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N'ayez
pas peur des caméras CCD
Les
webcams et les caméras vidéos (IV)
A
l'ère de l'intégration électronique, les petites webcams à moins de
cent euros et les caméras vidéos (camcorders) ont séduit pas mal
d'amateurs avertis pourtant habitués à travailler avec du matériel
d'une autre qualité. Pourquoi un tel engouement ?
Les webcams sont bon marché
et disposent en
général d'une résolution d'au moins 640 x 480 pixels en mode natif (non
interpolé), leur prix augmentant proportionnellement à leurs performances
(avec micro, logiciel de tracking
et vitesse jusqu'à 60 images/sec sur les plus complètes). Les images fixes peuvent
être de très bonne qualité, offrant une excellente balance des
couleurs, un bon contraste et une image très nette sur les modèles à
plus de 80 € (Philips ToUcam, Logitech Pro 4000, etc). Techniquement
toutefois la sensibilité du capteur CCD chute un peu trop
rapidement en lumière bleue.
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A
gauche une
caméra vidéo CCD noir et blanc Supercircuits
PC164C sensible à 0.0003 lux ! Elle revient au prix d'une
webcam, un peu plus chère cependant que la
Logitech Quickcam VC
présentée à droite et modifiée pour l'astrophotographie. |
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Vu leur
faible encombrement et leur légèreté il est également facile de les
relier à l'oculaire d'un télescope ou de fabriquer soi-même un
adaptateur avec des pièces de récupération ainsi que nous l'expliquent
quelques passionnés sur le site d'Astrocam.org.
Mais il est encore plus intéressant de savoir qu'alliée à un ordinateur
et un logiciel de traitement d'images (Registax, IRIS, Photoshop et consorts), il est assez aisé de convertir des
séquences filmées d'un objet en une seule image résultant du
compositage de quelques centaines à quelques milliers d'images
instantanées extraites des meilleures séquences. En d'autres termes, si
nous prenons un télescope catadioptrique de 100 à 130 mm d'ouverture, là
où une image individuelle, peu contrastée et granuleuse atteint
difficilement une résolution photographique de 10" en projection
oculaire, un compositage de 1500
images réalisé dans de bonnes conditions offrira une résolution
photographique voisine de 0.5" !
Pour
des raisons techniques, compte tenu de la taille des fichiers et de la
vitesse de transfert entre la webcam et le PC la prise de vue s'effectue
en général entre 5 et 10 images/sec, vitesse qui limite la taille des fichiers
à quelques dizaines de mégabytes. En effet il faut savoir que pour une
résolution de 640x480 pixels et une profondeur de pixel de 24 bits,
chaque image occupe 0.92 MB. Un film AVI de 10 secondes enregistré à la
cadence de 10 images/sec (soit un film de 100 images individuelles)
occupera un espace disque de... 92 MB ! Il faut également veiller à ne
pas utiliser de compression qui dégraderait sérieusement la qualité de
vos images et empêcherait toute optimisation ultérieure. Tous ces paramètres et bien d'autres (mise
au point, gain, luminosité, etc) peuvent être ajustés à travers le
logiciel pilotant la webcam.
Besoin
d'une webcam au coulant de 31.75 mm ?
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PERSEU
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A
gauche, arrêt sur l'écran d'un ordinateur montrant une
séquence d'acquisition de Mars réalisée par Jacques-André
Regnier avec une webcam Vesta Pro connectée à un
PC portable (CPU 400 MHz, RAM 256 MB) utilisant le logiciel
Astro-Snap. Une fois le film réalisé il sera traité
numériquement dans un logiciel de traitement d'image tel
Registax, IRIS ou Photoshop. A droite, image brute de
Saturne extraite d'un film au format AVI réalisé par Thierry
Lambert avec une webcam Philips Vesta Pro fixée sur un télescope de Newton
Intes de 130 mm f/5.5 équipé d'un oculaire de 6.4mm.
L'image de droite est le résultat obtenu après traitement
numérique et compositage de 586 images sous IRIS. La
réduction du bruit est spectaculaire ! |
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Idem
avec les caméras vidéos qui ne souffrent pas des défauts des webcams
(basse résolution, vitesse lente). Même avec des caméras vidéos
analogiques limitées à 1/30e de seconde par image vous pouvez réaliser
des images en haute résolution de la Lune ou des occultations par exemple. Utilisez de
préférence le format vidéo Super-VHS de bien meilleure qualité que le
format VHS, sinon le Betamax, mais ils sont dépassés.
Il
va sans dire qu'aucune de ces caméras ne surpasse les
caméras vidéos digitales dont un certain nombre sont déjà proposées au format
HD et compatibles avec les DVD enregistrables. La plupart des caméras
digitales ainsi que certains appareils photo numériques sauvegardent
leurs films au format AVI qui peut être lu sans problème par des
logiciels de traitement d'image tel IRIS ou Adobe Photoshop et bien
entendu par des logiciels vidéos spécialisés.
Logiciels
de traitement à télécharger :
REGISTAX
- ASTROSTACK
Etant
donné que l'objectif des caméras vidéos n'est pas amovible, leur usage
reste limité en astronomie et plus encore si vous ne pouvez pas débrayer
le mode d'exposition automatique, sans possibilité de pouvoir choisir le gain et
l'ouverture de l'iris. A l'image des caméras CCD couleur, les caméras
vidéos couleurs présentent une plus faible résolution que leur consoeurs
noir et blanc du fait qu'il faut trois photosites bleu, vert et rouge pour
former un pixel de couleur. Par ailleurs, attachée à un télescope, il
peut arriver que le moteur d'entraînement de la cassette crée des vibrations qui
rendront les images floues.
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A
gauche, Jupiter et Io en transit photographiés le 6
février 2003 par Jacques-André
Regnier au foyer d'un Celestron NexStar 5"
(127mm) équipé d'une Barlow Ultima 2x et d'une webcam Philips
Vesta Pro. A droite, une image de Mars réalisée par Sean
Walker le 16 août 2003 (24.5") au foyer d'un Celestron C9.25"
Maksutov muni d'une Barlow 5x. L'image résulte du compositage des
900 meilleures images vidéos capturées avec une webcam Philips ToUcam
Pro. Sur ces documents la résolution photographie
est deux fois supérieure à la résolution visuelle de ces
télescopes en raison du compositage ! |
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Pour
toutes ces raisons beaucoup d'utilisateurs préfèrent utiliser des caméras
vidéos noir et blanc, souvent utilisées pour la suveillance, qui par ailleurs
disposent pour la plupart d'un objectif amovible. Comme elles sont aussi
meilleur marché, c'est tout bénéficie pour les amateurs que nous sommes !
Il
vous suffit alors de retirer l'objectif, d'y placer une bague T et de fixer le tout, selon votre configuration, au tube allonge, à l'oculaire, au
porte-oculaire ou à la lentille de Barlow comme vous le feriez avec un appareil
photographique.
En
option vous pouvez acquérir un "video enhancer" qui assure de
manière analogique les
mêmes fonctions qu'un masque flou, vous permettant d'accentuer la netteté des
images que vous avez enregistrées.
Traitement
des séquences vidéos
Comme
toute image astronomique digitale enregistrées dans des conditions de faible
éclairement, les images vidéos individuelles apparaissent
souvent granuleuses en raison du bruit électronique généré par le capteur
CCD qui n'est pas refroidi; cet effet est encore plus marqué dans les zones
sous-exposées ou faiblement éclairées. Il peut toutefois passé inaperçu car
à la cadence de 30 images par seconde, temps d'obturation maximale d'une
caméra vidéo ordinaire, le cerveau intègre les images successives et rend l'aspect
granuleux beaucoup moins apparent.
A
consulter : VIDEOASTRO
Discussion
group and resources
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A
gauche, une installation vidéo typique : caméra couleur
Xixen fixée à l'oculaire du télescope et affichage du
résultat sur un petit écran vidéo séparé. Les
prises de vues sont sauvegardées sur le disque dur de
l'ordinateur. A droite, Saturne
photographiée le 12 février 2002 par David
Hanon avec une lunette Astro-Physics de 180 mm f/9
EDT équipée d'un oculaire de 11 mm. Il
s'agit du compositage de 46 images extraites d'un film
vidéo réalisé avec un caméra video MiniDV, zoom au
maximum. Les images ont été traitées sous MaxImDL.
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Enfin,
une fois le film réalisé il faut transférer le signal analogique dans un ordinateur;
cela se réalise au moyen d'un digitaliseur vidéo ou "frame grabber"
qui coûte environ 200 euros. A présent votre film est lisible par tout bon
logiciel de traitement d'image et vous disposez de toute la panoplie des
fonctions pour améliorer sa qualité.
L'avantage
des webcams et des caméras vidéos est le fait qu'étant donné le grand nombre
d'images individuelles enregistrées en peu de temps (1800 images sont
enregistrées en l'espace d'une minute à raison de 30 images par seconde), vous pouvez
facilement extraire les meilleures séquences, présentant peu de turbulence et
bien nettes, les enregistrer dans le logiciel et les moyenner. Cela vous
permettra d'augmenter le rapport signal/bruit et de noyer les légers
déplacements dûs à la turbulence. L'effet sera a coupé le souffle comme en
témoigne les images de Jupiter et de Mars présentées ci-dessus. Ceci est
encore plus vrai en couleurs. En effet, à l'instar de la réalisation d'un
compositage LRGB, il importe peu que les images des canaux RGB soient un peu
floues ou décalées (le moins possible bien sûr) car c'est avant tout l'image de
luminance qui donnera son contraste au résultat final, les images RGB ne venant
que réduire le bruit électronique et lisser la turbulence (seeing).
Dernier
chapitre
Les
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