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L'astronomie
des Dogon
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Marcel Griaule
s'entretenant avec un Dogon en 1931. C'est son assistant Michel
Leiris, étudiant en ethnologie, qui réalisa la photographie. |
Aux
origines d'une fabulation (II)
1.
Les études ethnographiques de Griaule et Dieterlen
Du
point de vue scientifique, purement anthropologique pour l'instant, on peut dire que tout commença
en 1931. Dans le cadre de l'expédition Dakar-Djibouti, l'ethnologue français
Marcel Griaule commença à étudier le
peuple dogon en compagnie de Michel
Leiris, un étudiant en ethnologie. Ils seront rejoints en 1937 par leur collègue Germaine Dieterlen qui
s'intéressait également aux Dogon et à la religion des Bambaras,
l'une des plus grandes ethnies du Mali.
Griaule
et Dieterlen travaillèrent indépendamment l'un de l'autre mais ils se réunirent à
certaines occasions pour mener à bien des projets communs et publièrent le résultat de
leurs recherches dans les magazines scientifiques français.
Contrairement
à ce qu'on peut imaginer, leur travail ne consista pas essentiellement
à prendre des notes ethnographiques ou à effectuer une analyse
sociologique du peuple Dogon. Ils s'intéressèrent avant tout
à la cosmogonie dogon et ce fut par le plus grand des hasards. En
effet, ainsi ce que nous le verrons, si Griaule s'intéressait un peu à
l'astronomie, il semble que Dieterlen n'éprouvait pas les mêmes
intérêts. Selon une note publiée par Eric Guerrier dans son essai
sur la cosmogonie des Dogon (voir plus bas) : "Ni Mme Dieterlen ni Marcel Griaule n'ajoutèrent la
moindre foi aux dires astronomiques des Dogon, tant était grande
leur ignorance en ce domaine, jusqu'au moment ou un astronome (Théodore
Monod, je crois) leur signala l'intérêt de cette partie de la cosmogonie."
C'est sans doute suite à cette prise de conscience que leur projet de
recherche visa finalement surtout à faire
connaître au monde la cosmogonie dogon.
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Définitions L'ethnographie
est l'outil de l'ethnologie qui fait partie de l'anthropologie. Autrement
dit, l'anthropologie est une science qui encadre deux disciplines,
l'ethnologie qui théorise les descriptions ethnographiques.
De
manière générale, les francophones utilisent le terme générique
d'ethnologie là où les anglophones lui préfèrent le terme
d'anthropologie. Pour le public les deux termes sont donc devenus des
synonymes. |
En
1936, suite à des entretiens avec un chef religieux dogon
appelé Ogotommêli sur lequel nous nous attarderons longuement,
Marcel Griaule publia un premier livre sur "La Cosmogonie
des Dogon", puis un second sur les "Masques
Dogon"
en 1938.A
son tour, Germaine Dieterlen publia "Les âmes des dogons" aux
éditions de l'Institut
d'Ethnologie en 1941.
En
1948, Griaule publia à nouveau ses entretiens et les compléta dans
"Le
Dieu d'eau : Entretiens avec Ogotommêli" qui sera traduit dans la presse
anglo-saxonne.
En
1950, Marcel Griaule et de Germaine Dieterlen publient un article
intitulé "Un système soudanais de Sirius" dans le Journal des Africanistes
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