau et les intestins pour maintenir l'équilibre des produits chimiques et de l'eau dans le corps. Les adultes éliminent entre 0.8 et 2 litres d'urine par jour en fonction de l'apport quotidien de liquides (on recommande de boire 2 litres/jour dont une partie peut provenir des aliments comme des fruits, des soupes ou des yaourts). D'autres facteurs de la fonction du système urinaire comprennent le liquide perdu par la transpiration et la respiration. En outre, certains types de médicaments tels que les diurétiques qui sont parfois utilisés pour traiter l'hypertension artérielle, peuvent également affecter la quantité d'urine qu'une personne produit et élimine. La consommation de certaines boissons comme le café et l'alcool peuvent également entraîner une augmentation de la miction chez certaines personnes.

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Les organes primaires du système urinaire sont les reins, qui sont des organes en forme de haricot situés juste en dessous de la cage thoracique au milieu du dos. Ils mesurent entre 10x4 cm à 12x5 pour 3 cm d'épaisseur, le rein gauche étant généralement un tout petit peu plus grand que le rein droit.

Les reins éliminent l'urée (qui est un déchet produit par la dégradation des protéines) du sang à travers de petites unités de filtration appelées néphrons. Chaque néphron consiste en une boule formée de petits capillaires sanguins appelés glomérules et d'un petit tube appelé tubule rénal. L'urée, avec l'eau et d'autres déchets, forme l'urine lorsqu'elle passe à travers les néphrons et descend les tubules rénaux du rein.

Le taux d'élimination de l'urée s'exprime par le débit de filtration glomérulaire (le DFG sur les analyses de sang). Chez une personne caucasienne en bonne santé et ayant une pression artérielle normale, le DFG est d'au moins 90 ml/minute/1.73m2. Cette valeur doit être multipliée par 1.15 chez une personne de type africain.

Selon un article publié en 2016 par Hans Pottel de la KU Leuven Kulak et ses collègues dans la revue "Néphrologie & Thérapeutique", la diminution "normale" du DFG avec l'âge fait encore l'objet de débats. Des données datant de ~1950 ont décrit chez les sujets âgés entre 20 et 30 ans un DFG entre 120-130 mL/min/1.73 m2. Aujourd'hui, on peut observer chez les patients de 55-60 ans, un DFG "normal" 30% inférieur de l'ordre de 80-85 mL/min/1.73 m2. L’âge à partir duquel le DFG commence à diminuer reste variable selon les études.

À partir des reins, l'urine descend par deux tubes minces appelés uretères longs de 20 à 25 cm jusqu'à la vessie. Les parois de l'uretère comprennent des muscles qui se resserrent et se relâchent continuellement pour forcer l'urine à s'évacuer des reins. Une fuite d'urine dans le corps peut provoquer une infection rénale. Toutes les 10 à 15 secondes environ, de petites quantités d'urine sont déversées dans la vessie par les uretères.

La vessie est un organe creux en forme de ballon situé dans le bassin. Elle est maintenue en place par des ligaments attachés à d'autres organes et aux os du bassin. La vessie accumule l'urine jusqu'à ce que le cerveau signale que la vessie est pleine et qu'il est temps de la vider. Une vessie normale et saine peut contenir jusqu'à un demi-litre d'urine qu'il est possible de retenir pendant deux à cinq heures voire même davantage.

Pour prévenir les fuites, les muscles circulaires appelés sphincters se ferment étroitement autour de l'ouverture de la vessie dans l'urètre, le tube qui permet à l'urine d'être évacuer à l'extérieur du corps. La seule différence entre le système urinaire féminin et masculin est la longueur de l'urètre. Chez les femmes, l'urètre mesure entre 3.8 et 5.1 cm de longueur et se situe entre le clitoris et le vagin. Chez les hommes, il court sur toute la longueur du pénis et mesure environ 20 cm de longueur et s'ouvre à l'extrémité du pénis. L'urètre masculin est utilisé pour éliminer l'urine ainsi que le sperme pendant l'éjaculation.

Maladies du système urinaire

Le système urinaire est sensible à diverses infections et problèmes, y compris les blocages et les blessures. Ceux-ci peuvent être traités par un urologue ou un autre professionnel de la santé spécialisé dans le système rénal.

Les infections des voies urinaires ou ITU se produisent lorsque les bactéries pénètrent dans les voies urinaires et peuvent affecter l'urètre, la vessie ou même les reins. Alors que les infections urinaires sont plus fréquentes chez les femmes, elles peuvent survenir chez les hommes. Les infections urinaires sont généralement traitées avec des antibiotiques.

L'incontinence est une autre maladie courante du système urinaire urinaire qui peut entraîner un problème social et hygiénique. Elle peut se présenter sous la forme d'un prolapsus pelvien ou descente anormale d'un ou de plusieurs organes qui chez la femme, peut entraîner une fuite et peut être le résultat d'un accouchement par les voies naturelles. Ensuite, il y a la vessie hyperactive qui n'est pas liée à l'enfantement ou à un traumatisme. Une troisième condition implique un débordement, dans lequel la vessie ne se vide pas complètement.

Le Manneken Pis, à deux pas de la Grand Place de Bruxelles.

Selon les différentes études épidémiologiques, on estime que 5% de la population est confrontée à ce problème. Les femmes sont les plus touchées et représentent 70% des personnes incontinentes. Ramenées à la population générale, elles seraient 10 à 20% concernées par ces fuites urinaires. Même si l'incontinence est plus fréquente chez les plus de 55 ans, elle n'est pas absente chez les plus jeunes. Des études confirment qu'un lien entre l'âge et l'incontinence est apparent chez l'homme mais beaucoup moins chez la femme.

Chez la femme, les traitements ordinaires comprennent des médicaments, la thérapie physique et la chirurgie de maille pelvienne. La chirurgie au laser vaginale devient également une option de traitement. A l'avenir (~2025), la chirurgie vaginale au laser sera une autre option courante pour traiter les maladies urinaires.

La cystite interstitielle ou syndrome de la vessie douloureuse est une affection chronique de la vessie, principalement chez les femmes, qui provoque une pression et des douleurs vésicales et, parfois, des douleurs pelviennes à des degrés divers. Elle peut provoquer des cicatrices sur la vessie et rendre la vessie moins élastique. Bien que la cause ne soit pas connue, de nombreuses personnes atteintes de cette maladie ont également un défaut dans l'épithélium, la membrane protectrice de la vessie.

La prostatite est un gonflement de la prostate, la glande qui sécrète le liquide séminal. Par conséquent elle ne peut se produire que chez les hommes. Souvent liée à l'âge avancé du patient, les symptômes comprennent l'urgence et la fréquence urinaires, la douleur pelvienne et la douleur pendant la miction.

Les calculs rénaux ou maladie lithiasique également appelées les "pierres au reins" sont des bouquets d'oxalate de calcium que l'on peut trouver n'importe où dans les voies urinaires. Les calculs rénaux se forment lorsque les produits chimiques dissous dans l'urine deviennent suffisamment concentrés pour former une masse solide. Ils peuvent provoquer des douleurs dans le dos et les côtés ainsi que du sang dans l'urine. Beaucoup de calculs rénaux peuvent être traités avec une thérapie dite mini-invasive comme la lithotritie par ondes de choc extracorporelles qui désintègre les calculs rénaux avec des micro-ondes.

La colique néphrétique apparaît sous forme d'une crise avec une douleur aiguë, violente et brutale. Selon les femmes, cette douleur ressemble à celle d'un accouchement avant l'arrivée de la péridurale... Ces crises qui surviennent plus volontiers chez l'homme, correspondent à une brusque mise en tension des voies urinaires bloquées par un calcul rénal.

L'insuffisance rénale peut être temporaire (et souvent aiguë) ou devenir chronique, ce qui empêche les reins de filtrer les déchets du sang. D'autres conditions, telles que le diabète et l'hypertension peuvent entraîner une maladie rénale chronique. Les cas aigus peuvent être provoqués par un traumatisme ou d'autres dommages et peuvent s'améliorer avec un traitement. Cependant, une maladie rénale peut entraîner une insuffisance rénale chronique nécessitant des traitements de dialyse ou même une greffe de rein dont le traitement est relativement lourd et handicapant si la personne mêne une vie très active.

Le cancer du rein arrive au 13e rang des cancers les plus fréquents dans le monde. Dans la grande majorité des cas, le cancer du rein est un carcinome à cellules claires (atteinte des cellules de revêtement de l’organe). Son développement est lié à des anomalies du gène VHL qui est héréditaire dans 1 à 2% des cas. La protéine mTOR semble également jouer un rôle essentiel dans la naissance d'une tumeur rénale.

Les facteurs de risque du cancer du rein sont multifactoriels avec en tête le tabagisme, l'obésité et l'hypertension artérielle, des facteurs de risque que l'on retrouve davantage chez les hommes (qui représentent les 2/3 des patients). Découvert trop souvent à un stade avancé, son traitement a longtemps été difficile à mettre en oeuvre. Mais il existe des thérapies ciblées.

Le cancer de la vessie est plus fréquent chez les hommes et les personnes âgées. Les symptômes, y compris les douleurs dorsales ou pelviennes, la difficulté à uriner, l'urgence et/ou la miction fréquente, imitent d'autres maladies ou troubles du système urinaire.

Le cancer de la prostate peut exiger l'ablation du sphincter volontaire et/ou du sphincter dit automatique (pour l'acte involontaire). Les conséquences sont une modification des fonctions urinaires avec parfois de légères fuites urinaires, y compris pendant l'acte sexuel. L'ablation des sphincters peut affecter l'érection si les nerfs caverneux sont touchés mais elle n'affecte pas l'orgasme qui dépend avant tout des taux d'hormones produits par le cerveau (dopamine, endorphines, sérotonine, ocytocine, etc) et du désir. Dans tous les cas, le chirurgien doit informer au préalable le patient des risques et des conséquences de l'opération, y compris sur le plan sexuel.

Spécialiste : Urologue, néphrologue.

Le système reproducteur

Le système reproducteur comprend un ensemble d'organes internes et externes travaillant ensemble dans le but d'assurer la procréation. En raison de son rôle vital dans la survie de l'espèce, de nombreux scientifiques affirment que le système reproducteur compte parmi les systèmes les plus importants du corps humain. Mais comme nous le savons, avec la révolution sexuelle et la libéralisation des moeurs, son usage c'est un peu dissipé pour ne pas dire galvaudé.

A. Le système reproducteur féminin

Les structures externes du système reproducteur féminin incluent le clitoris, les petites lèvres, les grandes lèvres et les glandes de Bartholin dont les chercheurs (tous des hommes à l'époque) ont longtemps sous-estimés le rôle. Les principaux organes internes du système reproducteur féminin comprennent le vagin et l'utérus - qui servent de réceptacle pour le sperme - et les ovaires qui produisent les ovules de la femme. Le vagin est relié à l'utérus grâce au col de l'utérus tandis que les trompes de Fallope relient l'utérus aux ovaires. En réponse aux changements hormonaux, un ovule (un œuf) ou plusieurs dans le cas de naissances multiples est libéré et migre dans la trompe de Fallope pendant l'ovulation. S'il n'est pas fécondé, l'œuf est éliminé au cours de la menstruation et un nouveau cycle recommence jusqu'à la ménopause de la femme qui apparaît entre 45 et 55 ans selon ses activités hormonale et sexuelle.

Illustration de l'appareil reproducteur féminin et d'une grossesse. Documents anonyme (Pinterest) et Alila Medical Media..

La fécondation se produit lorsqu'un spermatozoïde pénètre dans la trompe de Fallope et entre dans l'œuf, ce qui déclenche immédiatement une réaction chimique de ce dernier qui libère des milliards d'atomes de zinc qui se matéralisent par un flash bien visible par fluorescence (voir la vidéo ci-dessous) qui empêche la pénétration d'un nouveau spermatozoïde. Alors que la fécondation se produit généralement dans les oviductes, elle peut également se produire dans l'utérus lui-même. L'ovule s'implante ensuite dans la muqueuse de l'utérus où il commence sa nidification et les processus d'embryogenèse (dans laquelle l'embryon se forme) et de morphogenèse (dans lequel le fœtus commence à prendre forme entre la 15e et la 40e semaine de grossesse). Lorsque le fœtus est suffisamment mature pour survivre à l'extérieur de la poche utérine, le col de l'utérus se dilate et les contractions de l'utérus le propulsent à travers le vagin ou canal génital vers l'extérieur; bébé est né !

A voir : Zinc Fireworks Reveal When Human Egg is Fertilized, NWU

Maladies du système reproducteur féminin

De nombreuses parties des systèmes reproducteurs féminin peuvent être affectées par le cancer. Chez les femmes, le cancer peut attaquer l'utérus, les ovaires, le col de l'utérus et les seins, entre autres organes. Beaucoup de spécialistes ont été confrontés à ce qu'ils appellent l'effet "Angelina Jolie" (2013) où des femmes américaines sachant qu'elles avaient des antécédents familiaux de cancer ont pris des mesures proactives draconiennes en subissant une ablation des seins (mastectomie) et des organes reproducteurs internes avant d'avoir les signes de la maladie. Mais grâce à de meilleurs tests génétiques et un meilleur dépistage, aujourd'hui il n'est plus nécessaire que les femmes prennent ces mesures radicales, encore moins si elles ont le désir d'enfanter.

Le cancer de l'ovaire a tendance à être plus sévère que les autres cancers gynécologiques car il n'est généralement pas diagnostiqué avant un développement significatif. Puisqu'il n'existe pas encore de dépistage standard du cancer de l'ovaire, il est donc très difficile de l'identifier très tôt. Des tests pour détecter le cancer de l'ovaire ainsi que le cancer de la trompe de Fallope et le cancer péritonéal primaire sont actuellement à l'étude (2018).

Notons que deux tests sont actuellement utilisés pour dépister le cancer du col de l'utérus : le test de Pap qui est le plus efficace et le test du VPH. Il est recommandé que les femmes commencent un dépistage par le test de Pap dès 21 ans et le répète tous les 3 ans jusqu'à l'âge de 30 ans.

L'appareil reproducteur féminin vu de profil. Document anonyme (HPSJ).

Alors que le VPH génital est généralement associé aux femmes, il s'agit de l'infection sexuellement transmissible la plus fréquente mais les porteurs ne ressentent généralement aucun symptôme. Seule chez une petite partie des femmes il peut entraîner un cancer du col de l'utérus et des verrues génitales tandis que chez les hommes, il peut provoquer un cancer du pénis et un cancer anal avec des verrues génitales.

Les crampes menstruelles sévères ou dysménorrhée sont les maladies menstruelles les plus fréquentes du système reproducteur féminin. Il s'agit d'une douleur intense avant ou pendant vos règles qui peut durer de un à sept jours et qui perturbe les habitudes quotidiennes. Le meilleur traitement comprend des médicaments qui bloquent les effets des prostaglandines et comprennent l'ibuprofène et le naproxène. La pilule contraceptive fonctionne également dans le traitement de la dysménorrhée en diminuant le flux sanguin.

L'hyperémèse gravidique (HG) se caractérise par des nausées et de violents vomissements quotidiens pendant la grossesse. Elle s'accompagne de déshydratation, de malnutrition et dans les cas les plus graves elle peut entraîner une perte de poids atteignant 10%. Cette pathologie concerne 3% des femmes. On ignore encore la cause précise de cette pathologie mais des études récentes indiquent qu'elle serait liée à une déficience du gène codant la protéine GDF15 appelée facteur-15 de croissance et de différenciation avec pour complice la protéine IGFBP7. Ces deux protéines interviendraient également dans le développement du placenta et le contrôle de l'appétit. On avait déjà montré qu'un faible taux de GDF15 dans le sang serait associé à des fausses couches. A ce jour il n'existe pas encore de traitement mais le rôle de cette protéine est certainement une voie de recherche prometteuse.

L'infection vaginale à levures affecte jusqu'à trois femmes sur quatre en Occident et est provoquée par un champignon de la levure se développant dans le vagin. La plupart peuvent être traités avec succ avec des médicaments en vente libre.

L'endométriose est une affection qui touche normalement l'intérieur de l'utérus (l'endomètre) mais peut affecter l'extérieur de l'utérus et le plus souvent les ovaires, les intestins ou les tissus qui tapissent le bassin. Le tissu de l'endomètre touché par la maladie provoque des douleurs pendant les règles. Cette maladie est encore méconnue et parfois mal diagnostiquée mais concerne uen femme sur 10 en Europe et 180 millions de femmes dans le monde qui risquent l'infertilité (ou ont déjà des problèmes de fertilité) si la maladie n'est pas diagnostiquée et soignée. Consultez l'article de l'Inserm pour plus d'informations.

Enfin, la maladie inflammatoire pelvienne peut impliquer une infection de l'un des organes reproducteurs féminins dont l'utérus et les ovaires. Les maladies sexuellement transmissibles ou MST telles que la gonorrhée (chaude pisse) et la chlamydia sont des exemples typiques de maladie inflammatoire pelvienne. Toutes ces MST peuvent engendrer des problèmes reproductifs graves et potentiellement à long terme qui comprennent la douleur pelvienne chronique et l'infertilité (voir plus bas).

B. Le système reproducteur masculin

Le système reproducteur masculin se compose de deux parties principales : les testicules où les spermatozoïdes sont produits et le pénis ou verge. Le pénis et l'urètre appartiennent à la fois aux systèmes urinaires et reproducteurs. Les testicules sont contenus dans une poche externe appelée scrotum où ils sont maintenus à une température plus fraîche que celle du corps pour faciliter la production de spermatozoïdes.

Maladies du système reproducteur masculin

La prostatite implique généralement un gonflement ou une inflammation de la prostate et peut provoquer une miction douloureuse ou difficile et effectuer l'éjaculation. Près de la moitié des hommes présentent des symptômes de prostatite à un moment donné de leur vie.

Document Biologie en flash.

Le cancer de la prostate est la plus commune des maladies spécifiques du système reproducteur, mais les hommes peuvent également souffrir de cancer du testicule et du pénis. Le cancer de la prostate dépend de l'âge, de la gravité de la maladie et d'autres problèmes de santé. Les traitements habituels pour le cancer de la prostate sont la chirurgie, la radiothérapie, la surveillance et le traitement hormonal.

Comme nous l'avons expliqué, l'ablation du ou des sphincters peut affecter l'érection si les nerfs caverneux sont touchés mais elle n'affecte pas l'orgasme qui dépend avant tout des taux d'hormones produits par le cerveau et du désir.

La dysfonction érectile est une affection fréquente qui touche environ 10% des homme à long terme. Elle peut être liée à des maladies vasculaires, des troubles neurologiques tels que la sclérose en plaques, des traumatismes et des épisodes psychologiques.

Enfin, hommes et femmes peuvent développer des IST dont l'herpès génital, la gonorrhée et la syphilis. Le SIDA (rétrovirus VIH) est une maladie du système immunitaire qui n'est pas exclusivement transmise par contact sexuel mais l'activité sexuelle est l'un des moyens par lesquels la maladie se propage. Rappelons que le SIDA se soigne mais on ne le guérit pas encore.

C. L'infertilité

L'infertilité est définie comme l'incapacité d'un couple à concevoir après une année de rapports sexuels non protégés. Elle peut être provoquée par une condition particulière propre au partenaire ou une combinaison de circonstances.

Infection par la bactérie Chlamydia trachomatis. Document Gettyimages.

Chez les femmes, l'infertilité est un trouble du système reproducteur qui empêche l'organisme d'ovuler, de concevoir ou de mener une grossesse à terme. Les causes peuvent être génétiques, morphologiques, bactériennes ou indirectement liées à la stérilité du partenaire.

Parmi les causes bactériennes, la chlamydia est une MST contractée par 5% des hommes et des femmes en Occident. Chez les femme, comme on le voit à gauche, elle provoque des lésions qui obstruent la trompe de Fallope. Elle est provoquée par la bactérie Chlamydia trachomatis et est responsable d'une grande partie des stérilités féminines. Cette bactérie infecte également l'urètre et le pénis des hommes.

Chez les hommes, l'infertilité est liée à l'absence de spermatozoïdes (azoospermie), un nombre trop réduit de spermatozoïdes (oligospermie) ou à des spermatozoïdes anormaux ou qui meurent avant d'atteindre l'ovule. Les causes vont des anomalies chromosomiques au déséquilibre hormonal en passant par les bactéries et les tumeurs. Des facteurs de risques liés au mode de vie tels que la consommation de drogues et d'alcool peuvent également jouer un rôle. Dans de rares cas, l'infertilité masculine est le résultat d'une maladie héréditaire, comme la fibrose kystique.

Les conditions de reproduction sont traitées par une variété de spécialistes. Chez les femmes, de nombreux problèmes sont traités par des obstétriciens ou des gynécologues et pour les hommes, les urologues traitent de nombreux troubles du système reproducteur. Il existe également des experts en infertilité qui traitent les couples qui ne peuvent pas concevoir et les endocrinologues qui traitent les troubles hormonaux.

Spécialistes : Sexologue, endocrinologue, gynécologue (F),obstétricien (F), andrologue (H), urologue (H).

Dernière partie

Les systèmes endocrinien, immunitaire et lymphatiques

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