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Préparer
l'observation d'une éclipse de Soleil
Tout bon photographe désireux d'enregistrer ces quelques moments que dure une éclipse totale de Soleil doit se préparer à cet évènement. Si vous n'y accordez pas un minimum d'attention, vous avez quelques chances de tout simplement rater l'évènement, ne fut-ce que pour des raisons météos. Vous pouvez aussi obtenir des images surexposées ou floues si vous n'avez pas pris la peine de vous entraîner à photographier le Soleil pour trouver l'image la mieux exposée, ni trop sombre ni trop lumineuse, le film ou l'APN donnant le meilleur rendu et supportant le mieux les agrandissements. C'est donc dans le but de vous aider à préparer cet évènement que nous allons illustrer les différents facteurs contribuant à la réussite de cette observation. Nous prendons pour exemple la célèbre éclipse totale du 11 août 1999 qui se produisit au-dessus de l'Europe et du Moyen-Orient vers 11h TU. Elle débuta sur la côte Est des Etats-Unis à 08h26 TU, toucha la pointe Ouest de l'Angleterre à 10h12 TU. A 10h20 TU l'ombre toucha les côtes de Normandie en France, le Luxembourg à 10h26 TU, pour se terminer dans le Nord de l'Inde à 12h36 TU.
Pour préparer l'observation d'une éclipse solaire, voici tout d'abord quelques documents type qu'il convient de rassembler afin de mettre tous les atouts de la réussite de votre côté. Documentation En complément des tests photographiques indispensables, rechercher la localisation exacte de votre lieu d'observation le long de la ligne de centralité. Noter que la durée de l'éclipse varie tout au long de la ligne de centralité. Si à l'ouest de l'Afrique l'éclipse dure disons 75 secondes, 2000 kilomètres plus à l'est elle peut durer 1m30s. Choisissez de préférence un pays calme sans problème politique et facilement accessible La carte de couverture nuageuse vous sera utile si vous avez l'intention d'observer l'éclipse à l'endroit le plus ensoleillé de son passage. Rien ne sert en effet de demeurer dans des régions où la couche nuageuse est supérieure à 50% (courbe rouge) et où vos chances de voir l'éclipse se jouent à pile ou face (histogramme bleu). Choisissez la solution de compromis optimale : un lieu accessible où le ciel est clair et la probabilité de voir l'éclipse supérieure à 90%. Reste la solution de l'avion suivant la trajectoire de l'ombre de la Lune mais elle est souvent réservée à quelques privilégiés prêt à y mettre le prix. Le facteur chance fait partie de l'aventure. Si par exemple le Chili ou la Mongolie est réputée pour son climat sec, même s'il n'y pleut de 2 fois par an, par expérience vous avez toutes les chances d'avoir un ciel plombé le jour de l'éclipse. Ne comptez donc ni sur les moyennes statistiques ni sur la chance pour choisir votre destination. La carte du ciel vous donnera une idée de l'aspect des étoiles et de la configuration des éventuelles planètes qui viendront garnir vos images générales du paysage plongé dans la nuit. La carte du profil lunaire enfin vous permettra d'anticiper l'apparition éventuelle des diamants au moment du 2eme et du 3eme contacts ou des protubérances durant la totalité et de choisir par exemple votre optique et le temps de pose en conséquence.
Les paramètres physiques de l'éclipse, sa magnitude, les instants de contacts, les paramètres orbitaux et autres anomalies sont disponibles sur deux sites de la NASA, Sunearth et NASCOM, qui vous proposent en ligne toutes les données et figures des éclipses passées et celles à venir, le cycle du Saros et bien d'autres illustrations. Le matériel Côté matériel, si vous devez partir en avion les compagnies aériennes refusent en général que vos bagages de soute excèdent 20 kg (10 kg en bagage à main) ou la surcharge se payera à prix d'or, notamment sur les vols charters. Emportez donc avec vous du matériel de petite taille et léger : lunette de 80 mm, télescope catadioptrique de 100 mm, boîtier réflex avec téléobjectif catadioptrique, caméra vidéo portable, ordinateur portable, trépied en aluminium ou colonne évidée démontable construite pour cette occasion. Le tout ne devrait pas excéder 10-15 kg. Si vous partez par la route, votre équipement dépendra du volume disponible dans votre moyen de transport. Libre à vous d'emporter votre télescope 200 mm, votre téléobjectif de 1000 mm ou une monture équatoriale Losmandy équipée électroniquement et vos boîtiers Nikon F5 ou D100 pilotés par ordinateur. Vous pouvez également louer du matériel chez un photographe ou un revendeur de matériel astronomiquec à la demi-journée. Votre budget sera la seule limite.
Sur place si vous devez mettre en station une monture équatoriale faites-le l'avant-veille ou la veille au soir. Certains - des professionnels - n'hésitent pas à couler une dalle en béton et y fixer un piédestal. Un bon alignement ne s'effectue pas en cinq minutes et nécessite des corrections qui peuvent s'éterniser une demi-heure à trois quart-d'heure. Si vous savez que vous arriverez sur les lieux une heure seulement avant l'observation, laissez tomber votre monture équatoriale et prenez le trépied le plus léger que vous possédez. Si vous savez que le Soleil sera très haut dans le ciel, pensez à un système de visée pour assurer le guidage sans devoir vous contorsionner sous le boîtier réflex ou sous le viseur pour vérifier l'alignement. Emprunter par exemple une caméra vidéo dont l'image s'affiche sur un écran orientable que vous placerez en parallèle sur votre téléobjectif ou votre catadioptrique. Vérifier très soigneusement le parallélisme des deux optiques. Enfin, pour les téléobjectifs à mise au point hélicoïdale, vérifiez si possible sur un banc test où se situe exactement la mise au point à l'infini et repérez son emplacement sur la bague. Etant donné que Murphy n'est jamais loin, lors d'une éclipse tout ce qui ne doit pas arriver, arrivera. Vous aviez fait un test la veille avec deux batteries, et bien l'une d'elle sera morte une heure avant la totalité. Prévoyez-en une troisième ou penser à devoir raccorder l'un des systèmes sur la première batterie le cas échéant. Un flexible peut se dévisser. Il peut pleuvoir; dans ce cas prévoyez une protection imperméable pour couvrir vos instuments. Côté petit matériel prévoyez d'emporter tout ce qui sert à visser, serrer ou coller votre matériel (les visses du trépied, de la monture équatoriale, du scotch pour fixer la bague de mise au point du téléobjectif, etc.) car sur place vous n'aurez en général plus le temps pour trouver un quincaillier ou un bricoleur qui pourra vous dépanner. Le jour de l'éclipse, si vous disposez de beaucoup de matériel délimitez un périmètre avec une corde et des tubes plantés dans le sol afin que les "touristes" ne vous dérangent pas. Une éclipse est un phénomène rare et le matériel astronomique l'est tout autant pour le grand public ou les autochtones. Beaucoup de curieux viendront voir votre installation et certains pourraient, par accident, heurter un télescope que vous aviez patiemment mis en station ou s'interposer dans le champ juste au mauvais moment ! Méfiez-vous des touristes ou plutôt des groupes folkloriques ou des adorateurs du Soleil. Bien souvent ils organisent de grands feria ou des rassemblements, tire des feux d'artifice... pendant la totalité ! Placez-vous donc loin de ces personnes en espérant que leurs gesticulations et autres manifestations ne viendront pas gâcher les phases cruciales que vous voulez enregistrer. Entraînez-vous Vous devez vous préparer à photographier ou filmer une éclipse. Si vous êtes en groupe, attribuer à chaque membre de l'équipe une tâche particulière : l'un s'occupe des filtres, un autre des appareils photographiques, un troisième annonce les tops horaires qui cadenceront votre travail, etc. Si vous êtes seul enregistrez tout votre programme sur une cassette, les différentes étapes, les temps de pose, les tops horaires, les choses à ne pas oublier, bande son que vous repasserez durant l'éclipse dans un walkman. Pour éviter toute mauvaise surprise entraînez-vous éventuellement en plein Soleil à reproduire la séquence complète des actions que vous allez effectuer. Utilisez de préférence toujours le même matériel pour garder une constante et acquérir certains réflexes. Cette méthode de travail est nécessaire si vous désirez travailler systématiquement. Le spectacle est tellement prenant que malgré les avertissements et les bonnes intentions, plus d'un photographe ont tout simplement oublié leur programme et passé le peu de temps que durait l'éclipse à l'observer... Voici enfin une liste de phénomènes à suivre durant une éclipse et marquant les grandes phases de cet évènement :
Quelques sujets spécifiques à photographier Les protubérances, la chromosphère, au 1/1000eme à 1/500eme de secondes avec une focale de 1000-2000 mm Les grains de Baily et l'anneau de diamant, au 1/500eme à 1/10eme de secondes avec une focale de 500-1500 mm La couronne externe en lumière polarisée ou non, entre 1 et 30 secondes avec une focale de 300-1000 mm Le profil lunaire près des taches solaires, en projection oculaire au télescope (champ réel < 30') Les ombres volantes, les ombres du feuillage en forme de croissant (au sol) Les ombres portées sur le sol qui semblent avoir été découpées au couteau, quelques minutes avant et après la totalité. Bon voyage et bonne chance !
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