|
|
Les communautés et les organisations non gouvernementales (ONG) travaillant avec les pays en voie de développement nous démontrent leurs capacités à gérer des problèmes locaux associés à la raréfaction des ressources ou développent des réponses efficaces aux défis sociaux et environnementaux. De telles activités augmentent le "capital social" et instiguent l'ingéniosité humaine qui, alliée à la technologie, représentent les deux moteurs essentiels permettant de résoudre ces problèmes. Contrairement aux apparences, les états pauvres aux ressources limitées renforcent cette tendance car les gouvernements des pays développés et en voie de développement sont associés par des contrats de partenariats qui incitent les gouvernements à plus de responsabilité envers les acteurs non gouvernementaux. Cela conduit directement à éradiquer la corruption et les marchés parallèles notamment.
Le rôle du FMI Aujourd'hui, l'aide internationale au tiers-monde est conditionnée aux règles de "bonne gouvernance". Les organismes bailleurs de fonds n'accordent désormais leur aide aux pays endettés que si ces derniers montrent de la bonne volonté pour résoudre leurs problèmes économiques, sociaux et environnementaux. Concrètement, l'Union Européenne par exemple ne débloque ses fonds qu'après avoir reçu l'aval du Fonds Monétaire International (FMI). L'Occident ne croit plus les promesses et les discours démagogiques des chefs d'Etats des pays du tiers-monde mais exige des actions concrètes positives. Aussi, dorénavant la devise "parlons peu mais travaillons beaucoup" est dans la bouche de tous les chefs d'Etats des pays en voie de développement. Pour bénéficier de cette manne financière (des dizaines de millions d'euros pour chaque pays), le FMI demande aux chefs d'Etats de respecter des normes et d'atteindre des objectifs (meilleure gestion publique, réduction des dettes, etc). S'ils ne comprennent pas, le FMI peut leur imposer des sanctions. Les hommes d'Etats de ces pays ont donc intérêt à participer à l'effort qu'on leur demande et à "faire le ménage" dans leurs services publics. Bien que les autorités locales aient une marge de manoeuvre étroite, le FMI comme les représentants des pays occidentaux encouragent les chefs d'Etats des pays pauvres à prendre des initiatives, d'aller par exemple au-delà des recommandations du FMI. En donnant des gages aux bailleurs de fonds, en luttant notamment contre la corruption, le FMI peut faire un geste et accorder une aide supplémentaire aux chefs d'Etats qui font l'effort de vouloir réformer leur pays pour le sortir de la misère. L'endettement des pays pauvres ou l'intérêt des banquiers Le G8 n'est pas insensible à l'endettement des pays pauvres mais derrière ses bonnes intentions de façade, ses banquiers ont le nez dans leurs calculs de rentabilité et cherchent tous les moyens pour éviter le sujet de peur de devoir délier les cordons de la bourse et devoir s'expliquer devant leurs actionnaires. Voyons par quels jeux de dupes les pays riches s'arrangent pour annuler le moins possible la dette des pays les plus pauvres. Selon la CNUCED (2005), il existe 42 pays pauvres très endettés (PPTE) dans le monde dont la majorité sont des pays d'Afrique subsaharienne, auxquels s’ajoutent quelques pays d’Amérique centrale (Nicaragua, Honduras) et du Sud (Bolivie et Guyana). Parmi ceux-ci, les pays africains peuvent assez rapidement (quelques mois) être mis en difficulté suite au ralentissement de l’économie mondiale (faible croissance aux Etats-Unis et en Europe, récession au Japon, etc).
D'une part, les annulations de dettes parfois accordées ne concernent que les dettes d’Etat à Etat, négociées avec le Club de Paris, une instance française qui négocie de manière informelle comme un cartel des créanciers face à des gouvernements qui sollicitent individuellement un aménagement de leur dette. D'autre part, la dette extérieure détenue par les institutions privées (les banques) n'est jamais annulée par aucun chef d’Etat. Or elle représente plus de 50 % de la dette des principaux pays d’Amérique latine et de l’Asie du Sud-Est. En outre, afin de bénéficier de l'aide éventuelle du Club de Paris, un pays doit répondre à deux conditions : 1°. Faire partie du groupe des PPTE. En sont exclus des Etats comme le Mexique, le Brésil, l’Inde, le Bangladesh et ceux du Sud-Est asiatique. Or, la majorité des pauvres de la planète vivent dans ces pays. 2°. L’Etat doit avoir appliqué pendant 6 ans un programme d’ajustement structurel renforcé (qui fait généralement déjà suite à 10 ou 15 ans d’ajustement antérieur). Les pays qui réunissent ces conditions sont très peu nombreux : la Bolivie, le Mozambique, l’Ouganda, ... Pour ces pays, l’annulation d’une dette d’Etat à Etat qui peut aller jusqu’à 90 % (accords de Cologne de 1999) ne concerne que celle contractée avant tout rééchelonnement. Or, ici également, la plupart des pays endettés ont négocié des rééchelonnements depuis 1985 ou plus tôt encore. C'est dans ces conditions qu'une dizaine de fois par an, le Club de Paris se réunit avec l'Etat concerné et négocie un report, un allègement voire une annulation pure et simple de sa dette envers les banques. Lorsque la dette ou le motif de la négociation est très important, la question peut-être discutée dans le cadre du G8. C'est ainsi que le G8 a récemment annulé la dette multilatérale de 38 pays pauvres, principalement des pays d'Afrique. Mais rassurez-vous les banquiers ont déjà trouvé le moyen de compenser cette perte (55 milliards de dollars) grâce aux ressources financières de pays donateurs. En mai 2005, le Club de Paris s'est intéressé au Rwanda, à la Zambie ainsi qu'au Honduras, trois pays faisant partie du PPTE. Une réduction importante de leur dette a été consentie ainsi qu’un allongement de la durée de remboursement des prêts résiduels. En septembre 2005, ce sont les dossiers de la République dominicaine et du Nigeria qui ont été évoqués, etc. En théorie, ces négociations à titre exceptionnel permettent de soutenir les réformes économiques que les pays industrialisés ont lancé dans ces pays pauvres. En allégeant ou supprimant leur dette, l'Occident leur offre un ballon d'oxygène dans la mesure où l'argent que ces Etats récupèrent peut être investi de manière plus intelligente et surtout plus rentable à long terme dans l'éducation ou l'aide aux jeunes entreprises notamment. La dernière solution intéressante fut proposée par la France en 2005 qui a mis au point un dispositif permettant aux entreprises françaises de s’installer à l’étranger : la conversion de la dette des PPTE en investissements locaux. Ce type d'accord a déjà été signé avec l’Algérie, l’Egypte, la Jordanie et le Maroc. D’autres accords de ce genre sont aujourd’hui à l’étude.
Ainsi qu'on le constate, les banquiers ne font pas de sentiments ni philanthropisme. Leurs méthodes mûrement réfléchies restent foncièrement injustes et n'aident en rien à résorber la fracture Nord-Sud quoiqu'ils en disent comme en témoigne les chiffres publiés dans l'encart présenté ci-dessus. Que représente en effet un allègement de 2% d'une dette ? La légère croissance du pays va les absorber et on reviendra pratiquement à la situation antérieure où l'on consacrera toujours 4 fois plus d'argent à rembourser la dette que pour les dépenses de santé et d'éducation... Il est temps que le rapport des forces change ! Prochain chapitre L'Organisation Mondiale du Commerce...inéquitable
|