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La forme de vie dominante dans le cosmos est probablement artificielle

Et si les robots peuplaient l'univers ?

Si un jour nous rencontrons des extraterrestres, il y a de fortes chances qu'ils ne ressembleront pas aux petits hommes verts (ou gris) ni à des insectoïdes comme on a pu en voir dans "Man In Black". Il est probable qu'ils ne seront même pas du tout des créatures biologiques mais plutôt des robots sophistiqués qui devanceront notre technologie et notre intelligence de toutes les manières imaginables.

Telle est la conclusion à laquelle sont parvenus des scientifiques de la NASA, des astronomes, des physiciens, des philosophes, des futurologues et de nombreux écrivains de science-fiction qui estiment que les extraterrestres - les aliens - que nous rencontrons le plus probablement ne seront pas du tout des formes de vie mais des systèmes artificiels, la version améliorée non pas des cyborgs (des entités mi cybernétique mi organique) mais de véritables robots intelligents, à l'instar des ginoïdes et autres robots mécaniques que l'a vu dans les films de science-fiction sur l'intelligence artificielle (Métropolis en 1927 et plus récemment Star Wars, Blade Runner, Terminator, Star Trek: la Nouvelle Génération, A.I., I robot, Wall-E, Ex_Machina, etc).

Alors que de nombreux chercheurs ont prédit l'émergence de l'intelligence artificielle et l'imminence de la singularité technologique, par la force des choses la plupart ont limité leurs prédictions à la Terre. Encore moins d'auteurs en dehors du domaine de la science-fiction et des défenseurs de la "théorie des anciens aliens" ont considéré que l'intelligence artificielle existe depuis des éons.

Esprits extraterrestres

Susan Schneider est professeur de philosophie à l'Université du Connecticut et compte parmi les chercheurs croyant que l'intelligence dominante dans l'univers est probablement artificielle. Elle a rejoint une poignée d'astronomes dont Seth Shostak, directeur de l'Institut SETI, l'astrobiologiste Paul Davies de la NASA et Stephen Dick, ancien historien de la NASA et titulaire de la chaire d'Astrobiologie de la Bibliothèque du Congrès, qui tous en sont convaincus.

Dans son article "Alien Minds" écrit pour le compte de la NASA, Schneider explique pourquoi les formes de vie extraterrestres sont susceptibles d'être synthétiques et comment ces créatures seraient capables de penser. C'est son article que nous allons analyser, complété par des réflexions plus générales autour du même thème.

"Les Créateurs" par Anthony Sieben.

Avec les découvertes des missions spatiales Kepler et COROT, nous avons pris conscience qu'il existe d'autres mondes potentiellement habitables éparpillés à travers la Galaxie (cf. l'article consacré aux exoplanètes). Dans ces conditions, il devient de plus en plus difficile d'affirmer que nous sommes seuls dans l'univers. Et si nous rencontrons des formes de vie intelligentes, nous voudrons communiquer avec elles, ce qui signifie que nous aurons besoin d'une base pour comprendre leurs facultés intellectuelles (la cognition). Mais pour la grande majorité des astrobiologistes qui étudient la vie unicellulaire, l'intelligence extraterrestre n'est pas sur leur radar car par définition, jusqu'à preuve du contraire la vie est organique.

"Si vous me demandez de rassembler un groupe de personnes ayant beaucoup réfléchi au sujet, j'aurais beaucoup de difficulté", a déclaré Shostak. "Certains pensent aux stratégies de communication, bien sûr, mais peu considèrent la nature de l'intelligence extraterrestre.". Le document de Schneider compte donc parmi les premiers à aborder le sujet.

Comme l'a écrit Schneider, "Tout ce qui concerne leur cognition - comment leur cerveau reçoit et traite l'information, quels sont leurs objectifs et leurs motivations - pourrait être très différent de la nôtre. Les astrobiologistes doivent commencer à réfléchir à la possibilité de modes de cognition très différents, à savoir, le cas d'une superintelligence artificielle. Il y a une différence importante ici avec "l'intelligence artificielle". Je ne dis pas que nous allons tomber sur des processeurs IBM dans l'espace. Selon toute vraisemblance, cette intelligence sera beaucoup plus sophistiquée que tout ce que les humains peuvent comprendre."

La raison de tout cela est principalement liée aux échelles de temps. En effet, d'abord, quand il s'agit d'intelligence extraterrestre, il y a ce que Schneider appelle "l'observation de courte durée" - la notion selon laquelle n'importe quelle société apprend à transmettre des signaux radio, et pendant cette période elle est probablement loin d'améliorer sa propre biologie. C'est une alternative mais probablement réaliste à la croyance popularisée par le futurologue Ray Kurzweil qui pense que l'avenir post-biologique de l'humanité est proche (cf. le concept de transhumanisme).

Selon Shostak, "la plupart des gens ont une idée iconique des extraterrestres en tant que créatures biologiques, mais cela n'a aucun sens à partir d'un argumentaire fondé sur le temps. J'ai parié des dizaines de café avec des astronomes que si nous détections un signal extraterrestre, ce sera celui d'une vie artificielle."

Shostak estime que "dès qu'une civilisation invente la radio, elle bloque 50 ans pour son informatisation, puis, probablement, seulement 50 à 100 ans plus tard elle invente l'intelligence artificielle. À ce stade, les cerveaux "mous et spongieux" deviennent un modèle obsolète." En effet, chacun sait que malgré ses facultés, le corps humain est imparfait, fragile et globalement peu performant dans les tâches manuelles et intellectuelles comparé à un ordinateur ou un robot.

Depuis quelques décennies on commence à observer que les systèmes experts sont plus intelligents et plus rapides que les humains et que les robots autonomes sont également plus performants que nous dans certaines tâches spécialisées, certains remplaçant déjà les ouvriers ou les ingénieurs dans certains tâches routinières, notamment dans les usines automatisées ou des environnements à haut risque. En revanche, la plupart des autres robots et notamment les sondes spatiales d'exploration ne sont encore que des machines peu évolués qui doivent être téléguidées mais certaines disposent déjà d'une faculté d'auto-apprentissage et sont donc dotées d'une certaine autonomie tant qu'elle n'entrave pas leur sécurité ou bloque leur trajectoire.

La première idée que l'on se fait de la vie artificielle est naturellement calquée sur ce que nous connaissons de la vie et dérivée vers ses versions mécaniques et digitales anthropomorphes, en commençant par leurs représentations artistiques et les projets cybernétiques. Documents "Métropolis" de Fritz Lang, Hajime Sorayama, Terminator/Fox et l'une des séduisantes créatures artificielles de "Tron Legacy" (Olivia Wilde).

Schneider cite le monde émergeant mais en expansion rapide de la technologie de l'interface informatique cérébrale, dont le programme militaire d'implant neural ElectRX du DARPA (2014) comme preuve que notre propre singularité est proche. Finalement, prédit Schneider, nous ne ferons pas que nous "mettre à jour" grâce à la technologie, mais nous ferons un gros changement vers le matériel synthétique. Rappelons que le DARPA s'intéresse aussi à la télépathie synthétique.

Cela reviendra finalement à utiliser notre cerveau comme un banal périphérique mais de nature organique qui sera connecté par une interface hybride carbone-silicium et des électrodes ou des liaisons sans fil à des supports synthétiques. Ce n'est même plus de la science-fiction puisque grâce à un implant de ce type, certains aveugles ont recouvré une certaine forme de vue, certes qui n'a pas encore la qualité de la vue ordinaire. D'autres expériences ont également démontré que des paraplégiques pouvaient contrôler un appareil à distance et notamment l'affichage de données sur un ordinateur exclusivement par la pensée. Ces progrès font donc déjà partie de notre génération.

Superintelligences

Selon Schneider, "il se pourrait que le jour où nous rencontrerons réellement d'autres intelligences, la plupart des humains auront considérablement amélioré leur cerveau". Cette réflexion rejoint celle de Shostak à propos de l'intelligence artificielle superintelligente : la plupart des civilisations radiophoniques sont probablement des milliers ou des millions d'années plus anciennes (ou en avance) que la nôtre.

Shostak estime que "la façon dont on arrive à cette conclusion est très simple. Considérons le fait que tout signal que nous recevons doit provenir d'une civilisation au moins aussi avancée que la nôtre aujourd'hui. En prenant une valeur conservative, la civilisation moyenne utilisera disons la radio pendant 10000 ans d'un point de vue purement probabiliste. Le risque de rencontrer une société beaucoup avancée que la nôtre est donc assez élevé."

 C'est justement le thème qu'ont étudié les astronomes Steven J. Dick et Mark L. Lupisella dans leur livre "Cosmos & Culture", une brique de 612 pages publiée en 2009 par la NASA (SP-4802).

Il faut toutefois modérer ce genre d'évaluation en calculant l'espérance de vie d'une civilisation et la probabilité qu'il existe deux civilisations avancées au même moment dans la même région de l'Univers. Si le premier calcul donne une espérance de vie de 8 millions d'années à notre espèce, il faut reconnaître qu'étant donné la complexité de la vie, l'immensité de l'Univers et des distances à parcourir, il y a peu de chance de rencontrer une autre civilisation avancée, ce qu'a déjà montré l'exobiologiste Carl Sagan dans plusieurs de ses livres. Cela ne veut pas dire que cette recherche est vaine car nous basons nos calculs sur notre seule expérience très limitée en cette matière mais la généraliser à tout l'Univers est un peu trop démagogique.

L'idée que nous nous faisons de la vie artificielle nous projette dans un futur indéterminé contrôlé par des systèmes informatiques, des robots voire des cyborgs, où la place des "unités carbone" devient secondaire. En extrapolant ce que la civilisation à de plus mauvais, les futurologues et les romanciers sont arrivés à la conclusion que ce futur est sombre et dangereux et conduit l'humanité à sa perte. Mais on peut également extrapoler ce que le progrès nous apporte de bénéfique et considérer que l'informatique alliée à la cybernétique nous seront profitables. Dans les deux cas, on nage en plein science-fiction car nous n'avons pas asez d'expérience ni le recul nécessaire à cette analyse. En attendant d'en savoir plus, ce que connaîtrons nos descendants, quand on évoque des formes de vie artificielles, les uns matérialisent la violence du monde et les autres les fantasmes les plus divers quand ce n'est pas simplement un clin d'oeil à nos entreprises de pointe. Documents Wallpaper-Alpha Coders, Wallpaper-Alpha Coders et Oliver Wetter.

Il peut être humiliant de considérer que nous sommes probablement des enfants galactiques d'une intelligence semblable à celle d'un scarabée par rapport à nos frères cosmiques. Mais en dépit de leur pouvoir de traitement supérieur, il y a un aspect fondamental de la cognition dont nos voisins interstellaires sont peut-être dépourvus : la conscience.

Si cela paraît bizarre, les experts se demandent toujours si une intelligence artificielle est capable d'avoir conscience d'elle-même. Bien que sur le plan neurologique on vient juste de découvrir où siège la conscience (cf. l'article sur l'anatomie du corps humain dont la chapitre sur le système berveux), on sait à peine comment l'information est traitée et mémorisée. Avec si peu de connaissances, il est presque impossible de prédire quelles facultés ou émotions pourraient être reproduites artificiellement.

Quand on voit un robot d'exhibition comme Asimo de Honda ou les ginoïdes japonais discuter avec le public, on imagine que ces robots sont dotés d'une réelle intelligence et par conséquent qu'ils ont conscience d'être un robot, d'autant qu'ils déclarent eux-mêmes qu'ils sont des créatures artificielles, histoire de bien nous embrouiller et de ne plus très bien savoir "qui" est réellement la créature pensante. Mais il ne s'agit en réalité que d'une réponse programmée ou le résultat d'un auto-apprentissage que ces machines ont déduit des connaissances qu'elles ont acquises. Si on peut éventuellement leur attribuer une personnalité, c'est purement par analogie et faciliter nos relations avec ces machines. Jamais ces robots ne parlent de conscience. On peut encore moins les considérer comme une personne au sens juridique, ce qui signifierait qu'elles auraient des droits.

Ceci dit, un biologiste, un neurologue, un psychologue ou un même un philosophe éprouve encore des difficultés pour définir concrètement la conscience ou une émotion et seraient tous bien incapables d'affirmer quand et pourquoi elles émergent dans un être vivant. A fortiori, ces facultés et sentiments n'existent pas (encore) dans une machine puisqu'elle ne n'est pas vivante au sens biologique. Par conséquent, tant qu'ils n'éprouvent pas d'émotions, les robots n'auront vraisemblablement pas de conscience et vice-versa.

Eve et WALL-E. Source: Wallpaper-Alpha Coders.

Schneider "ne voit aucune raison de croire qu'une superintelligence artificielle ne pourrait pas avoir une conscience, mais il est important d'identifier cette possibilité". Par ailleurs, elle constate que l'affirmation selon laquelle la vie artificielle ne peut pas posséder de conscience est de moins en moins acceptée. Mais cela ne prouve rien, juste que le public confond ses propres sentiments et leurs simulations par les robots sur lesquels il projette ses émotions.

Pour Schneider, le cerveau humain est intrinsèquement à l'image d'un ordinateur et donc "computationnel" : "nous avons déjà des théories cybernétiques qui décrivent des aspects de la conscience comme la mémoire de travail et l'attention. Dans le cadre d'un cerveau informatique, je ne vois pas de bon argument en disant que le silicium, au lieu du carbone, ne peut pas être un excellent moyen d'expérience." Que penser de ces deux arguments ?

Si le terme "computationnel" peut s'appliquer au cerveau, par définition il est donc "capable de résoudre des problèmes en s'appuyant sur les concepts fondamentaux de l'informatique théorique". Disons plutôt que depuis les débuts de l'informatique et de la cybernétique, c'est le contraire que les chercheurs tentent de réaliser; ce sont respectivement l'ordinateur et le robot auxquels on demande par commandes et programmes interposés de reproduire ou de simuler le fonctionnement du cerveau. En pratique, la comparaison s'arrête ici. En effet, la comparaison entre le cerveau et l'ordinateur est tout au mieux une analogie simplifiée et même simpliste car pratiquement tous les chercheurs extérieurs à la cybernétique (en biologie, neurologie, etc) refusent de faire cet amalgame car le cerveau, bien qu'il soit câblé à travers ses milliards de neurones comme un réseau neuronal total et puisse surchauffer au sens propre et même "tomber en panne", il n'est pas comparable à une machine. De plus, on a démontré depuis longtemps qu'une chimie basée sur le silicium est possible mais elle ne présente pas autant de liberté, de souplesse et de résistance que la chimie du carbone. Schneider se trompe donc sur ce point même si certains lecteurs ou experts aimeraient lui donner raison.

Ceci dit, l'idée que l'univers ou ne fut-ce que la Galaxie grouille de supercalculateurs sans âme, aux yeux et au coeur aussi froids qu'une puce de silicium est une idée bien plus effrayante pour les êtres émotifs que nous sommes que pour des êtres artificiels comme Data, WALL-E et autre Terminator. Schneider considère même que "c'est super effrayant". Bien qu'elle ait écrit de nombreux articles sur le thème de la "mise en ligne du cerveau" dont "The Metaphysics of Uploading", elle insiste pour que nous réfléchissions profondément aux conséquences potentielles de l'amélioration cognitive. Vu les directions que prennent parfois les robots militaires et les scénarii futuristes sombres, sur ce point on ne peut pas la contredire. On reviendra dans d'autres articles sur le risque de confier notre civilisation aux robots.

Stratégie de colonisation

Le concept de superintelligence artificielle extraterrestre paraît toujours très spéculatif. Et il l'est. Mais cela ne signifie pas qu'il ne vaille pas la peine d'être pris en considération. Bien que ce soit un exercice purement de style, cette réflexion a le mérite de nous faire réfléchir sur ce que nous attendons des progrès technologiques et de nous sensibiliser à ce que nous pourrions découvrir de plus inattendu en explorant l'espace et en découvrant éventuellement d'autres formes de vie. Élargir notre champ d'intelligence aux mondes extraterrestres potentiels peut aussi nous aider à identifier les traces digitales de formes de vie artificielles dans l'univers. Comme l'a rappelé Shostak, "jusqu'ici, nous avons pointé nos antennes sur des étoiles qui pourraient avoir des planètes ayant des atmosphères respirables, des océans et ainsi de suite. Mais si nous avons raison de penser que l'intelligence dominante dans le cosmos est artificielle, alors faut-il qu'elle vive sur une planète ayant un océan ?" Il est en effet un peu bête de penser que les planètes habitables peuvent tenir de fausses promesses quand il est question de vie extraterrestre avancée. Dans ces conditions, cette quête d'une planète "habitable" peut effectivement être sans objet.

A consulter : Science-fiction cover-art, Pinterest

Une civilisation qui maîtrise l'intelligence artificielle et la nanotechnologie peut décider de ne pas explorer l'espace au moyen de vaisseaux habités pour des raisons économiques ou de sécurité compte tenu des risques et de la durée de telles missions. En revanche, elle peut construire des vaisseaux spatiaux autonomes ou des nanosondes d'exploration équipées de moyens de communications et capables de prendre des décisions sans se mettre en danger. Ces systèmes intelligents seraient mobiles et pourraient également s'auto-entretenir et même se dupliquer s'ils produisent ou trouvent les matières premières. Dans ces conditions, ils peuvent finir par créer une véritable flottille de sondes spatiales d'exploration qui seraient uniquement gérée par des systèmes d'intelligence artificielle. Ces robots ne rendraient compte au centre de commande qu'une fois l'objectif trouvé ou les données recueillies. Dans ces conditions, l'espace pourrait être envahi de formes de vie artificielles au détriment de formes organiques. Documents Wallpaper-Alpha Coders, "Les Enfers Virtuels" de Iain M. Banks et Finnish Meteorological Institute.

Cependant Shostak rappelle que "toutes les formes de vie artificielles auraient besoin de matières premières. Elles pourraient exister dans l'espace profond, évoluer autour d'une étoile ou se nourrir de l'énergie d'un trou noir situé au centre de la Galaxie", une idée qui a fait son chemin dans un certain nombre de romans de science-fiction, dont les oeuvres de Greg Bear ("Anvil of Stars", 1993) et Gregory Benford (la saga "Galactic Center", 1977-1996) sans parler de quelques films délirants du box office comme la série "Transformers". Autrement dit, ces entités pourraient exister n'importe où. 

De plus, à l'inverse des créatures organiques qui ont un cycle de vie limité et ne peuvent pas indéfiniment vivre dans des colonies spatiales ou migrer de planète en planète, à condition d'avoir suffisamment de ressources, de proche en proche des créatures artificielles peuvent coloniser tout l'univers.

Le zoo galactique

Enfin, comment des extraterrestres superintelligents pourraient-ils nous considérer ? Nos cousins ​​cosmiques nous verront-ils comme rien de plus que du biocarburant à la "Matrix" ? Ou nous étudient-ils tranquillement de loin comme si nous étions les sujets d'un "zoo galactique", respectant une maxime de non-ingérence à la "Star Trek" ? Selon Schneider, les extraterrestres superintelligents ne se soucient pas vraiment de nous. "S'ils s'intéressaient à nous, nous ne serions probablement pas ici. Mon intuition est que leurs objectifs et leurs motivations sont si différents des nôtres, qu'ils ne souhaitent pas nous contacter."

C'est une divergence bienvenue face aux arguments de Steven Hawking (voir la vidéo ci-dessous) qui clamait ces dernières années que les extraterrestres de civilisations avancées pourraient être des prédateurs nomades à la "Independence Day", cherchant à dépouiller les ressources de toutes les planètes qu'ils croisent et que tous les efforts pour les contacter se soldent par notre propre disparition. Autrement dit, "pour vivre heureux vivons cachés" serait le slogan que nous devrions adopter au lieu de lancer des messages tout azimut à travers l'univers !

A voir : Stephen Hawking - Encountering Intelligent Life

Des structures artificielles intelligentes à grande échelle. A gauche, "Transformers-Cybertron" de Jaime Jasso. A droite, document Wallpaper-Alpha Coders.

Shostak partage l'avis de Schneider sur le fait que "les extraterrestres ne s'intéressent pas du tout à nous" car nous sommes simplement trop simples, trop peu pertinents : "vous ne passez pas beaucoup de temps à lire des livres avec votre poisson rouge. D'un autre côté, on ne veut pas vraiment tuer le poisson rouge non plus."

En résumé, si nous voulons rencontrer nos cousins galactiques, nous devrons continuer à les rechercher. Cela peut arriver demain comme cela peut prendre des milliers ou des millions d'années. D'ici là, nous aurons peut-être eu le temps d'améliorer suffisamment notre propre intelligence pour harmoniser les règles du jeu et programmer ce contact du troisième type. Dans ce contexte, il semble que nous pouvons tous exclure l'idée que les robots extraterrestres sont des prédateurs annonciateurs d'un apocalypse planétaire. C'est du moins un voeu pieux auquel chacun aspire.

Ce document est inspiré de l'article "The Dominant Life Form in the Cosmos Is Probably Superintelligent Robots" publié par la chroniqueuse Maddie Stone dans le webzine Motherboard le 19 Dec 2014 suite à une interview de Susan Schneider.

Pour plus d'informations

Sur ce site

Le contact avec les extraterrestres

Les robots au service des hommes

La physique des civilisations extraterrestres, Michio Kaku, CUNY

L'espérance de vie d'une civilisation, Richard Gott III, U.Princeton

Autres ressources

Alien Minds (PDF), Susan Schneider

The Metaphysics of Uploading (PDF), Susan Schneider

Cosmos & Culture, Steven J. Dick et Mark L. Lupisella, NASA SP-4802, 2009

AIs have replaced aliens as our greatest world-destroying fear, Quarz, 2018

Ray Kurzweil

Science-fiction cover-art, Pinterest

The 100 Greatest Movie Robots of All Time, Paste magazine.

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