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Quant à la question de savoir "comment" la vie et la pensée ont émergé, mieux vaut considérer que Dieu n'y est pour rien - si ce n'est pour l'état initial - tant qu'il n'est pas démontré que l'Univers a pu se développer indépendamment de toute influence extérieure. On peut s'interroger sur le déterminisme du monde ou sur la réalité du principe anthropique, mais le problème théologique n'aura pas sa place dans ce contexte scientifique. La compréhension totale de l'Univers dépassant actuellement notre entendement, il convient d'aborder uniquement le problème plus restreint : l'origine de la vie et les possibilités d'existence d'une autre forme de vie dans l'univers à la lumière des plus récentes découvertes. Des équipes de chercheurs se sont attachées à saisir les mécanismes qui gouvernent le monde vivant, mais aucun ne vous dira qu'il est parvenu à synthétiser ne fut-ce qu'un être unicellulaire. La vie est un assortiment de conditions chimiques et physiques qui, dans notre cas, est arrivé à un tel stade de complexité d'organisation que l'on peut se demander si une situation similaire peut se reproduire quelque part dans l'univers. Dans tous les cas notre génération ne connaîtra pas la réponse. La véritable astronomie existe depuis moins d'un demi-siècle, que cela représente-t-il depuis l'existence du monde ? Fort peu de chose... Avant de détecter d'autres signes de vie dans l'univers, il est prudent de se demander si le processus que nous avons connu sur Terre peut se reproduire ailleurs dans l'espace. Nous avons vu dans une autre page de ce web quels étaient les scénarios qui conduisirent à la formation du système solaire. Quand on observe les nébulosités qui entourent les étoiles proches de la nébuleuse d'Orion, de la nébuleuse de l’Aigle ou de la Tarentule, on discerne clairement des nodosités sombres dans les régions les plus convulsées par les turbulences gravitationnelles. Les images infrarouges indiquent que dans les zones les plus sombres, des étoiles sont en cours de formation. Ailleurs dans l'espace, on découvre des étoiles entourées de disques de poussières, leur masse équivalent à plusieurs fois celle de la Terre; située à 52 a.l. ß Pictoris est typique. D'autres étoiles et même certains pulsars ont une course irrégulière. Cette perturbation est d'ordinaire engendrée par un corps massif proche, une planète ou une étoile naine qui déplace le centre de gravité du couple et modifie sa trajectoire.
Statistiquement parlant, il s'avère ainsi que 20% des étoiles forment des systèmes doubles ou multiples et qu'un pourcentage à peu près identique ont probablement un cortège de planètes dont, en toute probabilité, au moins une à les conditions minimales pour entretenir la vie. Mais si la vie ne semble pas pouvoir évoluer autour de toutes les étoiles, pour différentes raisons dont nous reparlerons (température, gravité, rayonnement), il est statistiquement démontré que l'apparition de la vie est un phénomène quasi obligatoire dans les conditions de l'univers, si comme on le suppose, les lois de la nature sont universelles. Etant donné que nous existons, il faut bien expliquer ce fait, sans pour autant invoquer un être surnaturel qui de toute manière reste un concept non falsifiable, donc non scientifique. Une observation importante sous-tend déjà l'universalité des lois de la nature : l’extrême précision avec laquelle les constantes de la nature ont été déterminées. De nombreux physiciens et astrophysiciens pensent que ces valeurs ne sont pas dûes au hasard. A l’échelle quantique, tout se passe comme si les différentes forces avaient les bonnes valeurs pour que ça marche. C'est le principe anthropique que nous verrons en cosmologie. En quelques mots, dans sa version faible le principe anthropique considère que si l’énergie de l’univers avait été un peu plus faible ou un peu plus forte, celui-ci aurait explosé ou se serait contracté bien trop rapidement, sans laissé le temps à la matière de se constituer pour former les premières molécules de la vie. Après tout l'univers est un laboratoire vivant dans lequel les réactions prennent un certain temps pour aboutir, fonction des propriétés qui régissent la nature.
C'est à l'aide des nouveaux outils de la bioastronomie et en étudiant l'évolution de la vie sur Terre que nous pourrons confirmer ou infirmer l’existence de la vie ailleurs dans l’univers. La bioastronomie Pour répondre aux questions philosophiques de Pascal concernant notre place dans l'univers et sous l'intérêt passionné du public, le champ d'action des scientifiques ne pouvait pas se limiter à l'astronomie. Ces questions touchent également les sciences de la terre et de la vie: la physique, la géologie, la paléontologie, la biologie, la biochimie, l’exobiologie, la sociologie, les neurosciences, sans oublier la cosmologie ou l'astronautique... La recherche devient multidisciplinaire inaugurant une nouvelle branche de l'astronomie, la bioastronomie qui s’est progressivement développée à partir de 1982 sur l'initiative de Michael Papagiannis Son organe officiel est la Commission 51 de l'Union Astronomique Internationale. Elle fait connaître ses activités au travers du magazine "Bioastronomy News". Son objectif consiste à organiser et développer la recherche de la vie dans l'univers à travers de nouveaux créneaux d'études. La plupart des sciences exactes sont étroitement imbriquées dans cette nouvelle branche qui peut nous aider à comprendre notre passé et à préciser notre destinée. Selon Dan Werthimer de l'Institut SETI, le budget de la bioastronomie représente 50 millions de dollars par an (hors budgets consacrés à la cosmologie, la recherche en radioastronomie et l'astronautique qui travaillent sur des budgets propres) dont les Etats-Unis tirent l'essentiel des subsides. La bioastronomie s’organise autour de quatre disciplines : la cosmologie, l'exobiologie, la radioastronomie et l'exploration spatiale. | ||||||||||||