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La fusée Arès fut ainsi nommée par référence au dieu grec de la guerre (Mars chez les Romains) étant donné que la NASA envisage une mission d'exploration habitée vers Mars après 2030. Le lanceur Arès se décline en deux modèles : la fusée Arès I qu'on appelle le véhicule de lancement habité ou CLV (Crew Launch Vehicule). Le chiffre I fait référence au réacteur unique qui équipe le premier étage, une configuration que la NASA utilisait déjà pour ses fusées Saturn I et IB duran tle programme Apollo. Le second modèle est la fusée Arès V, un cargo inhabité destiné à placer sur une orbite basse le module de descente lunaire Artemis qui sera ensuite récupéré par le module habité Orion qui le conduira vers la Lune.
Le principal avantage de cette configuration de vol est d'éviter tout risque d'endommager le bouclier thermique du vaisseau Orion au cours du décollage ce qui avait provoqué la tragédie au retour de Columbia en 2003. Le CEV Orion En 2006, la firme Lockheed Martin remporta le contrat préliminaire de 3.9 milliards de dollars pour la construction du CEV Orion. Ses concurrents étaient les sociétés Northrop Grumman et Boeing. Suite à cette bonne nouvelle, les actions de Lockeed ont immédiatement augmenté de 2% à 84.24$ à Wall Street (LMT). En une année l'action a augmenté de 25%. Arrêtons-nous un instant sur Lockheed. Lockheed Martin n'est pas n'importe quelle société. Elle est déjà le maître d'oeuvre de nombreux avions (C-130, C-141, C-5 Galaxy, F-14, F-15, F-16, F-22, F-117, U-2, T-50, etc), d'un observatoire orbital (télescope Spitzer), de fusées ((Titan IV, Atlas, etc), d'une flotille de vaisseaux spatiaux (Cassini, Magellan, Mars pathfinder, Stardust, Viking, Voyager, etc) sans parler de nombreux produits militaires high-tech (radar, système d'armes, systèmes de guidage, casques, etc), quelques projets "X" d'avions hypersoniques et de véhicules spatiaux légers telle la navette X-33. Lockheed demeure en terme de personnel le plus grand contractant du Ministère de la Défense américain avec 135000 employés répartis aux Etats-Unis et dans 56 pays. La société est représentée dans 457 villes à travers 45 états américains et dispose de 939 sites dont le siège situé dans le Maryland et un centre d'essai (Lockheed Martin Skunk Works) situé à Palmdale en Californie, où l'on voit parfois stationner de drôles d'engins volants. En 2005, les ventes de Lockheed ont atteint 37.2 milliards de dollars et son backlog contenait encore pour 74.8 milliards de dollars de commandes ! Selon le magazine Fortune, Lockheed est la 47eme fortune industrielle des Etats-Unis avec un revenu annuel de 35.5 milliards de dollars et un bénéfice de 1.3 milliards de dollars en 2005.
Deux versions du CEV ont été proposées : une capsule Orion pouvant recevoir jusqu'à 6 astronautes et qui, dans un premier temps desservira la station ISS et effectuera des missions en orbite basse. Une deuxième version contiendra un module de service (en gris sur l'image ci-dessus) et d'autres équipements nécessaires au support d'une mission vers la Lune. Dans cette version il n'y aurait la place que pour 4 membres d'équipage. L'idée est d'assembler les modules en orbite avant de les dispatcher vers la Lune. Orion est capable de propulser une masse de 65 tonnes vers la Lune. Il tire profit des dernières avancées dans les domaines de l'informatique, de l'électronique, des systèmes de survie, de la propulsion et des systèmes d'isolation thermique. Sa forme conique offre par exemple le plus de sécurité lors de la rentrée atmosphérique à grande vitese comme ce sera le cas lors du retour des missions lunaires.
Technologiquement parlant, selon la NASA, Orion est un "mariage de la meilleure technologie d'Apollo et de la navette, financièrement abordable, versatile et dix fois plus sûr pour les astronautes". En effet, en cas de problème sur le pad de tir, le Centre Spatial Johnson de la NASA en collaboration avec des industriels américains a élaboré une fusée d'appoint qui s'installe sur le nez du CEV, lui permettant de s'éjecter et de s'éloigner de la fusée pour éviter une tragédie comme à l'époque d'Apollo 1 ou de Challenger. Une série de parachutes se déploieront ensuite pour déposer la capsule en douceur sur terre. Cette capsule permettra également à la NASA de faire des économies d'échelle puisqu'elle sera réutilisable jusqu'à 10 fois. Contrairement à la capsule Apollo, Orion atterrira sur le sol et non plus en mer, amorti par un parachute et soutenu par un épais coussin en caoutchouc. Michael Griffin, l'administrateur de la NASA, a qualifié ce nouveau vaisseau d’ "Apollo sous stéroïdes" par comparaison avec l'ancienne capsule Apollo. Si le projet se concrétise, Orion sera le nec plus ultra des vaisseaux spatiaux habités. Voilà où nous en sommes aujourd'hui. Un avenir radieux se dessine pour les candidats astronautes et l'industrie aérospatiale. Pour plus d'information L'exploration de la Lune (sur ce site) La colonisation de Mars (sur ce site) Performances des propulseurs (sur ce site) The Vision for Space Exploration, 2004 (Initiative du Président Bush, Jr, propositions de la NASA, PDF de 1.9 MB) Moon to Mars, A Journey to Inspire, Innovate, and Discover, 2004 (réponse de la Commission d'étude, PDF de 2.2 MB) Vision for Space Exploration, NASA Le programme Constellation, NASA Le lanceur Arès, NASA Le vaisseau d'exploration Orion, NASA Orion Crew Vehicule, Lockeed Martin
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