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Malgré la couverture quelque peu mythique qui enveloppe le "rayon vert" je dois malheureusement décevoir certaines personnes car de mythe ou de phénomène inexpliqué il n'en est point. Le rayon vert est un phénomène atmosphérique qui se manifeste au coucher ou au lever du Soleil et non pas comme on le lit encore quelquefois uniquement après le coucher du Soleil. Et de fait lorsqu'il est près de l'horizon on peut observer une discrète lueur verte à son sommet ou un dernier flash vert avant qu'il ne disparaisse.
En anglais le terme "rayon vert" est traduit par plusieurs substantifs "green flash", "green ray" ou "green beam". Mais le mot anglais "flash" est également synonyme en français de lampe torche, d'éclair, de lumière clignotante ou de phare d'où une certaine ambiguïté quand il faut décrire avec précision un phénomène optique. Etant donné l'usage du seul terme "rayon vert" en français, il est difficile de le remplacer par un autre mot plus approprié, fonction la durée ou de l'étendue du phénomène (lumière, flash, etc). Aussi dans cet article je conserverai la dénomination francophone habituelle. L'histoire au service de la science Les plus anciennes traces historiques de ce phénomène, hormis les effets optiques liés à la réfraction atmosphérique, remontent à l'observation de Sir George Back relatée dans son récit de voyage en Arctique "Narrative of an expedition in H. M. S. Terror, undertaken with a view to geographical discovery on the Arctic shores, in the years 1836-7" p191. Le 17 janvier 1827 il notait dans son journal "Dans la matinée cependant, à 9h45, pendant que nous étions montés sur un promontoire élevé de 5m, j'observais le limbe supérieur du Soleil alors qu'il remplissait une crevasse située sur la crête du cap de la plus brillante couleur émeraude, un phénomène dont je n'avais jamais été témoin dans ces régions".
Quelques années plus tard, en 1869, James Prescott Joule relata l'observation suivante dans une lettre adressée à la Société Littéraire et Philosophique de Manchester. Il nota tout d'abord "A l'instant de la disparition du Soleil sous l'horizon, [on aperçut] un dernier éclat de couleur vert-bleuté". Comme en témoigne les simulations reprises ci-dessus ce rayon vert est associé au mirage inférieur, ce phénomène de réfraction familier que tout le monde a observé soit sur une route surchauffée par le Soleil soit dans le désert. Ce phénomène optique est provoqué non pas par une inversion thermique mais par le phénomène inverse, un gradient super adiabatique au-dessus d'un sol surchauffé. Ce phénomène apparaît d'autant mieux lorsque l'observateur se place quelques mètres au-dessus du niveau de la mer et il sera d'une couleur plus saturée encore et plus dense si l'observateur se place à quelques centaines de mètres de hauteur où le rayon se réduira à un fine trait vert sur l'horizon.
James P.Joule observa également que "juste à la limite supérieure, là où les bandes du disque solaire sont séparées les unes des autres par la réfraction, chaque bande pris une couleur bleue juste avant de disparaître". Cette seconde forme de rayon vert est associée à des faux mirages provoqués cette fois par une inversion thermique dans les basses couches, sous le niveau des yeux. C'est la raison pour laquelle ce type de rayon vert apparaît surtout depuis des sites élevés, comme par exemple à l'Observatoire du Mont Wilson en Californie situé à 1740 m d'altitude et faisant face au bassin de Los Angeles. Enfin, à la fin du XIXeme siècle il faut rappeler que c'est Jules Verne dans ces récits de voyage fantastiques qui attira l'attention des scientifiques français sur le sujet et qui rendit possible une discussion cohérente sur ce qui semblait encore être à cette époque l'un des derniers mythes populaires, à l'image des pierres qui tombait du ciel... Qu'est-ce que le rayon vert ? Le rayon vert peut apparaître sous six ou sept formes différentes dont deux sont relativement communes. Soit le rayon vert est visible quelques secondes avant ou après le coucher du Soleil soit il peut apparaître alors que le disque du Soleil est encore bien visible au-dessus de l'horizon comme en témoigne les images présentées ci-joint. Dans sa deuxième forme je dis bien rayon vert car le disque solaire garde sa couleur ordinaire mais il peut être surmonté ou légèrement cerclé d'un fin arc de cercle verdâtre.
Le spécialiste américain Andrew T.Young de la San Diego State University qui a réalisé une étude approfondie sur le sujet nous rappelle que la plupart des observations (2/3-3/4) concernent le rayon vert associé au mirage inférieur. Les autres observations concernant les flashes associés aux faux mirages (mock-mirage). Les phénomènes restants comme le flash du sommet des nuages et le flash d'Alister Fraser sont mal connus et rares. Ils représentent moins de 1% de toutes les observations. Avis aux observateurs...
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