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L es
éclipses, phénomènes à grand spectacle
Les
éclipses lunaires
(III)
Eclairée
par le Soleil, la Terre projette derrière elle un cône d’ombre qui s’étend dans l’espace sur une longueur d’environ
250000 km ou 39 rayons terrestres. Ainsi que Kepler l'a suggéré, en
réalité si la lumière solaire n'était pas réfractée dans
l'atmosphère terrestre, le cône d'ombre d'étendrait cinq fois plus
loin, sur 1.4 millions de km ou environ 216 rayons terrestres.
Lorsque
la Lune est correctement placée dans l’axe Terre-Soleil, nous pouvons
assister à 3 types d’éclipses :
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L’éclipse par la pénombre, lorsque la Lune ne traverse pas l’ombre de la Terre
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Séquence
d'Anthony Ayiomamitis,
9 jan 2001.
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L’éclipse partielle, lorsque la Lune traverse une partie seulement de l’ombre de la Terre
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L’éclipse
totale, lorsque la Lune pénètre totalement dans l’ombre de la Terre.
La
grandeur d’une éclipse lunaire se définit comme la fraction de la Lune éclipsée. L’éclipse
sera totale lorsque sa grandeur sera égale ou supérieure à l’unité.
Le
cycle du Saros définit 84 éclipses lunaires et solaires en moyenne.
Etant donné que les éclipses de Lune peuvent s’observer sur toute
l’hémisphère de la Terre plongée dans l’obscurité, il y a en
fait plus de chances d’assister à une éclipse de Lune qu’à une éclipse
de Soleil. Mais les conditions d’occultation sont plus rigoureuses que
celles qui régissent les éclipses solaires.
Le
plan de la Lune
doit former un angle inférieur à 41’10” avec le plan de la
Terre et celui du Soleil (l'axe Terre-Soleil) pour que nous puissions assister à une éclipse ne fut-ce que
partielle. Aussi, le plus souvent la Lune passe à côté de l’ombre
de la Terre. Il y a donc moins d’éclipses lunaires que d’éclipses
solaires avec un maximum de 3 éclipses lunaires par an.
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L'éclipse
du 21 janvier 2000. Séquence réalisée par
Pédro Ré. |
L’éclipse
durera plus longtemps lorsque la Lune est à l’apogée (au plus loin
de la terre). Le diamètre
du cône d’ombre projeté par la Terre sur la Lune sera plus petit
mais les lois de Kepler - la loi des aires - prévalent malgré tout :
plus éloignée de la Terre, la Lune se déplace plus lentement sur son
orbite. Ce phénomène est décisif. Sa vitesse est d’environ 1 km/s
(15'/minute) et la phase totale peut durer au maximum 1h45m.
Dans son entièreté, le phénomène peut durer environ 6 heures.
A
l’instant du 1er contact, c’est-à-dire au moment où la Lune prend contact avec la pénombre
de la Terre, la Lune garde une teinte grisâtre et le phénomène est
pratiquement inobservable pour un néophyte. Au bout d’une heure,
lorsque la Lune pénètre dans l’ombre de la Terre (2eme contact), le bord est du limbe commence à disparaître. L’ombre
bleue-nuit, quasi noire, envahi sa surface illuminée en formant une
grande échancrure, signe de la rotondité de la Terre. La partie de la
Lune plongée dans l’ombre prendra une teinte orange, phénomène
provoqué par la réfraction de la lumière solaire dans l’atmosphère
terrestre (c'est le même phénomène qui se produit au coucher du
Soleil lorsque ce dernier prend une couleur rouge). Lorsqu’une heure plus tard la Lune est complètement plongée
dans l’ombre, sa surface prend une teinte cuivrée, d’un rouge plus
ou moins sombre selon la quantité d'aérosols (eau et poussières)
présents dans l'atmosphère terrestre.
Comment
photographier une éclipse de Lune ?
Vous
avez deux possibilités : soit montrer l'évolution de l'éclipse en
cours des 5-6 heures que dure le phénomène en prenant des poses
successives séparées de quelques minutes, ou réaliser des
gros-plans lors des 2eme et
3eme contact ainsi qu'au milieu de la phase
totale. Si vous utilisez un boîtier réflex de 35 mm, il
faut savoir qu’une image mesure 24 x 36 mm de côté. Si vous
utilisez un objectif grand-angulaire de 24 mm f/2.8 il couvrira un
champ réel de 53° x 74° en mode paysage, un peu moins avec un 35
mm.
Si
vous disposez d'un logiciel de simulation
performant, essayez de simuler le champ de votre appareil photo ainsi
que le déplacement de la Lune au cours de l'éclipse. Cela vous
aidera à déterminer l'orientation de votre appareil photo par
rapport à la trajectoire de l'éclipse ainsi que le meilleur
écart entre chaque cliché en fonction de la focale que vous
utiliserez.
Malgré
le fait que les déplacements de la Lune (comme du Soleil) ne soient pas constants en
azimut et en élévation, nous pouvons oublier ce phénomène car il
s'agit d'un seule surimpression qui n'aura pas besoin d'être
comparée avec d'autres images similaires où la symétrie est
recherchée.
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A
gauche, l'éclipse totale de Lune du 24 mars 1978
photographiée par Akira Fujii.
Il utilisa un boîtier moyen format Mamiya Press
installé en parallèle sur son télescope et équipé
d'un objectif de 100 mm f/2.8. L'image originale de la
Lune mesure 0.91 mm sur le film. Les prises de vue en
surimpression ont été réalisées toutes les 2 puis
~7 minutes sur film Ektachrome 64, 1/125e à f/8
durant la phase partielle et 5 minutes à f/4 durant
la totalité en poursuite lunaire. A droite, l'éclipse
de Lune du 15 mai 2003 photographiée par Steve
Ruppa au Wisconsin, USA, au foyer d'une lunette Stellarvue
AT1010 de 80 mm f/5 équipée d'un appareil Nikon
Coolpix 4500. L'image originale de la Lune mesure 0.73 mm sur
le capteur CCD. Les prises de vue ont été enregistrées toutes
les 7 minutes environ puis compositées. |
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Je vous conseille de réaliser des prises de
vue espacées d'au moins 1°, soit 2 fois le diamètre de la Lune.
Sachant que la Lune se déplace de 15' par minute, un décalage de 1° entre
les prises de vue correspond donc à prendre une image toute les 4 minutes
(prenons 5 min par facilité). A vous de
déterminer l'écart optimal qui donnera le plus d'esthétique à la
surimpression. Seule difficulté, lorsque la Lune entrera dans l'ombre
de la Terre, l'image sera très sombre et vous devrez facilement
multiplier le temps de pose d'un facteur 5 voire 10. Tenez en compte
tout en évitant le filé qui détruirait la qualité de votre document.
Beaucoup
d'amateurs optent pour la facilité et si l'image du phénomène est
isolée de son avant-plan, ils prennent des photographies
individuelles avec un téléobjectif ou une petite lunette puis
réalisent un compositage par la suite, comme cela a été fait pour
la séquence du 15 mai 2003 présentée ci-dessus.
Je
rappelle que
le temps d'exposition maximum que vous pouvez utiliser pour que les
traînées des astres n'apparaissent pas sur le film est de :
T
: Temps d'exposition (secondes)
F
: Longueur focale de votre optique (mm)
D
: Déclinaison du sujet (degrés)
T
= 1000 / (F cos D)
Pour
une éclipse ayant lieu à 40° de déclinaison et une optique de 24
ou 35 mm de focale, le temps d'exposition maximal sera respectivement
de 54 et 37 sec. En réalisant des prises de vue exposées 5 à 10 sec
durant la totalité vous avez largement le temps de réaliser des
poses prolongées sans craindre le filé.
Certains
appareils photos numériques bas de gamme sont inutilisables pour
réaliser ce genre de surimpression car il ne disposent en général
que d'une pose B limitée à 15 ou 30 sec et certains ne sont même
pas équipés de téléobjectif. La meilleure solution consiste à
acheter un boîtier réflex numérique (Nikon D10, Canon EOS 300D par
exemple) sinon vous pouvez tenter de réaliser un photomontage sur
ordinateur, bien que ce soit une solution artificielle.
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Eclipse
de Lune du 9 janvier 2001 photographiée par Giacomo Venturin,
Italie. |
Eclipse
de Lune du 20 janvier 2000 photographiée par
Pédro Ré, Espagne. |
Cliquer
sur les images pour les agrandir.
Avant
de vous attaquer à une éclipse de Lune, faites plusieurs essais au
cours d'une lunaison normale pour déterminer le temps d'exposition
sans surexposer l'image et obtenir des images régulièrement
espacées de la Lune. Dans la majorité des cas, l'avant-plan sera
surexposé du fait de l'accumulation des prises de vue individuelles
sur la même image. Pensez donc à compositer l'image de l'éclipse
avec une image de l'avant-plan prise juste avant ou après l'éclipse.
Cela demande donc que vous ayez un ordinateur à votre disposition
équipé de quelques logiciels de traitement d'image (MS-Photo Editor par exemple ou mieux, Picture Window Pro, Adobe Photoshop,
Iris, etc).
L'autre
solution consiste à utiliser un téléobjectif ou un télescope pour
réaliser des gros-plans en couleurs de l'éclipse. L'image de la Lune
étant 109 fois plus petite que la longueur focale de votre optique,
photographiée avec un boîtier réflex équipé d'un téléobjectif
de 210 mm, comme sur le document présenté ci-dessus, l'image de la
Lune mesure moins de 2 mm ! Le sujet étant de très faible
luminosité, pour obtenir une image détaillée lorsque la Lune
prendra une couleur rouge cuivrée, il est nécessaire d'utiliser soit
une caméra CCD (ou une webcam) soit une émulsion de 200 ou 400 ISO.
Si
vous utilisez une webcam, vous pouvez soit l'utiliser en mode afocal,
en retirant son optique, soit conserver son objectif. Dans tous les
cas utilisez un oculaire de grande focale (un 25 ou un 40 mm selon la
focale de votre télescope) pour contenir toute la Lune. Si vous
travaillez avec un télescope catadioptrique vous avez avantage à
ouvrir le champ pour réduire le temps de pose en utilisant un
télécompresseur f/6.3. En passant de f/10 à f/6.3 par exemple votre
temps de pose sera réduit d'un facteur 2.5 ! (pose de 0.4 sec au lieu
de 1 sec).
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Eclipse
de Lune du 20 janvier 1999 photographiée par Barnes,
USA. |
Eclipse
de Lune du 20 janvier 2000 photomontage de Kazuyuki
Tanaka,
USA. |
Cliquer
sur les images pour les agrandir.
Toutefois
la tolérance de
mise au point est proportionnelle au carré du rapport focal f/D et
elle sera donc plus étendue si vous utilisez un rapport focal plus
élevé. Il faut donc trouver un justement compromis en rapport focal
et précision de la mise au point, un phénomène qui intervient
surtout avec une caméra CCD et d'autant plus que la Lune prendra une
couleur rouge sombre, souvent difficile à focaliser, et plus encore
si vous utilisez une lunette achromatique... Bref, il y a beaucoup
d'éléments à concilier pour obtenir une bonne image en
haute-résolution d'une éclipse de Lune.
Pour
les prises de vue en haute-résolution, abandonnez l'idée d'exposer
correctement la région plongée dans l'ombre et simultanément la partie brillante
non éclipsée. La différence de contraste entre l'ombre et la
clarté dépasse plusieurs dizaines de magnitudes. Essayez par contre
d'effectuer une mise au point optimale durant la totalité, c'est
déjà toute une prouesse si vous disposez d'un réglage manuel, et
ensuite montrez votre savoir-faire en trouvant la meilleure exposition
qui fera ressortir tous les détails de la surface lunaire et toute la
richesse des tonalités rouges-orangées.
Après
la prise de vue le travail vous n'avez encore accompli que la moitié
du travail ! Comme tout bon photographe vous devriez passer vos images
sur ordinateur et les corriger numériquement (correction de gamma,
masque flou, compositage,
photomontage, etc) pour obtenir des documents
comparables à ceux présentés sur cette page.
Si
vous travaillez avec une webcam ou une caméra vidéo vous avez un
avantage sur les caméras CCD car vous pourrez additionner les
meilleurs images parmi celles enregistrées durant quelques secondes
pour diminuer le bruit électronique et accentuer les détails.
Aristarque
et la mécanique céleste
C’est
en observant la forme que prenait l’ombre de la Terre sur la surface
de la Lune, qu’il y a plus de 2200 ans Aristarque pu déterminer la
distance Terre-Lune. A condition de connaître le diamètre de la Terre,
il se demanda combien de Lune pouvait-on placer dans l’ombre de la
Terre ? Un problème classique des stages d’astronomie....
Malgré
l’imprécision de ses instruments, Aristarque parvint également à
estimer la distance Terre-Soleil. Bien que son erreur atteignit un
facteur proche de 20, il considérait que le Soleil était 20 fois plus éloigné
que la Lune. Depuis cette époque, mathématiciens et astronomes n’ont
cessé d’arpenter le ciel, cherchant inlassablement notre place dans
l’univers.
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Quelle
est la longueur du cône d'ombre de la Terre lors d'une
éclipse de Lune ? |
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Si
D est la distance Terre-Soleil, R le rayon du Soleil, r
celui de la Terre, le diamètre O de l'ombre de la Lune
vaut :
Sachant
que la distance Terre-Soleil est d'environ 148.5
millions de km, l'ombre de la Terre mesure 1368664 km.
Inversement,
à partir de la taille relative de l'ombre de la Lune,
Aristarque a pu donner une première approximation de la
distance qui nous sépare du Soleil. |
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Objet
de contemplation, les éclipses reflètent fidèlement les lois de la mécanique
céleste. Nous connaissons aujourd’hui les moindres faits et gestes de
la Lune. Nous ignorons l’ensemble de ses effets, mais ses influences
n’ont plus rien d’occulte et son action sur les êtres vivants est
loin d’être démontrée. Seuls effets sensibles, sa force
gravitationnelle qui induit les phénomènes de marées sur Terre et les
nombreuses perturbations orbitales citées précédemment.
Pour
plus d'information
Ephemerides
(sur ce site)
Les
éphémérides astronomiques (Jean Vallières)
NASA
Lunar Eclipse (les éphémérides de Fred Espenak)
MrEclipse
(Fred Espenak)
Bureau
des Longitudes
(Ephémérides)
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