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La théorie du Big Bang L'avenir de l'Univers (VI) Nous savons déjà que dans
3.07 milliards d'années, la galaxie d'Andromède Messier 31 et la Voie Lactée fusionneront, M31 se rapprochant
actuellement de notre Galaxie à la vitesse de 115 km/s. En étudiant l'évolution
dynamique de ce système, nous pouvons d'ores et déjà dire que les
risques futurs pour notre survie seront négligeables; peut-être nos
descendants assisteront-ils à quelques tremblements de terre mais en général les
effets gravitationnels seront insignifiants; dans notre proche voisinage
le vide s'étendra en moyenne sur 3 années-lumière entre chaque étoile.
Dans 5 milliards d'années environ, dans une crise de vieillesse, le Soleil se transformera en géante rouge, rendant toute vie impossible sur Terre et provoquant l'évaporation des océans ainsi que de l'atmosphère. Il se refroidira ensuite et terminera sa vie 50 millions d'années plus tard sous la forme d'une petite étoile naine de 1500 km de diamètre. Au début très chaude (10000 K en surface), elle ne mettra que quelques millions d'années pour se transformer en corps glacé. Si l'univers continue son expansion au rythme actuel, il peut durer encore une centaine de milliards d'années (1011 ans) sans grand changement. Dans 700 milliards d'années environ (7x1011 ans après le Big Bang), nous assisterons à l'épuisement lent des réserves d'énergie nécessaires à la nucléosynthèse stellaire, avec la transformation progressive du noyau des étoiles en fer, la structure atomique la plus stable. A cette époque la température de l'univers aura atteint le seuil de Gibbons-Hawking, 10-29 K, le zéro absolu à quelques décimales près. Au bout de
5000 milliards d'années (5x1012
ans après le Big Bang), toutes les étoiles de la galaxie se transformeront en corps
sombres, naines noires, étoiles à neutrons et trous noirs. Quelques
traces de gaz interstellaires subsisteront, mais ils seront trop lourds et
trop dilués que pour former de nouvelles étoiles. Les galaxies situées
au-delà de l'amas local seront invisibles. A côté de ces corps,
nous retrouverons les planètes devenues stériles et désertiques ainsi
que la poussière
interstellaire dont les composants seront devenus stables et neutres. Dans
cent mille milliards d'années
(1014
ans après le Big Bang), nous assisterons à la fin de la période
stellaire : tous les atomes de fer vont se transformer en neutrons, transmutés suite
à la pression de Fermi. Les électrons en orbite en dehors du noyau
s'affranchiront des forces d'interaction qui lient les atomes et se
combineront avec les protons en libérant des neutrinos. Ceux-ci
continueront de transporter 30% de l’énergie de décroissance de la
matière. Si la pression que les neutrons exercent pour s'opposer à la
gravité n'est pas assez élevée, les étoiles les plus massives
deviendront des trous noirs. Les étoiles naines blanches se refroidiront durant 1017
ans jusqu’à 5 K, où leur température interne sera libérée dans la décroissance
de leurs nucléons. Les étoiles neutrons atteindront 100 K au bout de 1019
ans. Et de façon similaire, la décroissance de leurs noyaux entretiendra
cette température. Entre 10 mille et 10 milliards d'années plus tard, soit 1018 à 1024 ans après le Big Bang, tous les corps agencés sous forme de systèmes multiples seront perturbés par la gravitation. Cela commencera par les planètes qui s'échapperont des systèmes stellaires en perdition et erreront au gré de l'influence des champs gravitationnels. En étudiant l'interaction gravitationnelle de deux particules sur une très longue période de temps et son extrapolation à "N-corps", on peut supposer que la plupart des étoiles seront expulsées hors des galaxies. Le petit pourcentage restant, qu'il est impossible de déterminer se tassera progressivement au centre des galaxies et la gravitation finira par n'en former qu'une immense étoile. Tandis que sa densité augmentera, son noyau finira par s'effondrer pour former un gigantesque trou noir galactique d'une masse équivalente à des centaines de milliards de soleils. Le centre de ces galaxies fera l'objet de forces de répulsions gravitationnelles très importantes et sera le spectacle de gigantesques explosions de matière et de rayonnement, à l'instar de ce que nous observons actuellement au sein des galaxies actives ou des quasars les plus brillants.
Dans les amas de galaxies, une réaction équivalente se produira. Quelque 1027 années après le Big Bang, 10% à 99% des galaxies seront expulsées et deviendront des trous noirs galactiques, la matière restant formant des trous noirs supergalactiques. Leur masse est estimée à 1000 milliards de soleils (si 10% des galaxies ne sont pas éjectés) condensés dans un espace de 0.3 a.l., environ 3000 milliards de km. Mais il se peut aussi, suite aux perturbations gravitationnelles, que les galaxies d'un amas se fondent en une seule, qui finira également par se transformer en un trou noir. Finalement, au bout d'un milliard de milliard de milliard d'années (1027 ans), seuls les trous noirs situés au sein des superamas de galaxies subsisteront, entourés de près par un disque d'accrétion dispensateur d'énergie. Mais les théories de Grande Unification qui décrivent l'asymétrie matière-antimatière stipulent que le proton, sur lequel toute la physique a fondé son édifice, n'est pas éternel et a une demi-vie supérieure à 1031 ans. Cela signifie que tous les corps se dissocieront au bout de cette période pour se décomposer en électrons, positrons, neutrinos et photons. Ce processus a théoriquement déjà lieu : tous les dix ans, chaque tonne de matière devrait perdre un proton qui se transforme en énergie. Toute la matière, y compris
les galaxies et tout leur combustible nucléaire, les cirrus galactiques et le plasma
qui baigne l’espace, devraient disparaître au bout de 1032
ans. Cependant, les électrons créés pendant les décroissances ne
pourront être annihilés par les positrons étant donné l’extrême raréfaction
du milieu. Vers 1035 ans après le Big Bang nous assisterons à l'épuisement de tout le combustible stellaire. La gravitation quantique prévoit que le proton doit se désintégrer avant 1050 ans. Elle prédit également que l'espace est instable, rempli de trous noirs "virtuels". Selon Hawking, si un proton est abandonné à lui-même, il a de fortes chances d'être absorbé par l'un d’entre eux en libérant une particule de matière ou des photons. Cela peut se produire sur une longue période de temps, dans une fourchette comprise entre 1045 et 1050 ans. Sans matière, au bout de 1050
ans, il ne subsistera dans l'Univers que des photons, des neutrinos et des
trous noirs. Le rayonnement dominera à nouveau. Les neutrinos étant
insensibles à l'interaction faible et à la gravité, ils n'interagiront
en général qu'avec eux-mêmes. Mais l'effet tunnel de la physique
quantique nous rappelle qu'au bout d'un certain temps, spontanément la
matière peut se transformer sans aide extérieure, les particules pouvant
franchir des barrières infranchissables pour la physique classique.
Si la matière ne se désintégrait pas, le diamant pourrait se
transformer en fer, le polygone le plus régulier deviendrait sphérique.
Mais l'évolution ne sera pas achevée pour autant. Dans ces conditions
mais bien plus tard encore, les forces de la nature transformeront les
boules de fer en neutrons et les étoiles massives en trous noirs. Selon
la théorie d'Hawking, l'effondrement continu de la matière entraînera
une élévation de la température électronique de quelques milliards à plus de 1024
K, provoquant un processus quantique d'évaporation qui libérera un
flot intense de rayonnement gamma. La densité du rayonnement dans cet Univers en éternelle expansion
diminuera plus rapidement que la densité du plasma d’électron/positron
car la densité des particules et l’énergie de chaque quantum
continueront à décroître ensemble. En fait, la densité moyenne de la
matière ordinaire décroît uniquement parce que sa concentration diminue
en vertu de l’expansion de l’Univers. La densité de ce type de matière
diminuera donc mais à un rythme inférieur à celui du rayonnement. A cette époque, chaque particule occupera un volume égale à 10185
fois le volume actuel de l’univers visible. Si l’univers visible occupe
aujourd’hui un volume grosso modo égal à 15 milliards d’années-lumière
de rayon, à cette époque il mesurera un multiple de 1072
années-lumière ! En
tenant compte des premières esquisses de la gravitation quantique,
rappelons que Hawking a prédit que lorsque ces trous noirs seront plus
chauds que le rayonnement fossile (quelques millionièmes de kelvins
au-dessus du zéro absolu) ils rayonneront davantage d'énergie qu'ils en
absorberont. Les calculs prédisent que les mini trous noirs de 10 M¤
s’évaporeront
au bout de 1069
ans, libérant des photons, des neutrinos et des gravitons. Les
trous noirs galactiques les plus massifs, d'une température de l'ordre de
10-15
K, devraient
survivre 1090
avant
de s'évaporer dans l'espace, tandis que les trous noirs supergalactiques
(10-18
K) persisteront 10100
ans. Cette échéance ultime fonction de la masse
des trous noirs a été fixée par Freeman Dyson à condition que les
trous noirs virtuels ou de très petites
dimensions puissent exister, ce qui n'est pas démontré. Ce temps de
Dyson est la plus longue durée que l'esprit humain puisse concevoir. La perte de masse des trous noirs par évaporation sera finalement supérieure à la force de la gravitation qui ne pourra plus contenir la matière sous l'horizon des événements. A terme, le ciel sans étoiles, devenu noir d'encre, s'illuminera de flashes intenses provoqués par l'explosion des trous noirs. Dans ce grandiose feu d'artifice final, la matière recyclée retournera à l'espace avec une nouvelle identité, neutrinos, rayons X et photons. Le rayonnement continuera d'exister dans un Univers en perpétuelle expansion. Sa densité diminuera mais sera toujours supérieure à celle du corps noir. La température tendra vers le zéro absolu sans jamais l'atteindre.
Mais
ce ne sera pas pour autant la fin de tous les processus physiques. Les
fluctuations du vide lui-même peuvent perdurer encore longtemps, alors même
que tous les processus astrophysiques auront pris fin. Dans l’Univers
d’après-demain, dans lequel l’échelle des distances sera très différente
de celle que nous manipulons aujourd’hui, dans lequel les processus
seront ralentis par le froid intense et l’isolement des particules,
J.D.Bernal et F.Dyson pensent que des systèmes vivants pourront encore
exister. Finalement,
lorsque la matière atteindra 0 K, elle deviendra
"transparente", les électrons par exemple, s’ils existent
encore, pourront la traverser sans être dispersés. Même le diamant
perdrait ses qualités. Mais puisqu'il n'y aura plus d'énergie, le
mouvement brownien sera interrompu. Dommage car cela nous aurait permis
quelques libéralités vis-à-vis des lois traditionnelles; rappelez-vous
les propriétés étonnantes des corps supraconducteurs par exemple. Tout
ceci bien sûr n’est que spéculation car ces idées reposent sur des
lois d’une physique encore mal maîtrisée. Voilà en quelques mots un résumé de la théorie du Big Bang chaud. Alliée au modèle LCDM, elle peut expliquer avec plus ou moins de cohérence la formation des éléments, les décalages spectraux des galaxies, le rayonnement des quasars ou la formation des superamas de galaxies. Alliée à la physique quantique et à la relativité générale, cette théorie cosmologique a de fortes chances, rationnellement parlant, de gagner à sa cause tous les cosmologistes, faute d'une explication plus appropriée et plus simple, le Maître de cérémonie ayant quitté la scène sans laisser de notes.
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