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N'ayez
pas peur des caméras CCD
Les
webcams et les caméras vidéos (IV)
A
l'ère de l'intégration électronique, les petites webcams à moins de
cent euros et les caméras astronomiques ont séduit pas mal
d'amateurs avertis pourtant habitués à travailler avec du matériel
d'une autre qualité. Pourquoi un tel engouement ?
Honneur
aux pionniers, la webcam
fut inventée en 1993 en Angleterre, au département informatique de
l'Université de Cambridge. En 1994, Jeff Schwartz et Dan Wong alors
étudiants à l'université d'état de San Francisco (SFU) firent la même
découverte et mirent au point la "fogcam". La première webcam
fut commercialisée en 1994, il s'agissait de la QuickCam
fabriquée par la société Connectix dont les produits furent rachetés
en 1998 par Logitech.
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A
gauche, une caméra vidéo CCD noir et blanc Supercircuits
PC164C sensible à 0.0003 lux ! Elle revient au prix d'une
webcam, un peu plus chère cependant que la Logitech Quickcam VC
présentée à droite et modifiée pour l'astrophotographie. |
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Avantages
et inconvénients
Les webcams
offrent l'avantage d'être bon marché tout en offrant des résolutions variant
entre 320x240 pixels et 3 Mpixels selon les modèles. Elles supportent des images au format
VGA ou HD et des vidéos au format AVI, parfois WMN ou MOV, leur prix augmentant proportionnellement à leurs performances
(40-150 €).
Vu leur
faible encombrement et leur légèreté, il est également facile de les
relier à l'oculaire d'un télescope au moyen d'un simple adaptateur
ou de fabriquer soi-même un adaptateur avec des pièces de récupération ainsi que nous l'expliquent
quelques passionnés sur Astrocam.
Capable
d'enregistrer entre 5 et 60 fps selon la résolution et leurs performances,
les images fixes individuelles peuvent offrir une excellente balance des
couleurs, un bon contraste et une image très nette sur les modèles comme
la Philips ToUcam ou la Logitech Pro 9000.
Techniquement
toutefois la sensibilité du capteur chute un peu trop rapidement
en lumière bleue mais offre un bon rendement jusqu'en proche
infrarouge.
Si
les webcams ont l'avantage du prix, du poids plume et de la simplicité,
elles nécessitent une connexion directe par USB à l'ordinateur sur le lieu
même de prise de vue.
Les
caméras astronomiques
Les
caméras astronomiques (ImagingSource, iNova,
etc) ont également besoin d'une liaison avec l'ordinateur mais elles sont
plus souples et plus performantes. Plus cher (200-700 €), elles sont un peu
plus lourdes (300 g en moyenne) que les webcams et un peu plus compactes que les caméras CCD classiques.

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Caméra
iNova PLA MX 310kp |
Outre
leur excellente qualité d'image, les caméras astronomiques vendues par ImagingSource
par exemple sont équipées d'un connecteur USB 2.0, Firewire (IEEE1394) ou Ethernet
Gigabit (GigE). Ces connexions à haut débit sont nécessaires car ces
caméras peuvent atteindre une résolution de 1.2 Mpixels et une cadence de
60 fps.
Ces
caméras, y compris le modèle USB d'iNova présenté à droite supportent
la plupart des formats d'image RAW, BMP, JPEG, PNG, FITS et TIFF ainsi que
les formats vidéo AVI et SER.
Caméscopes
et APN en mode vidéo
A
l'inverse, les caméscopes HD (par ex. Canon HF200) comme les APN munis de capacités vidéos
(par ex. Nikon D7000) sont autonomes, polyvalents mais assez lourds (300-1200 g) et les
modèles de milieu et haut de gamme, même sans objectif, sont encore plus onéreux que les
caméras astronomiques.
En général ces appareils supportent le format AVCHD (algorithme MPEG-4)
et parfois MOV tandis que les APN compacts proposent généralement un format AVCHD Lite et Motion JPEG (M-JPEG) de
basse résolution.
Les temps
d'exposition varient généralement de 1/10000eme
à 60 minutes pour une caméra ImagingSource, de 1/8000eme
à la pose B pour les APN et de 1/2000eme
à 1/2 sec pour les caméscopes. En général cette latitude n'est jamais
exploitée car la Lune par exemple supporte des temps d'exposition variant
entre 1/500eme
et 1/10eme
de sec. Pour les planètes en revanche, on peut descendre jusque 1/10eme
de sec sinon moins.
Le
bruit thermique
Quel
que soit la caméra utilisée, le capteur CCD ou CMOS n'étant généralement
pas refroidi, le bruit thermique est plus apparent dans les zones
sous-exposées ou faiblement éclairées et plus encore durant l'été où
la tempéraure ambiante accentue le bruit thermique. Il peut toutefois passé inaperçu car
à la cadence de 30 images par seconde, temps d'obturation maximale d'une
caméra vidéo ordinaire, le cerveau intègre les images successives et rend l'aspect
granuleux beaucoup moins apparent.
Ces
systèmes vidéos donnent d'excellents résultats si la
luminosité est suffisante et si on connaît leurs limites. Justement, en
imagerie planétaire, le temps d'exposition est souvent instantané et le
bruit thermique qu'il entraîne, même s'il est faible sur certains
modèles, ne permet pas toujours d'obtenir des images de grande
qualité (voir les exemples dans les liens en page 5).
La
combinaison d'images
Pour
réduire le bruit thermique des images, la seule solution consiste à
extraire du film les meilleures images individuelles et de les additionner
pour augmenter la définition et donc la qualité de l'image résultante.
Dans ce cas-ci on réalise donc un film avec l'objectif d'en tirer une
photographie en haute résolution.
Cette
addition de multiples images permet également de noyer les légers
déplacements dûs à la turbulence. Ceci est encore plus vrai en couleurs.
En effet, à l'instar de la réalisation d'un compositage LRGB, il importe
peu que les images des canaux RGB soient un peu floues ou décalées (le moins
possible bien sûr et c'est la raison pour laquelle on utilise des points
de référence dans chaque image à combiner) car c'est avant tout l'image de luminance qui donnera son
contraste au résultat final, les images RGB ne venant que réduire le bruit
électronique et uniformiser la turbulence.
En
travaillant à 25 fps, en deux minutes on peut enregistrer
une vidéo au format VGA ou même HD 720p contenant 3000 images individuelles. La vidéo étant
directement disponible sous format électronique, si nécessaire
on peut facilement extraire et traiter individuellement
les meilleures images du film puis les additionner pour augmenter le rapport
signal/bruit et la dynamique de l'image (la richesse des couleurs et des
détails) comme on le voit très bien sur les documents présentés
ci-dessous (avec un APN réflex et une webcam).
A
voir : Saturne
avant et après traitement - Canon EOS 450D sur NexStar 5 SE XLT
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A
gauche, arrêt sur l'écran d'un ordinateur montrant une
séquence d'acquisition de Mars réalisée par Jacques-André
Regnier avec une webcam Vesta Pro connectée à un
PC portable (CPU 400 MHz, RAM 256 MB) utilisant le logiciel
Astro-Snap. Une fois le film réalisé il sera traité
numériquement dans un logiciel de traitement d'image tel
Registax, IRIS ou Photoshop. A droite, image brute de
Saturne extraite d'un film au format AVI réalisé par Thierry
Lambert avec une webcam Philips Vesta Pro fixée sur un télescope de Newton
Intes de 130 mm f/5.5 équipé d'un oculaire de 6.4mm.
L'image de droite est le résultat obtenu après traitement
numérique et compositage de 586 images sous IRIS. La
réduction du bruit est spectaculaire ! |
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Parmi les logiciels supportant la combinaison de milliers d'images (et de
points de références), citons Registax
de Cor Berrevoets, IRIS de Christian
Buil, Avistack
de Michael Theusner et Astrostack.
Grâce à ces logiciels, il est assez aisé de convertir des séquences filmées d'un objet
en une seule image résultant de la combinaison de quelques centaines à quelques milliers d'images
instantanées extraites des meilleures séquences.
En d'autres termes, si
nous prenons un petit télescope catadioptrique de 127 mm d'ouverture
offrant une résolution théorique de 1.1", là
où une image individuelle peu contrastée et bruitée atteint
difficilement une résolution photographique de 10" en projection
oculaire, la combinaison de 1500 images réalisées dans de bonnes conditions
offrira une résolution photographique voisine de 0.5", soit 22 fois
supérieure à une image brute !

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A
gauche, Jupiter et Io en transit photographiés le 6
février 2003 par Jacques-André
Regnier au foyer d'un Celestron NexStar 5"
(127mm) équipé d'une Barlow Ultima 2x et d'une webcam Philips
Vesta Pro. A droite, une image de Mars réalisée par Sean
Walker le 16 août 2003 (24.5") au foyer d'un Celestron C9.25"
Maksutov muni d'une Barlow 5x. L'image résulte de la
combinaison des 900 meilleures images vidéos capturées
avec une webcam Philips ToUcam Pro. Sur ces documents la
résolution photographie est deux fois supérieure à la
résolution visuelle de ces télescopes en raison de l'addition des images ! |
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Durée
et taille des enregistrements vidéos
Pour
des raisons techniques, compte tenu de la taille des fichiers et de la
faible vitesse de transfert entre la caméra et le PC (peu de caméras
disposent d'un port Firewire à 50 ou 100 MB/s), l'enregistrement s'effectue
en général entre 5-10 fps, taux qui limite la taille des fichiers
à quelques dizaines de mégabytes.
En effet il faut savoir que pour une
résolution de 640x480 pixels et une profondeur de pixel de 24 bits,
chaque image occupe 0.92 MB. Un film AVI de 10 secondes enregistré à la
cadence de 10 images/sec (soit un film de 100 images individuelles)
occupera un espace disque de... 92 MB ! Il faut également veiller à ne
pas utiliser un taux de compression trop élevé qui dégraderait sérieusement la qualité des images et empêcherait toute optimisation ultérieure. Tous ces paramètres et bien d'autres (mise
au point, gain, luminosité, etc) peuvent être ajustés à travers le
logiciel pilotant la caméra.
Pour
les APN équipés d'un mode vidéo c'est un peu plus simple et le
paramétrage se limite généralement au choix du format et de la
résolution, les autres paramètres étant réglés automatiquement
(balance des blancs, sensibilité, luminosité, etc).
Précisons
que si vous utilisez une caméra analogique, vous pouvez digitaliser le
film au moyen d'un digitaliseur vidéo ou "frame grabber".
Matrox
par exemple propose différentes cartes d'interfaces très performantes (1750$
pour la Matrox Radient eCL). A présent votre film est lisible par tout bon
logiciel de traitement d'image et vous disposez de toute la panoplie des
fonctions pour améliorer sa qualité et même le convertir dans d'autres
formats.
A
consulter : VIDEOASTRO
Discussion
group and resources
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A
gauche, une installation vidéo typique : caméra couleur
Xixen fixée à l'oculaire du télescope et affichage du
résultat sur un petit écran vidéo séparé. Les
prises de vues sont sauvegardées sur le disque dur de
l'ordinateur. A droite, Saturne photographiée le
12 février 2002 par David
Hanon avec une lunette Astro-Physics de 180 mm f/9
EDT équipée d'un oculaire de 11 mm. Il
s'agit de l'addition de 46 images extraites d'un film
vidéo réalisé avec un caméra video MiniDV, zoom au
maximum. Les images ont été traitées sous MaxImDL.
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En
conclusion, si l'appareil photo ou la caméra et le télescope permettent
d'enregistrer l'image, c'est encore le travail de traitement
d'images après la séance de prises de vues qui va révéler le
savoir-faire de l'amateur. Les documents présentés ici et en sont de
très beaux exemples.
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