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D'un autre côté, nous savons de quelles manières nos sociétés peuvent nuancer cet apocalypse : conflit armé, pollution atmosphérique, épuisement des ressources, etc. D'autres crises surgiront : démographiques et alimentaires et forceront nos descendants à adopter des solutions économiques sévères ou mieux à trouver de nouvelles planètes viables. Un conflit idéologique peut aussi envenimer une situation devenue critique et forcer les populations à s'expatrier. Enfin, statistiquement nous avons toutes les chances d'être radié de la surface de la Terre dans quelques millions d'années. Les 500 millions d'espèces éteintes depuis l'ère primaire nous le rappellent tous les 30 millions d'années environ ainsi que le bombardement météoritique. L'appel des étoiles Cette perspective n'étant pas très encourageante, gardons-nous qu'elle nous surprenne. D'autres raisons plus optimistes peuvent nous pousser à nous tourner vers les étoiles. L'exploration spatiale, vieille d'à peine 50 ans, pose déjà les jalons de l'exploration de Mars et de la Ceinture d'astéroïdes. Les stations orbitales habitées en permanence sont déjà opérationnelles en ce troisième millénaire[2]. Vers 2100 nous délocaliserons sur la Lune...
Techniquement parlant, avec un peu d'amélioration nos navettes spatiales seront suffisamment fiables pour permettre la construction de vaisseaux nettement plus vastes. Plus tard leurs performances leur permettront d'effectuer des vols relativistes. A nos descendants de résoudre le problème du carburant, car si nous désirons explorer l'espace nos vaisseaux devront être capables d'accélérations constantes des jours, des mois et des années durant[3]. A l'heure actuelle nous pouvons accélérer durant quelques minutes seulement, faute d'avoir suffisamment de carburant. Lorsque le coût de telles fusées deviendra rentable, l'exploration sidérale pourra réellement débuter. Il ne faut pas s'attendre à un dépeuplement de la Terre, même au su des catastrophes qui peuvent nous arriver. Chacun de nous à ses racines sur la Terre et la colonisation de l'espace risque de briser le cordon ombilical de certains. Cette perspective réconforte les biologistes car les conditions de vie sur Terre sont peut-être unique dans tout l'univers. Elles sont en tous cas propices à notre développement; le climat nous convient, nous avons à portée de main les produits nécessaires à notre métabolisme, nous connaissons nos semblables et nous sommes à l’abri des problèmes physiologiques que pose un vol en état d’apesanteur. En outre, les premières bases spatiales seront certainement aussi inconfortables que les plates-formes orbitales d’aujourd’hui ou les bases polaires.
Les projets de colonies spatiales élaborés dans les départements de prospectives changent radicalement notre point de vue. Si le point de départ est d’élaborer des matériaux sans défaut en microgravité et d’effectuer des travaux scientifiques, à terme il s’agira de soulager la Terre de l'avidité de quelques millions d'individus. Un jour lointain viendra où l’homme explorera la Galaxie à partir de ces spatiodromes. Peu avant de mourir en 1977 Wernher von Braun[4] avait déjà imaginé la vie qui nous attendraient au XXIeme siècle : "Le siècle prochain réservera incontestablement de nombreuses surprises. Mais tout ne sera pas source de surprises. Il est certain par exemple que le XXIeme siècle sera le siècle des activités scientifiques et commerciales dans l’espace, celui des vols spatiaux habités vers les autres planètes et du début de l’établissement de colonies humaines permanentes en dehors de notre planète mère, la Terre".
Le World Space Congress qui organise les conférences du COSPAR (Committee on Space Research) et de l’IAF (International Astronautical Federation) a déjà posé les premiers jalons de l’exploration de Mars, celle de la Lune et son exploitation à des fins scientifiques[5]. Dans l’immédiat il s’agit de bâtir une base permanente dans l’espace puis sur la Lune. Pour pouvoir mener cette ambition à bon terme, dans les limites d’un coût raisonnable pour chacun et dans un délai d’une génération, il faut avant tout assurer le concours harmonieux de tous les partenaires dans le cadre d’une agence planétaire. Cette entreprise peut se développer dans un cadre associatif, telle la proposition américaine de la SEI (Space Exploration Initiative) concernant l’élaboration de la Station Spatiale Internationale (ISS), ou encore à l’échelle individuelle, à l’image de l’exploitation de l’Antarctique. L’exploration de Mars semble inévitable, même si l’on discute encore de l’opportunité d’une mission humaine. Que cette exploration soit remise aujourd’hui en question, cela se conçoit, mais un jour ou l’autre l’homme embarquera destination Mars.
Serait-il possible à l’avenir de rendre Mars vivable, de créer comme
le suggèrent certains auteurs une planète "Génésis" où une
opération appelée “terraforming” modifierait sa surface et son
atmosphère pour la rendre habitable par l’homme ? Prochain chapitre Les
contraintes de la vie dans l'espace
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